Physics · Livre 4 · Bachelor Year 2

Physique universitaire — 2e année

Physique universitaire — 2e année · Bachelor Year 2

27Bilans thermodynamiques et systèmes ouverts

La thermodynamique du volume de première année traitait de systèmes fermés — une masse fixe de gaz dans un cylindre, comprimée, chauffée, détendue. Mais les machines qui chauffent réellement nos maisons, refroidissent nos aliments et font notre électricité sont traversées par un écoulement : la vapeur file à travers la turbine d’une centrale à des centaines de kilogrammes par seconde, un fluide frigorigène circule dans le compresseur, le condenseur, le détendeur et l’évaporateur d’une pompe à chaleur, l’air traverse le compresseur et la chambre de combustion d’un réacteur. Chaque organe est un système ouvert, une région de l’espace où de la matière entre et sort, et les premier et second principes doivent être réécrits pour lui. La réécriture est brève — la clé est que le fluide poussé dans le système emporte, outre son énergie interne, le travail fourni pour l’y pousser, et c’est pourquoi l’enthalpie, et non l’énergie interne, est l’énergie naturelle d’un écoulement. Ce chapitre établit les bilans de masse, d’énergie et d’entropie pour les systèmes ouverts en régime permanent, les applique aux organes élémentaires — tuyère, détendeur, compresseur, turbine, échangeur — et assemble ces organes en les deux cycles que dimensionne le problème du week-end : une pompe à chaleur et une centrale à vapeur.

L’unité extérieure d’une pompe à chaleur par un matin d’hiver : un ventilateur tire l’air froid sur l’évaporateur, et à l’intérieur un compresseur, un condenseur et un détendeur transportent cette chaleur, multipliée par trois ou quatre, jusque dans la maison.
L’unité extérieure d’une pompe à chaleur par un matin d’hiver : un ventilateur tire l’air froid sur l’évaporateur, et à l’intérieur un compresseur, un condenseur et un détendeur transportent cette chaleur, multipliée par trois ou quatre, jusque dans la maison.

27.1 Systèmes ouverts et bilan de masse

Définition 27.1 (Système ouvert, volume de contrôle, régime permanent)

Un système ouvert est une région fixe de l’espace, le volume de contrôle Σ\Sigma, limité par une surface à travers laquelle du fluide entre et sort (sections d’entrée et de sortie) et à travers laquelle chaleur et travail peuvent être échangés avec l’extérieur ; le travail reçu par des pièces mobiles (un arbre, un piston) autres que l’écoulement lui-même est le travail utile WuW_{\text{u}} (travail d’arbre). L’écoulement est permanent quand tout champ à l’intérieur de Σ\Sigma est indépendant du temps : la masse, l’énergie et l’entropie contenues dans Σ\Sigma sont alors constantes.

Proposition 27.2 (Bilan de masse)

À travers une section d’aire SS où le fluide de masse volumique ρ\rho se déplace à la vitesse moyenne cc normale à elle passe le débit massique m˙=ρcS\dot m = \rho c S (en kg/s\mathrm{kg}/\mathrm{s}). En régime permanent, ce qui entre sort : em˙=sm˙\sum_{\text{e}}\dot m = \sum_{\text{s}} \dot m ; pour un écoulement unique, m˙\dot m est le même à l’entrée et à la sortie, ρ1c1S1=ρ2c2S2\rho_1c_1S_1 = \rho_2c_2S_2 — l’équation de continuité du Chapitre 2 intégrée sur la section.

Démonstration. La masse dans Σ\Sigma est constante, donc les flux s’équilibrent.

27.2 Le premier principe pour un système ouvert

Théorème 27.3 (Bilan d’énergie d’un écoulement permanent à une entrée et une sortie)

Pour un écoulement permanent de débit massique m˙\dot m entrant dans l’état 1 et sortant dans l’état 2, recevant la puissance utile (d’arbre) PuP_{\text{u}} et la puissance thermique PthP_{\text{th}},

m˙[(h2h1)+12(c22c12)+g(z2z1)]=Pu+Pth,\dot m\,\Big[(h_2 - h_1) + \tfrac12(c_2^2 - c_1^2) + g(z_2 - z_1)\Big] = P_{\text{u}} + P_{\text{th}} ,

ou, par unité de masse de fluide traversant le système,

Δh+Δ(12c2)+gΔz=wu+q.\Delta h + \Delta\big(\tfrac12c^2\big) + g\,\Delta z = w_{\text{u}} + q .

L’enthalpie h=u+Pvh = u + Pv remplace l’énergie interne : PvPv est le travail de transvasement, le travail fourni par le fluide amont pour pousser une unité de masse à l’intérieur, moins celui fourni pour la pousser au-dehors.

Démonstration. Suivons le système fermé formé du fluide contenu dans Σ\Sigma à l’instant tt plus la tranche  ⁣dm=m˙ ⁣dt\dd m = \dot m\,\dd t sur le point d’entrer ; à t+ ⁣dtt + \dd t il se compose du fluide contenu dans Σ\Sigma (même état, régime permanent) plus la tranche  ⁣dm\dd m qui est sortie. Son énergie a varié de  ⁣dm[(u2+12c22+gz2)(u1+12c12+gz1)]\dd m\,[(u_2 + \tfrac12c_2^2 + gz_2) - (u_1 + \tfrac12c_1^2 + gz_1)]. Il a reçu Pu ⁣dt+Pth ⁣dtP_{\text{u}}\dd t + P_{\text{th}}\dd t, plus le travail des forces de pression à l’entrée, P1S1×c1 ⁣dt=P1v1 ⁣dmP_1S_1 \times c_1\dd t = P_1v_1\,\dd m (pour pousser la tranche à l’intérieur), moins celui à la sortie, P2v2 ⁣dmP_2v_2\,\dd m. Le premier principe pour ce système fermé, avec u+Pv=hu + Pv = h, donne le résultat.

Le système ouvert permanent : le système fermé que l’on suit pendant t est le contenu de  plus la tranche entrante, puis le contenu plus la tranche sortante ; le travail des pressions aux deux sections change u en h = u + Pv.
Le système ouvert permanent : le système fermé que l’on suit pendant  ⁣dt\dd t est le contenu de Σ\Sigma plus la tranche entrante, puis le contenu plus la tranche sortante ; le travail des pressions aux deux sections change uu en h=u+Pvh = u + Pv.

Remarque 27.4 (Se servir du premier principe)

Pour un gaz parfait Δh=cpΔT\Delta h = c_p\Delta T ; pour un liquide ΔhcΔT+vΔP\Delta h \approx c\,\Delta T + v\,\Delta P (le second terme est le travail de la pompe) ; pour une vapeur on lit hh dans des tables ou sur des diagrammes. Le terme cinétique est en général négligeable : à 10m/s10\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, c2/2=50J/kgc^2/2 = 50\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}, contre 1kJ/kg1\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} pour un kelvin d’air — il ne compte que dans les tuyères et les aubes de turbine, où les vitesses atteignent des centaines de mètres par seconde. Le terme de pesanteur, gΔz10J/kgg\Delta z \approx 10\,\mathrm{J}/\mathrm{kg} par mètre, compte pour l’eau d’un barrage, jamais dans un cycle à gaz. Avec plusieurs entrées et sorties le bilan s’écrit sm˙hem˙h=Pu+Pth\sum_{\text{s}}\dot m\,h - \sum_{\text{e}}\dot m\,h = P_{\text{u}} + P_{\text{th}} (termes cinétique et de pesanteur négligés).

27.3 Le second principe pour un système ouvert

Théorème 27.5 (Bilan d’entropie d’un écoulement permanent)

Pour un écoulement permanent à une entrée et une sortie échangeant les puissances thermiques Pth,iP_{\text{th},i} avec des sources aux températures TiT_i,

m˙(s2s1)=iPth,iTi+S˙c,S˙c0;\dot m\,(s_2 - s_1) = \sum_i\frac{P_{\text{th},i}}{T_i} + \dot S_{\text{c}}, \qquad \dot S_{\text{c}} \ge 0 ;

par unité de masse, Δs=seˊch+sc\Delta s = s_{\text{éch}} + s_{\text{c}}. Un écoulement adiabatique réversible est isentropique ; un écoulement adiabatique réel a s2>s1s_2 > s_1. Le rendement isentropique d’une turbine vaut ηT=wreˊel/ws=(h1h2)/(h1h2s)\eta_{\text{T}} = w_{\text{réel}}/w_{\text{s}} = (h_1 - h_2)/(h_1 - h_{2s}) et celui d’un compresseur ηC=(h2sh1)/(h2h1)\eta_{\text{C}} = (h_{2s} - h_1)/(h_2 - h_1), où 2s2s est l’état atteint isentropiquement à la même pression de sortie ; tous deux valent typiquement 0.80.80.90.9. Le travail perdu par irréversibilité, rapporté à la température ambiante T0T_0, vaut T0scT_0\,s_{\text{c}} par unité de masse.

Démonstration. Même système fermé que plus haut : son entropie varie de  ⁣dm(s2s1)\dd m\,(s_2 - s_1), il reçoit Pth,i ⁣dt/Ti\sum P_{\text{th},i}\dd t/T_i des sources, et le reste est créé.

27.4 Les organes élémentaires

Proposition 27.6 (Tuyère, détendeur, compresseur, turbine, échangeur)

Tous adiabatiques sauf mention contraire, en régime permanent, termes cinétique et de pesanteur négligés sauf s’ils sont l’objet même.

  • Tuyère (pas d’arbre, pas de chaleur) : 12c2212c12=h1h2\tfrac12c_2^2 - \tfrac12c_1^2 = h_1 - h_2 — l’enthalpie devient vitesse ; un diffuseur fait l’inverse.
  • Détendeur (vanne, bouchon poreux ; pas d’arbre, pas de chaleur, vitesses faibles) : h2=h1h_2 = h_1, isenthalpique. Pour un gaz parfait T2=T1T_2 = T_1 ; pour un gaz réel la température baisse en général (effet Joule–Thomson) ; pour un liquide près de la saturation une fraction se vaporise brusquement — le détendeur de tout réfrigérateur.
  • Compresseur, pompe, turbine (machines adiabatiques) : wu=h2h1w_{\text{u}} = h_2 - h_1 — positif pour un compresseur, négatif pour une turbine ; pour une pompe à liquide wuv(P2P1)w_{\text{u}} \approx v(P_2 - P_1), minuscule parce que vv est petit.
  • Échangeur de chaleur (deux courants, pas d’arbre, adiabatique dans son ensemble) : m˙a(ha,2ha,1)=m˙b(hb,2hb,1)\dot m_{\text{a}}(h_{\text{a},2} - h_{\text{a},1}) = -\dot m_{\text{b}}(h_{\text{b},2} - h_{\text{b},1}) — ce que l’un perd l’autre le gagne ; l’échange crée de l’entropie à moins que les courants ne soient partout à la même température (le contre-courant la réduit).
  • Chambre de mélange : m˙ehe=m˙shs\sum\dot m_{\text{e}}h_{\text{e}} = \dot m_{\text{s}}h_{\text{s}}.

Démonstration. Chacun est le premier principe avec les termes voulus mis à zéro.

Les systèmes ouverts élémentaires : chacun est le bilan d’énergie avec les termes sans objet rayés — pas d’arbre dans une tuyère ni un détendeur, pas de chaleur dans une turbine adiabatique, pas de chaleur nette pour un échangeur pris dans son ensemble.
Les systèmes ouverts élémentaires : chacun est le bilan d’énergie avec les termes sans objet rayés — pas d’arbre dans une tuyère ni un détendeur, pas de chaleur dans une turbine adiabatique, pas de chaleur nette pour un échangeur pris dans son ensemble.

Exemple 27.7 (Des nombres pour les organes)

De la vapeur entrant dans une tuyère de turbine à h=3000kJ/kgh = 3000\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} et sortant à 2800kJ/kg2800\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} atteint c=2×200×103=630m/sc = \sqrt{2 \times 200 \times 10^3} = 630\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. De l’air comprimé adiabatiquement de 1bar1\,\mathrm{bar}, 293K293\,\mathrm{K} à 8bar8\,\mathrm{bar} : isentropiquement T2=293×80.286=531KT_2 = 293 \times 8^{0.286} = 531\,\mathrm{K} et w=cpΔT=239kJ/kgw = c_p\Delta T = 239\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; avec ηC=0.8\eta_{\text{C}} = 0.8, 299kJ/kg299\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} et 590K590\,\mathrm{K} — d’où le refroidissement des compresseurs entre étages. Un radiateur d’automobile évacuant 42kW42\,\mathrm{kW} d’une eau refroidie de 10K10\,\mathrm{K} (1kg/s1\,\mathrm{kg}/\mathrm{s}) réchauffe 2.1kg/s2.1\,\mathrm{kg}/\mathrm{s} d’air de 20K20\,\mathrm{K}. Du frigorigène liquide à 40C40\,{}^{\circ}\mathrm{C} détendu à 0C0\,{}^{\circ}\mathrm{C} arrive en brouillard avec 28%28\% de vapeur : cette vaporisation brusque est ce qui refroidit le liquide à la température de l’évaporateur.

27.5 Cycles

Proposition 27.8 (Machine frigorifique à compression de vapeur et pompe à chaleur)

Un frigorigène circule à travers : (1\to2) un compresseur adiabatique qui porte la vapeur de la pression d’évaporation à la pression de condensation, w=h2h1w = h_2 - h_1 ; (2\to3) un condenseur où il cède qcond=h2h3q_{\text{cond}} = h_2 - h_3 au côté chaud (la pièce pour une pompe à chaleur, la cuisine pour un réfrigérateur) et qu’il quitte à l’état liquide ; (3\to4) un détendeur, h4=h3h_4 = h_3 ; (4\to1) un évaporateur où il absorbe qevap=h1h4q_{\text{evap}} = h_1 - h_4 au côté froid. Les coefficients de performance valent

COPfroid=h1h4h2h1,COPchaud=h2h3h2h1=COPfroid+1,\mathrm{COP}_{\text{froid}} = \frac{h_1 - h_4}{h_2 - h_1}, \qquad \mathrm{COP}_{\text{chaud}} = \frac{h_2 - h_3}{h_2 - h_1} = \mathrm{COP}_{\text{froid}} + 1 ,

majorés par ceux de Carnot Tc/(ThTc)T_{\text{c}}/(T_{\text{h}} - T_{\text{c}}) et Th/(ThTc)T_{\text{h}}/(T_{\text{h}} - T_{\text{c}}) ; le cycle se lit le plus aisément sur le diagramme (logP,h)(\log P, h), où les deux échanges et le travail sont des segments horizontaux.

Démonstration. Les quatre bilans du premier principe ; le bilan d’énergie du cycle entier donne qcond=qevap+wq_{\text{cond}} = q_{\text{evap}} + w, d’où la relation entre les deux COP.

Le cycle à compression de vapeur sur le diagramme ( P, h) : le condenseur et l’évaporateur sont des isobares dans la cloche, le détendeur une isenthalpe verticale, le compresseur une ligne oblique ; les longueurs des segments horizontaux sont les chaleurs et le travail par kilogramme.
Le cycle à compression de vapeur sur le diagramme (logP,h)(\log P, h) : le condenseur et l’évaporateur sont des isobares dans la cloche, le détendeur une isenthalpe verticale, le compresseur une ligne oblique ; les longueurs des segments horizontaux sont les chaleurs et le travail par kilogramme.

Proposition 27.9 (Le cycle à vapeur (Rankine))

L’eau circule à travers : (1\to2) une pompe, wpv(P2P1)w_{\text{p}} \approx v(P_2 - P_1), quelques kJ/kg\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; (2\to3) une chaudière à haute pression où elle est chauffée, vaporisée et surchauffée, qe=h3h2q_{\text{e}} = h_3 - h_2 ; (3\to4) une turbine qui détend la vapeur jusqu’à la pression du condenseur, wt=h3h4w_{\text{t}} = h_3 - h_4 (un millier de kJ/kg\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}) ; (4\to1) un condenseur à basse pression où la vapeur humide redevient liquide, rejetant qs=h4h1q_{\text{s}} = h_4 - h_1 à l’eau de refroidissement. Le rendement vaut

η=wtwpqe=1qsqe,\eta = \frac{w_{\text{t}} - w_{\text{p}}}{q_{\text{e}}} = 1 - \frac{q_{\text{s}}}{q_{\text{e}}} ,

environ 0.350.350.450.45 en pratique ; la chaleur est apportée à une température moyenne Tˉ=qe/(s3s2)\bar T = q_{\text{e}}/(s_3 - s_2) bien inférieure au maximum de la chaudière, d’où le fait que surchauffe, resurchauffe et hautes pressions relèvent η\eta, et que l’échappement doit rester assez sec (x40.88x_4 \gtrsim 0.88) pour épargner aux derniers étages l’érosion par les gouttelettes.

Démonstration. Premier principe sur chaque organe, puis sur le cycle : wtwp=qeqsw_{\text{t}} - w_{\text{p}} = q_{\text{e}} - q_{\text{s}}.

Le cycle de Rankine sur le diagramme (T,s) : pompe (invisible), chauffage le long de la courbe de liquide, vaporisation à la pression de la chaudière, surchauffe, détente (isentropique en tirets, réelle en trait plein, finissant plus humide ou plus sèche), condensation. C’est la température moyenne d’apport de chaleur, non le maximum, qui fixe le rendement.
Le cycle de Rankine sur le diagramme (T,s)(T,s) : pompe (invisible), chauffage le long de la courbe de liquide, vaporisation à la pression de la chaudière, surchauffe, détente (isentropique en tirets, réelle en trait plein, finissant plus humide ou plus sèche), condensation. C’est la température moyenne d’apport de chaleur, non le maximum, qui fixe le rendement.

Remarque 27.10 (D’autres cycles, et un régime transitoire)

La turbine à gaz (compresseur, chambre de combustion, turbine : le cycle de Brayton) a le rendement idéal 1r(γ1)/γ1 - r^{-(\gamma-1)/\gamma} pour le rapport de pression rr et rejette ses gaz à plusieurs centaines de degrés ; donner ces gaz à un cycle à vapeur (cycle combiné) atteint 60%60\%. Les systèmes ouverts ont aussi des transitoires : remplir un réservoir rigide vide depuis une conduite à T0T_0 finit à T=γT0T = \gamma T_0 (le travail de transvasement PvPv devient énergie interne), 120K120\,\mathrm{K} de plus pour l’air — la raison pour laquelle une bouteille de plongée s’échauffe quand on la remplit.

Méthode 27.11 (Bilans en système ouvert)

(1) Tracer le volume de contrôle ; lister entrées, sorties, arbre et chaleur. (2) Masse : m˙e=m˙s\sum\dot m_{\text{e}} = \sum\dot m_{\text{s}}. (3) Énergie par unité de masse : Δh+Δc2/2+gΔz=wu+q\Delta h + \Delta c^2/2 + g\Delta z = w_{\text{u}} + q, avec Δh=cpΔT\Delta h = c_p\Delta T pour les gaz, les tables pour les vapeurs, vΔPv\Delta P pour les pompes. (4) Entropie : Δs=qi/Ti+sc\Delta s = \sum q_i/T_i + s_{\text{c}}, états de référence isentropiques, rendements, T0scT_0s_{\text{c}} perdu. (5) Cycles : lire le diagramme, sommer sur la boucle, comparer à Carnot.

27.6 Exercices

Exercice 27.1

(a) Un tuyau d’arrosage débite 12L/min12\,\mathrm{L}/\mathrm{min} par une buse de 1cm1\,\mathrm{cm} : vitesse de sortie. (b) De l’eau chaude à 60C60\,{}^{\circ}\mathrm{C}, 0.1kg/s0.1\,\mathrm{kg}/\mathrm{s}, se mélange à de l’eau froide à 10C10\,{}^{\circ}\mathrm{C}, 0.2kg/s0.2\,\mathrm{kg}/\mathrm{s} : température de sortie. (c) Pourquoi le mélange est-il irréversible — calculer l’entropie créée par seconde.

Solution

Solution de Exercice 27.1.

(a) 2×104m3/s/7.85×105m2=2.5m/s2 \times 10^{-4}\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}/7.85 \times 10^{-5}\,\mathrm{m}^{2} = 2.5\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. (b) (0.1×60+0.2×10)/0.3=26.7C(0.1 \times 60 + 0.2 \times 10)/0.3 = 26.7\,{}^{\circ}\mathrm{C}. (c) S˙c=0.1cln(299.8/333)+0.2cln(299.8/283)=4.3W/K\dot S_{\text{c}} = 0.1c\ln(299.8/333) + 0.2c\ln(299.8/283) = 4.3\,\mathrm{W}/\mathrm{K} : de la chaleur est passée de l’eau chaude à la froide.

Exercice 27.2

De la vapeur entre dans une tuyère à 50m/s50\,\mathrm{m}/\mathrm{s} avec h=3000kJ/kgh = 3000\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} et sort à 2800kJ/kg2800\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} : vitesse de sortie. De l’air à 300K300\,\mathrm{K} accéléré du repos à 300m/s300\,\mathrm{m}/\mathrm{s} dans une tuyère (cp=1005J/kg/Kc_p = 1005\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}) : baisse de température. Un diffuseur ralentit de l’air de 250m/s250\,\mathrm{m}/\mathrm{s} au repos : hausse.

Solution

Solution de Exercice 27.2.

2×200×103+502=634m/s\sqrt{2 \times 200 \times 10^3 + 50^2} = 634\,\mathrm{m}/\mathrm{s} ; c2/2cp=45Kc^2/2c_p = 45\,\mathrm{K} ; 31K31\,\mathrm{K}.

Exercice 27.3

Détente à travers une vanne. (a) Un gaz parfait : qu’advient-il de TT, de ss ? (b) De la vapeur humide à 10bar10\,\mathrm{bar} (hf=763h_{\text{f}} = 763, hfg=2015kJ/kgh_{\text{fg}} = 2015\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}), de titre 0.90.9, détendue à 1bar1\,\mathrm{bar} (hf=417h_{\text{f}} = 417, hfg=2258kJ/kgh_{\text{fg}} = 2258\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}) : titre final — le calorimètre à détente. (c) Du frigorigène liquide à 40C40\,{}^{\circ}\mathrm{C} (h=256kJ/kgh = 256\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}) détendu à 0C0\,{}^{\circ}\mathrm{C} (hf=200h_{\text{f}} = 200, hg=399kJ/kgh_{\text{g}} = 399\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}) : fraction de vapeur.

Solution

Solution de Exercice 27.3.

(a) TT inchangée, ss croît de rln(P1/P2)r\ln(P_1/P_2). (b) h=2576kJ/kgh = 2576\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} : x=(2576417)/2258=0.956x = (2576 - 417)/2258 = 0.956 — le titre se lit sur la température de la sortie surchauffée (ou tout juste sèche). (c) (256200)/199=0.28(256 - 200)/199 = 0.28.

Exercice 27.4

(a) Un radiateur refroidit 1kg/s1\,\mathrm{kg}/\mathrm{s} d’eau de 9090\, à 80C80\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; l’air (cp=1005J/kg/Kc_p = 1005\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}) s’échauffe de 2020\, à 40C40\,{}^{\circ}\mathrm{C} : débit massique et débit volumique d’air. (b) Une turbine à vapeur, 10kg/s10\,\mathrm{kg}/\mathrm{s}, hh de 34003400\, à 2400kJ/kg2400\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} : puissance. (c) Une pompe porte l’eau de 11\, à 60bar60\,\mathrm{bar} : travail par kilogramme, et puissance pour 500kg/s500\,\mathrm{kg}/\mathrm{s}.

Solution

Solution de Exercice 27.4.

(a) 41.8kW41.8\,\mathrm{kW} ; 41.8×103/(1005×20)=2.1kg/s41.8 \times 10^3/(1005 \times 20) = 2.1\,\mathrm{kg}/\mathrm{s}, 1.7m3/s1.7\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}. (b) 10MW10\,\mathrm{MW}. (c) vΔP=5.9kJ/kgv\Delta P = 5.9\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; 3MW3\,\mathrm{MW}.

Exercice 27.5 ★★

Le travail de transvasement. (a) Réétablir le premier principe en système ouvert et expliquer d’où vient PvPv. (b) Pourquoi l’énergie interne uu apparaît-elle en système fermé et hh dans un écoulement ? (c) Comparer c2/2c^2/2 à 10m/s10\,\mathrm{m}/\mathrm{s} et à 300m/s300\,\mathrm{m}/\mathrm{s} à cpΔTc_p\Delta T pour 1K1\,\mathrm{K} d’air. (d) De l’eau chutant de 100m100\,\mathrm{m} dans une conduite forcée : gΔzg\Delta z face à cΔTc\,\Delta T pour 1K1\,\mathrm{K} ; en déduire de combien l’eau s’échauffe si la turbine est retirée.

Solution

Solution de Exercice 27.5.

(a) Théorème 27.3. (b) Un écoulement est poussé dedans et dehors par ses voisins : ce travail des pressions, PvPv par unité de masse, est réuni avec uu. (c) 50J/kg50\,\mathrm{J}/\mathrm{kg} et 45kJ/kg45\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} contre 1kJ/kg1\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}. (d) 981J/kg981\,\mathrm{J}/\mathrm{kg} contre 4180J/kg4180\,\mathrm{J}/\mathrm{kg} : 0.23K0.23\,\mathrm{K}.

Exercice 27.6 ★★

Compresseurs. Air, 1bar1\,\mathrm{bar}, 293K293\,\mathrm{K}, jusqu’à 8bar8\,\mathrm{bar} ; γ=1.4\gamma = 1.4, cp=1005J/kg/Kc_p = 1005\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}, r=287J/kg/Kr = 287\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}. (a) Température et travail de sortie isentropiques. (b) Avec ηC=0.8\eta_{\text{C}} = 0.8 : travail, température de sortie, entropie créée. (c) Deux étages de rapport 8\sqrt8 avec refroidissement à 293K293\,\mathrm{K} entre eux : travail économisé. (d) Limite isotherme rTln8rT\ln 8 ; pourquoi les compresseurs réels s’en approchent avec beaucoup d’étages.

Solution

Solution de Exercice 27.6.

(a) 531K531\,\mathrm{K}, 239kJ/kg239\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}. (b) 299kJ/kg299\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, 590K590\,\mathrm{K}, cpln(590/531)=106J/kg/Kc_p\ln(590/531) = 106\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}. (c) Chaque étage finit à 393K393\,\mathrm{K} : 2×1005×100=201kJ/kg2 \times 1005 \times 100 = 201\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, 16%16\% d’économie. (d) rTln8=175kJ/kgrT\ln 8 = 175\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; avec un refroidissement entre de nombreux étages le chemin épouse l’isotherme.

Exercice 27.7 ★★

Turbine. Vapeur à 60bar60\,\mathrm{bar}, 500C500\,{}^{\circ}\mathrm{C} : h3=3422kJ/kgh_3 = 3422\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, s3=6.88kJ/kg/Ks_3 = 6.88\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}/\mathrm{K} ; condenseur 0.05bar0.05\,\mathrm{bar} (33C33\,{}^{\circ}\mathrm{C}) : sf=0.476s_{\text{f}} = 0.476, sg=8.394kJ/kg/Ks_{\text{g}} = 8.394\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}, hf=138h_{\text{f}} = 138, hfg=2423kJ/kgh_{\text{fg}} = 2423\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}. (a) Titre et enthalpie de sortie isentropiques, travail. (b) Avec ηT=0.85\eta_{\text{T}} = 0.85 : travail, enthalpie et titre de sortie. (c) Entropie créée par kilogramme et travail perdu à T0=306KT_0 = 306\,\mathrm{K}. (d) Pourquoi un échappement trop humide est un problème.

Solution

Solution de Exercice 27.7.

(a) x=(6.880.476)/7.918=0.81x = (6.88 - 0.476)/7.918 = 0.81, h4s=2098kJ/kgh_{4s} = 2098\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, ws=1324kJ/kgw_{\text{s}} = 1324\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}. (b) 1125kJ/kg1125\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; h4=2297h_4 = 2297, x4=0.89x_4 = 0.89. (c) s4=7.53kJ/kg/Ks_4 = 7.53\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}/\mathrm{K} : sc=0.65kJ/kg/Ks_{\text{c}} = 0.65\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}/\mathrm{K} ; perdu T0sc=200kJ/kgT_0s_{\text{c}} = 200\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}. (d) Des gouttelettes à des centaines de mètres par seconde érodent les derniers étages.

Exercice 27.8 ★★

Pompe à chaleur. Évaporateur 0C0\,{}^{\circ}\mathrm{C}, condenseur 40C40\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; h1=399h_1 = 399 (vapeur saturée, 0C0\,{}^{\circ}\mathrm{C}), h2s=426h_{2s} = 426, h3=256h_3 = 256, h4=h3h_4 = h_3 (kJ/kg\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}) ; ηC=0.8\eta_{\text{C}} = 0.8. (a) h2h_2 et le travail. (b) Chaleurs échangées, les deux COP. (c) COP de Carnot ; rapport. (d) Débit massique et puissance électrique pour 8kW8\,\mathrm{kW} de chauffage ; pourquoi le COP chute quand l’air extérieur se refroidit.

Solution

Solution de Exercice 27.8.

(a) h2=399+27/0.8=433kJ/kgh_2 = 399 + 27/0.8 = 433\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; w=34kJ/kgw = 34\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}. (b) qevap=143q_{\text{evap}} = 143, qcond=177kJ/kgq_{\text{cond}} = 177\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; COPfroid=4.2\mathrm{COP}_{\text{froid}} = 4.2, COPchaud=5.2\mathrm{COP}_{\text{chaud}} = 5.2. (c) 6.86.8 et 7.87.8 ; deux tiers. (d) 0.045kg/s0.045\,\mathrm{kg}/\mathrm{s}, 1.5kW1.5\,\mathrm{kW} ; un évaporateur plus froid signifie une pression plus basse, un rapport de pression plus grand (plus de travail par kilogramme) et une vapeur plus légère (moins de masse par course).

Exercice 27.9 ★★

Entropie dans un échangeur. De l’eau chaude, 1kg/s1\,\mathrm{kg}/\mathrm{s}, passant de 9090\, à 50C50\,{}^{\circ}\mathrm{C}, chauffe de l’eau froide, 2kg/s2\,\mathrm{kg}/\mathrm{s}, depuis 10C10\,{}^{\circ}\mathrm{C}. (a) Température de sortie du courant froid. (b) Entropie créée par seconde (c=4180J/kg/Kc = 4180\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}). (c) Puissance perdue à T0=293KT_0 = 293\,\mathrm{K}, comparée aux 167kW167\,\mathrm{kW} échangés. (d) Pourquoi une disposition à courants parallèles créerait-elle plus d’entropie que le contre-courant pour le même service ?

Solution

Solution de Exercice 27.9.

(a) 30C30\,{}^{\circ}\mathrm{C}. (b) 4180[ln(323/363)+2ln(303/283)]=83W/K4180[\ln(323/363) + 2\ln(303/283)] = 83\,\mathrm{W}/\mathrm{K}. (c) 24kW24\,\mathrm{kW} sur 167kW167\,\mathrm{kW}. (d) À courants parallèles les écarts de température sont plus grands et la sortie chaude ne peut descendre sous la sortie froide : plus d’entropie pour le même service.

Exercice 27.10 ★★★

Remplir un réservoir. Un réservoir rigide, vide et calorifugé est relié à une conduite portant un gaz parfait à T0T_0, P0P_0. (a) Écrire le bilan d’énergie du réservoir pendant le remplissage (non permanent : son énergie croît) et montrer que le gaz à l’intérieur finit à T=γT0T = \gamma T_0. (b) De l’air à 293K293\,\mathrm{K} : température finale. (c) Si le réservoir contenait au départ du gaz à T0T_0 et P1<P0P_1 < P_0, argumenter que la température finale est comprise entre T0T_0 et γT0\gamma T_0. (d) Pourquoi une bouteille de plongée s’échauffe-t-elle au remplissage, et pourquoi la remplit-on lentement dans l’eau ?

Solution

Solution de Exercice 27.10.

(a)  ⁣d(mu)/ ⁣dt=m˙h0\dd(mu)/\dd t = \dot m h_0 s’intègre en mu=mh0mu = mh_0 : cvT=cpT0c_vT = c_pT_0, T=γT0T = \gamma T_0. (b) 410K410\,\mathrm{K}. (c) Le gaz final est un mélange du gaz initial à T0T_0 et du gaz entrant chauffé à γT0\gamma T_0, donc entre les deux. (d) Le travail de transvasement échauffe le gaz ; un remplissage lent dans un bain d’eau laisse sortir la chaleur pour que la pression à 20C20\,{}^{\circ}\mathrm{C} soit celle voulue.

Exercice 27.11 ★★★

Resurchauffe. La turbine de l’Exercice 27.7 est scindée : détente jusqu’à 10bar10\,\mathrm{bar} (fin isentropique : h=2850kJ/kgh = 2850\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}), resurchauffe à 500C500\,{}^{\circ}\mathrm{C} (h=3478h = 3478, s=7.76kJ/kg/Ks = 7.76\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}), détente jusqu’à 0.05bar0.05\,\mathrm{bar}, les deux étages isentropiques. Travail de pompe 6kJ/kg6\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, h2=144kJ/kgh_2 = 144\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}. (a) Titre et enthalpie de sortie du second étage. (b) Travail et chaleur totaux ; rendement ; comparer à la détente unique (η=0.40\eta = 0.40 isentropique). (c) Pourquoi la resurchauffe aide-t-elle, en termes de température moyenne d’apport de chaleur ? (d) Que corrige-t-elle d’autre ?

Solution

Solution de Exercice 27.11.

(a) x=(7.760.476)/7.918=0.92x = (7.76 - 0.476)/7.918 = 0.92, h=2367kJ/kgh = 2367\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}. (b) w=572+11116=1677kJ/kgw = 572 + 1111 - 6 = 1677\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, q=3278+628=3906kJ/kgq = 3278 + 628 = 3906\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, η=0.43\eta = 0.43 contre 0.400.40. (c) La resurchauffe apporte de la chaleur à haute température et relève la température moyenne d’apport. (d) L’échappement est plus sec (0.920.92 au lieu de 0.810.81).

Exercice 27.12 ★★★

Turbine à gaz et cycle combiné. De l’air comprimé isentropiquement de 1bar1\,\mathrm{bar}, 293K293\,\mathrm{K} à 12bar12\,\mathrm{bar}, chauffé à pression constante jusqu’à 1500K1500\,\mathrm{K}, détendu isentropiquement jusqu’à 1bar1\,\mathrm{bar} ; γ=1.4\gamma = 1.4, cp=1005J/kg/Kc_p = 1005\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}. (a) Les quatre températures. (b) Travaux, chaleur, rendement ; montrer η=1r(γ1)/γ\eta = 1 - r^{-(\gamma - 1)/\gamma}. (c) L’échappement à T4T_4 produit de la vapeur pour un cycle de Rankine de rendement 0.350.35 qui récupère 70%70\% de la chaleur de l’échappement au-dessus de 373K373\,\mathrm{K} : rendement combiné. (d) Pourquoi le cycle combiné est-il la centrale thermique la plus efficace qui soit ?

Solution

Solution de Exercice 27.12.

(a) 293K293\,\mathrm{K}, 596K596\,\mathrm{K}, 1500K1500\,\mathrm{K}, 737K737\,\mathrm{K}. (b) wc=305w_{\text{c}} = 305, wt=767w_{\text{t}} = 767, q=909kJ/kgq = 909\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, η=0.51=1120.286\eta = 0.51 = 1 - 12^{-0.286}. (c) Chaleur d’échappement au-dessus de 373K373\,\mathrm{K} : 366kJ/kg366\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; 0.7×0.35×366=90kJ/kg0.7 \times 0.35 \times 366 = 90\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} : η=(462+90)/909=0.61\eta = (462 + 90)/909 = 0.61. (d) Il prend la chaleur à 1500K1500\,\mathrm{K} et la rejette à 306K306\,\mathrm{K} : le plus large écart qu’un fluide de travail permette.

27.7 Problème : une pompe à chaleur domestique et une centrale à vapeur

Problème 27.1

Problème du week-end — deux machines dimensionnées avec les bilans en système ouvert

Partie I — La pompe à chaleur. Données du frigorigène (kJ/kg\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, kJ/kg/K\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}) : vapeur saturée à 0C0\,{}^{\circ}\mathrm{C} (P=2.9barP = 2.9\,\mathrm{bar}) : h1=399h_1 = 399, s1=1.727s_1 = 1.727 ; liquide saturé à 0C0\,{}^{\circ}\mathrm{C} : hf=200h_{\text{f}} = 200, sf=1.00s_{\text{f}} = 1.00 ; à la pression de condensation 10.2bar10.2\,\mathrm{bar} (Tsat=40CT_{\text{sat}} = 40\,{}^{\circ}\mathrm{C}) : fin de compression isentropique h2s=426h_{2s} = 426, liquide saturé h3=256h_3 = 256, s3=1.19s_3 = 1.19 ; la vapeur y est surchauffée avec cp1.0kJ/kg/Kc_p \approx 1.0\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}. Compresseur ηC=0.8\eta_{\text{C}} = 0.8 ; besoin de la maison 8kW8\,\mathrm{kW}.

  1. Esquisser le cycle sur un diagramme (logP,h)(\log P, h) et nommer les quatre organes avec le processus que chacun réalise.
  2. État 4 après le détendeur : enthalpie et fraction de vapeur.
  3. Chaleur absorbée par kilogramme dans l’évaporateur.
  4. Travail du compresseur, isentropique et réel ; h2h_2 et une estimation de T2T_2.
  5. Chaleur cédée au condenseur ; les deux COP ; vérifier leur relation.
  6. COP de Carnot entre 00\, et 40C40\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; quelle fraction la machine en atteint-elle ?
  7. Débit massique de frigorigène et puissance électrique (rendement du moteur 0.90.9).
  8. Entropie créée par kilogramme dans le compresseur et dans le détendeur (s4=sf+x(s1sf)s_4 = s_{\text{f}} + x\,(s_1 - s_{\text{f}})) ; lequel est le pire ?

Partie II — Le grand froid et les choix de conception.

  1. À 10C-10\,{}^{\circ}\mathrm{C} au-dehors l’évaporateur travaille à 15C-15\,{}^{\circ}\mathrm{C} : COP de Carnot en chauffage ; pourquoi le COP réel chute-t-il plus vite (penser au rapport de pression et à la masse volumique de la vapeur) ?
  2. Pourquoi du givre se forme-t-il sur la batterie extérieure, et que coûte le cycle de dégivrage ?
  3. Plancher chauffant à 35C35\,{}^{\circ}\mathrm{C} contre radiateurs à 55C55\,{}^{\circ}\mathrm{C} : COP de Carnot avec l’évaporateur à 0C0\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; conclure.
  4. Comparer, par kilowattheure de combustible brûlé dans une centrale de rendement 0.400.40, la chaleur délivrée par cette pompe à chaleur (COP=4\mathrm{COP} = 4) et par une chaudière à gaz de rendement 0.90.9 brûlant le combustible directement.

Partie III — La centrale à vapeur. Chaudière 60bar60\,\mathrm{bar}, 500C500\,{}^{\circ}\mathrm{C} : h3=3422h_3 = 3422, s3=6.88s_3 = 6.88 ; à 60bar60\,\mathrm{bar}, Tsat=276CT_{\text{sat}} = 276\,{}^{\circ}\mathrm{C}, hf=1213h_{\text{f}} = 1213, hg=2784h_{\text{g}} = 2784 ; condenseur 0.05bar0.05\,\mathrm{bar}, 33C33\,{}^{\circ}\mathrm{C} : hf=138h_{\text{f}} = 138, hfg=2423h_{\text{fg}} = 2423, sf=0.476s_{\text{f}} = 0.476, sg=8.394s_{\text{g}} = 8.394 ; liquide v=1×103m3/kgv = 1 \times 10^{-3}\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{kg} ; turbine ηT=0.85\eta_{\text{T}} = 0.85 ; puissance électrique nette 600MW600\,\mathrm{MW}.

  1. Esquisser le cycle sur un diagramme (T,s)(T,s) et nommer les processus.
  2. Travail de pompe et h2h_2.
  3. Chaleur apportée dans la chaudière, décomposée en préchauffage, vaporisation et surchauffe.
  4. Détente isentropique : titre, enthalpie de sortie, travail.
  5. Détente réelle : travail, enthalpie et titre de sortie ; pourquoi le titre importe.
  6. Rendement du cycle ; Carnot entre 773773\, et 306K306\,\mathrm{K} ; la température moyenne d’apport de chaleur Tˉ=qe/(s3s2)\bar T = q_{\text{e}}/(s_3 - s_2) et le rendement de Carnot qu’elle donnerait.
  7. Débit massique de vapeur ; chaleur rejetée au condenseur ; débit d’eau de refroidissement pour une hausse de 10K10\,\mathrm{K}, ou masse d’eau qu’une tour aéroréfrigérante évapore par seconde (2.4MJ/kg2.4\,\mathrm{MJ}/\mathrm{kg}).
  8. Entropie créée dans la turbine par kilogramme et par seconde ; le travail perdu à 306K306\,\mathrm{K}, en fraction du travail de la turbine.
  9. Une resurchauffe à 10bar10\,\mathrm{bar} jusqu’à 500C500\,{}^{\circ}\mathrm{C} porte le rendement à environ 0.430.43 et le titre de sortie à 0.920.92 : expliquer qualitativement les deux effets.

Partie IV — Toute la chaîne.

  1. Le foyer transfère sa chaleur à la vapeur depuis des fumées à environ 1500K1500\,\mathrm{K} : entropie créée par seconde dans ce transfert (chaleur à 1500K1500\,\mathrm{K} vers la vapeur à Tˉ\bar T) ; comparer à celle de la turbine.
  2. Le condenseur rejette sa chaleur à de l’eau à 306K306\,\mathrm{K} — qui finit par rejoindre l’environnement à 293K293\,\mathrm{K} : entropie créée par seconde là.
  3. Classer les trois sources d’irréversibilité (foyer, turbine, condenseur) et dire où va l’effort des ingénieurs.
  4. Résumer la méthode des systèmes ouverts en cinq lignes.
Solution

Solution de Problème 27.1.

1. Compresseur (adiabatique, w=Δhw = \Delta h), condenseur (isobare, chaleur cédée), détendeur (isenthalpique), évaporateur (isobare, chaleur reçue).

2. h4=256kJ/kgh_4 = 256\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, x4=0.28x_4 = 0.28.

3. 143kJ/kg143\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}.

4. 2727\, et 34kJ/kg34\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; h2=433h_2 = 433 ; T245+752CT_2 \approx 45 + 7 \approx 52\,{}^{\circ}\mathrm{C}.

5. 177kJ/kg177\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; COPchaud=5.2\mathrm{COP}_{\text{chaud}} = 5.2, COPfroid=4.2\mathrm{COP}_{\text{froid}} = 4.2 ; 5.2=4.2+15.2 = 4.2 + 1.

6. 7.87.8 et 6.86.8 ; deux tiers.

7. 0.045kg/s0.045\,\mathrm{kg}/\mathrm{s} ; 1.5kW1.5\,\mathrm{kW}, 1.7kW1.7\,\mathrm{kW} à la prise.

8. Compresseur : cpln(325/318)0.022kJ/kg/Kc_p\ln(325/318) \approx 0.022\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}/\mathrm{K} ; détendeur : s4s3=1.2041.19=0.014kJ/kg/Ks_4 - s_3 = 1.204 - 1.19 = 0.014\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}/\mathrm{K} — le compresseur.

9. 313/55=5.7313/55 = 5.7 ; le rapport de pression double presque (plus de travail par kilogramme) et la masse volumique de la vapeur est divisée par deux (moins de masse par course) : la puissance chute juste quand la maison en demande davantage.

10. La batterie est sous 0C0\,{}^{\circ}\mathrm{C} dans un air humide ; le givre l’isole ; le dégivrage inverse le cycle quelques minutes par heure et coûte quelques pour cent.

11. 308/35=8.8308/35 = 8.8 contre 328/55=6.0328/55 = 6.0 : plus la température du condenseur est basse, mieux c’est — le plancher chauffant.

12. 1kWh1\,\mathrm{kWh} de combustible \to 0.4kWh0.4\,\mathrm{kWh} d’électricité \to 1.6kWh1.6\,\mathrm{kWh} de chaleur, contre 0.9kWh0.9\,\mathrm{kWh} de la chaudière.

13. Pompe, chaudière (chauffage isobare, vaporisation, surchauffe), turbine, condenseur.

14. 6kJ/kg6\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg} ; h2=144h_2 = 144.

15. 3278=1069+1571+6383278 = 1069 + 1571 + 638 (kJ/kg\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}).

16. x=0.81x = 0.81, h4s=2098h_{4s} = 2098, ws=1324kJ/kgw_{\text{s}} = 1324\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}.

17. 1125kJ/kg1125\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, h4=2297h_4 = 2297, x4=0.89x_4 = 0.89 ; une vapeur plus humide érode les aubes et abaisse le rendement.

18. η=1119/3278=0.34\eta = 1119/3278 = 0.34 ; Carnot 0.600.60 ; Tˉ=3278/6.40=512K\bar T = 3278/6.40 = 512\,\mathrm{K}, donnant 0.400.40.

19. 536kg/s536\,\mathrm{kg}/\mathrm{s} ; 1160MW1160\,\mathrm{MW} ; 28m3/s28\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} d’eau de rivière, ou 480kg/s480\,\mathrm{kg}/\mathrm{s} évaporés.

20. 0.65kJ/kg/K0.65\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}/\mathrm{K}, 350kW/K350\,\mathrm{kW}/\mathrm{K} ; 200kJ/kg200\,\mathrm{kJ}/\mathrm{kg}, 18%18\% du travail de la turbine.

21. Le second apport de chaleur se fait à haute température (Tˉ\bar T plus élevée), et la seconde détente part surchauffée et finit plus sèche.

22. 1757MW×(1/5121/1500)=2.3MW/K1757\,\mathrm{MW} \times (1/512 - 1/1500) = 2.3\,\mathrm{MW}/\mathrm{K} — six fois celle de la turbine.

23. 1160MW×(1/2931/306)=0.17MW/K1160\,\mathrm{MW} \times (1/293 - 1/306) = 0.17\,\mathrm{MW}/\mathrm{K}.

24. Foyer \gg turbine >> condenseur : d’où des températures et des pressions de vapeur plus élevées, la resurchauffe et la régénération ; puis de meilleures aubes ; le condenseur vient en dernier.

25. Tracer le volume de contrôle ; masse entrante égale masse sortante ; Δh+Δc2/2+gΔz=wu+q\Delta h + \Delta c^2/2 + g\Delta z = w_{\text{u}} + q avec hh tiré de cpc_p, des tables ou de vΔPv\Delta P ; Δs=q/T+sc\Delta s = \sum q/T + s_{\text{c}} avec références isentropiques et rendements ; assembler les organes et comparer à Carnot.

Termes définis dans ce chapitre

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