Biology · Livre 1 · Grades 1–9

Biologie du primaire et du collège

Biologie du primaire et du collège · Grades 1–9

49Les organes au travail

Monte trois étages en courant et fais le point : les jambes qui brûlent, le cœur qui cogne, le souffle qui s’emballe — et, curieusement, la peau rouge et chaude. Personne n’a commandé ces changements ; ils se sont commandés eux-mêmes, et dans des proportions exactes. Ce chapitre mesure ce qu’un organe au travail consomme vraiment, et comment le corps réorganise ses livraisons dès que le travail commence.

49.1 Ce que consomme un muscle au travail

Proposition 49.1 (La facture du muscle)

Un muscle au travail dépense, et sa dépense se mesure. Comparé au même muscle au repos, un muscle qui travaille dur :

  • prélève bien plus de dioxygène dans le sang qui le traverse — plusieurs fois son prélèvement de repos ;
  • prélève bien plus de glucose — le nutriment sucré tout prêt du sang, son carburant de tous les jours ;
  • rejette d’autant plus de dioxyde de carbone — et de chaleur.

C’est la combustion cellulaire de Proposition 46.5, lue sur les compteurs d’un organe : du carburant et du dioxygène qui entrent, du travail, un gaz de rebut et de la chaleur qui sortent.

Démonstration. Admis à ce niveau.

Exemple 49.2 (Mesurer de part et d’autre d’un muscle)

Les physiologistes comparent le sang qui entre dans un muscle et le sang qui en sort. Au repos, le sang sortant n’a cédé qu’une part modeste de son dioxygène et de son glucose. Lors d’un travail intense, la même comparaison montre le sang sortant dépouillé — l’essentiel de son dioxygène livrable prélevé — tandis que le dioxyde de carbone a bondi. Même organe, mêmes compteurs : seul le travail a changé, et la facture a suivi.

Remarque 49.3 (La chaleur est le reçu)

La chaleur d’un corps au travail n’est pas un accident : brûler du carburant dégage toujours de la chaleur, et le muscle est la chaufferie du corps. Frissonner, c’est ce mécanisme déclenché exprès — des muscles mis au travail pour rien d’autre que la chaleur (l’abonnement de Exemple 18.2, brièvement doublé). La peau rouge du sprint est le système de refroidissement qui évacue la chaleur de la chaufferie — l’affaire de la section suivante.

49.2 Des livraisons à la demande

Proposition 49.4 (Le corps réorganise ses approvisionnements)

Dès que le travail commence, les lignes d’approvisionnement se réorganisent pour payer la facture (Exemple 27.7 l’annonçait ; voici l’ordre de marche complet) :

  1. la ventilation s’approfondit et s’accélère — elle recharge le sang plus vite aux poumons (Exemple 26.6) ;
  2. le cœur bat plus vite et plus fort — davantage de tournées par minute (Proposition 27.6) ;
  3. le sang est redirigé : les vaisseaux qui desservent les muscles au travail (et la peau qui refroidit) s’élargissent, tandis que ceux du tube digestif au repos se rétrécissent — le même sang, réacheminé vers l’étage qui dépense.

Les trois suivent le travail automatiquement, pilotés par les services que le cerveau assure sans qu’on les lui demande (Remarque 33.4).

Démonstration. Admis à ce niveau.

Exemple 49.5 (L’ordre de marche, ressenti de l’intérieur)

Le point fait après le sprint dans l’escalier, ligne par ligne : le souffle emballé — le rechargement ; le cœur qui cogne — des tournées plus rapides ; les jambes qui brûlent — la facture des muscles payée à la limite ; la peau chaude et rouge — la chaleur de la chaufferie portée jusqu’à la surface de refroidissement. Même le classique point de côté et la lourdeur après un gros repas y trouvent leur place : la digestion et le sprint se disputent le sang réacheminé, et c’est pourquoi Méthode 25.7 déconseillait de courir le ventre plein.

Un pouls au fil de trois minutes d’effort intense : la montée avec le travail, le plateau près du maximum, et le lent retour — la récupération — pendant que le corps solde ses comptes.
Un pouls au fil de trois minutes d’effort intense : la montée avec le travail, le plateau près du maximum, et le lent retour — la récupération — pendant que le corps solde ses comptes.

Définition 49.6 (Récupération)

Quand l’effort s’arrête, le pouls et la ventilation ne s’arrêtent pas : ils ne redescendent que peu à peu — c’est la phase de récupération. Le corps solde ses dettes : il recharge ses réserves de dioxygène, évacue les déchets de l’effort, se débarrasse de la chaleur accumulée. Plus un corps est entraîné, plus sa récupération est rapide — et c’est pourquoi le temps de récupération est lui-même une mesure de la condition physique.

49.3 L’entraînement, et les limites de la machine

Proposition 49.7 (L’entraînement relève le plafond)

Exercée régulièrement, toute la chaîne d’approvisionnement se renforce (Remarque 27.9, Méthode 26.8) : le cœur déplace plus de sang à chaque battement, les muscles respiratoires gagnent en ampleur, les muscles eux-mêmes grossissent et stockent plus de carburant, et leurs fins vaisseaux se multiplient. Résultat : le même effort coûte à un corps entraîné un pouls plus bas, et son plafond — l’effort le plus dur qu’il puisse payer — s’élève. La machine est rebâtie par son propre usage.

Démonstration. Admis à ce niveau.

Exemple 49.8 (Deux coureurs, une même côte)

Un coureur non entraîné et un coureur entraîné montent la même côte. Non entraîné : pouls à 180180 à mi-pente, essoufflé, obligé de marcher — les lignes d’approvisionnement ne peuvent pas payer la facture, et la dette impose l’arrêt. Entraîné : pouls à 150150 au sommet, la parole possible, récupération en trois minutes. Même côte, même facture — des plafonds différents, bâtis par des mois de côtes exactement comme celle-là, prises tranquillement.

Méthode 49.9 (Lire sa propre machine)

Une expérience sur soi, avec une montre (Méthode 27.8 fournit la technique de prise du pouls) :

  1. note le pouls au repos, assis et calme ;
  2. fais trois minutes d’effort régulier — montées sur une marche, corde à sauter ;
  3. note le pouls aussitôt après, puis chaque minute jusqu’à ce qu’il revienne au repos : c’est le temps de récupération ;
  4. recommence chaque semaine pendant un trimestre d’exercice régulier : regarde le pouls de repos, le pouls d’effort et le temps de récupération descendre tous les trois — la reconstruction de Proposition 49.7, dans tes propres données.

49.4 Exercices

Exercice 49.1

Énumère ce dont un muscle au travail prélève davantage, et ce qu’il rejette davantage.

Solution

Solution de Exercice 49.1.

Davantage de dioxygène et de glucose prélevés dans le sang ; davantage de dioxyde de carbone et de chaleur rejetés.

Exercice 49.2

Qu’est-ce que le glucose, et où le muscle au travail se le procure-t-il ?

Solution

Solution de Exercice 49.2.

Le nutriment sucré tout prêt du sang — le carburant de tous les jours de la combustion des cellules. Le muscle le prélève dans le sang qui le traverse (approvisionné, plus en amont, par les livraisons de la digestion).

Exercice 49.3

Décris la comparaison entre le sang qui entre et celui qui sort, et ce qu’elle montre au repos puis à l’effort.

Solution

Solution de Exercice 49.3.

On compare le sang qui entre dans le muscle et le sang qui en sort. Au repos, le sang sortant n’a cédé qu’une part modeste de dioxygène et de glucose ; lors d’un travail intense, il ressort dépouillé de l’essentiel de son dioxygène livrable, et bien plus riche en dioxyde de carbone. La différence est la facture du muscle.

Exercice 49.4

Nomme les trois réorganisations de l’approvisionnement de Proposition 49.4.

Solution

Solution de Exercice 49.4.

La ventilation s’approfondit et s’accélère ; le cœur bat plus vite et plus fort ; le sang est redirigé — les vaisseaux des muscles au travail et de la peau qui refroidit s’élargissent tandis que ceux du tube digestif au repos se rétrécissent.

Exercice 49.5

Pourquoi un travail intense te réchauffe-t-il — et qu’est-ce que frissonner, dans les termes de ce chapitre ?

Solution

Solution de Exercice 49.5.

Brûler du carburant dégage toujours de la chaleur, et le muscle au travail est la chaufferie du corps. Frissonner, ce sont des muscles mis au travail pour ne produire rien d’autre que cette chaleur — un chauffage à la demande.

Exercice 49.6

Qu’est-ce que la récupération, et quelles dettes le corps solde-t-il pendant ce temps ?

Solution

Solution de Exercice 49.6.

Le retour progressif du pouls et de la ventilation après la fin de l’effort. Le corps recharge ses réserves de dioxygène, évacue les déchets de l’effort et se débarrasse de la chaleur accumulée.

Exercice 49.7 ★★

Lis le graphique du pouls : la valeur de repos, celle du plateau, et la durée approximative de la récupération. Que changerait l’entraînement à chacune ?

Solution

Solution de Exercice 49.7.

Repos autour de 7272 ; plateau près de 160160 ; récupération de cinq à six minutes environ sur le graphique. L’entraînement abaisse la valeur de repos, abaisse le plateau pour le même effort, et raccourcit la récupération.

Exercice 49.8 ★★

Explique la lourdeur d’après-déjeuner et le point de côté du sprinteur avec la règle du réacheminement.

Solution

Solution de Exercice 49.8.

Les deux sont des effets de réacheminement. Après le déjeuner, le tube digestif retient une grande part du sang, si bien que le reste du corps tourne au ralenti ; sprinter oblige alors les deux étages à se disputer les livraisons — d’où le point de côté et la vieille règle contre la course le ventre plein.

Exercice 49.9 ★★

Pourquoi la peau rouge de l’effort est-elle un changement de livraison, et non une panne ? Quel problème résout-elle, et pour qui ?

Solution

Solution de Exercice 49.9.

Les vaisseaux élargis de la peau sont l’expédition de la chaleur de la chaufferie vers la surface radiateur du corps : une livraison de chaleur vers l’extérieur, qui résout le problème de surchauffe des muscles au travail. La rougeur est le refroidissement qui fonctionne, pas qui échoue.

Exercice 49.10 ★★

Énumère trois reconstructions par lesquelles l’entraînement relève le plafond, et le signe quotidien de chacune.

Solution

Solution de Exercice 49.10.

Le cœur déplace plus de sang à chaque battement — signe quotidien : un pouls de repos plus bas. Les muscles grossissent et stockent plus de carburant — la même côte paraît plus facile. Les fins vaisseaux du réseau se multiplient et la ventilation gagne en ampleur — la parole reste possible à l’effort, et la récupération raccourcit.

Exercice 49.11 ★★

Deux élèves appliquent Méthode 49.9 : pouls de repos 6868 et 8686 ; récupérations de trois et huit minutes. Quelle machine est l’entraînée, et que certifie exactement chacun des deux nombres ?

Solution

Solution de Exercice 49.11.

La machine à 6868 de repos et trois minutes est l’entraînée. Le pouls de repos certifie un cœur qui déplace davantage à chaque battement ; le temps de récupération certifie des lignes d’approvisionnement qui soldent vite les dettes de l’effort. Ensemble, ce sont les deux bouts de la reconstruction de Proposition 49.7.

Exercice 49.12 ★★★

Relie trois chapitres en un paragraphe : la facture du muscle (Proposition 49.1), le but de la respiration (Proposition 46.5) et le service de livraison du sang (Proposition 27.1) — comme un seul récit d’un unique sprint.

Solution

Solution de Exercice 49.12.

Dans un sprint, les cellules des muscles des jambes brûlent du glucose avec du dioxygène pour alimenter la contraction — le but de la respiration — et leur facture (plus de carburant et de dioxygène en entrée ; plus de dioxyde de carbone et de chaleur en sortie) doit être payée sur-le-champ. Le sang est le service payeur : chargé aux poumons et à l’intestin, poussé plus vite par le cœur emballé, réacheminé vers les jambes, il livre le carburant et le dioxygène et emporte le dioxyde de carbone — un sprint, trois chapitres, un seul et même compte.

49.5 Problème : l’étude de condition physique de l’école

Problème 49.1

Problème du week-end — un trimestre de données de pouls, lues en physiologiste

La classe applique Méthode 49.9 chaque lundi pendant un trimestre : pouls de repos, pouls après trois minutes de montées sur une marche, et temps de récupération. Deux relevés anonymisés : élève A — semaine 1 : repos 8484, effort 168168, récupération 99 minutes ; semaine 12 : repos 7272, effort 150150, récupération 55 minutes. Élève B — semaine 1 : repos 7070, effort 150150, récupération 44 minutes ; semaine 12 : repos 6969, effort 148148, récupération 44 minutes.

Partie I — À l’intérieur d’une séance.

  1. Pendant les montées, énumère ce qui arrive au prélèvement de dioxygène et de glucose d’un muscle de cuisse, et à ses rejets de dioxyde de carbone et de chaleur.
  2. Explique pourquoi la ventilation et le pouls montent ensemble pendant les minutes d’effort.
  3. Un élève se sent chaud et rouge à la troisième minute. Donne le récit de la chaufferie et du refroidissement.
  4. Pourquoi le pouls ne retombe-t-il pas au repos dès l’arrêt des montées ?

Partie II — Lire le trimestre.

  1. Décris les changements de A au fil du trimestre, et nomme les reconstructions de Proposition 49.7 derrière chaque nombre.
  2. Les nombres de B n’ont presque pas bougé. Donne les deux lectures honnêtes — et dis quel fait supplémentaire sur la vie de B hors de la classe trancherait entre elles.
  3. Semaine 5, un élève se mesure juste après un déjeuner avalé en vitesse et obtient des nombres bizarres. Quelle règle de Proposition 49.4 a interféré, et que devrait dire le protocole sur les horaires de mesure ?
  4. Pourquoi chaque élève doit-il toujours mesurer de la même façon — même effort, mêmes moments ? (Une vieille connaissance parmi les méthodes ; nomme-la.)

Partie III — La lettre du physiologiste.

  1. Rédige en deux phrases le résumé du trimestre de A pour le panneau d’affichage de la classe, en employant plafond et récupération.
  2. Un parent demande si un pouls de repos bas est inquiétant. Réponds avec le cycliste de Exercice 27.11.
  3. La classe veut un seul nombre à suivre le trimestre prochain. Plaide pour le temps de récupération plutôt que pour le pouls d’effort, en te servant de Définition 49.6.
  4. Termine par la morale de l’étude en une phrase : qu’est-ce qui a rebâti la machine de A ?
Solution

Solution de Problème 49.1.

1. Son prélèvement de dioxygène et de glucose dans le sang qui passe se multiplie ; son rejet de dioxyde de carbone et sa production de chaleur montent d’autant — la facture du travail intense.

2. Parce que ce sont deux étapes d’une même ligne d’approvisionnement : la ventilation recharge le sang aux poumons, le cœur porte ce sang rechargé jusqu’aux muscles. La demande augmentée à un bout accélère le rythme des deux.

3. Les muscles au travail sont des chaufferies ; leur chaleur doit sortir. Le sang la porte jusqu’à la peau, dont les vaisseaux élargis rougissent et rayonnent — la chaufferie à l’intérieur, le radiateur à la surface.

4. Parce que des dettes restent : des réserves de dioxygène à recharger, des déchets à évacuer, de la chaleur à évacuer. Le pouls ne baisse qu’à mesure que les comptes se soldent — cette baisse, c’est la récupération.

5. Repos 847284 \to 72 : un cœur rebâti pour déplacer davantage à chaque battement. Effort 168150168 \to 150 : les mêmes montées coûtent maintenant moins — des muscles plus forts, un réseau de fins vaisseaux plus riche. Récupération 959 \to 5 minutes : toute la chaîne solde ses dettes plus vite. C’est l’exercice du trimestre qui a fait la reconstruction.

6. Ou bien B a commencé le trimestre déjà entraîné — des nombres proches de leur plancher d’entraîné bougent peu — ou bien B a sauté l’exercice du trimestre et n’a fait que conserver une machine non entraînée mais stable. Le fait qui tranche : l’activité de B hors de la classe (du sport ailleurs confirmerait la première lecture ; aucun sport, la seconde — et les bons nombres de B en semaine 1 penchent déjà de ce côté).

7. La règle du réacheminement : après un repas, le tube digestif accapare le sang, si bien que le pouls de repos est élevé et la tolérance à l’effort basse. Protocole : mesurer avant le déjeuner, ou deux bonnes heures après — toujours au même moment.

8. L’expérience honnête : seules des mesures prises de la même façon se comparent, d’une semaine à l’autre et d’un élève à l’autre.

9. « Douze semaines ont relevé le plafond de A : le même effort coûte maintenant 150150 battements au lieu de 168168, à partir d’un pouls de repos inférieur de huit battements. Et la machine de A solde ses dettes en cinq minutes là où septembre en demandait neuf — la récupération est le plus net de tous les gains. »

10. D’ordinaire, c’est le contraire d’inquiétant : un cœur entraîné déplace plus de sang à chaque battement et tourne donc bas au repos — les 5050 tranquilles du cycliste faisant le travail des 7575 d’un non-entraîné. (Toute inquiétude relève d’un médecin, mais bas et en forme est l’histoire la plus courante.)

11. Le temps de récupération mesure toute la chaîne — cœur, poumons, vaisseaux, muscles — en train de solder des dettes réelles, et il s’améliore régulièrement et visiblement avec l’entraînement ; le pouls d’effort dépend davantage de l’effort exact du jour et de l’humeur. Comme nombre unique à suivre, la récupération est le résumé le plus honnête.

12. Son propre usage : l’effort, répété doucement et régulièrement, est ce qui a rebâti la machine qui l’accomplit.

Termes définis dans ce chapitre

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