Physics · Livre 4 · Bachelor Year 2

Physique universitaire — 2e année

Physique universitaire — 2e année · Bachelor Year 2

8Dispersion et paquets d’ondes

Jetez une pierre dans un étang et observez l’anneau de rides : de nouvelles crêtes naissent à son bord intérieur, courent vers l’extérieur à travers l’anneau et meurent à son bord extérieur — l’anneau tout entier avance moins vite que les crêtes qu’il contient. Asseyez-vous sur une plage après une tempête lointaine et la houle longue et lente arrive un jour avant le clapot court : la mer trie les vagues par longueur d’onde. Le premier câble télégraphique transatlantique, en 1858, transformait des points et des traits nets en une bouillie qu’il fallait des minutes pour lire. Dans ces trois cas la vitesse d’une onde dépend de sa fréquence : le milieu est dispersif. Ce chapitre introduit la relation de dispersion, le nombre d’onde complexe qui porte à la fois la propagation et l’absorption, la vitesse de groupe à laquelle un paquet — et son énergie, et l’information qu’il porte — se déplace réellement, et la ligne le long de laquelle la télégraphie, la télévision et l’internet ont voyagé : le câble coaxial.

8.1 La relation de dispersion

Définition 8.1 (Relation de dispersion ; vitesse de phase)

Un milieu linéaire, homogène et invariant dans le temps admet les ondes planes monochromatiques s=Aei(ωtkx)\underline s = A\,\eu^{\iu(\omega t - kx)} (notation complexe ; le signal physique en est la partie réelle) pourvu que ω\omega et kk vérifient la relation de dispersion du milieu, D(ω,k)=0\mathcal D(\omega, k) = 0, résolue en k(ω)k(\omega) ou en ω(k)\omega(k). Pour kk réel l’onde se propage sans se déformer à la vitesse de phase

vφ=ωk.v_\varphi = \frac\omega k .

Le milieu est non dispersif lorsque vφv_\varphi ne dépend pas de ω\omega (alors ω=ck\omega = ck et tout signal se propage sans déformation — c’est l’équation de d’Alembert) et dispersif sinon.

Démonstration. En reportant ei(ωtkx)\eu^{\iu(\omega t - kx)} dans une équation linéaire à coefficients constants, chaque t\partial_t devient iω\iu\omega et chaque x\partial_x devient ik-\iu k, ce qui laisse une relation algébrique. La corde, l’onde sonore et la barre ont donné ω2=c2k2\omega^2 = c^2k^2.

Exemple 8.2 (Dispersif et non dispersif)

(i) Une corde sur un lit élastique (force de rappel Ky-Ky par unité de longueur, ou une chaîne de pendules), μt2y=Tx2yKy\mu\partial_t^2y = T\partial_x^2y - Ky : ω2=ωc2+c2k2\omega^2 = \omega_c^2 + c^2k^2 avec ωc=K/μ\omega_c = \sqrt{K/\mu} — la relation de Klein–Gordon, la même que celle d’un plasma et d’un guide d’ondes (Chapitres 14 et 16) : vφ=c/1ωc2/ω2>cv_\varphi = c/\sqrt{1 - \omega_c^2/\omega^2} > c, et aucun kk réel en dessous de la pulsation de coupure ωc\omega_c. (ii) Ondes de gravité en eau profonde : ω2=gk\omega^2 = gk (admis), vφ=g/k=gλ/2πv_\varphi = \sqrt{g/k} = \sqrt{g\lambda/2\pi} : les grandes longueurs d’onde vont plus vite — 12.5m/s12.5\,\mathrm{m}/\mathrm{s} pour 100m100\,\mathrm{m}, 40m/s40\,\mathrm{m}/\mathrm{s} pour 1km1\,\mathrm{km}. (iii) La chaîne d’atomes, ω=2ω0sin(ka/2)\omega = 2\omega_0|\sin(ka/2)| (Chapitre 6). (iv) La lumière dans le verre, k=n(ω)ω/ck = n(\omega)\omega/c, d’où le spectre étalé par un prisme.

À gauche : trois relations de dispersion — une droite pour un milieu non dispersif, l’hyperbole de Klein–Gordon avec sa coupure, la parabole des ondes en eau profonde. À droite : pour la relation de Klein–Gordon la vitesse de phase dépasse c et la vitesse de groupe reste en dessous, avec v_ v_g = c2. À gauche : trois relations de dispersion — une droite pour un milieu non dispersif, l’hyperbole de Klein–Gordon avec sa coupure, la parabole des ondes en eau profonde. À droite : pour la relation de Klein–Gordon la vitesse de phase dépasse c et la vitesse de groupe reste en dessous, avec v_ v_g = c2.
À gauche : trois relations de dispersion — une droite pour un milieu non dispersif, l’hyperbole de Klein–Gordon avec sa coupure, la parabole des ondes en eau profonde. À droite : pour la relation de Klein–Gordon la vitesse de phase dépasse cc et la vitesse de groupe reste en dessous, avec vφvg=c2v_\varphi v_g = c^2.

Définition 8.3 (Nombre d’onde complexe : propagation et atténuation)

Lorsque la relation de dispersion donne, pour ω\omega réel, un k=kik\underline k = k' - \iu k'' complexe, l’onde s’écrit

s=Aekxei(ωtkx):\underline s = A\,\eu^{-k''x}\,\eu^{\iu(\omega t - k'x)} :

elle se propage à vφ=ω/kv_\varphi = \omega/k' et son amplitude décroît en ex/δ\eu^{-x/\delta} avec la longueur d’atténuation δ=1/k\delta = 1/k'' (elle doit décroître dans son sens de propagation : kk' et kk'' de même signe). Si k\underline k est imaginaire pur, k=iκ\underline k = -\iu\kappa, l’onde est évanescente : AeκxeiωtA\,\eu^{-\kappa x}\eu^{\iu\omega t}, une oscillation stationnaire dont l’amplitude s’éteint sur la distance 1/κ1/\kappa sans rien propager — le cas du milieu de Klein–Gordon en dessous de sa coupure, κ=ωc2ω2/c\kappa = \sqrt{\omega_c^2 - \omega^2}/c, et d’un métal aux fréquences optiques.

Exemple 8.4 (Une corde amortie)

Une corde dans un fluide visqueux, μt2y+αty=Tx2y\mu\partial_t^2y + \alpha\partial_ty = T\partial_x^2y : k2=(ω2iαω/μ)/c2\underline k^2 = (\omega^2 - \iu\alpha\omega/\mu)/c^2. Pour un amortissement faible (αμω\alpha \ll \mu \omega), kωc(1iα2μω)\underline k \approx \dfrac\omega c\Bigl(1 - \iu\dfrac{\alpha}{2\mu\omega}\Bigr) : l’onde garde sa célérité et perd de l’amplitude sur δ=2μc/α=2Z/α\delta = 2\mu c/\alpha = 2Z/\alpha, indépendante de la fréquence — une perte dissipative et non dispersive, de 8.7dB8.7\,\mathrm{dB} par longueur δ\delta.

8.2 Paquets d’ondes et vitesse de groupe

Proposition 8.5 (Battements ; vitesse de groupe)

Deux ondes de même amplitude et de fréquences voisines ω±δω\omega \pm \delta\omega, de nombres d’onde k±δkk \pm \delta k, se superposent en

s=2Acos(δωtδkx)cos(ωtkx):s = 2A\cos(\delta\omega\,t - \delta k\,x)\cos(\omega t - kx) :

une porteuse en (ω,k)(\omega, k) se déplaçant à vφ=ω/kv_\varphi = \omega/k, modulée par une lente enveloppe se déplaçant à δω/δk\delta\omega/\delta k. Un paquet d’ondes — une superposition d’ondes monochromatiques dont les nombres d’onde occupent une bande étroite autour de k0k_0 — se déplace, dans son ensemble, à la vitesse de groupe

vg= ⁣dω ⁣dkk0,v_g = \frac{\dd\omega}{\dd k}\Bigr|_{k_0} ,

qui est la vitesse de son énergie et de l’information qu’il porte. Dans un milieu non dispersif vg=vφ=cv_g = v_\varphi = c ; sinon le paquet se déforme en chemin (il s’étale), d’autant plus vite que  ⁣d2ω/ ⁣dk2\dd^2\omega/\dd k^2 est grand et que sa largeur spatiale, complément de son spectre, est petite.

Démonstration. La formule de transformation en produit donne les battements. Pour un paquet, écrivons s=a(k)ei(ω(k)tkx) ⁣dks = \int a(k)\eu^{\iu(\omega(k)t - kx)}\dd k (une superposition de Fourier — l’intégrale de Fourier est étudiée dans le volume de mathématiques de troisième année ; seule est utilisée ici son interprétation comme somme continue de sinusoïdes), avec a(k)a(k) piqué en k0k_0. Développons ω(k)ω0+vg(kk0)\omega(k) \approx \omega_0 + v_g(k - k_0) : alors sei(ω0tk0x)a(k)ei(kk0)(vgtx) ⁣dks \approx \eu^{\iu(\omega_0t - k_0x)}\int a(k)\eu^{\iu(k - k_0)(v_gt - x)}\dd k, une porteuse multipliée par une enveloppe qui n’est fonction que de xvgtx - v_gt — l’enveloppe se déplace à vgv_g. Le terme suivant, 12ω(k0)(kk0)2t\tfrac12\omega''(k_0)(k - k_0)^2t, déphase les composantes au cours du temps et étale l’enveloppe. L’énergie d’un paquet se trouve là où est son enveloppe ; tout signal aussi.

Battements : deux fréquences voisines produisent une porteuse rapide (qui se déplace à la vitesse de phase) sous une enveloppe lente (qui se déplace à la vitesse de groupe) ; dans un milieu dispersif les deux vitesses diffèrent et les crêtes glissent à travers l’enveloppe.
Battements : deux fréquences voisines produisent une porteuse rapide (qui se déplace à la vitesse de phase) sous une enveloppe lente (qui se déplace à la vitesse de groupe) ; dans un milieu dispersif les deux vitesses diffèrent et les crêtes glissent à travers l’enveloppe.

Exemple 8.6 (Eau profonde : les crêtes devancent le groupe)

ω=gk\omega = \sqrt{gk} : vg=12g/k=12vφv_g = \tfrac12\sqrt{g/k} = \tfrac12v_\varphi. Un train de houle avance à la moitié de la vitesse de ses crêtes : en observant un train de vagues, on voit des crêtes apparaître à l’arrière du groupe, le traverser et disparaître à l’avant — exactement l’anneau de l’étang. Une tempête à 3000km3000\,\mathrm{km} envoie sa houle de 15s15\,\mathrm{s} (λ=gT2/2π=350m\lambda = gT^2/2\pi = 350\,\mathrm{m}, vg=gT/4π=11.7m/sv_g = gT/4\pi = 11.7\,\mathrm{m}/\mathrm{s}) en trois jours, ses vagues de 8s8\,\mathrm{s} (vg=6.2m/sv_g = 6.2\,\mathrm{m}/\mathrm{s}) en cinq jours et demi : à partir des heures d’arrivée des différentes périodes, les océanographes localisent la tempête.

Le sillage d’un bateau à moteur sur un lac calme : le motif en plumes reste à l’intérieur d’un dièdre d’angle fixe parce que l’énergie de chaque vague se déplace à la moitié de la vitesse de ses crêtes — la dispersion rendue visible.
Le sillage d’un bateau à moteur sur un lac calme : le motif en plumes reste à l’intérieur d’un dièdre d’angle fixe parce que l’énergie de chaque vague se déplace à la moitié de la vitesse de ses crêtes — la dispersion rendue visible.

Exemple 8.7 (Klein–Gordon : plus vite que la lumière, et non)

Pour ω2=ωc2+c2k2\omega^2 = \omega_c^2 + c^2k^2 : vφ=ω/kv_\varphi = \omega/k et vg=c2k/ωv_g = c^2k/\omega, donc vφvg=c2v_\varphi v_g = c^2 : la vitesse de phase dépasse cc (dans l’ionosphère, les crêtes d’une onde à 10MHz10\,\mathrm{MHz} vont plus vite que la lumière) mais la vitesse de groupe, qui porte le signal, reste en dessous. Une vitesse de phase ne transporte ni énergie ni information — les crêtes sont comme la tache d’un faisceau de phare balayant un nuage lointain.

Remarque 8.8 (Étalement)

Un paquet de largeur spatiale Δx\Delta x contient des nombres d’onde sur Δk1/Δx\Delta k \sim 1/\Delta x (la réciprocité de Fourier, admise) ; les vitesses de groupe de ses composantes diffèrent de ΔvgωΔk\Delta v_g \approx |\omega''|\Delta k, si bien qu’au bout d’un temps tt il s’est étalé de ωΔkt|\omega''|\Delta k\,t : il double de largeur au bout de teˊtΔx2/ωt_{\text{ét}} \sim \Delta x^2/|\omega''|. Un paquet de dix vagues de 100m100\,\mathrm{m} en eau profonde (Δx1km\Delta x \approx 1\,\mathrm{km}, ω=14g/k3=50m2/s\omega'' = -\tfrac14\sqrt{g/k^3} = -50\,\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s}) double en six heures environ ; une impulsion lumineuse de 1ns1\,\mathrm{ns} dans une fibre optique s’étale de quelques dizaines de picosecondes par kilomètre — la limite du débit des liaisons longues. Le paquet d’ondes quantique du Chapitre 30 s’étale pour la même raison.

8.3 Le câble coaxial

Proposition 8.9 (Équations des télégraphistes ; ligne sans pertes)

Un câble coaxial (ou toute ligne bifilaire) possède, par unité de longueur, une inductance Λ\Lambda et une capacité Γ\Gamma. La tension v(x,t)v(x, t) entre les conducteurs et le courant i(x,t)i(x, t) dans le conducteur intérieur obéissent aux équations des télégraphistes

vx=Λit,ix=Γvt,\frac{\partial v}{\partial x} = -\Lambda\frac{\partial i}{\partial t} , \qquad \frac{\partial i}{\partial x} = -\Gamma\frac{\partial v}{\partial t} ,

d’où l’équation de d’Alembert pour vv et ii avec

c=1ΛΓ,v=Zci pour une onde vers les +x,Zc=ΛΓ,c = \frac1{\sqrt{\Lambda\Gamma}} , \qquad v = Z_c\,i \ \text{pour une onde vers les } +x, \quad Z_c = \sqrt{\frac\Lambda\Gamma} ,

ZcZ_c étant l’impédance caractéristique de la ligne. Pour un câble coaxial de rayons a<ba < b rempli d’un diélectrique de permittivité relative εr\varepsilon_r, Λ=μ02πlnba\Lambda = \dfrac{\mu_0}{2\pi}\ln\dfrac ba, Γ=2πε0εrln(b/a)\Gamma = \dfrac{2\pi\varepsilon_0\varepsilon_r}{\ln(b/a)}, de sorte que c=c0/εrc = c_0/\sqrt{\varepsilon_r} (environ 2×108m/s2 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, les deux tiers de la vitesse de la lumière) et Zc=60ΩεrlnbaZ_c = \dfrac{60\,\Omega} {\sqrt{\varepsilon_r}}\ln\dfrac ba : 50Ω50\,\Omega ou 75Ω75\,\Omega pour les câbles usuels.

Démonstration. Modélisons la tranche [x,x+ ⁣dx][x, x + \dd x] par une inductance série Λ ⁣dx\Lambda\dd x et une capacité parallèle Γ ⁣dx\Gamma\dd x : la chute de tension le long de la tranche vaut Λ ⁣dxti\Lambda\dd x\,\partial_ti, et le courant perdu dans la capacité vaut Γ ⁣dxtv\Gamma\dd x \,\partial_tv. On dérive croisé. Pour v=f(xct)v = f(x - ct), la première équation donne i=f(xct)/Λc=v/Λ/Γi = f(x - ct)/\Lambda c = v/\sqrt{\Lambda/\Gamma}. Les valeurs de Λ\Lambda et de Γ\Gamma sont celles du condensateur cylindrique et de l’inductance coaxiale calculées dans le volume de première année.

À gauche : le circuit équivalent d’une tranche x de ligne sans pertes — inductance en série, capacité en parallèle — d’où découlent les équations des télégraphistes. À droite : un câble coaxial en coupe ; ses  et  ne dépendent que du rapport des rayons et du diélectrique.
À gauche : le circuit équivalent d’une tranche  ⁣dx\dd x de ligne sans pertes — inductance en série, capacité en parallèle — d’où découlent les équations des télégraphistes. À droite : un câble coaxial en coupe ; ses Λ\Lambda et Γ\Gamma ne dépendent que du rapport des rayons et du diélectrique.
Un câble coaxial : âme intérieure, diélectrique, conducteur extérieur tressé — une ligne de transmission dont l’inductance et la capacité par mètre fixent la célérité et l’impédance caractéristique.
Un câble coaxial : âme intérieure, diélectrique, conducteur extérieur tressé — une ligne de transmission dont l’inductance et la capacité par mètre fixent la célérité et l’impédance caractéristique.

Proposition 8.10 (Ligne avec pertes ; condition de non-distorsion)

Avec une résistance série RR et une conductance parallèle GG par unité de longueur, les équations deviennent xv=ΛtiRi\partial_xv = -\Lambda\partial_ti - Ri, xi=ΓtvGv\partial_xi = -\Gamma\partial_tv - Gv, et la relation de dispersion k2=(ΛωiR)(ΓωiG)\underline k^2 = (\Lambda\omega - \iu R)(\Gamma\omega - \iu G) : la ligne est dispersive et atténuante. Deux cas limites : (i) R/Λ=G/ΓR/\Lambda = G/\Gamma (condition de Heaviside, atteinte en ajoutant de l’inductance) : k=ωΛΓiRG\underline k = \omega\sqrt{\Lambda\Gamma} - \iu\sqrt{RG}, toutes les fréquences se propagent à la même vitesse avec la même atténuation — la ligne atténue mais ne déforme pas. (ii) Λ0\Lambda \approx 0, G0G \approx 0 (les premiers câbles sous-marins) : x2v=RΓtv\partial_x^2v = R\Gamma\,\partial_tv, une équation de diffusion — une impulsion ne se propage pas mais s’étale, atteignant la distance LL au bout d’un temps RΓL2\sim R\Gamma L^2 (loi des carrés de Kelvin), cent fois plus long pour un câble dix fois plus long.

Démonstration. Reportons ei(ωtkx)\eu^{\iu(\omega t - kx)} : ikv=(iωΛ+R)i-\iu kv = -(\iu\omega\Lambda + R)i, iki=(iωΓ+G)v-\iu ki = -(\iu \omega\Gamma + G)v ; on multiplie. Sous la condition de Heaviside le produit est un carré parfait. La limite diffusive laisse tomber les termes iωΛ\iu\omega\Lambda et GG.

Exemple 8.11 (Trois câbles)

Le câble transatlantique de 1858 : un unique fil de cuivre sous gutta-percha, R3Ω/kmR \approx 3\,\Omega/\mathrm{km}, Γ0.3µF/km\Gamma \approx 0.3\,\text{µ}\mathrm{F}/\mathrm{km}, L=3000kmL = 3000\,\mathrm{km} : RΓ=9×1010s/m2R\Gamma = 9 \times 10^{-10}\,\mathrm{s}/\mathrm{m}^{2} et RΓL28sR\Gamma L^2 \approx 8\,\mathrm{s} par point : un mot à la minute, et les tentatives des opérateurs pour forcer le signal avec 2kV2\,\mathrm{kV} détruisirent l’isolant en quelques semaines. Une ligne téléphonique chargée de bobines tous les 2km2\,\mathrm{km} pour satisfaire la condition de Heaviside (1900) : une parole claire sur des centaines de kilomètres. Un câble coaxial moderne de 50Ω50\,\Omega : c=2×108m/sc = 2 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, Λ=0.25µH/m\Lambda = 0.25\,\text{µ}\mathrm{H}/\mathrm{m}, Γ=100pF/m\Gamma = 100\,\mathrm{pF}/\mathrm{m}, et une atténuation due à l’effet de peau dans les conducteurs (Chapitre 14), croissant comme f\sqrt f : quelques décibels par centaine de mètres à 100MHz100\,\mathrm{MHz}.

Méthode 8.12 (Lire une relation de dispersion)

(1) Écrire l’équation d’onde du milieu en notation complexe et résoudre en k(ω)\underline k(\omega). (2) kk réel : calculer vφ=ω/kv_\varphi = \omega/k et vg= ⁣dω/ ⁣dkv_g = \dd\omega/\dd k (ou 1/( ⁣dk/ ⁣dω)1/(\dd k/\dd\omega)) ; comparer : dispersif ou non, dispersion normale (vg<vφv_g < v_\varphi) ou anomale. (3) kk complexe : séparer propagation (kk') et atténuation (kk'', longueur 1/k1/k'') ; imaginaire pur signifie évanescent, sans transport. (4) Une pulsation de coupure sépare une bande propagative d’une bande évanescente. (5) Pour un signal, raisonner sur l’enveloppe à vgv_g, jamais sur les crêtes.

8.4 Exercices

Exercice 8.1

Ondes en eau profonde, ω2=gk\omega^2 = gk. (a) Vitesse de phase, vitesse de groupe et période d’une houle de 100m100\,\mathrm{m}. (b) Une houle de période 14s14\,\mathrm{s} : longueur d’onde, vφv_\varphi, vgv_g ; temps mis par son énergie pour parcourir 5000km5000\,\mathrm{km}. (c) Pourquoi le clapot de période 2s2\,\mathrm{s} n’y parvient-il jamais ?

Solution

Solution de Exercice 8.1.

(a) k=0.063rad/mk = 0.063\,\mathrm{rad}/\mathrm{m}, ω=gk=0.79rad/s\omega = \sqrt{gk} = 0.79\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}, T=8.0sT = 8.0\,\mathrm{s} ; vφ=12.5m/sv_\varphi = 12.5\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, vg=6.3m/sv_g = 6.3\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. (b) ω=0.45rad/s\omega = 0.45\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}, k=ω2/g=0.021rad/mk = \omega^2 /g = 0.021\,\mathrm{rad}/\mathrm{m}, λ=310m\lambda = 310\,\mathrm{m} ; vφ=gT/2π=22m/sv_\varphi = gT/2\pi = 22\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, vg=11m/sv_g = 11\,\mathrm{m}/\mathrm{s} ; 5×106/11=4.6×105s=5.35 \times 10^6/11 = 4.6 \times 10^{5}\,\mathrm{s} = 5.3 jours. (c) λ=6m\lambda = 6\,\mathrm{m}, vg=1.6m/sv_g = 1.6\,\mathrm{m}/\mathrm{s} : il lui faudrait cinq semaines, et les vagues courtes sont amorties par la viscosité et brisées par le vent bien avant.

Exercice 8.2

Un milieu obéit à ω2=ωc2+c2k2\omega^2 = \omega_c^2 + c^2k^2 avec ωc=2π×1×107rad/s\omega_c = 2\pi \times 1 \times 10^{7}\,\mathrm{rad}/\mathrm{s} et c=3×108m/sc = 3 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. Pour f=20MHzf = 20\,\mathrm{MHz} : kk, vφv_\varphi, vgv_g, et leur produit. Pour f=5MHzf = 5\,\mathrm{MHz} : κ\kappa et la profondeur de pénétration.

Solution

Solution de Exercice 8.2.

ω=1.26×108rad/s\omega = 1.26 \times 10^{8}\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}, ωc=6.3×107rad/s\omega_c = 6.3 \times 10^{7}\,\mathrm{rad}/\mathrm{s} : k=ω2ωc2/c=0.36rad/mk = \sqrt{\omega^2 - \omega_c^2}/c = 0.36\,\mathrm{rad}/\mathrm{m}, vφ=3.5×108m/sv_\varphi = 3.5 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, vg=c2k/ω=2.6×108m/sv_g = c^2k/\omega = 2.6 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, produit c2c^2. À 5MHz5\,\mathrm{MHz}, ω<ωc\omega < \omega_c : κ=ωc2ω2/c=0.18m1\kappa = \sqrt{\omega_c^2 - \omega^2}/c = 0.18\,\mathrm{m}^{-1}, profondeur 5.5m5.5\,\mathrm{m}.

Exercice 8.3

Deux diapasons à 440Hz440\,\mathrm{Hz} et 444Hz444\,\mathrm{Hz} : fréquence de battement, et période des variations d’intensité sonore. Deux vagues de longueurs d’onde 100m100\,\mathrm{m} et 110m110\,\mathrm{m} : fréquences, longueur d’onde et vitesse de l’enveloppe ; comparer à vgv_g à 105m105\,\mathrm{m}.

Solution

Solution de Exercice 8.3.

Battement à 4Hz4\,\mathrm{Hz}, période des variations d’intensité 0.25s0.25\,\mathrm{s}. Eau : f=0.125f = 0.125 et 0.119Hz0.119\,\mathrm{Hz} ; enveloppe cos(δωtδkx)\cos(\delta\omega t - \delta kx) avec δk=2.9×103rad/m\delta k = 2.9 \times 10^{-3}\,\mathrm{rad}/\mathrm{m} (battements distants de 1.1km1.1\,\mathrm{km}) et vitesse δω/δk=6.4m/s\delta\omega/\delta k = 6.4\,\mathrm{m}/\mathrm{s} — la vitesse de groupe à 105m105\,\mathrm{m}, 12gλ/2π=6.4m/s\tfrac12\sqrt{g\lambda/2\pi} = 6.4\,\mathrm{m}/\mathrm{s}.

Exercice 8.4

Un câble coaxial : conducteur intérieur de 0.9mm0.9\,\mathrm{mm} de diamètre, extérieur 3.0mm3.0\,\mathrm{mm}, polyéthylène (εr=2.3\varepsilon_r = 2.3). Λ\Lambda, Γ\Gamma, célérité, impédance caractéristique, retard par mètre ; longueur de câble équivalente à un retard de 10ns10\,\mathrm{ns}. Même câble avec de l’air à la place du polyéthylène.

Solution

Solution de Exercice 8.4.

ln(b/a)=1.20\ln(b/a) = 1.20 : Λ=0.24µH/m\Lambda = 0.24\,\text{µ}\mathrm{H}/\mathrm{m}, Γ=106pF/m\Gamma = 106\,\mathrm{pF}/\mathrm{m}, c=1/ΛΓ=2.0×108m/sc = 1/ \sqrt{\Lambda\Gamma} = 2.0 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, Zc=48ΩZ_c = 48\,\Omega, 5.0ns/m5.0\,\mathrm{ns}/\mathrm{m} ; 10ns10\,\mathrm{ns} \leftrightarrow 2.0m2.0\,\mathrm{m}. Air : Γ=46pF/m\Gamma = 46\,\mathrm{pF}/\mathrm{m}, c=c0c = c_0, Zc=72ΩZ_c = 72\,\Omega.

Exercice 8.5 ★★

La corde raide. Une corde de piano réelle obéit à μt2y=Tx2yEIx4y\mu\partial_t^2y = T\partial_x^2y - EI\,\partial_x^4y (EIEI étant la raideur de flexion). (a) Relation de dispersion, vitesses de phase et de groupe. (b) Pour la corde de la4_4 du Chapitre 6 (T=685NT = 685\,\mathrm{N}, μ=6.1g/m\mu = 6.1\,\mathrm{g}/\mathrm{m}, EI=9.8×103Nm2EI = 9.8 \times 10^{-3}\,\mathrm{N}\,\mathrm{m}^{2}), augmentation relative de vφv_\varphi pour la huitième harmonique (k=8π/Lk = 8\pi/L, L=0.38mL = 0.38\,\mathrm{m}) ; vérifier avec l’inharmonicité qui y a été trouvée. (c) La dispersion est-elle normale ou anomale ? À quoi ressemble un pincement net après quelques allers-retours ?

Solution

Solution de Exercice 8.5.

(a) ω2=c2k2+(EI/μ)k4\omega^2 = c^2k^2 + (EI/\mu)k^4 ; vφ=c2+(EI/μ)k2v_\varphi = \sqrt{c^2 + (EI/\mu)k^2} ; vg=(c2k+2(EI/μ)k3)/ωv_g = (c^2k + 2(EI/\mu)k^3)/\omega. (b) c2=1.12×105m2/s2c^2 = 1.12 \times 10^{5}\,\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s}^{2}, k=66rad/mk = 66\,\mathrm{rad}/\mathrm{m}, (EI/μ)k2=7.0×103m2/s2(EI/\mu)k^2 = 7.0 \times 10^{3}\,\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s}^{2} : vφ/c=1.063=1.031v_\varphi/c = \sqrt{1.063} = 1.031, +3.1%+3.1\% — les 5353 cents du Chapitre 6. (c) vg>vφv_g > v_\varphi : anomale ; les harmoniques élevées prennent de l’avance et l’attaque d’un pincement devient un bref glissando descendant.

Exercice 8.6 ★★

Corde amortie. μt2y+αty=Tx2y\mu\partial_t^2y + \alpha\partial_ty = T\partial_x^2y. (a) Établir la relation de dispersion. (b) Pour αμω\alpha \ll \mu\omega, montrer que kω/ck' \approx \omega/c et kα/2Zk'' \approx \alpha/2Z ; atténuation en décibels par mètre. (c) Applications numériques : μ=5g/m\mu = 5\,\mathrm{g}/\mathrm{m}, T=50NT = 50\,\mathrm{N}, α=0.02kgm1s1\alpha = 0.02\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-1}\,\mathrm{s}^{-1}, f=100Hzf = 100\,\mathrm{Hz} : vérifier l’approximation et donner δ\delta. (d) La corde amortie est-elle dispersive ? Dans quel régime de α\alpha le deviendrait-elle ?

Solution

Solution de Exercice 8.6.

(a) μω2+iαω=Tk2-\mu\omega^2 + \iu\alpha\omega = -Tk^2 : k2=(ω2/c2)(1iα/μω)\underline k^2 = (\omega^2/c^2)(1 - \iu\alpha/\mu\omega). (b) k(ω/c)(1iα/2μω)\underline k \approx (\omega/c)(1 - \iu\alpha/2\mu\omega) : k=ω/ck' = \omega/c, k=α/2μc=α/2Zk'' = \alpha/2\mu c = \alpha/2Z ; 8.7k8.7k'' dB/m. (c) c=100m/sc = 100\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, Z=0.5kg/sZ = 0.5\,\mathrm{kg}/\mathrm{s}, μω=3.10.02\mu\omega = 3.1 \gg 0.02 : k=0.02m1k'' = 0.02\,\mathrm{m}^{-1}, δ=50m\delta = 50\,\mathrm{m}, 0.17dB/m0.17\,\mathrm{dB}/\mathrm{m}. (d) Pas dans cette limite (k=ω/ck' = \omega/c) ; lorsque αμω\alpha \gtrsim \mu\omega la racine carrée ne se linéarise plus et kk' dépend non linéairement de ω\omega : dispersive (c’est la limite diffusive du câble).

Exercice 8.7 ★★

Rides. Les vagues courtes sont gouvernées par la tension superficielle : ω2=γk3/ρ\omega^2 = \gamma k^3/\rho (γ=0.072N/m\gamma = 0.072\,\mathrm{N}/\mathrm{m}) ; la relation complète est ω2=gk+γk3/ρ\omega^2 = gk + \gamma k^3/\rho. (a) vφv_\varphi et vgv_g pour des ondes capillaires pures ; laquelle est la plus grande ? (b) Montrer que la vitesse de phase de la relation complète est minimale en λm=2πγ/ρg\lambda_m = 2\pi\sqrt{\gamma/\rho g} et calculer λm\lambda_m et vminv_{\min}. (c) Un bateau plus lent que vminv_{\min} ne fait pas de sillage : pourquoi ? (d) Les gouttes de pluie sur un étang font des anneaux dont les crêtes sont en retard sur l’anneau : dans quel régime ?

Solution

Solution de Exercice 8.7.

(a) vφ=γk/ρv_\varphi = \sqrt{\gamma k/\rho}, vg=32vφv_g = \tfrac32v_\varphi : le groupe devance les crêtes. (b) vφ2=g/k+γk/ρv_\varphi^2 = g/k + \gamma k/\rho est minimal en km=ρg/γk_m = \sqrt{\rho g/\gamma} : λm=2πγ/ρg=1.7cm\lambda_m = 2\pi\sqrt{\gamma/\rho g} = 1.7\,\mathrm{cm}, vmin=(4gγ/ρ)1/4=23cm/sv_{\min} = (4g\gamma/\rho)^{1/4} = 23\,\mathrm{cm}/\mathrm{s}. (c) Un sillage est un motif stationnaire par rapport au bateau, fait d’ondes dont la vitesse de phase égale sa vitesse ; aucune n’est plus lente que 23cm/s23\,\mathrm{cm}/\mathrm{s}. (d) Régime capillaire, vg>vφv_g > v_\varphi : les crêtes naissent à l’avant de l’anneau et meurent à l’arrière.

Exercice 8.8 ★★

Étalement. Un paquet de largeur initiale Δx0\Delta x_0 double de largeur au bout de teˊtΔx02/ω(k0)t_{\text{ét}} \approx \Delta x_0^2/|\omega''(k_0)|. (a) Un train de vagues en eau profonde, λ=50m\lambda = 50\,\mathrm{m}, Δx0=500m\Delta x_0 = 500\,\mathrm{m}. (b) Une impulsion lumineuse dans une fibre de verre : ω0.16m2/s\omega'' \approx -0.16\,\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s} ; une impulsion de 10ps10\,\mathrm{ps} (Δx0=2mm\Delta x_0 = 2\,\mathrm{mm}) : temps d’étalement et distance parcourue pendant ce temps ; idem pour une impulsion de 1ns1\,\mathrm{ns}. Pourquoi les longues liaisons optiques utilisent-elles des impulsions plus longues ou une fibre à compensation de dispersion ?

Solution

Solution de Exercice 8.8.

(a) k=0.126rad/mk = 0.126\,\mathrm{rad}/\mathrm{m}, ω=14g/k3=18m2/s\omega'' = -\tfrac14\sqrt{g/k^3} = -18\,\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s} : teˊt=2.5×105/18=1.4×104st_{\text{ét}} = 2.5 \times 10^5/18 = 1.4 \times 10^{4}\,\mathrm{s}, quatre heures. (b) 10ps10\,\mathrm{ps} : teˊt=4×106/0.16=25µst_{\text{ét}} = 4 \times 10^{-6}/0.16 = 25\,\text{µ}\mathrm{s}, soit 5km5\,\mathrm{km} à 2×108m/s2 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s} ; 1ns1\,\mathrm{ns} : 0.04/0.16=0.25s0.04/0.16 = 0.25\,\mathrm{s}, 50000km50\,000\,\mathrm{km}. Les impulsions courtes (hauts débits) s’étalent en quelques kilomètres : les liaisons longues utilisent une fibre compensatrice ou des débits modérés.

Exercice 8.9 ★★

Le câble sous-marin. R=3Ω/kmR = 3\,\Omega/\mathrm{km}, Γ=0.3µF/km\Gamma = 0.3\,\text{µ}\mathrm{F}/\mathrm{km}, Λ\Lambda et GG négligeables. (a) Montrer que vv obéit à une équation de diffusion et donner sa diffusivité. (b) Relation de dispersion k(ω)\underline k(\omega) ; vitesse de phase et longueur d’atténuation à 1Hz1\,\mathrm{Hz} et à 10Hz10\,\mathrm{Hz}. (c) Temps mis par un signal pour « arriver » sur 3000km3000\,\mathrm{km} (RΓL2\sim R\Gamma L^2) ; mots par minute. (d) Le remède de Heaviside : l’inductance par kilomètre nécessaire pour R/Λ=G/ΓR/\Lambda = G/\Gamma si G=1×107S/kmG = 1 \times 10^{-7}\,\mathrm{S}/\mathrm{km} ; pourquoi était-elle difficile à ajouter ?

Solution

Solution de Exercice 8.9.

(a) x2v=RΓtv\partial_x^2v = R\Gamma\,\partial_tv, D=1/RΓ=1.1×1012m2/sD = 1/R\Gamma = 1.1 \times 10^{12}\,\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s}. (b) k2=iRΓω\underline k^2 = -\iu R\Gamma\omega : k=k=RΓω/2k' = k'' = \sqrt{R\Gamma\omega/2} ; à 1Hz1\,\mathrm{Hz} : k=1.7×106m1k = 1.7 \times 10^{-6}\,\mathrm{m}^{-1}, vφ=3.7×106m/sv_\varphi = 3.7 \times 10^{6}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, δ=600km\delta = 600\,\mathrm{km} ; à 10Hz10\,\mathrm{Hz} : vφ=1.2×107m/sv_\varphi = 1.2 \times 10^{7}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, δ=190km\delta = 190\,\mathrm{km}. (c) RΓL2=9×1013×9×1012=8sR\Gamma L^2 = 9 \times 10^{-13} \times 9 \times 10^{12} = 8\,\mathrm{s} par point : environ un mot à la minute. (d) Λ=RΓ/G=9H/km\Lambda = R\Gamma/G = 9\,\mathrm{H}/\mathrm{km} — une inductance absurde pour un câble sous-marin ; les bobines de charge fonctionnaient sur les lignes téléphoniques terrestres, dont les GG et RΓR\Gamma étaient différents.

Exercice 8.10 ★★★

L’énergie voyage à la vitesse de groupe. Corde sur un lit élastique : μt2y=Tx2yKy\mu\partial_t^2y = T\partial_x^2y - Ky, onde y=Acos(ωtkx)y = A\cos(\omega t - kx) avec ω2=ωc2+c2k2\omega^2 = \omega_c^2 + c^2k^2. (a) Densité d’énergie e=12μ(ty)2+12T(xy)2+12Ky2e = \tfrac12\mu(\partial_ty)^2 + \tfrac12T (\partial_xy)^2 + \tfrac12Ky^2 et flux P=Txyty\mathcal P = -T\partial_xy\,\partial_ty : vérifier te+xP=0\partial_te + \partial_x\mathcal P = 0. (b) Moyennes temporelles e\langle e\rangle et P\langle\mathcal P\rangle pour l’onde. (c) Montrer que P/e=c2k/ω=vg\langle\mathcal P\rangle/ \langle e\rangle = c^2k/\omega = v_g, et non vφv_\varphi. (d) Qu’advient-il du flux d’énergie en dessous de la coupure ?

Solution

Solution de Exercice 8.10.

(a) te=y˙(μy¨+Ky)+Tyy˙=y˙Ty+Tyy˙=x(Tyy˙)=xP\partial_te = \dot y(\mu\ddot y + Ky) + Ty'\dot y' = \dot yTy'' + Ty'\dot y' = \partial_x (Ty'\dot y) = -\partial_x\mathcal P. (b) e=14A2(μω2+Tk2+K)=12μω2A2\langle e\rangle = \tfrac14A^2(\mu\omega^2 + Tk^2 + K) = \tfrac12\mu\omega^2A^2 (en utilisant μω2=Tk2+K\mu\omega^2 = Tk^2 + K) ; P=12TkωA2\langle\mathcal P\rangle = \tfrac12Tk\omega A^2. (c) Rapport Tk/μω=c2k/ω=vgTk/\mu\omega = c^2k/\omega = v_g. (d) y=Aeκxcosωty = A\eu^{-\kappa x}\cos\omega t : Psin2ωt\mathcal P \propto \sin2\omega t, de moyenne nulle — aucune énergie ne traverse le milieu.

Exercice 8.11 ★★★

Houle et tsunami. Les vagues de longueur d’onde λ\lambda sur une profondeur hh obéissent à ω2=gktanhkh\omega^2 = gk\tanh kh (admis). (a) Retrouver les limites d’eau profonde et d’eau peu profonde (kh1kh \ll 1) ; célérité des ondes en eau peu profonde ; sont-elles dispersives ? (b) Un tsunami de λ=200km\lambda = 200\,\mathrm{km} sur 4km4\,\mathrm{km} d’océan : quelle limite, célérité, période ; temps pour traverser 8000km8000\,\mathrm{km}. (c) Son amplitude au large vaut 0.5m0.5\,\mathrm{m} : énergie par unité de longueur de crête (admettre E=12ρgA2E = \tfrac12\rho gA^2 par unité d’aire) pour un front de 1000km1000\,\mathrm{km} ; que se passe-t-il quand la profondeur tombe à 10m10\,\mathrm{m}, si le flux d’énergie EvgEv_g se conserve (loi de Green, Ah1/4A \propto h^{-1/4}) ? (d) Une houle de 100m100\,\mathrm{m} arrivant sur une plage : à quelle profondeur commence-t-elle à sentir le fond, et pourquoi ses crêtes deviennent-elles parallèles au rivage ?

Solution

Solution de Exercice 8.11.

(a) tanhkh1\tanh kh \to 1 : ω2=gk\omega^2 = gk ; kh1kh \ll 1 : ω=ghk\omega = \sqrt{gh}\,k, célérité gh\sqrt{gh}, non dispersive. (b) kh=0.13kh = 0.13 : eau peu profonde ; c=9.81×4000=198m/sc = \sqrt{9.81 \times 4000} = 198\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, T=17minT = 17\,\mathrm{min} ; 8000km8000\,\mathrm{km} en 11h11\,\mathrm{h}. (c) 12ρgA2=1.2kJ/m2\tfrac12\rho gA^2 = 1.2\,\mathrm{kJ}/\mathrm{m}^{2} sur 200×1000200 \times 1000 km2^2 : 2.5×1014J2.5 \times 10^{14}\,\mathrm{J}. Green : Ah1/4A \propto h^{-1/4}, (4000/10)1/4=4.5(4000/10)^{1/4} = 4.5 : 2.2m2.2\,\mathrm{m}, avant redressement et déferlement. (d) Vers hλ/2=50mh \approx \lambda/2 = 50\,\mathrm{m} ; la portion de crête située en eau moins profonde ralentit, de sorte que la crête pivote parallèlement aux lignes de niveau du fond — c’est la réfraction.

Exercice 8.12 ★★★

Une impulsion sur une ligne. Un câble de 50Ω50\,\Omega et de longueur =100m\ell = 100\,\mathrm{m} (c=2×108m/sc = 2 \times 10^{8}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}) est alimenté en x=0x = 0 par un générateur de résistance interne 50Ω50\,\Omega et fermé en x=x = \ell sur une charge RLR_L. (a) Montrer qu’une onde arrivant à l’extrémité est réfléchie avec le coefficient en tension r=(RLZc)/(RL+Zc)r = (R_L - Z_c)/(R_L + Z_c) (écrire vv et ii comme somme d’une onde incidente et d’une onde réfléchie et imposer la loi d’Ohm dans la charge). (b) Valeurs pour RL=50R_L = 50, 00, \infty, 150Ω150\,\Omega. (c) On envoie une impulsion de 1ns1\,\mathrm{ns} et 1V1\,\mathrm{V} : ce que montre l’oscilloscope placé au générateur, et à quel instant, pour chaque charge ; pourquoi les 50Ω50\,\Omega du générateur comptent. (d) Un défaut dans un câble enterré renvoie un écho après 1.8µs1.8\,\text{µ}\mathrm{s} : où se trouve-t-il ? (Réflectométrie temporelle.)

Solution

Solution de Exercice 8.12.

(a) En x=x = \ell : v=vi+vrv = v_i + v_r, i=(vivr)/Zci = (v_i - v_r)/Z_c, v=RLiv = R_Li : r=(RLZc)/(RL+Zc)r = (R_L - Z_c)/(R_L + Z_c). (b) 00, 1-1, +1+1, 0.50.5. (c) L’entrée de la ligne se comporte comme ZcZ_c, si bien que l’oscilloscope voit 0.5V0.5\,\mathrm{V} en t=0t = 0, puis l’écho 0.5r0.5r V à 2/c=1µs2\ell/c = 1\,\text{µ}\mathrm{s} : rien, 0.5V-0.5\,\mathrm{V}, +0.5V+0.5\,\mathrm{V}, +0.25V+0.25\,\mathrm{V} ; le générateur adapté absorbe l’écho, de sorte qu’il n’y en a pas de second. (d) 12×2×108×1.8×106=180m\tfrac12 \times 2 \times 10^8 \times 1.8 \times 10^{-6} = 180\,\mathrm{m}.

8.5 Problème : le câble et la mer

Problème 8.1

Problème du week-end — la dispersion à l’œuvre : le câble télégraphique qui brouillait les points, la houle qui annonce une tempête, le tsunami qui traverse un océan, et le paquet qui s’étale

Partie I — Le câble télégraphique. Le câble transatlantique de 1866 : R=2.0Ω/kmR = 2.0\,\Omega/\mathrm{km}, Γ=0.25µF/km\Gamma = 0.25\,\text{µ}\mathrm{F}/\mathrm{km}, Λ=0.5mH/km\Lambda = 0.5\,\mathrm{mH}/\mathrm{km}, GG négligeable, longueur L=3500kmL = 3500\,\mathrm{km}.

  1. Écrire les équations des télégraphistes avec RR et en déduire la relation de dispersion k2=Γω(ΛωiR)\underline k^2 = \Gamma\omega(\Lambda\omega - \iu R).
  2. À quelle fréquence Λω\Lambda\omega égale-t-il RR ? En conclure que pour les fréquences télégraphiques (quelques hertz) la ligne est en régime diffusif.
  3. Dans ce régime, k=iRΓω\underline k = \sqrt{-\iu R\Gamma\omega} : donner kk' et kk'' (rappel : i=(1i)/2\sqrt{-\iu} = (1 - \iu)/\sqrt2) ; vitesse de phase et longueur d’atténuation à 1Hz1\,\mathrm{Hz} ; à 4Hz4\,\mathrm{Hz}.
  4. Atténuation en décibels sur tout le câble à 1Hz1\,\mathrm{Hz} et à 4Hz4\,\mathrm{Hz}. Quelle fréquence survit ? Qu’advient-il alors d’un point net ?
  5. Estimation de Kelvin du temps de transit, RΓL2R\Gamma L^2 ; débit pratique du câble en mots par minute si un mot compte environ 1010 points et traits et que les points ne doivent pas se recouvrir.
  6. Heaviside proposait d’augmenter Λ\Lambda : quelle valeur rend Λω=R\Lambda\omega = R à 4Hz4\,\mathrm{Hz}, et que vaudraient alors la vitesse et l’atténuation (prendre G=0G = 0, de sorte que la condition R/Λ=G/ΓR/\Lambda = G/\Gamma ne peut être satisfaite exactement — utiliser la relation générale à cette fréquence) ?
  7. Une fibre optique moderne transporte 1×1010bit/s1 \times 10^{10}\,\mathrm{bit}/\mathrm{s} : comparer à la question 5, en puissances de dix.

Partie II — La houle. Eau profonde : ω2=gk\omega^2 = gk.

  1. Vitesses de phase et de groupe en fonction de la période TT.
  2. Une tempête à 4000km4000\,\mathrm{km} d’une côte engendre des vagues de périodes allant de 6s6\,\mathrm{s} à 18s18\,\mathrm{s} : heure d’arrivée de chaque extrême ; durée de l’épisode de houle.
  3. Montrer que sur une côte située à la distance DD la période reçue obéit à 1/T=gt/4πD1/T = gt/4\pi D, tt étant compté depuis la tempête : 1/T1/T croît linéairement dans le temps. Une bouée enregistre T=16sT = 16\,\mathrm{s} un jour à midi et T=12sT = 12\,\mathrm{s} exactement 24h24\,\mathrm{h} plus tard : distance de la tempête.
  4. L’énergie par unité d’aire d’une houle d’amplitude AA vaut 12ρgA2\tfrac12\rho gA^2 ; puissance traversant une ligne de 1m1\,\mathrm{m} de crête, pour A=1.5mA = 1.5\,\mathrm{m}, T=12sT = 12\,\mathrm{s}. (Utiliser la vitesse de groupe — pourquoi ?)
  5. Une ferme houlomotrice de 1km1\,\mathrm{km} de front, de rendement 30%30\% : puissance électrique ; comparer à une éolienne (3MW3\,\mathrm{MW}).
  6. Un bateau à 5m/s5\,\mathrm{m}/\mathrm{s} en eau profonde laisse derrière lui un sillage stationnaire : quelle longueur d’onde a une vitesse de phase égale à la vitesse du bateau et le suit donc ? Pourquoi le motif traîne-t-il en V, plus étroit que ne le laisserait croire l’étalement propre des crêtes (penser à vg=vφ/2v_g = v_\varphi/2) ?
  7. En observant un train de houle depuis une falaise, décrire ce que fait une crête particulière pendant que le groupe passe devant une bouée fixe ; combien de crêtes contient un groupe de durée 2min2\,\mathrm{min} à T=12sT = 12\,\mathrm{s}, et combien de « vies » de crête cela représente-t-il ?

Partie III — Le tsunami. ω2=gktanhkh\omega^2 = gk\tanh kh ; profondeur du Pacifique h=4.0kmh = 4.0\,\mathrm{km}.

  1. Un séisme soulève une portion de fond marin de 100km100\,\mathrm{km} de 2m2\,\mathrm{m} ; l’onde a λ200km\lambda \approx 200\,\mathrm{km} : vérifier que c’est une onde d’eau peu profonde et donner sa célérité, sa période et le temps pour atteindre une côte à 6000km6000\,\mathrm{km}.
  2. Est-elle dispersive ? Comparer à la houle de la partie II : arrive-t-elle avant ou après la houle ? Laquelle arrive comme une impulsion unique ?
  3. Sa hauteur au large vaut 0.6m0.6\,\mathrm{m} : énergie par mètre carré ; énergie totale d’un front long de 500km500\,\mathrm{km} étalé sur une longueur d’onde ; comparer à une explosion de 1Mt1\,\mathrm{Mt} (4.2×1015J4.2 \times 10^{15}\,\mathrm{J}).
  4. Loi de Green : hauteur lorsque la profondeur tombe à 20m20\,\mathrm{m} près de la côte (flux d’énergie 12ρgA2vg\tfrac12\rho gA^2v_g conservé, vg=ghv_g = \sqrt{gh}) ; célérité et longueur d’onde en ce point ; pourquoi l’onde se redresse alors et déferle comme un mur.
  5. Un navire au large ne remarque pas le passage du tsunami : pourquoi ?
  6. Des marégraphes distants de 6000km6000\,\mathrm{km} enregistrent l’onde : ce que donne le temps de trajet, et pourquoi la célérité mesurée est légèrement inférieure à gh\sqrt{gh} sur un océan de profondeur variable.

Partie IV — Le paquet qui s’étale.

  1. Pour l’eau profonde, calculer ω(k)= ⁣d2ω/ ⁣dk2\omega''(k) = \dd^2\omega/\dd k^2 et sa valeur pour λ=100m\lambda = 100\,\mathrm{m}.
  2. Un paquet de 1010\, vagues de ce type (Δx01km\Delta x_0 \approx 1\,\mathrm{km}) est lâché : temps d’étalement Δx02/ω\Delta x_0^2/|\omega''| ; distance parcourue par le paquet pendant ce temps.
  3. Expliquer avec des mots pourquoi un paquet de spectre plus étroit (train plus long) s’étale plus lentement, et pourquoi le tsunami de la partie III ne s’étale presque pas.
  4. La même estimation pour un électron de longueur d’onde 0.1nm0.1\,\mathrm{nm} localisé sur 1nm1\,\mathrm{nm}, avec ω=k2/2m\omega = \hbar k^2/2m (=1.05×1034Js\hbar = 1.05 \times 10^{-34}\,\mathrm{J}\,\mathrm{s}, m=9.1×1031kgm = 9.1 \times 10^{-31}\,\mathrm{kg}) : temps d’étalement et distance parcourue — le premier contact avec le paquet d’ondes quantique du Chapitre 30.
  5. Récapituler en un tableau : pour le câble, la houle, le tsunami et l’électron, la relation de dispersion, vφv_\varphi, vgv_g et le fait que le milieu étale ou se contente d’atténuer.
Solution

Solution de Problème 8.1.

1. xv=ΛtiRi\partial_xv = -\Lambda\partial_ti - Ri, xi=Γtv\partial_xi = -\Gamma\partial_tv ; avec ei(ωtkx)\eu^{\iu(\omega t - kx)} : ikv=(iωΛ+R)i\iu kv = (\iu\omega\Lambda + R)i, iki=iωΓv\iu ki = \iu\omega\Gamma v, d’où k2=ωΓ(ωΛiR)k^2 = \omega\Gamma(\omega\Lambda - \iu R).

2. ω=R/Λ=4000rad/s\omega = R/\Lambda = 4000\,\mathrm{rad}/\mathrm{s}, soit 640Hz640\,\mathrm{Hz} : à quelques hertz ΛωR\Lambda\omega \ll R, régime diffusif.

3. k=k=RΓω/2k' = k'' = \sqrt{R\Gamma\omega/2} avec RΓ=5×1013s/m2R\Gamma = 5 \times 10^{-13}\,\mathrm{s}/\mathrm{m}^{2} : à 1Hz1\,\mathrm{Hz} : 1.25×106m11.25 \times 10^{-6}\,\mathrm{m}^{-1}, vφ=5×106m/sv_\varphi = 5 \times 10^{6}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, δ=800km\delta = 800\,\mathrm{km} ; à 4Hz4\,\mathrm{Hz} : 2.5×106m12.5 \times 10^{-6}\,\mathrm{m}^{-1}, 1×107m/s1 \times 10^{7}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, 400km400\,\mathrm{km}.

4. 8.7L/δ8.7L/\delta : 38dB38\,\mathrm{dB} à 1Hz1\,\mathrm{Hz}, 76dB76\,\mathrm{dB} à 4Hz4\,\mathrm{Hz} : seules les composantes les plus lentes survivent ; un point net arrive en une longue bosse aplatie.

5. RΓL2=5×1013×1.2×1013=6sR\Gamma L^2 = 5 \times 10^{-13} \times 1.2 \times 10^{13} = 6\,\mathrm{s} : un point toutes les six secondes, un mot à la minute (le câble réel, avec de sensibles galvanomètres à miroir, en faisait quelques-uns).

6. Λ=R/ω=80mH/km\Lambda = R/\omega = 80\,\mathrm{mH}/\mathrm{km}. Alors k2=ΓRω(1i)k^2 = \Gamma R\omega(1 - \iu), k=ΓRω21/4eiπ/8k = \sqrt{\Gamma R\omega} \,2^{1/4}\eu^{-\iu\pi/8} : k=3.9×106m1k' = 3.9 \times 10^{-6}\,\mathrm{m}^{-1}, k=1.6×106m1k'' = 1.6 \times 10^{-6}\,\mathrm{m}^{-1} : vφ=6.4×106m/sv_\varphi = 6.4 \times 10^{6}\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, δ=620km\delta = 620\,\mathrm{km}, 49dB49\,\mathrm{dB} sur le câble au lieu de 76dB76\,\mathrm{dB}.

7. Un point toutes les 6s6\,\mathrm{s} fait environ 0.2bit/s0.2\,\mathrm{bit}/\mathrm{s} : la fibre est 101010^{10} à 101110^{11} fois plus rapide.

8. vφ=gT/2πv_\varphi = gT/2\pi, vg=gT/4πv_g = gT/4\pi.

9. 18s18\,\mathrm{s} : vg=14.1m/sv_g = 14.1\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, 4×106/14.1=3.3jours4 \times 10^6/14.1 = 3.3\,\mathrm{jours} ; 6s6\,\mathrm{s} : 4.7m/s4.7\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, 9.9jours9.9\,\mathrm{jours} : l’épisode de houle dure plus de six jours.

10. t=D/vg=4πD/gTt = D/v_g = 4\pi D/gT, donc 1/T=gt/4πD1/T = gt/4\pi D. Δ(1/T)=1/121/16=0.0208Hz\Delta(1/T) = 1/12 - 1/16 = 0.0208\,\mathrm{Hz} en 86400s86\,400\,\mathrm{s} : g/4πD=2.4×107s2g/4\pi D = 2.4 \times 10^{-7}\,\mathrm{s}^{-2}, D=3200kmD = 3200\,\mathrm{km}.

11. 12ρgA2=11kJ/m2\tfrac12\rho gA^2 = 11\,\mathrm{kJ}/\mathrm{m}^{2} ; l’énergie se déplace à vg=gT/4π=9.4m/sv_g = gT/4\pi = 9.4\,\mathrm{m}/\mathrm{s} : 103kW103\,\mathrm{kW} par mètre de crête.

12. 103×103×0.3=31MW10^3 \times 103 \times 0.3 = 31\,\mathrm{MW} : dix éoliennes.

13. λ=2πU2/g=16m\lambda = 2\pi U^2/g = 16\,\mathrm{m}. L’énergie de chaque composante se déplace à la moitié de sa vitesse de phase, de sorte que le motif est confiné à un dièdre derrière le bateau (de demi-angle 19.519.5{}^{\circ}, quelle que soit sa vitesse).

14. Une crête naît à l’arrière du groupe, le dépasse (les crêtes vont à 2vg2v_g par rapport à l’eau, à vgv_g par rapport au groupe) et meurt à l’avant. Le groupe mesure 120×9.4=1.1km120 \times 9.4 = 1.1\,\mathrm{km} de long, soit cinq longueurs d’onde (λ=gT2/2π=225m\lambda = gT^2/2\pi = 225\,\mathrm{m}) ; dix crêtes passent devant la bouée, chacune ayant vécu environ deux minutes.

15. kh=0.13kh = 0.13 : eau peu profonde. c=198m/sc = 198\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, T=λ/c=17minT = \lambda/c = 17\,\mathrm{min}, 8.4h8.4\,\mathrm{h}.

16. Non dispersive : toutes les composantes à 198m/s198\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, arrivant ensemble en une seule impulsion (la houle, à 10m/s\sim10\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, triée par période, mettrait une semaine).

17. 12ρgA2=1.8kJ/m2\tfrac12\rho gA^2 = 1.8\,\mathrm{kJ}/\mathrm{m}^{2} sur 500×200500 \times 200 km2^2 : 1.8×1014J1.8 \times 10^{14}\,\mathrm{J}, soit 4%4\% d’une mégatonne.

18. A=0.6(4000/20)1/4=2.3mA = 0.6(4000/20)^{1/4} = 2.3\,\mathrm{m} ; c=gh=14m/sc = \sqrt{gh} = 14\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, λ=cT=14km\lambda = cT = 14\,\mathrm{km}. La crête, en eau plus profonde que le creux qui la précède, va plus vite et le rattrape : le front se redresse en mascaret.

19. Une élévation de 0.6m0.6\,\mathrm{m} en un quart d’heure, sur une pente de 10510^{-5} : rien de perceptible.

20. La célérité moyenne, gh\sqrt{gh} pour la profondeur moyenne ; comme h\sqrt h est concave, les passages peu profonds freinent l’onde plus que les passages profonds ne l’accélèrent, et la moyenne le long du trajet est inférieure à ghˉ\sqrt{g\bar h}.

21. ω=12g/k\omega' = \tfrac12\sqrt{g/k}, ω=14g/k3\omega'' = -\tfrac14\sqrt{g/k^3} ; k=0.063rad/mk = 0.063\,\mathrm{rad}/\mathrm{m} : ω=50m2/s\omega'' = -50\,\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s}.

22. teˊt=106/50=2×104st_{\text{ét}} = 10^6/50 = 2 \times 10^{4}\,\mathrm{s}, soit 5.6h5.6\,\mathrm{h} ; le paquet a parcouru vgt=6.25×2×104=125kmv_gt = 6.25 \times 2 \times 10^4 = 125\,\mathrm{km}.

23. Un train long contient une bande étroite de kk, dont les vitesses de groupe coïncident presque : les composantes restent groupées plus longtemps. Le milieu du tsunami est non dispersif : vitesses égales, aucun étalement.

24. ω=/m=1.2×104m2/s\omega'' = \hbar/m = 1.2 \times 10^{-4}\,\mathrm{m}^{2}/\mathrm{s} : teˊt=1018/1.2×104=9×1015st_{\text{ét}} = 10^{-18}/1.2 \times 10^{-4} = 9 \times 10^{-15}\,\mathrm{s} ; vg=k/m=7.3×106m/sv_g = \hbar k/m = 7.3 \times 10^{6}\,\mathrm{m}/\mathrm{s} : 60nm60\,\mathrm{nm}.

25. Câble : k2=iRΓωk^2 = -\iu R\Gamma\omega, vφ=2ω/RΓv_\varphi = \sqrt{2\omega/R\Gamma}, pas de vgv_g bien défini, atténue et brouille. Houle : ω2=gk\omega^2 = gk, vφ=2vgv_\varphi = 2v_g, s’étale. Tsunami : ω=ghk\omega = \sqrt{gh}\,k, vφ=vgv_\varphi = v_g, ni l’un ni l’autre. Électron : ω=k2/2m\omega = \hbar k^2/2m, vg=2vφv_g = 2v_\varphi, s’étale.

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