Physics · Livre 4 · Bachelor Year 2

Physique universitaire — 2e année

Physique universitaire — 2e année · Bachelor Year 2

1Mécanique du solide

Regardez une roue de bicyclette depuis le trottoir : les rayons proches du sol sont presque immobiles et nets, ceux du haut ne sont qu’un flou filant à deux fois la vitesse du cycliste. Chaque point de la roue a une vitesse différente, et pourtant la roue est un seul objet — ses points gardent leurs distances mutuelles, et cette seule contrainte organise tous leurs mouvements en deux vecteurs, une translation et une rotation. Le volume de première année traitait le cas particulier d’un solide tournant autour d’un axe fixe ; ce chapitre donne la cinématique générale d’un solide, son énergie cinétique et son moment cinétique, les lois de son mouvement, et la loi qui gouverne toute roue, tout pneu, tout frein et toute échelle : la loi de Coulomb du frottement sec.

1.1 Cinématique du solide

Définition 1.1 (Solide)

Un solide (ou corps rigide) est un système de points dont les distances mutuelles restent constantes : AB\|\vect{AB}\| est indépendant du temps pour tout couple AA, BB de ses points. Un référentiel dans lequel tout point du solide est au repos est un référentiel lié au solide.

Théorème 1.2 (Champ des vitesses d’un solide)

À chaque instant il existe un vecteur Ω\vect\Omega, le vecteur rotation du solide (unité rad/s\mathrm{rad}/\mathrm{s}), tel que les vitesses de deux quelconques de ses points AA et MM dans un référentiel R\mathcal R vérifient

vM=vA+ΩAM.\vect v_M = \vect v_A + \vect\Omega\wedge\vect{AM} .

Ω\vect\Omega ne dépend pas du choix de AA ; un vecteur u\vect u lié au solide évolue selon  ⁣du/ ⁣dt=Ωu\dd\vect u/\dd t = \vect\Omega\wedge\vect u.

Démonstration. Soit (e1,e2,e3)(\vect e_1, \vect e_2, \vect e_3) une base orthonormée liée au solide. De eiej=δij\vect e_i\cdot\vect e_j = \delta_{ij}, les coefficients aij=e˙ieja_{ij} = \dot{\vect e}_i\cdot\vect e_j vérifient aij+aji=0a_{ij} + a_{ji} = 0 : la matrice de l’application uu˙\vect u \mapsto \dot{\vect u} (pour u\vect u lié au solide, u=uiei\vect u = \sum u_i\vect e_i avec des uiu_i constants) est antisymétrique, et une matrice antisymétrique 3×33\times3 est la matrice de uΩu\vect u \mapsto \vect\Omega\wedge\vect u avec Ω1=a23\Omega_1 = a_{23}, Ω2=a31\Omega_2 = a_{31}, Ω3=a12\Omega_3 = a_{12}. Appliquons-la à u=AM\vect u = \vect{AM} : vMvA=ΩAM\vect v_M - \vect v_A = \vect\Omega\wedge\vect{AM}. Si Ω\vect\Omega' convenait aussi, (ΩΩ)AM=0(\vect\Omega - \vect\Omega')\wedge \vect{AM} = \vect 0 pour tout MM, donc Ω=Ω\vect\Omega' = \vect\Omega.

Remarque 1.3 (Trois mouvements)

Translation : Ω=0\vect\Omega = \vect 0, tous les points ont la même vitesse (le mouvement n’est pas nécessairement rectiligne : une nacelle de grande roue est en translation sur un cercle). Rotation autour d’un axe fixe Δ\Delta : les points de Δ\Delta sont au repos, Ω=ωeΔ\vect\Omega = \omega\,\vect e_\Delta, et un point situé à la distance rr de l’axe décrit un cercle à la vitesse rωr|\omega| — le cas du volume de première année. Le mouvement général combine les deux : vM=vG+ΩGM\vect v_M = \vect v_G + \vect\Omega\wedge\vect{GM}, une translation à la vitesse du centre de masse plus une rotation autour de GG.

Définition 1.4 (Roulement sans glissement)

Deux solides S1S_1 et S2S_2 sont en contact en un point II. La vitesse de glissement de S1S_1 sur S2S_2 est vgl=vIS1vIS2\vect v_{\text{gl}} = \vect v_{I \in S_1} - \vect v_{I \in S_2}, différence des vitesses des deux points matériels qui coïncident en II à cet instant. S1S_1 roule sans glisser sur S2S_2 lorsque vgl=0\vect v_{\text{gl}} = \vect 0. Pour une roue de rayon RR qui roule sans glisser sur un sol fixe, de vitesse du centre vGv_G et de vitesse angulaire ω\omega, la condition s’écrit vG=Rωv_G = R\omega (avec des signes tels qu’une roue qui roule vers la droite tourne dans le sens horaire).

Démonstration. Appliquons le Théorème 1.2 à la roue entre GG et le point de contact II : vIS1=vG+ΩGI\vect v_{I\in S_1} = \vect v_G + \vect\Omega \wedge\vect{GI} ; avec vG=vGex\vect v_G = v_G\vect e_x, Ω=ωez\vect\Omega = -\omega \vect e_z et GI=Rey\vect{GI} = -R\vect e_y, cela vaut (vGRω)ex(v_G - R\omega)\vect e_x, qui doit s’annuler.

Exemple 1.5 (Champ des vitesses d’une roue qui roule)

Pour la roue qui roule, vM=ΩIM\vect v_M = \vect\Omega\wedge\vect{IM} : à chaque instant la roue tourne autour de son point de contact. Le point de contact est au repos, le centre avance à v=Rωv = R\omega, le sommet à 2v2v, et un point de la jante à la hauteur hh va à ω2Rh\omega\sqrt{2Rh}, perpendiculairement à IM\vect{IM}. Une valve décrit une cycloïde ; un caillou projeté par la bande de roulement part à la vitesse du point de la jante, jusqu’à 2v2v — d’où l’utilité des bavettes d’un camion.

Une roue saisie à obturateur lent : les rayons proches du sol, presque au repos, restent nets ; ceux du haut, qui vont à deux fois la vitesse de la bicyclette, sont flous.
Une roue saisie à obturateur lent : les rayons proches du sol, presque au repos, restent nets ; ceux du haut, qui vont à deux fois la vitesse de la bicyclette, sont flous.
Une roue qui roule sans glisser. À gauche : les vitesses de quelques points — nulle au point de contact I, v_G = R au centre, 2v_G au sommet. À droite : chaque vitesse est perpendiculaire au segment joignant le point à I et proportionnelle à sa longueur : à chaque instant la roue tourne autour de son point de contact.
Une roue qui roule sans glisser. À gauche : les vitesses de quelques points — nulle au point de contact II, vG=Rωv_G = R\omega au centre, 2vG2v_G au sommet. À droite : chaque vitesse est perpendiculaire au segment joignant le point à II et proportionnelle à sa longueur : à chaque instant la roue tourne autour de son point de contact.

1.2 Grandeurs cinétiques d’un solide

Proposition 1.6 (Quantité de mouvement, moment cinétique, énergie cinétique)

Pour un solide de masse MM, de centre de masse GG, dans un référentiel R\mathcal R :

  • sa quantité de mouvement vaut p=MvG\vect p = M\vect v_G ;
  • s’il tourne autour d’un axe Δ\Delta (fixe dans R\mathcal R, ou passant par GG et de direction fixe) à la vitesse angulaire ω\omega, son moment cinétique selon cet axe vaut LΔ=JΔωL_\Delta = J_\Delta\,\omega, où

    JΔ=imiri2=r2 ⁣dmJ_\Delta = \sum_i m_i r_i^2 = \int r^2\,\dd m

    est son moment d’inertie par rapport à Δ\Delta (rr étant la distance à l’axe ; unité kgm2\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2}) ;

  • son énergie cinétique vaut (König) Ek=12MvG2+EkE_k = \tfrac12Mv_G^2 + E_k^*, où l’énergie cinétique dans le référentiel barycentrique est Ek=12JGω2E_k^* = \tfrac12J_{G}\omega^2 pour une rotation à ω\omega autour d’un axe passant par GG — et Ek=12JΔω2E_k = \tfrac12J_\Delta\omega^2 pour une rotation autour d’un axe fixe Δ\Delta.

Démonstration. Les théorèmes de la quantité de mouvement et de König ont été démontrés dans le volume de première année pour un système quelconque. Pour la rotation autour de Δ\Delta passant par OO, un point situé à la distance rir_i de l’axe a la vitesse riωr_i\omega sur un cercle autour de l’axe ; son moment cinétique en OO projeté sur eΔ\vect e_\Delta vaut miri2ωm_ir_i^2\omega (les autres composantes, qui se compensent pour un solide symétrique, ne servent pas ici) ; on somme. Énergie cinétique : 12miri2ω2\sum\tfrac12m_ir_i^2 \omega^2.

Remarque 1.7 (Ce qui est admis)

Pour une rotation Ω\vect\Omega quelconque, le vecteur complet LG\vect L_G n’est pas parallèle à Ω\vect\Omega en général : LG=JΩ\vect L_G = \mathbf J\,\vect\OmegaJ\mathbf J est le tenseur d’inertie, matrice symétrique dont les vecteurs propres sont les axes principaux. Tous les solides de ce chapitre tournent autour d’un axe fixe ou d’un axe de symétrie passant par GG, pour lesquels L=JΩ\vect L = J\vect\Omega exactement ; le cas général relève du volume de troisième année.

Proposition 1.8 (Moments d’inertie)

Pour des solides homogènes de masse MM, par rapport à un axe passant par GG : tige mince de longueur \ell (axe perpendiculaire), J=112M2J = \tfrac1{12}M\ell^2 ; cerceau mince ou cylindre creux de rayon RR (son axe), J=MR2J = MR^2 ; disque ou cylindre plein, J=12MR2J = \tfrac12MR^2 ; boule pleine, J=25MR2J = \tfrac25MR^2 ; sphère creuse, J=23MR2J = \tfrac23MR^2. Théorème de Huygens (axes parallèles) : par rapport à un axe Δ\Delta parallèle à un axe ΔG\Delta_G passant par GG à la distance dd,

JΔ=JΔG+Md2.J_\Delta = J_{\Delta_G} + Md^2 .

Démonstration. Tige : /2/2x2(M/) ⁣dx=M2/12\int_{-\ell/2}^{\ell/2}x^2\,(M/\ell)\dd x = M\ell^2/12. Disque : anneaux de masse (2M/R2)r ⁣dr(2M/R^2)r\,\dd r, 0Rr2(2M/R2)r ⁣dr=MR2/2\int_0^R r^2(2M/R^2)r\,\dd r = MR^2/2. Boule : par symétrie J=23r2 ⁣dmJ = \tfrac23\int r^2\dd m (rr étant la distance au centre, puisque x2+y2=23(x2+y2+z2)x^2 + y^2 = \tfrac23(x^2 + y^2 + z^2) en moyenne sur les trois axes) et r2 ⁣dm=0Rr2(3M/R3)r2 ⁣dr=35MR2\int r^2\dd m = \int_0^R r^2(3M/R^3)r^2\dd r = \tfrac35MR^2. Huygens : avec ri\vect r_i le vecteur allant de Δ\Delta à mim_i perpendiculairement à l’axe et ri=d+ri\vect r_i = \vect d + \vect r_i^*, miri2=Md2+2dmiri+miri2\sum m_ir_i^2 = Md^2 + 2\vect d\cdot\sum m_i\vect r_i^* + \sum m_ir_i^{*2}, et la somme du milieu s’annule par définition de GG.

Exemple 1.9 (Un volant d’inertie)

Un disque d’acier de 50kg50\,\mathrm{kg} et de rayon 30cm30\,\mathrm{cm} : J=12×50×0.09=2.25kgm2J = \tfrac12 \times 50 \times 0.09 = 2.25\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2} ; à 3000rpm3000\,\mathrm{rpm} (ω=314rad/s\omega = 314\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}) il emmagasine 12Jω2=111kJ\tfrac12J\omega^2 = 111\,\mathrm{kJ}, l’énergie cinétique d’une petite voiture à 50km/h50\,\mathrm{km}/\mathrm{h}. Les volants de stockage font tourner des rotors en fibre de carbone à 50000rpm50\,000\,\mathrm{rpm} sous vide sur des paliers magnétiques : l’énergie croît comme ω2\omega^2, la limite est la résistance à la traction de la jante.

1.3 Dynamique du solide

Théorème 1.10 (Lois du mouvement d’un solide)

Dans un référentiel galiléen, pour un solide soumis à des forces extérieures Fi\vect F_i appliquées aux points AiA_i :

  1. (quantité de mouvement) M ⁣dvG/ ⁣dt=FiM\,\dd\vect v_G/\dd t = \sum\vect F_i ;
  2. (moment cinétique en GG, ou en un point fixe OO)  ⁣dLG/ ⁣dt=GAiFi\dd\vect L_G/\dd t = \sum\vect{GA_i}\wedge\vect F_i ; projeté sur un axe fixe Δ\Delta, ou sur un axe passant par GG et de direction fixe autour duquel le solide tourne à ω\omega : JΔ ⁣dω/ ⁣dt=MΔJ_\Delta\,\dd\omega/\dd t = \mathcal M_\Delta, somme des moments des forces extérieures par rapport à l’axe ;
  3. (puissance) la puissance d’un ensemble de forces sur un solide vaut P=RvA+MAΩ\mathcal P = \vect R\cdot\vect v_A + \vect{\mathcal M}_A\cdot \vect\Omega pour tout point AA du solide, où R\vect R est la somme des forces et MA\vect{\mathcal M}_A leur moment total en AA ; les forces intérieures d’un solide ont une puissance nulle, et  ⁣dEk/ ⁣dt=Pext\dd E_k/\dd t = \mathcal P_{\text{ext}}.

Démonstration. (1) et (2) sont les théorèmes du volume de première année pour les systèmes de points (le théorème du moment cinétique en GG vaut même lorsque GG accélère, car les forces d’inertie du référentiel barycentrique ont un moment nul en GG). (3) Avec vAi=vA+ΩAAi\vect v_{A_i} = \vect v_A + \vect\Omega \wedge\vect{AA_i} : FivAi=RvA+Fi(ΩAAi)=RvA+ΩAAiFi\sum\vect F_i\cdot\vect v_{A_i} = \vect R\cdot\vect v_A + \sum\vect F_i\cdot(\vect\Omega\wedge\vect{AA_i}) = \vect R\cdot\vect v_A + \vect\Omega\cdot\sum\vect{AA_i}\wedge\vect F_i (produit mixte). Forces intérieures : leur somme et leur moment total sont nuls (action–réaction, même droite d’action), d’où une puissance nulle sur un solide — pas sur un système déformable. Le théorème de l’énergie cinétique ne garde alors que la puissance extérieure.

Définition 1.11 (Liaison pivot parfaite)

Un solide tourne autour d’un axe fixe Δ\Delta dans une liaison pivot parfaite (un palier idéal) lorsque les forces de contact du palier ont un moment nul par rapport à Δ\Delta ; elles ne développent alors aucune puissance (vA=0\vect v_A = \vect 0 sur l’axe, MΔ=0\mathcal M_\Delta = 0). Un palier réel ajoute un couple de frottement Γfsgnω-\Gamma_f\operatorname{sgn}\omega, ou un couple visqueux hω-h\omega.

Proposition 1.12 (Le pendule pesant)

Un solide de masse MM oscille autour d’un axe fixe horizontal Δ\Delta dans une liaison pivot parfaite, son centre de masse étant à la distance dd de l’axe. Avec θ\theta l’angle de OG\vect{OG} avec la verticale descendante,

JΔθ¨=Mgdsinθ,J_\Delta\ddot\theta = -Mgd\sin\theta ,

si bien que les petites oscillations ont pour période T=2πJΔ/MgdT = 2\pi\sqrt{J_\Delta/Mgd} — celle d’un pendule simple de longueur eq=JΔ/Md\ell_{\text{eq}} = J_\Delta/Md.

Démonstration. Théorème du moment cinétique par rapport à Δ\Delta : le moment du poids vaut Mgdsinθ-Mgd\sin\theta, celui du pivot est nul. On linéarise.

Exemple 1.13 (La règle d’un mètre)

Une règle d’un mètre pivotant à une extrémité : J=13M2J = \tfrac13M\ell^2 (Huygens à partir de 112M2\tfrac1{12}M\ell^2), d=/2d = \ell/2, eq=23=0.667m\ell_{\text{eq}} = \tfrac23\ell = 0.667\,\mathrm{m} et T=1.64sT = 1.64\,\mathrm{s} — un pendule formé de toute la règle bat plus lentement qu’une masse ponctuelle suspendue en son centre (1.42s1.42\,\mathrm{s}) et plus vite qu’une masse à son extrémité (2.0s2.0\,\mathrm{s}).

À gauche : le pendule pesant — le moment du poids par rapport au pivot entraîne la rotation, la force du pivot n’a pas de moment. À droite : les forces sur une roue qui roule sur un sol horizontal : poids, réaction normale N et frottement tangentiel T au point de contact, dont la norme est bornée par la loi de Coulomb.
À gauche : le pendule pesant — le moment du poids par rapport au pivot entraîne la rotation, la force du pivot n’a pas de moment. À droite : les forces sur une roue qui roule sur un sol horizontal : poids, réaction normale N\vect N et frottement tangentiel T\vect T au point de contact, dont la norme est bornée par la loi de Coulomb.

1.4 Forces de contact et frottement de Coulomb

Définition 1.14 (Force de contact, composantes normale et tangentielle)

La force exercée par un support sur un solide en un point de contact II se décompose en une réaction normale N\vect N, perpendiculaire au plan tangent commun et dirigée vers le solide (N0N \ge 0 : un support ne peut que pousser), et une composante tangentielle T\vect T dans le plan tangent, la force de frottement.

Théorème 1.15 (Lois de Coulomb du frottement sec)

Pour deux solides secs en contact, avec un coefficient de frottement ff qui dépend des matériaux et de leur état de surface, mais ni de l’aire de contact ni (en bonne approximation) de la vitesse :

  • si les solides glissent l’un sur l’autre (vgl0\vect v_{\text{gl}} \ne \vect 0), la force de frottement est opposée à la vitesse de glissement et de norme T=fN\|\vect T\| = f\|\vect N\| (frottement dynamique) ;
  • s’ils ne glissent pas, TfN\|\vect T\| \le f\|\vect N\| (frottement statique) : la force de frottement vaut alors ce qu’exigent les autres lois du mouvement, dans cette limite, et sa direction n’est pas connue d’avance.

Un contact parfait est l’idéalisation f=0f = 0 : T=0\vect T = \vect 0.

Démonstration. Admis à ce niveau.

Remarque 1.16 (Comment lire les lois de Coulomb)

La première loi est une égalité, la seconde une inégalité — et c’est là toute la difficulté des problèmes de frottement. La méthode consiste à supposer le non-glissement, à résoudre en T\vect T et N\vect N, puis à vérifier TfN\|\vect T\| \le f\|\vect N\| ; si la vérification échoue, le solide glisse, T=fN\|\vect T\| = f\|\vect N\| en sens opposé au glissement, et le problème est résolu de nouveau. Géométriquement, la force de contact doit rester à l’intérieur du cône de frottement de demi-angle φ\varphi avec tanφ=f\tan\varphi = f. Valeurs typiques : caoutchouc sur asphalte sec f0.8f \approx 0.811, sur asphalte mouillé 0.40.40.60.6, sur glace 0.10.1 ; acier sur acier 0.150.15 à sec, 0.050.05 graissé ; le coefficient statique est en réalité un peu plus grand que le coefficient dynamique, ce qui explique qu’un dérapage soit difficile à arrêter une fois amorcé.

Proposition 1.17 (Puissance des forces de contact ; roulement sans glissement)

La puissance des forces de contact sur un solide en mouvement sur un support fixe vaut P=TvIS\mathcal P = \vect T\cdot\vect v_{I\in S} (la force normale est perpendiculaire à la vitesse du point de contact, qui est dans le plan tangent). Dans le roulement sans glissement cette puissance est nulle : le frottement ne travaille alors pas, même s’il peut être essentiel au mouvement. En glissement elle vaut fNvgl<0-f N v_{\text{gl}} < 0 : de la chaleur.

Démonstration. P=(N+T)vIS\mathcal P = (\vect N + \vect T)\cdot\vect v_{I\in S} et vIS=vgl\vect v_{I\in S} = \vect v_{\text{gl}} est dans le plan tangent, de sorte que seul T\vect T contribue ; elle est nulle quand la vitesse de glissement est nulle, et vaut fNvgl-fNv_{\text{gl}} quand les solides glissent (T\vect T opposée à vgl\vect v_{\text{gl}}). Le roulement réel dissipe un peu par la déformation du pneu et du sol (résistance au roulement, modélisée par un petit couple Γr=μrNR\Gamma_r = \mu_rNR ou une force équivalente μrN\mu_rN, avec μr0.01\mu_r \approx 0.01 pour un pneu sur une route) : un effet différent, bien plus petit.

Méthode 1.18 (Un solide qui dévale un plan incliné)

Un solide homogène de rayon RR, de masse MM et de moment d’inertie J=kMR2J = kMR^2 par rapport à son axe (k=1k = 1 cerceau, 12\tfrac12 disque, 25\tfrac25 boule) est lâché sur un plan incliné d’angle α\alpha, de coefficient de frottement ff. Supposons le roulement sans glissement :

  1. quantité de mouvement le long de la pente : Mv˙=MgsinαTM\dot v = Mg\sin\alpha - T ; normale : N=MgcosαN = Mg\cos\alpha ;
  2. moment cinétique en GG : kMR2ω˙=TRkMR^2\dot\omega = TR ;
  3. non-glissement : v=Rωv = R\omega, d’où T=kMv˙T = kM\dot v et

    v˙=gsinα1+k,T=k1+kMgsinα;\dot v = \frac{g\sin\alpha}{1 + k} , \qquad T = \frac{k}{1 + k}\, Mg\sin\alpha ;
  4. vérification : TfN    tanαf1+kkT \le fN \iff \tan\alpha \le f\,\dfrac{1 + k}{k}. Au-delà de cette pente le solide glisse, T=fMgcosαT = fMg\cos\alpha, v˙=g(sinαfcosα)\dot v = g(\sin\alpha - f\cos\alpha) et ω˙=fgcosα/kR\dot\omega = fg\cos\alpha/kR.

Vérification énergétique (sans glissement, le frottement ne travaille pas) : 12(1+k)Mv2=Mgh\tfrac12(1 + k)Mv^2 = Mgh donne v=2gh/(1+k)v = \sqrt{2gh/(1 + k)} — une boule bat un disque, qui bat un cerceau, indépendamment de la masse et du rayon.

À gauche : les forces sur un solide qui dévale un plan incliné — poids en G, réaction normale et frottement au point de contact. À droite : l’accélération d’un disque (k = 1/2) en fonction de la pente pour f = 0.5 : il roule sans glisser tant que 3f, puis glisse et son accélération suit g( - f ), toujours inférieure au g sans frottement.
À gauche : les forces sur un solide qui dévale un plan incliné — poids en GG, réaction normale et frottement au point de contact. À droite : l’accélération d’un disque (k=12k = \tfrac12) en fonction de la pente pour f=0.5f = 0.5 : il roule sans glisser tant que tanα3f\tan\alpha \le 3f, puis glisse et son accélération suit g(sinαfcosα)g(\sin\alpha - f\cos\alpha), toujours inférieure au gsinαg\sin\alpha sans frottement.

Exemple 1.19 (Pourquoi une voiture a besoin du frottement pour accélérer)

Une voiture à traction avant : le moteur applique un couple aux roues avant ; la seule force horizontale extérieure sur la voiture est le frottement de la route sur les pneus, et c’est cette force qui accélère la voiture. Tout le poids reposant sur les roues motrices, l’accélération maximale vaut fg8m/s2fg \approx 8\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2} sur asphalte sec — et la moitié si seule la moitié du poids porte sur l’essieu moteur ; sur la glace, 1m/s21\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}. Le travail du moteur n’est pas fourni par la route (dont le point de contact est au repos) : c’est un travail intérieur, converti par la transmission en énergie cinétique — de la même façon que les forces intérieures des muscles d’un marcheur, et non le sol, fournissent l’énergie du marcheur.

Exemple 1.20 (La transition glissement–roulement)

Une boule de bowling est lâchée en glissant à v0v_0 sans rotation. Le frottement dynamique fMgfMg freine le centre (v˙=fg\dot v = -fg) et met la boule en rotation (25MR2ω˙=fMgR\tfrac25MR^2\dot\omega = fMgR, ω˙=5fg/2R\dot\omega = 5fg/2R) jusqu’à v=Rωv = R\omega : à t1=2v0/7fgt_1 = 2v_0/7fg, avec v1=57v0v_1 = \tfrac57v_0. Ensuite elle roule sans glisser à vitesse constante. Deux septièmes de la vitesse, et 1(57)275=271 - (\tfrac57)^2\tfrac75 = \tfrac27 de l’énergie cinétique, sont perdus en chaleur pendant le glissement — quel que soit ff ; ff ne fixe que la rapidité.

Une boule lâchée en glissant sans rotation : le frottement dynamique freine le centre et met la boule en rotation, linéairement en temps, jusqu’à ce que R rattrape v_G à 5/7v_0 ; ensuite la boule roule sans glisser et le frottement cesse d’agir.
Une boule lâchée en glissant sans rotation : le frottement dynamique freine le centre et met la boule en rotation, linéairement en temps, jusqu’à ce que RωR\omega rattrape vGv_G à 57v0\tfrac57v_0 ; ensuite la boule roule sans glisser et le frottement cesse d’agir.

1.5 Exercices

Exercice 1.1

Moments d’inertie : (a) une tige de 1.0m1.0\,\mathrm{m} et 0.50kg0.50\,\mathrm{kg} par rapport à un axe perpendiculaire passant par son centre, puis par une extrémité ; (b) un disque de 2.0kg2.0\,\mathrm{kg} et de rayon 20cm20\,\mathrm{cm} par rapport à son axe, puis à un axe parallèle passant par sa jante ; (c) une bille de billard de 0.16kg0.16\,\mathrm{kg} et de diamètre 57mm57\,\mathrm{mm}. (d) Un cerceau mince et un disque plein de même masse et même rayon : lequel résiste le plus à la mise en rotation, et dans quel rapport ?

Solution

Solution de Exercice 1.1.

(a) 112M2=4.2×102kgm2\tfrac1{12}M\ell^2 = 4.2 \times 10^{-2}\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2} ; par une extrémité (Huygens, d=/2d = \ell/2) : 13M2=0.167kgm2\tfrac13M\ell^2 = 0.167\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2}. (b) 12MR2=4.0×102kgm2\tfrac12MR^2 = 4.0 \times 10^{-2}\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2} ; à la jante 32MR2=0.12kgm2\tfrac32MR^2 = 0.12\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2}. (c) 25×0.16×(0.0285)2=5.2×105kgm2\tfrac25 \times 0.16 \times (0.0285)^2 = 5.2 \times 10^{-5}\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2}. (d) Le cerceau, MR2MR^2 contre 12MR2\tfrac12MR^2 : le double.

Exercice 1.2

Une bicyclette roule à 18km/h18\,\mathrm{km}/\mathrm{h} sur des roues de diamètre 70cm70\,\mathrm{cm}. Vitesse angulaire des roues ; vitesse, dans le référentiel du sol, de la valve lorsqu’elle est en haut, en bas, à l’avant de la roue (hauteur du moyeu) ; vitesse de la bande de roulement par rapport au cadre de la bicyclette. Un caillou coincé dans la bande de roulement se détache au sommet : à quelle vitesse part-il ?

Solution

Solution de Exercice 1.2.

v=5.0m/sv = 5.0\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, ω=v/R=5/0.35=14.3rad/s\omega = v/R = 5/0.35 = 14.3\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}. Sommet : 2v=10m/s2v = 10\,\mathrm{m}/\mathrm{s} vers l’avant ; bas : 00 ; avant : vG+ΩGM=(v,v)\vect v_G + \vect\Omega \wedge\vect{GM} = (v, -v), soit v2=7.1m/sv\sqrt2 = 7.1\,\mathrm{m}/\mathrm{s} à 4545{}^{\circ} vers le bas. Par rapport à la bicyclette la bande de roulement va à Rω=v=5m/sR\omega = v = 5\,\mathrm{m}/\mathrm{s} partout. Le caillou part à 10m/s10\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, horizontalement vers l’avant.

Exercice 1.3

Un volant d’inertie est un disque d’acier de 40kg40\,\mathrm{kg} et de rayon 25cm25\,\mathrm{cm}. (a) Énergie emmagasinée à 6000rpm6000\,\mathrm{rpm}. (b) Couple constant nécessaire pour le lancer depuis le repos en 2.0min2.0\,\mathrm{min} ; puissance à la fin du lancement. (c) Dans un autobus, il doit fournir 20kW20\,\mathrm{kW} pendant 10s10\,\mathrm{s} : jusqu’à quelle vitesse ralentit-il ? (d) Pourquoi fait-on tourner sous vide les volants rapides ?

Solution

Solution de Exercice 1.3.

J=12×40×0.252=1.25kgm2J = \tfrac12 \times 40 \times 0.25^2 = 1.25\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2} ; ω=628rad/s\omega = 628\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}. (a) E=12Jω2=246kJE = \tfrac12J\omega^2 = 246\,\mathrm{kJ}. (b) Γ=Jω/Δt=1.25×628/120=6.5Nm\Gamma = J\omega/\Delta t = 1.25 \times 628/120 = 6.5\,\mathrm{N}\,\mathrm{m} ; P=Γω=4.1kWP = \Gamma\omega = 4.1\,\mathrm{kW} à la fin. (c) 200kJ200\,\mathrm{kJ} prélevés laissent 46kJ46\,\mathrm{kJ} : ω=2×46000/1.25=271rad/s=2600rpm\omega = \sqrt{2 \times 46\,000/1.25} = 271\,\mathrm{rad}/\mathrm{s} = 2600\,\mathrm{rpm}. (d) La traînée de l’air sur la jante croît comme ω2\omega^2 (la puissance comme ω3\omega^3) et échaufferait et freinerait le rotor ; sous vide et sur paliers magnétiques les pertes tombent à quelques watts.

Exercice 1.4

Un disque homogène de rayon RR oscille dans un plan vertical autour d’un axe horizontal passant par un point de sa jante. Moment d’inertie par rapport à l’axe ; période des petites oscillations pour R=20cmR = 20\,\mathrm{cm} ; longueur du pendule simple équivalent. Mêmes questions pour l’axe situé à une distance R/2R/2 du centre. Où faut-il placer l’axe pour que la période soit la plus courte ?

Solution

Solution de Exercice 1.4.

J=12MR2+MR2=32MR2J = \tfrac12MR^2 + MR^2 = \tfrac32MR^2, d=Rd = R : eq=32R=0.30m\ell_{\text{eq}} = \tfrac32R = 0.30\,\mathrm{m}, T=2π0.30/9.81=1.10sT = 2\pi\sqrt{0.30/9.81} = 1.10\,\mathrm{s}. En R/2R/2 : J=12MR2+14MR2=34MR2J = \tfrac12MR^2 + \tfrac14MR^2 = \tfrac34MR^2, d=R/2d = R/2, eq=32R\ell_{\text{eq}} = \tfrac32R de nouveau, même période. En général eq(d)=(R2/2+d2)/d\ell_{\text{eq}}(d) = (R^2/2 + d^2)/d, minimal en d=R/2d = R/\sqrt2 : eq=R2=0.283m\ell_{\text{eq}} = R\sqrt2 = 0.283\,\mathrm{m}, T=1.07sT = 1.07\,\mathrm{s}.

Exercice 1.5 ★★

Un cerceau, un disque et une boule de même rayon sont lâchés ensemble au sommet d’un plan incliné de 2.0m2.0\,\mathrm{m} de haut et de pente 2020{}^{\circ}, f=0.30f = 0.30. (a) Vérifier que tous trois roulent sans glisser. (b) Vitesse en bas pour chacun ; ordre d’arrivée. (c) Durée du trajet pour chacun. (d) Montrer que la force de frottement sur la boule vaut 27Mgsinα\tfrac27Mg\sin\alpha et qu’elle ne travaille pas. (e) À partir de quelle pente le cerceau se mettrait-il à glisser ? Et la boule ?

Solution

Solution de Exercice 1.5.

(a) tan20=0.36f(1+k)/k\tan20^\circ = 0.36 \le f(1 + k)/k, soit 0.6\le 0.6 (cerceau), 0.90.9 (disque), 1.051.05 (boule) : tous roulent. (b) v=2gh/(1+k)v = \sqrt{2gh/(1 + k)} : cerceau 4.4m/s4.4\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, disque 5.1m/s5.1\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, boule 5.3m/s5.3\,\mathrm{m}/\mathrm{s} ; la boule d’abord, le cerceau en dernier. (c) Longueur h/sinα=5.85mh/\sin\alpha = 5.85\,\mathrm{m}, a=gsinα/(1+k)=1.68a = g\sin\alpha/(1 + k) = 1.68, 2.242.24, 2.40m/s22.40\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}, t=2d/a=2.6t = \sqrt{2d/a} = 2.6, 2.32.3, 2.2s2.2\,\mathrm{s}. (d) T=k1+kMgsinα=27MgsinαT = \dfrac{k}{1 + k}Mg\sin\alpha = \tfrac27Mg\sin\alpha ; le point de contact est au repos, donc TvI=0\vect T\cdot\vect v_I = 0. (e) Cerceau : tanα>2f=0.6\tan\alpha > 2f = 0.6, α>31\alpha > 31{}^{\circ} ; boule : tanα>3.5f=1.05\tan\alpha > 3.5f = 1.05, α>46\alpha > 46{}^{\circ}.

Exercice 1.6 ★★

Frein à disque. Une roue et son disque de frein ont J=1.2kgm2J = 1.2\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2} et tournent à 900rpm900\,\mathrm{rpm} ; deux plaquettes serrent le disque à un rayon moyen de 12cm12\,\mathrm{cm}, chacune avec une force normale de 800N800\,\mathrm{N}, f=0.40f = 0.40. Couple de freinage ; décélération angulaire ; temps et nombre de tours jusqu’à l’arrêt ; chaleur dégagée, et élévation de température du disque d’acier de 1.5kg1.5\,\mathrm{kg} (c=470J/(kgK)c = 470\,\mathrm{J}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K})) s’il la garde entièrement.

Solution

Solution de Exercice 1.6.

Γ=2fNr=2×0.4×800×0.12=77Nm\Gamma = 2fNr = 2 \times 0.4 \times 800 \times 0.12 = 77\,\mathrm{N}\,\mathrm{m} ; ω˙=Γ/J=64rad/s2\dot\omega = \Gamma/J = 64\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}^{2} ; ω0=94rad/s\omega_0 = 94\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}, t=1.5st = 1.5\,\mathrm{s} ; θ=ω02/2ω˙=69rad=11\theta = \omega_0^2/2\dot\omega = 69\,\mathrm{rad} = 11 tours ; chaleur =12Jω02=5.3kJ= \tfrac12J \omega_0^2 = 5.3\,\mathrm{kJ}, ΔT=5300/(1.5×470)=7.6K\Delta T = 5300/(1.5 \times 470) = 7.6\,\mathrm{K}.

Exercice 1.7 ★★

Machine d’Atwood à poulie réelle. Des masses m1=2.0kgm_1 = 2.0\,\mathrm{kg} et m2=1.5kgm_2 = 1.5\,\mathrm{kg} pendent à une corde passant sur une poulie de rayon R=10cmR = 10\,\mathrm{cm} et de moment d’inertie J=5.0×103kgm2J = 5.0 \times 10^{-3}\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2} sur une liaison pivot parfaite ; la corde ne glisse pas sur la poulie. (a) Pourquoi les deux tensions de la corde diffèrent-elles ? (b) Équations pour les deux masses et la poulie ; accélération. (c) Les deux tensions. (d) Comparer avec la poulie sans masse ; par l’énergie, retrouver l’accélération.

Solution

Solution de Exercice 1.7.

(a) La corde doit exercer un couple non nul pour lancer la poulie : T1T2T_1 \ne T_2. (b) m1a=m1gT1m_1a = m_1g - T_1, m2a=T2m2gm_2a = T_2 - m_2g, Jω˙=(T1T2)RJ\dot\omega = (T_1 - T_2)R avec a=Rω˙a = R\dot\omega : a=(m1m2)g/(m1+m2+J/R2)=0.5×9.81/4.0=1.23m/s2a = (m_1 - m_2)g/(m_1 + m_2 + J/R^2) = 0.5 \times 9.81/4.0 = 1.23\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}. (c) T1=m1(ga)=17.2NT_1 = m_1(g - a) = 17.2\,\mathrm{N}, T2=m2(g+a)=16.6NT_2 = m_2(g + a) = 16.6\,\mathrm{N}. (d) Sans masse : 1.40m/s21.40\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}. Énergie : (m1m2)gx=12(m1+m2+J/R2)v2(m_1 - m_2)gx = \tfrac12(m_1 + m_2 + J/R^2)v^2 ; on dérive.

Exercice 1.8 ★★

L’échelle. Une échelle homogène de longueur \ell et de masse mm s’appuie à l’angle θ\theta avec l’horizontale contre un mur vertical lisse ; le sol a un coefficient de frottement ff. (a) Forces et leurs moments par rapport au pied ; équations d’équilibre. (b) Montrer que l’équilibre exige tanθ1/2f\tan\theta \ge 1/2f. (c) Angle minimal pour f=0.40f = 0.40. (d) Une personne de masse 3m3m monte à l’échelle placée à 6060{}^{\circ} : jusqu’à quelle hauteur (fraction de \ell) peut-elle aller ?

Solution

Solution de Exercice 1.8.

(a) Poids mgmg au milieu ; mur : horizontale NwN_w en haut ; sol : verticale N=mgN = mg et frottement horizontal T=NwT = N_w. Moments par rapport au pied : mg2cosθ=Nwsinθmg\,\tfrac{\ell}2\cos\theta = N_w\ell\sin\theta. (b) T=Nw=mg/(2tanθ)fmg    tanθ1/2fT = N_w = mg/(2\tan\theta) \le fmg \iff \tan\theta \ge 1/2f. (c) tanθ1.25\tan\theta \ge 1.25, θ51\theta \ge 51{}^{\circ}. (d) Personne en xx : N=4mgN = 4mg, Nw=mg(12+3x/)/tan604fmg=1.6mgN_w = mg(\tfrac12 + 3x/\ell)/\tan60^\circ \le 4fmg = 1.6mg : x/(2.770.5)/3=0.76x/\ell \le (2.77 - 0.5)/3 = 0.76.

Exercice 1.9 ★★

Effet rétro. Une bille de billard est frappée de sorte qu’elle parte avec une vitesse du centre v0v_0 et une rotation rétrograde ω0\omega_0 (rotation opposée au roulement). Coefficient de frottement ff. (a) Équations pour vv et ω\omega pendant le glissement. (b) Instant où elle se met à rouler sans glisser et sa vitesse alors, en fonction de v0v_0, Rω0R\omega_0. (c) Condition sur Rω0R\omega_0 pour que la bille revienne vers le joueur. (d) Applications numériques : v0=2.0m/sv_0 = 2.0\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, Rω0=6.0m/sR\omega_0 = 6.0\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, f=0.2f = 0.2, R=2.9cmR = 2.9\,\mathrm{cm}.

Solution

Solution de Exercice 1.9.

(a) Le point de contact avance à v+Rωv + R\omega (ω>0\omega > 0 pour un effet rétro) : frottement fmg-fmg sur le centre, v˙=fg\dot v = -fg ; couple fmgR-fmgR sur la rotation : ω˙=5fg/2R\dot\omega = -5fg/2R. (b) Le glissement v+Rω=v0+Rω072fgtv + R\omega = v_0 + R\omega_0 - \tfrac72fgt s’annule en t1=2(v0+Rω0)/7fgt_1 = 2(v_0 + R\omega_0)/7fg, puis v1=v0fgt1=(5v02Rω0)/7v_1 = v_0 - fgt_1 = (5v_0 - 2R\omega_0)/7. (c) v1<0    Rω0>52v0v_1 < 0 \iff R\omega_0 > \tfrac52v_0. (d) t1=16/(7×1.96)=1.2st_1 = 16/(7 \times 1.96) = 1.2\,\mathrm{s} ; v1=(1012)/7=0.29m/sv_1 = (10 - 12)/7 = -0.29\,\mathrm{m}/\mathrm{s} : elle revient.

Exercice 1.10 ★★★

Le touret. Un touret (masse MM, moment d’inertie J=kMR2J = kMR^2 par rapport à son axe, rayon extérieur RR) repose sur une table horizontale ; un fil enroulé sur son moyeu intérieur de rayon r<Rr < R est tiré horizontalement avec une force FF, le fil sortant par le bas du moyeu. (a) En supposant le roulement sans glissement, écrire les équations de la quantité de mouvement et du moment cinétique et trouver l’accélération du centre ; dans quel sens le touret roule-t-il ? (b) Force de frottement nécessaire, et condition sur FF pour qu’il n’y ait pas glissement. (c) Mêmes questions si le fil est tiré sous un angle β\beta au-dessus de l’horizontale ; montrer que le touret reste immobile quand cosβ=r/R\cos\beta = r/R, et l’expliquer géométriquement (axe instantané passant par le point de contact). (d) Que se passe-t-il pour cosβ<r/R\cos\beta < r/R ?

Solution

Solution de Exercice 1.10.

(a) Avec xx dans le sens de la traction, frottement TT selon xx : Ma=F+TMa = F + T ; moments en GG (sens trigonométrique) : rF+RT=kMRarF + RT = -kMRa (roulement, ωz=a/R\omega_z = -a/R). D’où a=F(Rr)/(1+k)MR>0a = F(R - r)/(1 + k)MR > 0 : le touret roule vers la traction, en enroulant le fil. (b) T=F(kR+r)/(1+k)RT = -F(kR + r)/(1 + k)R (vers l’arrière) ; pas de glissement si FfMg(1+k)R/(kR+r)F \le fMg(1 + k)R/(kR + r). (c) La droite d’action du fil est tangente au moyeu ; son moment par rapport au point de contact II vaut F(rRcosβ)F(r - R\cos\beta), horaire (roulement vers l’avant) quand cosβ>r/R\cos\beta > r/R, nul quand la droite passe par II — l’axe instantané — et alors a=F(Rcosβr)/(1+k)MRa = F(R\cos\beta - r)/(1 + k)MR, T=F(kRcosβ+r)/(1+k)RT = -F(kR\cos\beta + r)/(1 + k)R, N=MgFsinβN = Mg - F\sin\beta. (d) Pour cosβ<r/R\cos\beta < r/R le moment par rapport à II est trigonométrique : le touret roule en s’éloignant de celui qui tire.

Exercice 1.11 ★★★

Où frapper une bille de billard. Une queue communique une impulsion horizontale PP (force très brève) à une bille de rayon RR au repos, à la hauteur hh au-dessus du tapis. (a) Quantité de mouvement et moment cinétique juste après le choc (frottement négligeable pendant le choc). (b) Montrer que la bille roule sans glisser aussitôt si h=75Rh = \tfrac75R, a un effet avant au-dessus, un effet rétro en dessous. (c) Pour h=Rh = R (frappe au centre), sur quelle distance la bille glisse-t-elle avant de rouler, avec f=0.2f = 0.2 et v0=3m/sv_0 = 3\,\mathrm{m}/\mathrm{s} ? (d) Pourquoi la bande d’un billard est-elle placée à la hauteur 75R\tfrac75R ?

Solution

Solution de Exercice 1.11.

(a) Mv0=PMv_0 = P ; en GG : 25MR2ω0=P(hR)\tfrac25MR^2\omega_0 = P(h - R) (sens de l’effet avant pour h>Rh > R). (b) v0=Rω0    2R=5(hR)    h=75Rv_0 = R\omega_0 \iff 2R = 5(h - R) \iff h = \tfrac75R ; au-dessus Rω0>v0R\omega_0 > v_0 (effet avant), en dessous effet rétro ou sous-rotation. (c) ω0=0\omega_0 = 0 : glisse pendant t1=2v0/7fg=0.44st_1 = 2v_0/7fg = 0.44\,\mathrm{s}, distance v0t112fgt12=1.1mv_0t_1 - \tfrac12fgt_1^2 = 1.1\,\mathrm{m}. (d) Une bande placée à 75R\tfrac75R renvoie la bille en roulement sans glissement : pas de phase de glissement, pas de vitesse perdue dans le tapis, un rebond prévisible.

Exercice 1.12 ★★★

Cylindre dans une gouttière. Un cylindre plein de rayon rr roule sans glisser à l’intérieur d’une surface cylindrique fixe de rayon R>rR > r, les axes horizontaux et parallèles. Soit θ\theta l’angle de la ligne des centres avec la verticale. (a) Exprimer la vitesse angulaire du cylindre autour de son propre axe en fonction de θ˙\dot\theta (indication : le point de contact est au repos). (b) Énergie cinétique et énergie potentielle ; montrer que la période des petites oscillations vaut T=2π3(Rr)/2gT = 2\pi\sqrt{3(R - r)/2g}. (c) Comparer avec un point qui glisse sans frottement dans la gouttière. (d) Coefficient de frottement minimal pour rouler sans glisser à l’amplitude θ0\theta_0 (petits angles).

Solution

Solution de Exercice 1.12.

(a) vG=(Rr)θ˙v_G = (R - r)\dot\theta ; le point de contact est au repos, donc le cylindre tourne à ω=vG/r=(Rr)θ˙/r\omega = v_G/r = (R - r)\dot\theta/r autour de son axe. (b) Ek=12MvG2+1212Mr2ω2=34M(Rr)2θ˙2E_k = \tfrac12Mv_G^2 + \tfrac12\cdot\tfrac12Mr^2\omega^2 = \tfrac34M(R - r)^2 \dot\theta^2, Ep=Mg(Rr)cosθE_p = -Mg(R - r)\cos\theta ;  ⁣dE/ ⁣dt=0\dd E/\dd t = 0 donne θ¨+2g3(Rr)sinθ=0\ddot\theta + \dfrac{2g}{3(R - r)}\sin\theta = 0, T=2π3(Rr)/2gT = 2\pi\sqrt{3(R - r)/2g}. (c) Un point qui glisse : 2π(Rr)/g2\pi\sqrt{(R - r)/g} — le roulement est plus lent d’un facteur 3/2\sqrt{3/2}, un tiers de l’énergie étant de rotation. (d) Tangentiellement : M(Rr)θ¨=Mgsinθ+TM(R - r)\ddot\theta = -Mg\sin\theta + T, donc T=13MgsinθT = \tfrac13Mg\sin\theta ; au point de rebroussement N=Mgcosθ0N = Mg\cos\theta_0 : f13tanθ0θ0/3f \ge \tfrac13\tan\theta_0 \approx \theta_0/3.

1.6 Problème : un véhicule sur roues

Problème 1.1

Problème du week-end — ce qu’une voiture demande à ses pneus : rouler, accélérer, freiner, et l’unique force qui fait tout

Une voiture de masse M=1200kgM = 1200\,\mathrm{kg} a un empattement L=2.6mL = 2.6\,\mathrm{m} ; son centre de masse est à la hauteur h=0.55mh = 0.55\,\mathrm{m} et aux distances horizontales a=1.1ma = 1.1\,\mathrm{m} de l’essieu avant et b=1.5mb = 1.5\,\mathrm{m} de l’essieu arrière. Chacune des quatre roues a un rayon R=0.31mR = 0.31\,\mathrm{m}, une masse m=15kgm = 15\,\mathrm{kg} et un moment d’inertie J=1.0kgm2J = 1.0\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{2} par rapport à son axe. Coefficient de frottement pneu–route f=0.80f = 0.80 (sec) ; coefficient de résistance au roulement μr=0.012\mu_r = 0.012. g=9.81m/s2g = 9.81\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}.

Partie I — Rouler.

  1. La voiture roule à v=90km/hv = 90\,\mathrm{km}/\mathrm{h}. Vitesse angulaire des roues ; vitesse, dans le référentiel de la route, des points supérieur, inférieur et avant d’un pneu.
  2. Énergie cinétique totale de la voiture, en séparant la translation de l’ensemble et la rotation des quatre roues ; quelle fraction les rotations des roues représentent-elles ?
  3. Au repos sur sol horizontal, forces normales NfN_f (les deux roues avant ensemble) et NrN_r (les deux arrière) par les équations de la quantité de mouvement et du moment cinétique — quel essieu porte le plus ?
  4. Le couple de résistance au roulement sur chaque roue vaut μrNR\mu_rNR. Puissance dissipée par la résistance au roulement à 90km/h90\,\mathrm{km}/\mathrm{h} ; comparer avec la traînée aérodynamique 12ρCxSv2\tfrac12\rho C_xSv^2 avec CxS=0.70m2C_xS = 0.70\,\mathrm{m}^{2}, ρ=1.2kg/m3\rho = 1.2\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3}.
  5. Le moteur est coupé et la voiture roule en roue libre sur sol horizontal : écrire l’équation de v(t)v(t) (en incluant l’inertie des roues comme une masse effective) et estimer la distance pour ralentir de 90km/h90\,\mathrm{km}/\mathrm{h} à 45km/h45\,\mathrm{km}/\mathrm{h}, en négligeant la traînée ; puis avec la traînée seule.

Partie II — Accélérer. La voiture est à traction avant ; le moteur applique un couple Γ\Gamma aux deux roues avant ensemble. On néglige ici la traînée et la résistance au roulement.

  1. Représenter les forces extérieures sur l’ensemble de la voiture. Quelle force l’accélère ? Quelle est la puissance de la route sur la voiture, et d’où vient l’énergie cinétique ?
  2. Écrire l’équation de la quantité de mouvement de la voiture, l’équation du moment cinétique des roues avant par rapport à leur axe, et la condition de non-glissement ; montrer que l’accélération vaut v˙=Γ/R/(M+4J/R2)\dot v = \Gamma/R\,/\,(M + 4J/R^2) et calculer la masse effective.
  3. Moment cinétique au centre de masse pour l’ensemble de la voiture (les moments cinétiques des roues sont négligés) : montrer que le transfert de charge sous l’accélération v˙\dot v vaut NrNr0=Mhv˙/LN_r - N_r^0 = Mh\dot v/L — l’essieu avant se déleste, l’arrière se charge.
  4. Accélération maximale sans que les roues motrices (avant) patinent : montrer que v˙max=fgb/(L+fh)\dot v_{\max} = fgb/(L + fh) et la calculer ; de même pour une voiture à propulsion arrière, v˙max=fga/(Lfh)\dot v_{\max} = fga/(L - fh). Quelle architecture accélère le mieux, et pourquoi les dragsters placent-ils la masse à l’arrière ?
  5. Couple moteur aux roues nécessaire pour v˙max\dot v_{\max} ; la puissance correspondante à 50km/h50\,\mathrm{km}/\mathrm{h}.
  6. La même voiture sur la glace (f=0.10f = 0.10) : accélération maximale et temps pour atteindre 50km/h50\,\mathrm{km}/\mathrm{h}.
  7. Que fait la force de frottement sur les pneus avant au pneu — glissement ou non — et pourquoi une roue qui patine sur la glace accélère-t-elle la voiture moins qu’une roue qui adhère ?

Partie III — Freiner.

  1. Les freins appliquent un couple à chaque roue. Montrer que, pour une roue qui continue de rouler, la force de freinage sur la voiture est le frottement de la route sur le pneu, et que le couple de freinage est limité par fNiRfN_iR par roue.
  2. Transfert de charge sous la décélération γ\gamma : charge de l’essieu avant Nf=Mgb/L+Mhγ/LN_f = Mg\,b/L + Mh\gamma/L ; valeurs à γ=fg\gamma = fg.
  3. Décélération maximale avec les quatre roues à la limite du glissement ; distance d’arrêt depuis 90km/h90\,\mathrm{km}/\mathrm{h} sur route sèche, et sur route mouillée (f=0.45f = 0.45).
  4. Si les freins sont réglés pour que les couples avant et arrière soient égaux, quel essieu se bloque le premier lors d’un freinage appuyé ? Pourquoi un essieu arrière bloqué est-il dangereux (penser à la direction de la force de frottement sur un pneu qui glisse) ?
  5. Une roue se bloque et glisse : décélération due à la route, et quelle fraction du freinage maximal est perdue avec fcin=0.7f_{\text{cin}} = 0.7 contre fstat=0.8f_{\text{stat}} = 0.8. Expliquer ce que fait un système antiblocage et pourquoi il module le freinage.
  6. Chaleur dégagée dans les freins depuis 90km/h90\,\mathrm{km}/\mathrm{h} ; élévation de température des quatre disques d’acier de 6kg6\,\mathrm{kg} (c=470J/(kgK)c = 470\,\mathrm{J}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K})) ; pourquoi les routes de montagne ont-elles des lits d’arrêt ?
  7. Une voiture électrique récupère l’énergie de freinage par son moteur avec un rendement de 70%70\,\% : énergie récupérée par arrêt depuis 90km/h90\,\mathrm{km}/\mathrm{h} ; nombre de tels arrêts que vaut une batterie de 50kWh50\,\mathrm{kWh}.

Partie IV — Virer, et une roue en l’air.

  1. La voiture tourne sur route plane sur un cercle de rayon ρ=50m\rho = 50\,\mathrm{m} à la vitesse vv : les forces de frottement doivent fournir Mv2/ρMv^2/\rho. Vitesse maximale en virage sur route sèche et mouillée.
  2. Moment cinétique au centre de masse selon la direction du mouvement : montrer que les roues extérieures sont chargées de ΔN=Mv2h/ρw\Delta N = Mv^2h/\rho ww=1.5mw = 1.5\,\mathrm{m} est la voie ; vitesse à laquelle les roues intérieures décollent (ΔN=Mg/2\Delta N = Mg/2), et comparer avec la vitesse de dérapage : cette voiture se retourne-t-elle ou dérape-t-elle d’abord ?
  3. Le virage est relevé d’un angle β\beta. Montrer qu’à la vitesse v=gρtanβv = \sqrt{g\rho\tan\beta} aucun frottement n’est nécessaire ; valeur pour β=10\beta = 10{}^{\circ}.
  4. Une roue est soulevée par un cric et lancée à la main à 60rpm60\,\mathrm{rpm} ; son palier exerce un couple de frottement de 0.05Nm0.05\,\mathrm{N}\,\mathrm{m}. Combien de temps tourne-t-elle ? Énergie cinétique perdue.
  5. La roue en rotation est posée sur la route (voiture à l’arrêt, roue à 60rpm60\,\mathrm{rpm}, N=3kNN = 3\,\mathrm{kN}) : durée du glissement avant l’arrêt, et distance dont la voiture serait poussée si elle était libre de rouler (traiter la voiture comme une masse MM sur roues libres, en négligeant l’inertie des autres roues).
  6. Résumer en un tableau : les quatre régimes (rouler, accélérer, freiner, virer), la force qui agit dans chacun et la borne de Coulomb qu’elle doit respecter.
Solution

Solution de Problème 1.1.

1. v=25m/sv = 25\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, ω=80.6rad/s\omega = 80.6\,\mathrm{rad}/\mathrm{s} ; sommet 50m/s50\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, bas 00, avant (25,25)(25, -25) : 35m/s35\,\mathrm{m}/\mathrm{s} à 4545{}^{\circ} vers le bas.

2. 12Mv2=375kJ\tfrac12Mv^2 = 375\,\mathrm{kJ} ; 4×12Jω2=13kJ4 \times \tfrac12J\omega^2 = 13\,\mathrm{kJ} ; total 388kJ388\,\mathrm{kJ}, roues 3.3%3.3\%.

3. Nf+Nr=Mg=11.8kNN_f + N_r = Mg = 11.8\,\mathrm{kN}, Nfa=NrbN_fa = N_rb : Nf=Mgb/L=6.8kNN_f = Mgb/L = 6.8\,\mathrm{kN}, Nr=Mga/L=5.0kNN_r = Mga/L = 5.0\,\mathrm{kN} — l’essieu avant (moteur).

4. Pr=μrNiRω=μrMgv=0.012×11772×25=3.5kWP_r = \sum\mu_rN_iR\omega = \mu_rMgv = 0.012 \times 11772 \times 25 = 3.5\,\mathrm{kW} ; traînée 12×1.2×0.7×625=262N\tfrac12 \times 1.2 \times 0.7 \times 625 = 262\,\mathrm{N}, 6.6kW6.6\,\mathrm{kW}.

5. (M+4J/R2)v˙=μrMg12ρCxSv2(M + 4J/R^2)\dot v = -\mu_rMg - \tfrac12\rho C_xSv^2, Meff=1200+41.6=1242kgM_{\text{eff}} = 1200 + 41.6 = 1242\,\mathrm{kg}. Roulement seul : v˙=0.114m/s2\dot v = -0.114\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}, d=(25212.52)/0.228=2.1kmd = (25^2 - 12.5^2)/0.228 = 2.1\,\mathrm{km}. Traînée seule : v=v0ex/λv = v_0\eu^{-x/\lambda}, λ=Meff/12ρCxS=2.96km\lambda = M_{\text{eff}}/\tfrac12\rho C_xS = 2.96\,\mathrm{km}, d=λln2=2.0kmd = \lambda\ln2 = 2.0\,\mathrm{km} (les deux ensemble : 1.0km1.0\,\mathrm{km}).

6. Le poids, les réactions normales, le frottement de la route sur les pneus. Le frottement vers l’avant sur les pneus avant est la seule force horizontale extérieure, c’est donc lui qui accélère la voiture ; sa puissance est nulle (point de contact au repos) ; l’énergie cinétique vient du moteur — travail intérieur.

7. Mv˙=TfTrM\dot v = T_f - T_r ; roues avant 2Jv˙/R=ΓTfR2J\dot v/R = \Gamma - T_fR ; roues arrière 2Jv˙/R=TrR2J\dot v/R = T_rR. En additionnant : (M+4J/R2)v˙=Γ/R(M + 4J/R^2)\dot v = \Gamma/R ; Meff=1242kgM_{\text{eff}} = 1242\,\mathrm{kg}.

8. Moments en GG (forces horizontales du sol à la profondeur hh, de somme Mv˙M\dot v) : aNfbNr+hMv˙=0aN_f - bN_r + hM\dot v = 0 avec Nf+Nr=MgN_f + N_r = Mg, donc Nr=Mga/L+Mhv˙/LN_r = Mga/L + Mh\dot v/L : l’arrière gagne Mhv˙/LMh\dot v/L, l’avant le perd.

9. Traction avant : Mv˙fNf=f(Mgb/LMhv˙/L)M\dot v \le fN_f = f(Mgb/L - Mh\dot v/L), donc v˙max=fgb/(L+fh)=11.77/3.04=3.9m/s2\dot v_{\max} = fgb/(L + fh) = 11.77/3.04 = 3.9\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}. Propulsion arrière : Mv˙f(Mga/L+Mhv˙/L)M\dot v \le f(Mga/L + Mh\dot v/L), v˙max=fga/(Lfh)=4.0m/s2\dot v_{\max} = fga/(L - fh) = 4.0\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}. Le transfert de charge favorise l’essieu arrière : la propulsion, et la masse à l’arrière, accélèrent mieux.

10. Γ=RMeffv˙max=0.31×1242×3.87=1.5kNm\Gamma = RM_{\text{eff}}\dot v_{\max} = 0.31 \times 1242 \times 3.87 = 1.5\,\mathrm{kN}\,\mathrm{m} ; P=Γv/R=1490×13.9/0.31=67kWP = \Gamma v/R = 1490 \times 13.9/0.31 = 67\,\mathrm{kW}.

11. v˙max=0.1×9.81×1.5/2.655=0.55m/s2\dot v_{\max} = 0.1 \times 9.81 \times 1.5/2.655 = 0.55\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2} ; 25s25\,\mathrm{s} pour atteindre 50km/h50\,\mathrm{km}/\mathrm{h}.

12. Adhérence : frottement statique, pas de glissement, aucune dissipation au contact. Patinage : frottement dynamique (coefficient un peu plus faible), son travail échauffe le pneu et polit ou fait fondre la glace, et la puissance du moteur sert à faire tourner la roue, non à déplacer la voiture.

13. Le couple de freinage est intérieur (roue–caisse) ; la voiture n’est freinée que par le frottement de la route vers l’arrière sur le pneu. Pour la roue (Jω˙J\dot\omega négligeable) : ΓbTiRfNiR\Gamma_b \approx T_iR \le fN_iR.

14. Même bilan avec v˙=γ\dot v = -\gamma : Nf=Mgb/L+Mhγ/LN_f = Mgb/L + Mh\gamma/L ; à γ=fg=7.85m/s2\gamma = fg = 7.85\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2} : Nf=6792+1992=8.8kNN_f = 6792 + 1992 = 8.8\,\mathrm{kN}, Nr=3.0kNN_r = 3.0\,\mathrm{kN}.

15. γmax=fg=7.85m/s2\gamma_{\max} = fg = 7.85\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2} ; d=v2/2γ=40md = v^2/2\gamma = 40\,\mathrm{m} ; sur route mouillée f=0.45f = 0.45 : 4.4m/s24.4\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}, 71m71\,\mathrm{m}.

16. Des couples égaux donnent des forces égales, mais l’essieu arrière ne porte que 3.0kN3.0\,\mathrm{kN} : il se bloque le premier. Le frottement d’un pneu qui glisse est opposé à sa vitesse de glissement et ne peut plus fournir de force latérale : un essieu arrière bloqué perd la stabilité de trajectoire et la voiture part en tête-à-queue.

17. Bloquée : γ=0.7g=6.9m/s2\gamma = 0.7g = 6.9\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}, 12%12\% de moins, distance d’arrêt 45m45\,\mathrm{m} au lieu de 40m40\,\mathrm{m} — et plus de direction. Un système antiblocage détecte une roue qui décélère vers le blocage, relâche et réapplique le frein plusieurs fois par seconde, gardant le pneu près du maximum statique et en roulement.

18. 388kJ388\,\mathrm{kJ} dans 4×6×470=11.3kJ/K4 \times 6 \times 470 = 11.3\,\mathrm{kJ}/\mathrm{K} : ΔT=34K\Delta T = 34\,\mathrm{K} par arrêt. Un camion de 40t40\,\mathrm{t} qui descend 1000m1000\,\mathrm{m} doit dissiper Mgh=390MJMgh = 390\,\mathrm{MJ} : les freins surchauffent et s’effacent ; un lit d’arrêt en gravier arrête le camion par le frottement du gravier.

19. 0.7×388=272kJ=0.075kWh0.7 \times 388 = 272\,\mathrm{kJ} = 0.075\,\mathrm{kWh} ; une batterie de 50kWh50\,\mathrm{kWh} vaut environ 660660 arrêts de ce type.

20. Mv2/ρfMgMv^2/\rho \le fMg : vfgρ=19.8m/s=71km/hv \le \sqrt{fg\rho} = 19.8\,\mathrm{m}/\mathrm{s} = 71\,\mathrm{km}/\mathrm{h} ; sur route mouillée 53km/h53\,\mathrm{km}/\mathrm{h}.

21. Frottement latéral Mv2/ρMv^2/\rho à la profondeur hh, forces normales en ±w/2\pm w/2 : (NextNint)w/2=Mv2h/ρ(N_{\text{ext}} - N_{\text{int}})\,w/2 = Mv^2h/\rho, donc ΔN=Mv2h/ρw\Delta N = Mv^2h/\rho w. Les roues intérieures décollent pour ΔN=Mg/2\Delta N = Mg/2 : v=gρw/2h=25.9m/s=93km/h>71km/hv = \sqrt{g\rho w/2h} = 25.9\,\mathrm{m}/\mathrm{s} = 93\,\mathrm{km}/\mathrm{h} > 71\,\mathrm{km}/\mathrm{h} : elle dérape d’abord (puisque f<w/2h=1.36f < w/2h = 1.36).

22. Sur un devers d’angle β\beta sans frottement, Nsinβ=Mv2/ρN\sin\beta = Mv^2/\rho et Ncosβ=MgN\cos\beta = Mg : v=gρtanβ=9.3m/s=33km/hv = \sqrt{g\rho\tan\beta} = 9.3\,\mathrm{m}/\mathrm{s} = 33\,\mathrm{km}/\mathrm{h} pour 1010{}^{\circ}.

23. ω0=6.28rad/s\omega_0 = 6.28\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}, Jω˙=0.05NmJ\dot\omega = -0.05\,\mathrm{N}\,\mathrm{m} : t=126st = 126\,\mathrm{s} ; 12Jω02=20J\tfrac12J\omega_0^2 = 20\,\mathrm{J} perdus.

24. Le frottement dynamique fN=2.4kNfN = 2.4\,\mathrm{kN} pousse la voiture en avant : v˙=2400/1200=2.0m/s2\dot v = 2400/1200 = 2.0\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2} ; sur la roue Jω˙=fNRJ\dot\omega = -fNR, ω˙=744rad/s2\dot\omega = -744\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}^{2}. Le glissement RωvR\omega - v part de 1.95m/s1.95\,\mathrm{m}/\mathrm{s} et décroît de 233m/s2233\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2} : il s’annule en 8.4ms8.4\,\mathrm{ms}, la voiture ayant gagné 1.7cm/s1.7\,\mathrm{cm}/\mathrm{s} et parcouru 70µm70\,\text{µ}\mathrm{m} — une secousse, non une poussée.

25. Rouler : frottement 0\approx 0, résistance au roulement μrN\mu_rN, TfN|T| \le fN trivialement. Accélérer : frottement vers l’avant sur les pneus moteurs, TfNmotT \le fN_{\text{mot}}, v˙fgb/(L+fh)\dot v \le fgb/(L + fh). Freiner : frottement vers l’arrière sur tous les pneus, TifNiT_i \le fN_i, γfg\gamma \le fg. Virer : frottement latéral Mv2/ρfMgMv^2/\rho \le fMg. Dans tous les cas une seule force — le frottement de la route, borné par la loi de Coulomb — fait tout le travail.

Termes définis dans ce chapitre

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