Physics · Livre 4 · Bachelor Year 2

Physique universitaire — 2e année

Physique universitaire — 2e année · Bachelor Year 2

16Ondes guidées et cavités

L’impulsion d’un radar va de l’émetteur à l’antenne dans un tuyau de cuivre rectangulaire ; la lumière d’une liaison internet parcourt dix mille kilomètres dans un fil de verre plus fin qu’un cheveu ; les micro-ondes d’un four rebondissent entre ses parois et s’installent en un motif de points chauds et froids. Une onde confinée par des parois conductrices ou réfringentes n’est plus une onde plane libre d’aller partout : elle doit satisfaire les conditions aux limites sur les parois, et cela sélectionne les formes qu’elle peut prendre — les modes — et les interdit en dessous d’une fréquence de coupure. Ce chapitre construit le guide le plus simple, deux plans conducteurs parallèles, à partir des réflexions du Chapitre 15 ; puis le guide rectangulaire, la cavité fermée et, dans l’optique géométrique, la fibre optique.

16.1 Ondes entre deux plans conducteurs

Proposition 16.1 (Modes du guide à plans parallèles)

Deux plans parfaitement conducteurs y=0y = 0 et y=ay = a délimitent du vide. Cherchons une onde se propageant selon zz avec E=E(y)ei(ωtkgz)ex\vect E = E(y)\,\eu^{\iu(\omega t - k_gz)} \vect e_x (le champ parallèle aux plans, perpendiculaire à la propagation). Les équations de Maxwell dans le vide et la condition E=0E = 0 sur les plans imposent

E(y)=E0sinnπya,kg2=ω2c2(nπa)2,n=1,2,E(y) = E_0\sin\frac{n\pi y}a , \qquad k_g^2 = \frac{\omega^2}{c^2} - \Bigl(\frac{n\pi}a\Bigr)^2 , \qquad n = 1, 2, \dots

Le mode nn ne se propage qu’au-dessus de sa fréquence de coupure fn=nc/2af_n = nc/2a ; en dessous, kgk_g est imaginaire et le champ décroît le long du guide. Ses vitesses de phase et de groupe valent

vφ=c1fn2/f2>c,vg=c1fn2/f2<c,vφvg=c2,v_\varphi = \frac c{\sqrt{1 - f_n^2/f^2}} > c , \qquad v_g = c\sqrt{1 - f_n^2/f^2} < c , \qquad v_\varphi v_g = c^2 ,

et son champ magnétique a des composantes selon yy et selon zz : une onde guidée n’est pas transversale dans la direction de propagation.

Démonstration. Reportons dans ΔE=t2E/c2\Delta\vect E = \partial_t^2\vect E/c^2 : Ekg2E=(ω2/c2)EE'' - k_g^2E = -(\omega^2/c^2)E, soit E+(ω2/c2kg2)E=0E'' + (\omega^2/c^2 - k_g^2)E = 0, dont les solutions qui s’annulent en y=0y = 0 et y=ay = a sont les sinus avec ω2/c2kg2=(nπ/a)2\omega^2/c^2 - k_g^2 = (n\pi/a)^2 ; divE=0\operatorname{div} \vect E = 0 est vérifiée puisque ExE_x ne dépend pas de xx. Faraday donne By=(kg/ω)E\underline B_y = (k_g/\omega)\underline E et Bz=(i/ω)yE\underline B_z = (\iu/\omega)\partial_y\underline E, cette dernière en quadrature. Les vitesses découlent de la forme de Klein–Gordon de la relation de dispersion (Chapitre 8).

Remarque 16.2 (Le mode vu comme deux ondes planes)

sin(nπy/a)eikgz\sin(n\pi y/a)\eu^{-\iu k_gz} est la somme de deux ondes planes de vecteurs d’onde (0,±nπ/a,kg)(0, \pm n\pi/a, k_g), de module ω/c\omega/c, qui rebondissent entre les plans sous l’angle θ\theta avec l’axe tel que cosθ=kgc/ω\cos\theta = k_gc/\omega : un mode guidé est une onde plane qui zigzague entre les parois, réfléchie avec r=1r = -1 sur chacune, l’onde stationnaire transversale exprimant la condition qu’elle interfère constructivement avec elle-même. L’énergie parcourt le zigzag à cc, donc l’axe à ccosθ=vgc\cos\theta = v_g ; les intersections des crêtes avec l’axe filent à c/cosθ=vφc/\cos\theta = v_\varphi. À la coupure l’onde fait l’aller-retour en travers du guide et n’avance nulle part.

À gauche : un mode guidé est une onde plane qui rebondit entre les plans ; l’angle  s’ouvre à mesure que la fréquence approche la coupure. À droite : les profils transversaux E(y) des deux premiers modes, nuls sur les parois conductrices.
À gauche : un mode guidé est une onde plane qui rebondit entre les plans ; l’angle θ\theta s’ouvre à mesure que la fréquence approche la coupure. À droite : les profils transversaux E(y)E(y) des deux premiers modes, nuls sur les parois conductrices.
À gauche : les courbes de dispersion des trois premiers modes d’un guide, chacune une hyperbole partant de sa coupure. À droite : vitesses de phase et de groupe d’un mode en fonction de la fréquence ; l’énergie rampe près de la coupure et approche c bien au-dessus. À gauche : les courbes de dispersion des trois premiers modes d’un guide, chacune une hyperbole partant de sa coupure. À droite : vitesses de phase et de groupe d’un mode en fonction de la fréquence ; l’énergie rampe près de la coupure et approche c bien au-dessus.
À gauche : les courbes de dispersion des trois premiers modes d’un guide, chacune une hyperbole partant de sa coupure. À droite : vitesses de phase et de groupe d’un mode en fonction de la fréquence ; l’énergie rampe près de la coupure et approche cc bien au-dessus.

Exemple 16.3 (Applications numériques)

Des plans distants de 3cm3\,\mathrm{cm} : f1=5GHzf_1 = 5\,\mathrm{GHz}, f2=10GHzf_2 = 10\,\mathrm{GHz} ; entre ces fréquences un seul mode se propage (fonctionnement monomode, qui empêche une impulsion de se scinder en plusieurs de vgv_g différentes). À 8GHz8\,\mathrm{GHz} le mode n=1n = 1 a vg=0.78cv_g = 0.78c, vφ=1.28cv_\varphi = 1.28c, et la longueur d’onde guidée λg=2π/kg=4.8cm\lambda_g = 2\pi/k_g = 4.8\,\mathrm{cm} au lieu de 3.75cm3.75\,\mathrm{cm} dans le vide. À 4GHz4\,\mathrm{GHz} rien ne passe : le champ décroît en ez/\eu^{-z/\ell} avec =c/2πf12f2=1.6cm\ell = c/2\pi\sqrt{f_1^2 - f^2} = 1.6\,\mathrm{cm} — c’est le principe de la grille d’une porte de four, du guide sous la coupure employé comme atténuateur étalonné, et des gaines métalliques de ventilation qui laissent passer l’air mais pas la radio.

16.2 Le guide rectangulaire et la cavité

Proposition 16.4 (Le guide rectangulaire ; le mode TE10_{10})

Un tuyau métallique creux de section rectangulaire a×ba \times b (a>ba > b) porte des modes dont les fréquences de coupure valent

fmn=c2(ma)2+(nb)2;f_{mn} = \frac c2\sqrt{\Bigl(\frac ma\Bigr)^2 + \Bigl(\frac nb\Bigr)^2} ;

le plus bas, le mode TE10_{10} (f10=c/2af_{10} = c/2a), a E=E0sin(πx/a)ei(ωtkgz)ey\vect E = E_0\sin (\pi x/a)\,\eu^{\iu(\omega t - k_gz)}\,\vect e_y : une demi-sinusoïde en travers du grand côté, uniforme en travers du petit, nulle sur les deux parois x=0x = 0, x=ax = a — exactement le mode à plans parallèles, les parois latérales y=0y = 0, bb étant perpendiculaires à E\vect E et ne lui imposant rien. Le guide s’utilise entre f10f_{10} et la coupure suivante ; ses lignes de champ magnétique se referment dans le plan xzxz et les courants qu’elles induisent dans les parois sont ce qu’une fente ne doit pas couper. La puissance transportée vaut 14ε0cE02ab1f102/f2\tfrac14\varepsilon_0cE_0^2\,ab \sqrt{1 - f_{10}^2/f^2}.

Démonstration. Le mode général est un produit de cos\cos et de sin\sin en xx et en yy avec les conditions aux limites sur les quatre parois, ce qui donne kg2=ω2/c2(mπ/a)2(nπ/b)2k_g^2 = \omega^2/c^2 - (m\pi/a)^2 - (n\pi/b)^2 (admis en général ; le cas TE10_{10} est la proposition ci-dessus). Puissance : le vecteur de Poynting moyen selon zz vaut E02sin2(πx/a)kg/2μ0ωE_0^2\sin^2(\pi x/a) \,k_g/2\mu_0\omega intégré sur la section.

Le mode TE_10 d’un guide rectangulaire : le champ électrique occupe la petite dimension avec un profil en demi-sinusoïde en travers de la grande ; le champ magnétique se referme en boucles dans le plan des grandes faces, longues d’une demi-longueur d’onde guidée.
Le mode TE10_{10} d’un guide rectangulaire : le champ électrique occupe la petite dimension avec un profil en demi-sinusoïde en travers de la grande ; le champ magnétique se referme en boucles dans le plan des grandes faces, longues d’une demi-longueur d’onde guidée.

Proposition 16.5 (Cavité résonante)

Fermer un guide par deux parois conductrices distantes de dd en fait une cavité, où l’onde guidée doit former une onde stationnaire selon zz aussi : kg=pπ/dk_g = p\pi/d, et les fréquences de résonance d’une boîte rectangulaire a×b×da \times b \times d valent

fmnp=c2(ma)2+(nb)2+(pd)2.f_{mnp} = \frac c2\sqrt{\Bigl(\frac ma\Bigr)^2 + \Bigl(\frac nb\Bigr)^2 + \Bigl(\frac pd\Bigr)^2} .

Le nombre de modes de fréquence inférieure à ff croît comme 8πVf3/3c38\pi V f^3/3c^3 pour une boîte de volume VV (admis : on compte les points du réseau (m/2a,n/2b,p/2d)(m/2a, n/2b, p/2d) dans un huitième de sphère, avec deux polarisations) — la densité de modes dont aura besoin la théorie du rayonnement thermique (Chapitre 26). Chaque mode a un facteur de qualité QQ fixé par les pertes dans les parois (la résistance de surface du Chapitre 14), typiquement 10310^3 à 10410^4 pour du cuivre aux fréquences micro-ondes, 101010^{10} pour une cavité supraconductrice.

Démonstration. Ondes stationnaires selon les trois directions avec des nœuds sur les six parois ; le vecteur d’onde (mπ/a,nπ/b,pπ/d)(m\pi/a, n\pi/b, p\pi/d) a pour module ω/c\omega/c.

Exemple 16.6 (Fours, radars, horloges)

Un four à micro-ondes de 30×30×2030 \times 30 \times 20 cm3^3 possède, au voisinage de 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz}, des dizaines de modes à quelques pour cent de la fréquence du magnétron : le champ est une superposition d’ondes stationnaires, aux maxima distants de 6cm6\,\mathrm{cm}, que le plateau tournant (et un « brasseur de modes ») lissent. Le magnétron d’un radar est lui-même une cavité résonante ; un accélérateur de particules est une chaîne de cavités supraconductrices dont le mode TM pousse les paquets ; les atomes d’une horloge au césium traversent une cavité hyperfréquence accordée sur 9.19GHz9.19\,\mathrm{GHz}.

16.3 La fibre optique en optique géométrique

Proposition 16.7 (Fibre à saut d’indice)

Un cœur de verre d’indice n1n_1 entouré d’une gaine d’indice légèrement plus bas n2n_2 guide la lumière par réflexion totale sur la frontière du cœur. Un rayon qui entre par la face d’entrée depuis l’air sous l’angle α\alpha avec l’axe est piégé si sinα<n12n22\sin\alpha < \sqrt{n_1^2 - n_2^2}, l’ouverture numérique ; des rayons d’angles différents parcourent des longueurs différentes, et une impulsion entrant dans une fibre de longueur LL s’étale de

Δt=n1Lc(n1n21),\Delta t = \frac{n_1L}c\Bigl(\frac{n_1}{n_2} - 1\Bigr) ,

c’est la dispersion modale — quelque 50ns50\,\mathrm{ns} par kilomètre pour n1n2=0.01n_1 - n_2 = 0.01, ce qui limite une fibre multimode à quelques mégabits par seconde sur dix kilomètres. Une fibre monomode a un cœur si fin (9µm9\,\text{µ}\mathrm{m}) qu’un seul mode s’y propage, comme le guide entre ses deux premières coupures ; il ne reste alors que la dispersion chromatique du verre (Chapitre 8).

Démonstration. La réflexion totale à l’interface cœur–gaine exige sinθ>n2/n1\sin\theta > n_2/n_1 pour l’angle θ\theta avec la normale à la frontière, c’est-à-dire cosθ>n2/n1\cos \theta' > n_2/n_1 pour l’angle θ\theta' avec l’axe à l’intérieur ; la réfraction à l’entrée donne sinα=n1sinθ\sin\alpha = n_1\sin\theta', d’où sinα<n11n22/n12\sin\alpha < n_1\sqrt{1 - n_2^2/n_1^2}. Le rayon piégé le plus incliné parcourt L/cosθ=Ln1/n2L/\cos\theta' = Ln_1/n_2 contre LL pour le rayon axial, à c/n1c/n_1.

Une fibre à saut d’indice en optique géométrique : les rayons contenus dans le cône d’acceptance sont piégés par réflexion totale ; le rayon en zigzag arrive après le rayon axial — c’est la dispersion modale.
Une fibre à saut d’indice en optique géométrique : les rayons contenus dans le cône d’acceptance sont piégés par réflexion totale ; le rayon en zigzag arrive après le rayon axial — c’est la dispersion modale.

Méthode 16.8 (Le bilan d’une onde guidée)

(1) Identifier les parois et leur condition (sur un conducteur, E=0\vect E = 0 tangentiellement ; pour un diélectrique, réflexion totale). (2) Écrire le champ comme une onde stationnaire transversale multipliée par un facteur progressif le long du guide ; les conditions aux limites quantifient le nombre d’onde transversal. (3) La relation de dispersion kg2=ω2/c2k2k_g^2 = \omega^2/c^2 - k_\perp^2 donne la coupure, vφv_\varphi, vgv_g, λg\lambda_g. (4) Compter les modes propagatifs à la fréquence de travail ; viser un seul. (5) Pour une cavité, ajouter la condition longitudinale et trouver les fréquences de résonance ; pour les pertes, utiliser la résistance de surface.

16.4 Exercices

Exercice 16.1

Des plans distants de 2.0cm2.0\,\mathrm{cm} : fréquences de coupure des trois premiers modes ; à 12GHz12\,\mathrm{GHz}, quels modes se propagent, et pour le premier kgk_g, λg\lambda_g, vφv_\varphi, vgv_g ; à 6GHz6\,\mathrm{GHz}, longueur de décroissance du champ.

Solution

Solution de Exercice 16.1.

fn=nc/2a=7.5f_n = nc/2a = 7.5, 1515, 22.5GHz22.5\,\mathrm{GHz}. À 12GHz12\,\mathrm{GHz} seul n=1n = 1 : kg=(2π/c)f2f12=196rad/mk_g = (2\pi/c)\sqrt{f^2 - f_1^2} = 196\,\mathrm{rad}/\mathrm{m}, λg=3.2cm\lambda_g = 3.2\,\mathrm{cm}, vφ=c/0.78=3.8×108m/sv_\varphi = c/0.78 = 3.8 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, vg=2.3×108m/sv_g = 2.3 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. À 6GHz6\,\mathrm{GHz} : =c/2πf12f2=1.1cm\ell = c/2\pi\sqrt{f_1^2 - f^2} = 1.1\,\mathrm{cm}.

Exercice 16.2

Un guide standard en bande X a a=22.9mma = 22.9\,\mathrm{mm}, b=10.2mmb = 10.2\,\mathrm{mm}. Coupure de TE10_{10}, de TE20_{20} et de TE01_{01} ; la bande monomode ; à 10GHz10\,\mathrm{GHz} : λg\lambda_g, vgv_g, l’angle du zigzag. Pourquoi ba/2b \approx a/2 est-il un bon choix ?

Solution

Solution de Exercice 16.2.

TE10_{10} 6.55GHz6.55\,\mathrm{GHz}, TE20_{20} 13.1GHz13.1\,\mathrm{GHz}, TE01_{01} 14.7GHz14.7\,\mathrm{GHz} : monomode de 6.556.55 à 13.1GHz13.1\,\mathrm{GHz}. À 10GHz10\,\mathrm{GHz} : 1(6.55/10)2=0.756\sqrt{1 - (6.55/10)^2} = 0.756, λg=4.0cm\lambda_g = 4.0\,\mathrm{cm}, vg=0.76cv_g = 0.76c, cosθ=0.756\cos\theta = 0.756, θ=41\theta = 41{}^{\circ}. ba/2b \approx a/2 maintient TE01_{01} au-dessus de TE20_{20} (la plus large bande monomode) tout en laissant le plus grand écart au champ (puissance avant claquage).

Exercice 16.3

Une cavité de 30×30×2030 \times 30 \times 20 cm3^3 : fréquences des modes (1,1,0)(1,1,0), (1,0,1)(1,0,1), (2,1,1)(2,1,1), (3,2,1)(3,2,1) ; nombre de modes sous 2.5GHz2.5\,\mathrm{GHz} par la formule de dénombrement ; le mode le plus bas d’une cavité cubique à 9.19GHz9.19\,\mathrm{GHz} — son côté.

Solution

Solution de Exercice 16.3.

f=1.5×108(m/0.3)2+(n/0.3)2+(p/0.2)2f = 1.5 \times 10^8\sqrt{(m/0.3)^2 + (n/0.3)^2 + (p/0.2)^2} : 0.71GHz0.71\,\mathrm{GHz}, 0.90GHz0.90\,\mathrm{GHz}, 1.35GHz1.35\,\mathrm{GHz}, 1.95GHz1.95\,\mathrm{GHz}. N=8πVf3/3c3=8π×0.018×1.56×1028/8.1×1025260N = 8\pi Vf^3/3c^3 = 8\pi \times 0.018 \times 1.56 \times 10^{28}/ 8.1 \times 10^{25} \approx 260. Cube : f=c2/2Lf = c\sqrt2/2L, L=2.3cmL = 2.3\,\mathrm{cm}.

Exercice 16.4

Une fibre a n1=1.48n_1 = 1.48, n2=1.46n_2 = 1.46. Ouverture numérique et demi-angle d’acceptance ; étalement modal par kilomètre ; débit binaire maximal sur 2km2\,\mathrm{km} si un bit doit durer plus longtemps que l’étalement ; idem avec n1n2=0.003n_1 - n_2 = 0.003.

Solution

Solution de Exercice 16.4.

NA=1.4821.462=0.24\mathrm{NA} = \sqrt{1.48^2 - 1.46^2} = 0.24, 1414{}^{\circ} ; Δt=(n1L/c)(n1/n21)=68ns/km\Delta t = (n_1L/c)(n_1/n_2 - 1) = 68\,\mathrm{ns}/\mathrm{km} ; 135ns135\,\mathrm{ns} sur 2km2\,\mathrm{km} : 7Mbit/s7\,\mathrm{Mbit}/\mathrm{s} ; avec 0.0030.003 : 10ns/km10\,\mathrm{ns}/\mathrm{km}, 50Mbit/s50\,\mathrm{Mbit}/\mathrm{s}.

Exercice 16.5 ★★

Pour le mode n=1n = 1 du guide à plans parallèles : (a) trouver B\vect B par la loi de Faraday et montrer qu’il possède une composante selon zz en quadrature avec EE. (b) Courant surfacique sur chaque plan (relation de passage). (c) Vecteur de Poynting moyen selon zz et puissance par unité de largeur ; vérifier que sa composante transversale est de moyenne nulle. (d) Montrer que la vitesse de l’énergie, puissance divisée par l’énergie moyenne par unité de longueur, vaut vgv_g.

Solution

Solution de Exercice 16.5.

(a) By=(kg/ω)E\underline B_y = (k_g/\omega)\underline E, Bz=(i/ω)yE=(iπ/aω)E0cos(πy/a)ei(ωtkgz)\underline B_z = (\iu/\omega)\partial_y\underline E = (\iu\pi/a\omega) E_0\cos(\pi y/a)\eu^{\iu(\omega t - k_gz)} : en quadrature. (b) En y=0y = 0, By=0B_y = 0 et js=eyB/μ0=(Bz/μ0)ex\vect j_s = \vect e_y\wedge\vect B/\mu_0 = (B_z/\mu_0)\vect e_x : selon le champ. (c) Πz=E02kgsin2(πy/a)/2μ0ω\langle\Pi_z\rangle = E_0^2k_g\sin^2(\pi y/a)/2\mu_0\omega, puissance par unité de largeur E02kga/4μ0ωE_0^2k_ga/4\mu_0\omega ; ΠyRe(EiBz)=0\langle\Pi_y\rangle \propto \operatorname{Re}(\underline E\,\iu\underline B_z^*) = 0. (d) Énergie moyenne par unité de longueur et de largeur 14ε0E02a\tfrac14\varepsilon_0E_0^2a (les moitiés électrique et magnétique valant chacune 18ε0E02a\tfrac18\varepsilon_0E_0^2a) ; le rapport vaut c2kg/ω=vgc^2k_g/\omega = v_g.

Exercice 16.6 ★★

Sous la coupure. (a) Un trou de 1mm1\,\mathrm{mm} dans la grille de 0.5mm0.5\,\mathrm{mm} d’une porte de four à 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz} : le traiter comme un guide de largeur a=1mma = 1\,\mathrm{mm} ; longueur de décroissance et atténuation à travers la tôle en dB (comparer au Chapitre 14). (b) Une gaine de ventilation de 20cm20\,\mathrm{cm} de section dans une pièce blindée : jusqu’à quelle fréquence bloque-t-elle la radio, et de combien atténue-t-elle 100MHz100\,\mathrm{MHz} sur 1m1\,\mathrm{m} ? (c) Un « atténuateur à guide sous la coupure » utilise un tube de 1cm1\,\mathrm{cm} de diamètre à 1GHz1\,\mathrm{GHz} : atténuation par centimètre (utiliser la formule des plans avec a=1cma = 1\,\mathrm{cm} comme estimation). (d) Pourquoi l’atténuation est-elle indépendante de la conductivité des parois ?

Solution

Solution de Exercice 16.6.

(a) f1=150GHzff_1 = 150\,\mathrm{GHz} \gg f : a/π=0.32mm\ell \approx a/\pi = 0.32\,\mathrm{mm} ; e0.5/0.32\eu^{-0.5/0.32} : 14dB-14\,\mathrm{dB} en amplitude, 27-27 en puissance. (b) f1=750MHzf_1 = 750\,\mathrm{MHz} ; à 100MHz100\,\mathrm{MHz} =6.4cm\ell = 6.4\,\mathrm{cm} : 136dB-136\,\mathrm{dB} sur un mètre. (c) f1=15GHzf_1 = 15\,\mathrm{GHz}, =3.2mm\ell = 3.2\,\mathrm{mm} : 27dB/cm27\,\mathrm{dB}/\mathrm{cm}. (d) L’onde n’y tient pas ; l’évanescence est géométrique, non dissipative.

Exercice 16.7 ★★

Puissance et claquage. Le guide en bande X de l’Exercice 16.2 porte TE10_{10} à 10GHz10\,\mathrm{GHz}. (a) Puissance pour E0=1MV/mE_0 = 1\,\mathrm{MV}/\mathrm{m}. (b) L’air claque à 3MV/m3\,\mathrm{MV}/\mathrm{m} : puissance maximale ; comment les radars transportent-ils des mégawatts (mise en pression, gaz) ? (c) Pertes dans les parois : le courant surfacique sur la grande face est de l’ordre de E0/μ0cE_0/\mu_0c ; avec Rs=0.026ΩR_s = 0.026\,\Omega pour le cuivre à 10GHz10\,\mathrm{GHz}, estimer la perte par mètre et l’atténuation en dB/m. (d) Comparer aux 0.5dB/m0.5\,\mathrm{dB}/\mathrm{m} d’un câble coaxial : pourquoi emploie-t-on des guides à ces fréquences ?

Solution

Solution de Exercice 16.7.

(a) P=14ε0cE02ab1f102/f2=120kWP = \tfrac14\varepsilon_0cE_0^2ab\sqrt{1 - f_{10}^2/f^2} = 120\,\mathrm{kW}. (b) ×9\times9 : 1MW1\,\mathrm{MW} ; l’azote sous pression ou le SF6_6 élèvent le champ de claquage. (c) jsE0/μ0c=2.7kA/mj_s \approx E_0/\mu_0c = 2.7\,\mathrm{kA}/\mathrm{m} ; 12Rsjs2=9×104W/m2\tfrac12R_sj_s^2 = 9 \times 10^{4}\,\mathrm{W}/\mathrm{m}^{2} sur 2a=0.046m22a = 0.046\,\mathrm{m}^{2} par mètre : 4kW/m4\,\mathrm{kW}/\mathrm{m}, soit 3.5%3.5\% par mètre, environ 0.15dB/m0.15\,\mathrm{dB}/\mathrm{m}. (d) Trois fois moins que le câble, et des mégawatts au lieu de kilowatts.

Exercice 16.8 ★★

Qualité d’une cavité. Une cavité cubique en cuivre de 10cm10\,\mathrm{cm} de côté dans son mode le plus bas. (a) Fréquence. (b) L’énergie emmagasinée vaut 12ε0E02V/4\tfrac12\varepsilon_0E_0^2V/4 (admis) et la perte dans les parois 12RsH02×\tfrac12R_sH_0^2\times l’aire avec H0E0/μ0cH_0 \approx E_0/ \mu_0c et Rs=1/γδR_s = 1/\gamma\delta : facteur de qualité Q=ωW/PQ = \omega W/P — le calculer. (c) Largeur de bande f/Qf/Q de la résonance ; temps de décroissance Q/ωQ/\omega. (d) Une cavité supraconductrice a Rs1×108ΩR_s \sim 1 \times 10^{-8}\,\Omega : QQ, et pourquoi les accélérateurs en utilisent.

Solution

Solution de Exercice 16.8.

(a) f=c2/2L=2.12GHzf = c\sqrt2/2L = 2.12\,\mathrm{GHz}. (b) δ=1.4µm\delta = 1.4\,\text{µ}\mathrm{m}, Rs=12mΩR_s = 12\,\mathrm{m}\Omega ; W=ε0E02V/8=1.1×1015E02W = \varepsilon_0E_0^2V/8 = 1.1 \times 10^{-15}\,E_0^2 ; P=12Rs(E0/377)2×6L2=2.5×109E02P = \tfrac12R_s(E_0/377)^2 \times 6L^2 = 2.5 \times 10^{-9}\,E_0^2 : Q=ωW/P6000Q = \omega W/P \approx 6000. (c) 360kHz360\,\mathrm{kHz} ; 0.45µs0.45\,\text{µ}\mathrm{s}. (d) Q1010Q \sim 10^{10} : un champ de dizaines de mégavolts par mètre est entretenu par des kilowatts au lieu de gigawatts.

Exercice 16.9 ★★

Dénombrement des modes. (a) Montrer que le nombre de modes d’une boîte de volume VV de fréquence inférieure à ff vaut N(f)=8πVf3/3c3N(f) = 8\pi Vf^3/3c^3 (points (m,n,p)(m, n, p) dans le huitième de sphère de rayon 2fL/c2fL/c pour un cube, deux polarisations). (b) Le nombre de modes par unité de volume et de fréquence,  ⁣dN/V ⁣df=8πf2/c3\dd N/V\dd f = 8\pi f^2/c^3. (c) Une pièce de 1m31\,\mathrm{m}^{3} : modes par hertz à 1GHz1\,\mathrm{GHz} ; à 500THz500\,\mathrm{THz} (lumière visible). (d) Pourquoi une petite cavité a-t-elle des modes clairsemés alors qu’une grande pièce en a un continuum — et qu’en est-il du four à 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz} ?

Solution

Solution de Exercice 16.9.

(a) Les points (m,n,p)(m, n, p) vérifiant m2+n2+p2(2fL/c)2m^2 + n^2 + p^2 \le (2fL/c)^2 remplissent un huitième de sphère : 1843π(2fL/c)3\tfrac18\cdot\tfrac43\pi(2fL/c)^3, multiplié par deux polarisations : 8πL3f3/3c38\pi L^3f^3/3c^3. (b) 8πf2/c38\pi f^2/c^3. (c) 9×1079 \times 10^{-7} par hertz (un par mégahertz) à 1GHz1\,\mathrm{GHz} ; 2×1052 \times 10^5 par hertz à 500THz500\,\mathrm{THz}. (d) Les modes sont discrets quand leur espacement dépasse leur largeur ; dans le four, un mode par 10MHz10\,\mathrm{MHz} environ autour de 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz} — des dizaines à quelques pour cent.

Exercice 16.10 ★★★

TE10_{10} en détail. Dans le guide 0<x<a0 < x < a, 0<y<b0 < y < b : E=E0sin(πx/a)ei(ωtkgz)ey\vect E = E_0\sin(\pi x/a)\eu^{\iu(\omega t - k_gz)}\vect e_y. (a) Par Faraday, trouver Bx\underline B_x et Bz\underline B_z ; vérifier divB=0\operatorname{div}\vect B = 0. (b) Vérifier Maxwell–Ampère dans le vide, et retrouver kg2=ω2/c2(π/a)2k_g^2 = \omega^2/c^2 - (\pi/a)^2. (c) Courants surfaciques sur les quatre parois (les grandes faces y=0y = 0, bb et les petites x=0x = 0, aa) ; quels courants circulent selon zz, lesquels en travers ? (d) Une fente pratiquée selon zz au milieu d’une grande face ne rayonne pas, une fente transversale rayonne : expliquer.

Solution

Solution de Exercice 16.10.

(a) De curlE=tB\operatorname{\vect{curl}}\vect E = -\partial_t\vect B :

Bx=kgωE,Bz=iπaωE0cosπxaei(ωtkgz),\underline B_x = -\frac{k_g}\omega\underline E , \qquad \underline B_z = \frac{\iu\pi}{a\omega}E_0\cos\frac{\pi x}a\,\eu^{\iu(\omega t - k_gz)} ,

et xBx+zBz=(kgπ/aω)E0cos(πx/a)+(kgπ/aω)E0cos(πx/a)=0\partial_xB_x + \partial_zB_z = -(k_g\pi/a\omega)E_0\cos(\pi x/a) + (k_g\pi/a\omega)E_0 \cos(\pi x/a) = 0. (b) (curlB)y=zBxxBz=(i/ω)(kg2+π2/a2)E=(iω/c2)E(\operatorname{\vect{curl}}\vect B)_y = \partial_zB_x - \partial_xB_z = (\iu/\omega)(k_g^2 + \pi^2/a^2)\underline E = (\iu\omega/c^2)\underline E : kg2=ω2/c2π2/a2k_g^2 = \omega^2/c^2 - \pi^2/a^2. (c) Grandes faces : js=±(BzexBxez)/μ0\vect j_s = \pm(B_z\vect e_x - B_x\vect e_z)/\mu_0 — selon zz en sin(πx/a)\sin(\pi x/a), en travers en cos(πx/a)\cos(\pi x/a) (nul au milieu) ; petites faces : selon yy seulement. (d) Une fente longitudinale centrale ne coupe que les courants transversaux, qui y sont nuls ; une fente transversale coupe les courants longitudinaux et rayonne : c’est l’antenne à fentes.

Exercice 16.11 ★★★

Guide diélectrique. Une lame d’indice n1n_1 et d’épaisseur aa dans un milieu n2<n1n_2 < n_1 guide la lumière par réflexion totale. (a) Pour un rayon faisant l’angle θ\theta avec la normale aux faces, la condition de guidage est que la phase d’un aller-retour en travers de la lame, 2k0n1acosθ2φr2k_0n_1a\cos\theta - 2\varphi_r (φr\varphi_r étant le déphasage de la réflexion totale, pris 0\approx 0 ici), soit un multiple de 2π2\pi : nombre de modes pour a=50µma = 50\,\text{µ}\mathrm{m}, λ=1.5µm\lambda = 1.5\,\text{µ}\mathrm{m}, n1=1.48n_1 = 1.48, n2=1.46n_2 = 1.46 (admettre le dénombrement 2an12n22/λ\approx 2a\sqrt{n_1^2 - n_2^2}/\lambda par polarisation). (b) Épaisseur pour un mode unique. (c) Comparer à un cœur de fibre monomode de 9µm9\,\text{µ}\mathrm{m}. (d) Pourquoi le guide diélectrique, contrairement au guide métallique, ne peut-il pas avoir de coupure pour son mode le plus bas ?

Solution

Solution de Exercice 16.11.

(a) 2an12n22/λ=2×50×0.242/1.5162a\sqrt{n_1^2 - n_2^2}/\lambda = 2 \times 50 \times 0.242/1.5 \approx 16 par polarisation. (b) a<λ/2NA=3.1µma < \lambda/2\mathrm{NA} = 3.1\,\text{µ}\mathrm{m}. (c) Un cœur circulaire d’NA=0.12\mathrm{NA} = 0.12 est monomode en dessous de d=2.405λ/πNA=10µmd = 2.405\lambda/\pi\mathrm{NA} = 10\,\text{µ}\mathrm{m} : d’où le standard à 9µm9\,\text{µ}\mathrm{m}. (d) Un rayon rasant est toujours totalement réfléchi : le mode le plus bas existe à toute fréquence, ses queues évanescentes s’étalant simplement davantage dans la gaine.

Exercice 16.12 ★★★

Fibre à gradient d’indice. Pour réduire la dispersion modale, l’indice du cœur décroît de l’axe vers l’extérieur, n(r)=n112Δ(r/a)2n(r) = n_1\sqrt{1 - 2\Delta(r/a)^2} avec Δ0.01\Delta \approx 0.01. (a) Expliquer qualitativement pourquoi un rayon hors axe, bien que plus long, peut mettre le même temps que le rayon axial. (b) À l’aide de l’équation des rayons dans un milieu stratifié, n(r)cosθ(r)=n(r)\cos\theta(r) = const, montrer qu’un rayon lancé depuis l’axe sous un petit angle oscille sinusoïdalement autour de lui (développer nn au second ordre). (c) Période de l’oscillation pour a=25µma = 25\,\text{µ}\mathrm{m}. (d) L’étalement modal résiduel est de l’ordre de n1LΔ2/2cn_1L\Delta^2/2c : valeur par kilomètre, comparée au n1LΔ/cn_1L\Delta/c du saut d’indice.

Solution

Solution de Exercice 16.12.

(a) Le rayon hors axe passe son temps dans un indice plus faible, où la lumière est plus rapide : le trajet plus long est compensé. (b) n(r)cosθ=n1cosθ0n(r)\cos\theta = n_1\cos\theta_0 avec nn1(1Δr2/a2)n \approx n_1(1 - \Delta r^2/a^2) et cosθ1θ2/2\cos\theta \approx 1 - \theta^2/2 : ( ⁣dr/ ⁣dz)2=θ022Δr2/a2(\dd r/\dd z)^2 = \theta_0^2 - 2\Delta r^2/a^2, une oscillation harmonique r=r0sin(2Δz/a)r = r_0\sin(\sqrt{2\Delta}\,z/a). (c) 2πa/2Δ=1.1mm2\pi a/\sqrt{2\Delta} = 1.1\,\mathrm{mm}. (d) n1LΔ2/2c=0.25ns/kmn_1L\Delta^2/2c = 0.25\,\mathrm{ns}/\mathrm{km} contre 49ns/km49\,\mathrm{ns}/\mathrm{km} : deux cents fois mieux.

Des fibres optiques éclairées par leur extrémité opposée : une lumière piégée par réflexion totale dans un cœur plus fin qu’un cheveu, et guidée à travers chaque courbe douce.
Des fibres optiques éclairées par leur extrémité opposée : une lumière piégée par réflexion totale dans un cœur plus fin qu’un cheveu, et guidée à travers chaque courbe douce.

16.5 Problème : la cavité du four et la fibre optique

Problème 16.1

Problème du week-end — deux systèmes à ondes guidées présents dans chaque cuisine et chaque ville : le four qui cuit avec des ondes stationnaires et la fibre qui transporte l’internet

Partie I — Du magnétron à la cavité. Un magnétron injecte 800W800\,\mathrm{W} à 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz} dans un guide d’ondes rectangulaire (a=8.6cma = 8.6\,\mathrm{cm}, b=4.3cmb = 4.3\,\mathrm{cm}) qui débouche dans la cavité du four (30×30×2030 \times 30 \times 20 cm3^3) ; parois en acier, γ=1×106S/m\gamma = 1 \times 10^{6}\,\mathrm{S}/\mathrm{m}.

  1. Fréquences de coupure des modes TE10_{10}, TE20_{20}, TE01_{01} du guide ; vérifier que seul TE10_{10} se propage à 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz}.
  2. Longueur d’onde guidée, vitesses de phase et de groupe à 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz}.
  3. Amplitude du champ E0E_0 dans le guide pour 800W800\,\mathrm{W} (formule de puissance de TE10_{10}) ; comparer au champ de claquage de l’air.
  4. Amplitude du courant surfacique sur la grande face (de l’ordre de E0/μ0cE_0/\mu_0c) ; épaisseur de peau et résistance de surface de l’acier ; perte par mètre de guide.
  5. Modes de la cavité : énumérer ceux dont la fréquence est à 3%3\% de 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz} (essayer (m,n,p)(m, n, p) jusqu’à 44) ; combien ?
  6. Distance entre les points chauds d’un tel mode selon chaque axe ; pourquoi le plateau tourne-t-il, et qu’est-ce qu’un « brasseur de modes » ?
  7. Le facteur de qualité de la cavité chargée d’aliments vaut environ 200200 : largeur de bande de sa réponse ; pourquoi un écart entre la fréquence du magnétron et les modes importe peu.
  8. La cavité vide a Q3000Q \approx 3000 : énergie emmagasinée pour 800W800\,\mathrm{W} injectés, densité d’énergie moyenne, amplitude du champ ; comparer à la question 3 et au claquage. Qu’est-ce qui protège le magnétron lorsque le four tourne à vide ?
  9. Temps mis par l’énergie pour parcourir les 20cm20\,\mathrm{cm} de guide entre le magnétron et la cavité.
  10. Le magnétron est alimenté par un redressement mono-alternance et n’émet que pendant une demi-période du secteur : puissance crête pendant les salves pour une moyenne de 800W800\,\mathrm{W} ; que fait la cavité entre les salves (prendre Q200Q \approx 200) ?

Partie II — La porte et la coupure.

  1. La grille de la porte a des trous de 1.5mm1.5\,\mathrm{mm} dans une tôle de 1mm1\,\mathrm{mm} : longueur de décroissance dans un trou et atténuation en dB à travers la tôle.
  2. Le bord de la porte est fermé par un « piège » quart d’onde : une cavité de profondeur λ/4\lambda/4 courant autour du cadre, qui présente un circuit ouvert au niveau de l’interstice (rappel : Chapitre 15) : profondeur de la cavité à 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz}.
  3. La fuite réglementaire vaut 5mW/cm25\,\mathrm{mW}/\mathrm{cm}^{2} à 5cm5\,\mathrm{cm} : à quelle fraction des 800W800\,\mathrm{W} à travers une porte de 100cm2100\,\mathrm{cm}^{2} cela correspond-il ?
  4. Un conduit de 30cm30\,\mathrm{cm} et de 4cm4\,\mathrm{cm} de diamètre ventile la cavité : est-il sous la coupure à 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz} ? Atténuation sur sa longueur.
  5. Pourquoi la grille doit-elle être reliée électriquement au cadre de la porte tout autour (à quoi s’apparenterait une rupture de cette liaison) ?

Partie III — La fibre. Une fibre à saut d’indice : cœur n1=1.465n_1 = 1.465, gaine n2=1.460n_2 = 1.460, diamètre de cœur 50µm50\,\text{µ}\mathrm{m} (multimode) ou 9µm9\,\text{µ}\mathrm{m} (monomode) ; λ=1.55µm\lambda = 1.55\,\text{µ}\mathrm{m} ; atténuation 0.2dB/km0.2\,\mathrm{dB}/\mathrm{km}.

  1. Ouverture numérique et angle d’acceptance ; est-il facile d’y injecter la lumière ?
  2. Étalement modal par kilomètre pour la fibre multimode ; débit binaire maximal sur 10km10\,\mathrm{km} (un bit par durée d’étalement).
  3. Nombre de modes de la fibre multimode (admettre N12(πdNA/λ)2N \approx \tfrac12(\pi d\,\mathrm{NA}/\lambda)^2) ; de la monomode (d=9µmd = 9\,\text{µ}\mathrm{m} : montrer que la même formule donne environ 11).
  4. Dans la fibre monomode l’étalement restant est chromatique : avec ω0.2m2/s\omega'' \approx -0.2\,\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s} (Chapitre 8) et des impulsions de 50ps50\,\mathrm{ps}, distance sur laquelle une impulsion double ; débit binaire sur 100km100\,\mathrm{km}.
  5. Atténuation sur 100km100\,\mathrm{km} en dB et en rapport de puissances ; 1mW1\,\mathrm{mW} en entrée : puissance de sortie ; avec des amplificateurs tous les 80km80\,\mathrm{km}, combien en faut-il pour une liaison transatlantique de 6000km6000\,\mathrm{km} ?
  6. Fréquence et énergie du photon à 1.55µm1.55\,\text{µ}\mathrm{m} ; photons par seconde dans 1mW1\,\mathrm{mW}, et par bit à 10Gbit/s10\,\mathrm{Gbit}/\mathrm{s}, à l’entrée et après 100km100\,\mathrm{km}.
  7. Pourquoi 1.55µm1.55\,\text{µ}\mathrm{m} (penser aux deux mécanismes de perte de la silice : la diffusion Rayleigh, décroissant en 1/λ41/\lambda^4, et l’absorption infrarouge croissant au-delà de 1.6µm1.6\,\text{µ}\mathrm{m}) ?
  8. Réflexion de Fresnel au bout clivé d’une fibre face à l’air : perte en dB ; pourquoi les connecteurs utilisent un gel d’adaptation d’indice ou un contact physique poli.
  9. Pourquoi une fibre ne rayonne-t-elle pas dans une courbe douce, et pourquoi perd-elle de la lumière dans une courbe serrée (penser à l’angle du rayon sur la frontière du cœur) ?
  10. Comparer les deux guides de ce problème : ce qui confine l’onde, ce qui limite la bande passante, ce que sont les pertes.
Solution

Solution de Problème 16.1.

1. c/2a=1.74GHzc/2a = 1.74\,\mathrm{GHz} ; TE20_{20} et TE01_{01} : 3.49GHz3.49\,\mathrm{GHz} : seul TE10_{10} à 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz}.

2. 1(1.74/2.45)2=0.70\sqrt{1 - (1.74/2.45)^2} = 0.70 : λg=17.4cm\lambda_g = 17.4\,\mathrm{cm}, vφ=1.42cv_\varphi = 1.42c, vg=0.70c=2.1×108m/sv_g = 0.70c = 2.1 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}.

3. E02=4P/ε0cab=3200/6.9×106E_0^2 = 4P/\varepsilon_0c\,ab\sqrt{\cdot} = 3200/6.9 \times 10^{-6} : E0=21kV/mE_0 = 21\,\mathrm{kV}/\mathrm{m}, soit un centième du claquage.

4. jsE0/μ0c=57A/mj_s \approx E_0/\mu_0c = 57\,\mathrm{A}/\mathrm{m} ; δ=10µm\delta = 10\,\text{µ}\mathrm{m}, Rs=0.1ΩR_s = 0.1\,\Omega ; 12Rsjs2×2a=28W/m\tfrac12R_sj_s^2 \times 2a = 28\,\mathrm{W}/\mathrm{m} : 3.5%3.5\% par mètre — l’acier est dissipatif, mais le guide est court.

5. f=1.5×10811.1(m2+n2)+25p2f = 1.5 \times 10^8\sqrt{11.1(m^2 + n^2) + 25p^2} à ±3%\pm3\% de 2.45GHz2.45\,\mathrm{GHz} : (1,2,3)(1, 2, 3), (2,1,3)(2, 1, 3) à 2.51GHz2.51\,\mathrm{GHz}, (4,0,2)(4, 0, 2), (0,4,2)(0, 4, 2), (4,3,0)(4, 3, 0), (3,4,0)(3, 4, 0) à 2.50GHz2.50\,\mathrm{GHz} — environ six.

6. Demi-longueurs d’onde a/ma/m, b/nb/n, d/pd/p : de 77 à 10cm10\,\mathrm{cm} d’écart. Le plateau tournant entraîne les aliments à travers maxima et minima ; un brasseur (un ventilateur métallique tournant) rebat les modes.

7. f/Q=12MHzf/Q = 12\,\mathrm{MHz} : les résonances chargées se recouvrent en un continuum ; le magnétron trouve toujours un mode à alimenter.

8. W=QP/ω=3000×800/1.54×1010=0.16JW = QP/\omega = 3000 \times 800/1.54 \times 10^{10} = 0.16\,\mathrm{J} ; u=8.7J/m3u = 8.7\,\mathrm{J}/\mathrm{m}^{3} ; E04u/ε0=2MV/mE_0 \approx \sqrt{4u/\varepsilon_0} = 2\,\mathrm{MV}/\mathrm{m} — près du claquage : des arcs ; la puissance réfléchie retourne au magnétron, protégé (un peu) par une charge fictive ou un circulateur — d’où le « ne jamais le faire tourner à vide ».

9. 0.2/2.1×108=1ns0.2/2.1 \times 10^8 = 1\,\mathrm{ns}.

10. 1.6kW1.6\,\mathrm{kW} crête ; entre les salves le champ décroît en Q/ω=13nsQ/\omega = 13\,\mathrm{ns} : la cavité est vide la plupart du temps.

11. a/π=0.48mm\ell \approx a/\pi = 0.48\,\mathrm{mm} ; e1/0.48\eu^{-1/0.48} : 18dB-18\,\mathrm{dB} en amplitude, 36dB-36\,\mathrm{dB} en puissance.

12. λ/4=3.1cm\lambda/4 = 3.1\,\mathrm{cm}.

13. 5mW/cm25\,\mathrm{mW}/\mathrm{cm}^{2} ×\times 100cm2100\,\mathrm{cm}^{2} = 0.5W0.5\,\mathrm{W} : soit 0.06%0.06\%.

14. f1c/2d=3.75GHz>2.45GHzf_1 \approx c/2d = 3.75\,\mathrm{GHz} > 2.45\,\mathrm{GHz} : sous la coupure ; =1.7cm\ell = 1.7\,\mathrm{cm}, e30/1.7\eu^{-30/1.7} : 150dB-150\,\mathrm{dB}.

15. Les courants de paroi doivent passer sans rupture dans la grille ; une rupture de la liaison est une fente qui les coupe — une antenne à fente qui rayonne vers l’extérieur.

16. NA=1.46521.4602=0.12\mathrm{NA} = \sqrt{1.465^2 - 1.460^2} = 0.12, 77{}^{\circ} : un cône étroit, qui exige un laser et une lentille.

17. (n1L/c)(n1/n21)=17ns/km(n_1L/c)(n_1/n_2 - 1) = 17\,\mathrm{ns}/\mathrm{km} ; 170ns170\,\mathrm{ns} sur 10km10\,\mathrm{km} : 6Mbit/s6\,\mathrm{Mbit}/\mathrm{s}.

18. 12(πdNA/λ)2=75\tfrac12(\pi d\,\mathrm{NA}/\lambda)^2 = 75 ; pour 9µm9\,\text{µ}\mathrm{m} : 2.42.4 — le régime monomode (V=πdNA/λ=2.2<2.4V = \pi d\,\mathrm{NA}/\lambda = 2.2 < 2.4).

19. Δx0=(c/n)τ=1cm\Delta x_0 = (c/n)\tau = 1\,\mathrm{cm} : teˊt=104/0.2=0.5mst_{\text{ét}} = 10^{-4}/0.2 = 0.5\,\mathrm{ms}, 100km100\,\mathrm{km} : 10Gbit/s10\,\mathrm{Gbit}/\mathrm{s} sur cette distance avant compensation.

20. 20dB20\,\mathrm{dB}, un facteur 100100 : 10µW10\,\text{µ}\mathrm{W} ; 6000/80=756000/80 = 75 amplificateurs.

21. f=1.9×1014Hzf = 1.9 \times 10^{14}\,\mathrm{Hz}, hf=0.8eVhf = 0.8\,\mathrm{eV} ; 8×10158 \times 10^{15} photons par seconde ; 8×1058 \times 10^5 par bit à l’entrée, 8×1038 \times 10^3 après 100km100\,\mathrm{km}.

22. La somme des deux pertes est minimale au voisinage de 1.55µm1.55\,\text{µ}\mathrm{m} (0.2dB/km0.2\,\mathrm{dB}/\mathrm{km}).

23. R=((1.4651)/2.465)2=3.6%R = ((1.465 - 1)/2.465)^2 = 3.6\% : 0.16dB0.16\,\mathrm{dB} par face, deux fois à un connecteur, plus l’interférence de l’intervalle ; un gel ou un contact physique supprime l’air.

24. Dans une courbe douce le rayon rencontre encore la frontière au-delà de l’angle critique ; dans une courbe serrée l’incidence sur la paroi extérieure passe en dessous et la lumière fuit.

25. Four : parois métalliques, réflexion avec r=1r = -1 ; bande passante fixée par les modes de la cavité ; pertes dans la peau de l’acier. Fibre : réflexion totale à une frontière verre–verre ; bande passante fixée par les dispersions modale et chromatique ; pertes par diffusion et absorption, 0.2dB/km0.2\,\mathrm{dB}/\mathrm{km}.