Chemistry · Livre 3 · Bachelor Year 2

Chimie universitaire — 2e année

Chimie universitaire — 2e année · Bachelor Year 2

9Thermodynamique des piles électrochimiques

Un bus à pile à hydrogène transporte un empilement de quelques centaines de cellules minces. Dans chacune, le dihydrogène et le dioxygène de l’air se combinent en eau sans flamme, et l’énergie en sort sous forme de courant électrique. Deux nombres gouvernent un tel empilement, et tous deux sortent directement des tables d’enthalpies libres : aucune cellule ne peut donner plus de 1.23 V1.23\,\mathrm{V}, et aucune pile à combustible, si parfaite soit-elle, ne transforme toute l’énergie de son dihydrogène en travail électrique. Ce chapitre relie la tension d’une pile à l’enthalpie libre de sa réaction, établit la relation de Nernst utilisée depuis le volume de première année, et tire d’un voltmètre et d’un thermomètre les entropies et les enthalpies de réaction.

Rappel

Le volume de première année : piles, demi-piles, anode et cathode, pont salin, tension de la pile, potentiel d’électrode, potentiel standard et électrode standard à hydrogène, relation de Nernst (admise alors), constantes d’équilibre à partir des potentiels. Chapitre 2 : ΔrG\Delta_r G, ΔrG∘\Delta_r G^\circ et ΔrG=ΔrG∘+RTln⁡Q\Delta_r G = \Delta_r G^\circ + RT\ln Q ; le critère d’évolution. Chapitre 3 : les activités. Le volume scolaire : l’électrolyse.

Un bus à pile à hydrogène à un arrêt : les réservoirs de dihydrogène sont sous le carénage du toit, et le seul rejet est de l’eau, qui goutte sous le bus.
Un bus à pile à hydrogène à un arrêt : les réservoirs de dihydrogène sont sous le carénage du toit, et le seul rejet est de l’eau, qui goutte sous le bus.

9.1 Travail électrique et constante de Faraday

Définition 9.1 (Constante de Faraday)

La constante de Faraday est la charge électrique d’une mole de charges élémentaires, F=NAe=96 485.33 C/molF = N_A e = 96\,485.33\,\mathrm{C}/\mathrm{mol}.

Proposition 9.2 (Charge débitée)

Si la réaction d’une pile, écrite avec nn électrons échangés, avance de Δξ\Delta\xi, la charge qui traverse le circuit extérieur est Q=nF ΔξQ = nF\,\Delta\xi.

Démonstration. Un avancement Δξ\Delta\xi transfère n Δξn\,\Delta\xi moles d’électrons de l’anode vers la cathode par le fil, chacun de charge ee en valeur absolue : Q=n Δξ NAeQ = n\,\Delta\xi\,N_A e. ∎

Lorsqu’une charge QQ est mise en mouvement dans un circuit par une tension UU, le travail reçu par le circuit est QUQU. Du point de vue de la pile, qui fournit ce travail, le travail électrique qu’elle reçoit est δWeˊl=−U δQ=−nFU dξ\delta W_{\text{él}} = -U\,\delta Q = -nFU\, d\xi.

Une pile vue comme un système thermodynamique à température et pression constantes : elle échange de la chaleur avec le milieu extérieur et fournit un travail électrique par le circuit extérieur. Avec la convention de signe du premier principe (travail et chaleur reçus comptés positivement), W_ él = -nFU\,d.
Une pile vue comme un système thermodynamique à température et pression constantes : elle échange de la chaleur avec le milieu extérieur et fournit un travail électrique par le circuit extérieur. Avec la convention de signe du premier principe (travail et chaleur reçus comptés positivement), δWeˊl=−nFU dξ\delta W_{\text{él}} = -nFU\,d\xi.

9.2 L’enthalpie libre d’une réaction de pile

Théorème 9.3 (Travail électrique et enthalpie libre)

Une pile fonctionnant à TT et pp constantes fournit un travail électrique au plus égal à la diminution de son enthalpie libre : pour un avancement dξd\xi, nFU dξ≤−ΔrG dξnFU\,d\xi \leq -\Delta_r G\,d\xi. Lorsqu’elle fonctionne de façon réversible (courant infinitésimal), l’égalité est vérifiée, et la tension de la pile est la force électromotrice

ΔrG=−nFE.\Delta_r G = -nFE .

Démonstration. Premier principe à pression constante, le travail des forces de pression étant mis à part : dH=δQ+δWeˊldH = \delta Q + \delta W_{\text{él}}. Second principe : dS≥δQ/TdS \geq \delta Q/T. À TT et pp constantes, dG=dH−T dS≤δWeˊl=−nFU dξdG = dH - T\,dS \leq \delta W_{\text{él}} = -nFU\,d\xi. Avec dG=ΔrG dξdG = \Delta_r G\,d\xi, ΔrG dξ≤−nFU dξ\Delta_r G\,d\xi \leq -nFU\,d\xi, c’est-à-dire nFU dξ≤−ΔrG dξnFU\,d\xi \leq -\Delta_r G\,d\xi. Pour une transformation réversible, l’inégalité du second principe devient une égalité, et la tension alors mesurée, à courant nul, est EE : ΔrG=−nFE\Delta_r G = -nFE. ∎

Une pile ne peut donc fonctionner dans le sens direct (dξ>0d\xi > 0, en fournissant du travail) que si ΔrG<0\Delta_r G < 0, c’est-à-dire E>0E > 0, les pôles étant choisis de sorte que la réaction écrite se déroule de l’anode vers la cathode. Une pile réelle, traversée par un courant, fournit moins de travail que −ΔrG-\Delta_r G : la différence est dissipée en chaleur dans sa résistance et à ses électrodes (Chapitre 10).

Exemple 9.4 (La pile Daniell)

Pour Zn+CuX2+→ZnX2++Cu\ce{Zn + Cu^2+ -> Zn^2+ + Cu}, ΔrG∘=ΔfG∘(ZnX2+)−ΔfG∘(CuX2+)=−147.06−65.49=−212.55 kJ/mol\Delta_r G^\circ = \Delta_f G^\circ(\ce{Zn^2+}) - \Delta_f G^\circ(\ce{Cu^2+}) = -147.06 - 65.49 = -212.55\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, et n=2n = 2 : E∘=212 550/(2×96 485)=1.10 VE^\circ = 212\,550/(2 \times 96\,485) = 1.10\,\mathrm{V}, la tension mesurée sur une pile Daniell dans les conditions standard.

9.3 La relation de Nernst et les potentiels standard

Le volume de première année avait admis la relation de Nernst ; elle découle maintenant de ΔrG=ΔrG∘+RTln⁡Q\Delta_r G = \Delta_r G^\circ + RT\ln Q.

Théorème 9.5 (La relation de Nernst, démontrée)

Pour une demi-équation α Ox+n e−⇌β Red\alpha\,\mathrm{Ox} + n\,\mathrm e^- \rightleftharpoons \beta\,\mathrm{Red}, le potentiel de l’électrode à la température TT vaut

E=E∘+RTnFln⁡aOxαaRedβ,E = E^\circ + \frac{RT}{nF}\ln\frac{a_{\mathrm{Ox}}^{\alpha}}{a_{\mathrm{Red}}^{\beta}} ,

où les activités comprennent celles de toutes les autres espèces de la demi-équation (HX+\ce{H+}, l’eau exceptée), affectées de leurs puissances stœchiométriques.

Démonstration. Le potentiel d’une électrode est la tension de la pile formée de l’électrode standard à hydrogène (anode) et de cette électrode (cathode). Sa réaction est

α Ox+n2 HX2⟶β Red+n HX+,\alpha\,\mathrm{Ox} + \tfrac n2\,\ce{H2} \longrightarrow \beta\,\mathrm{Red} + n\,\ce{H+} ,

dont le quotient de réaction, avec aHX+=1a_{\ce{H+}} = 1 et pHX2=p∘p_{\ce{H2}} = p^\circ à l’électrode standard à hydrogène, se réduit à aRedβ/aOxαa_{\mathrm{Red}}^\beta/ a_{\mathrm{Ox}}^\alpha. D’après le Théorème 9.3, E=−ΔrG/(nF)=−ΔrG∘/(nF)−(RT/nF)ln⁡QE = -\Delta_r G/(nF) = -\Delta_r G^\circ/(nF) - (RT/nF)\ln Q ; avec E∘=−ΔrG∘/(nF)E^\circ = -\Delta_r G^\circ/(nF), c’est la formule. À 298.15 K298.15\,\mathrm{K}, RTln⁡10/F=0.0592 VRT\ln 10/F = 0.0592\,\mathrm{V}. ∎

Proposition 9.6 (Potentiels standard et enthalpies libres)

Avec les conventions ΔfG∘(HX+,aq)=0\Delta_f G^\circ(\ce{H+}, \text{aq}) = 0 et ΔfG∘(HX2,g)=0\Delta_f G^\circ(\ce{H2}, \text{g}) = 0, le potentiel standard d’un couple est E∘=−ΔrG∘/(nF)E^\circ = -\Delta_r G^\circ/(nF), où ΔrG∘\Delta_r G^\circ est l’enthalpie libre standard de la demi-équation écrite dans le sens de la réduction, les électrons étant comptés avec une enthalpie libre nulle.

Démonstration. Dans la réaction contre l’électrode à hydrogène, n2 HX2\tfrac n2\,\ce{H2} et n HX+n\,\ce{H+} n’apportent rien à ΔrG∘\Delta_r G^\circ avec ces conventions : l’enthalpie libre standard de la réaction de pile est celle de la seule demi-équation. ∎

Méthode 9.7 (Un potentiel standard à partir des tables)

  1. Écrire la demi-équation dans le sens de la réduction, équilibrée avec HX+\ce{H+} et HX2O\ce{H2O}, avec nn électrons.
  2. Calculer ΔrG∘=∑νiΔfGi∘\Delta_r G^\circ = \sum\nu_i\Delta_f G^\circ_i (produits comptés positivement), avec zéro pour les éléments, HX+\ce{H+} et les électrons.
  3. E∘=−ΔrG∘/(nF)E^\circ = -\Delta_r G^\circ/(nF), en volts avec ΔrG∘\Delta_r G^\circ en joules par mole.

Exemple 9.8 (L’électrode au chlorure d’argent)

AgCl(s)+eX−→Ag(s)+ClX−\ce{AgCl(s) + e- -> Ag(s) + Cl^-} : ΔrG∘=−131.228−(−109.789)=−21.439 kJ/mol\Delta_r G^\circ = -131.228 - (-109.789) = -21.439\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, E∘=21 439/96 485=0.222 VE^\circ = 21\,439/96\,485 = 0.222\,\mathrm{V}. Son potentiel ne dépend que de l’activité des ions chlorure : dans une solution saturée de chlorure de potassium, c’est une électrode de référence stable.

Proposition 9.9 (Combiner des potentiels)

Si une demi-équation (3), à n3n_3 électrons, est la somme des demi-équations (1) et (2), à n1n_1 et n2n_2 électrons, alors

n3E3∘=n1E1∘+n2E2∘;n_3E_3^\circ = n_1E_1^\circ + n_2E_2^\circ ;

les potentiels eux-mêmes ne s’additionnent pas.

Démonstration. Les enthalpies libres standard s’additionnent, ΔrG3∘=ΔrG1∘+ΔrG2∘\Delta_r G_3^\circ = \Delta_r G_1^\circ + \Delta_r G_2^\circ, et les nombres d’électrons aussi, n3=n1+n2n_3 = n_1 + n_2. Il reste à diviser chaque ΔrG∘\Delta_r G^\circ par −F-F. ∎

Exemple 9.10 (Le fer à ses deux nombres d’oxydation)

FeX3++eX−→FeX2+\ce{Fe^3+ + e- -> Fe^2+} a pour E∘=(−78.90+4.7)/(−96.485)=0.77 VE^\circ = (-78.90 + 4.7)/(-96.485) = 0.77\,\mathrm{V} et FeX2++2 eX−→Fe\ce{Fe^2+ + 2e- -> Fe} a pour E∘=−78.90/(2×96.485)=−0.41 VE^\circ = -78.90/(2 \times 96.485) = -0.41\,\mathrm{V}. D’où, pour FeX3++3 eX−→Fe\ce{Fe^3+ + 3e- -> Fe} : E∘=(0.77−0.82)/3=−0.02 VE^\circ = (0.77 - 0.82)/3 = -0.02\,\mathrm{V}, et non la somme des deux.

9.4 Température, entropie et rendement d’une pile à combustible

Définition 9.11 (Coefficient de température)

Le coefficient de température d’une pile est la dérivée (∂E/∂T)p(\partial E/\partial T)_p de sa force électromotrice par rapport à la température.

Proposition 9.12 (Entropie et enthalpie à partir des données de la pile)

Pour la réaction de pile standard,

ΔrS∘=nF dE∘dT,ΔrH∘=−nF(E∘−TdE∘dT),\Delta_r S^\circ = nF\,\frac{dE^\circ}{dT}, \qquad \Delta_r H^\circ = -nF\Big(E^\circ - T\frac{dE^\circ}{dT}\Big),

et une pile fonctionnant de façon réversible à la température TT reçoit du milieu extérieur la chaleur TΔrST\Delta_r S par mole de réaction.

Démonstration. ΔrS∘=−dΔrG∘/dT\Delta_r S^\circ = -d\Delta_r G^\circ/dT (d’après dG=−S dT+V dpdG = -S\,dT + V\,dp, dérivée par rapport à ξ\xi) =nF dE∘/dT= nF\,dE^\circ/dT ; puis ΔrH∘=ΔrG∘+TΔrS∘\Delta_r H^\circ = \Delta_r G^\circ + T\Delta_r S^\circ. Pour la transformation réversible, δQ=T dS=TΔrS dξ\delta Q = T\,dS = T\Delta_r S\, d\xi. ∎

Méthode 9.13 (Des données de la pile à la thermodynamique de la réaction)

  1. Mesurer EE à plusieurs températures ; la pente est dE/dTdE/dT.
  2. ΔrG=−nFE\Delta_r G = -nFE, ΔrS=nF dE/dT\Delta_r S = nF\,dE/dT, ΔrH=ΔrG+TΔrS\Delta_r H = \Delta_r G + T\Delta_r S.
  3. Chaleur échangée par mole lorsque la pile fonctionne de façon réversible : TΔrST\Delta_r S ; lorsqu’elle débite un courant sous une tension U<EU < E, la chaleur libérée vaut −ΔrH−nFU-\Delta_r H - nFU par mole.

Pour la pile dihydrogène–dioxygène produisant de l’eau liquide, les valeurs clés du CODATA donnent ΔrH∘=−285.83 kJ/mol\Delta_r H^\circ = -285.83\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} et

ΔrS∘=69.95−130.68−12×205.15=−163.3 J/(K mol),\Delta_r S^\circ = 69.95 - 130.68 - \tfrac12 \times 205.15 = -163.3\,\mathrm{J}/(\mathrm{K}\,\mathrm{mol}) ,

donc ΔrG∘=−237.14 kJ/mol\Delta_r G^\circ = -237.14\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} et E∘=1.229 VE^\circ = 1.229\,\mathrm{V} ; le coefficient de température vaut ΔrS∘/(2F)=−0.85 mV/K\Delta_r S^\circ/(2F) = -0.85\,\mathrm{mV}/\mathrm{K}. Une pile à hydrogène donne une tension plus faible à chaud qu’à froid.

La pile dihydrogène–dioxygène d’après les tables JANAF. À gauche : tension standard - _r G /(2F) avec l’eau liquide (jusqu’à 500\, K, le liquide étant maintenu dans son état standard) et avec la vapeur d’eau. À droite : rendement maximal _r G / _r H de la pile produisant de la vapeur, comparé au rendement de Carnot d’un moteur thermique fonctionnant entre T et 298\, K ; le moteur ne l’emporte qu’au-dessus d’environ 1150\, K. La pile dihydrogène–dioxygène d’après les tables JANAF. À gauche : tension standard - _r G /(2F) avec l’eau liquide (jusqu’à 500\, K, le liquide étant maintenu dans son état standard) et avec la vapeur d’eau. À droite : rendement maximal _r G / _r H de la pile produisant de la vapeur, comparé au rendement de Carnot d’un moteur thermique fonctionnant entre T et 298\, K ; le moteur ne l’emporte qu’au-dessus d’environ 1150\, K.
La pile dihydrogène–dioxygène d’après les tables JANAF. À gauche : tension standard −ΔrG∘/(2F)-\Delta_r G^\circ/(2F) avec l’eau liquide (jusqu’à 500 K500\,\mathrm{K}, le liquide étant maintenu dans son état standard) et avec la vapeur d’eau. À droite : rendement maximal ΔrG∘/ΔrH∘\Delta_r G^\circ/\Delta_r H^\circ de la pile produisant de la vapeur, comparé au rendement de Carnot d’un moteur thermique fonctionnant entre TT et 298 K298\,\mathrm{K} ; le moteur ne l’emporte qu’au-dessus d’environ 1150 K1150\,\mathrm{K}.

Définition 9.14 (Rendement thermodynamique d’une pile à combustible)

Le rendement thermodynamique d’une pile à combustible est le rapport du travail électrique qu’elle fournit à la chaleur que son combustible libérerait par combustion à la même température, −ΔrH-\Delta_r H par mole.

Proposition 9.15 (Rendement maximal d’une pile à combustible)

Le rendement thermodynamique d’une pile à combustible vaut au plus ΔrG/ΔrH\Delta_r G/\Delta_r H, atteint lorsqu’elle fonctionne de façon réversible, et vaut (nFU)/(−ΔrH)(nFU)/(-\Delta_r H) sous une tension de fonctionnement UU. Contrairement à celui d’un moteur thermique, il n’est pas limité par le rendement de Carnot 1−T0/T1 - T_0/T.

Démonstration. D’après le Théorème 9.3, le travail par mole vaut nFU≤−ΔrGnFU \leq -\Delta_r G ; diviser par −ΔrH-\Delta_r H. La pile convertit directement l’énergie chimique en travail à une seule température : aucune chaleur n’est prise à une source chaude et cédée en partie à une source froide, si bien que la borne de Carnot, qui concerne de tels cycles, ne s’applique pas. Sa propre borne est fixée par TΔrST\Delta_r S, la chaleur que la pile réversible doit échanger. ∎

Ce que devient l’énergie d’une mole de dihydrogène dans une pile à combustible à 298\, K (eau liquide). En haut : la chaleur que libérerait une flamme. Au milieu : la pile réversible, qui doit céder -T _r S = 48.7\, kJ sous forme de chaleur quelle que soit sa conception. En bas : une pile réelle fonctionnant sous 0.70\, V.
Ce que devient l’énergie d’une mole de dihydrogène dans une pile à combustible à 298 K298\,\mathrm{K} (eau liquide). En haut : la chaleur que libérerait une flamme. Au milieu : la pile réversible, qui doit céder −TΔrS∘=48.7 kJ-T\Delta_r S^\circ = 48.7\,\mathrm{kJ} sous forme de chaleur quelle que soit sa conception. En bas : une pile réelle fonctionnant sous 0.70 V0.70\,\mathrm{V}.

Histoire des sciences — Les lois de Faraday de l’électrolyse

En 1834, Michael Faraday, mesurant les produits d’électrolyses avec un voltamètre de sa conception, énonça que la masse d’une substance produite à une électrode est proportionnelle à la quantité d’électricité qui a traversé le circuit, et que, pour une quantité d’électricité donnée, les masses de substances différentes sont dans le rapport de leurs équivalents chimiques. Il forgea les mots électrode, anode, cathode, ion, anion et cation. La constante qui porte son nom transforme ces lois en Q=nF ΔξQ = nF\,\Delta\xi. (Portrait par Thomas Phillips, 1842, domaine public, Wikimedia Commons.)

9.5 Piles de concentration

Définition 9.16 (Pile de concentration)

Une pile de concentration est formée de deux demi-piles du même couple qui ne diffèrent que par la concentration (ou la pression) d’une espèce.

Proposition 9.17 (Tension d’une pile de concentration)

Deux électrodes d’un métal M plongeant dans des solutions de MXn+\ce{M^{n+}} aux concentrations c1<c2c_1 < c_2, reliées par un pont salin, donnent une tension

U=RTnFln⁡c2c1,U = \frac{RT}{nF}\ln\frac{c_2}{c_1} ,

le pôle positif étant du côté le plus concentré. La pile fonctionne jusqu’à ce que les deux concentrations soient égales.

Démonstration. D’après la relation de Nernst, chaque électrode a pour potentiel Ei=E∘+(RT/nF)ln⁡ciE_i = E^\circ + (RT/nF)\ln c_i (solutions diluées idéales) ; E∘E^\circ disparaît dans la différence. La réaction est MXn+\ce{M^{n+}}(côté 2) →\to MXn+\ce{M^{n+}}(côté 1) : du métal se dépose du côté concentré (cathode) et se dissout du côté dilué (anode), ce qui égalise les concentrations ; ΔrG=RTln⁡(c1/c2)<0\Delta_r G = RT\ln(c_1/c_2) < 0 jusqu’à ce qu’elles soient égales. ∎

Une pile de concentration à l’argent à 25 C. Le côté dilué est l’anode : l’argent s’y dissout et se dépose du côté concentré, jusqu’à l’égalité des deux concentrations. U = 0.0592 (0.10/0.010) = 59\, mV.
Une pile de concentration à l’argent à 25∘C25{}^{\circ}\mathrm{C}. Le côté dilué est l’anode : l’argent s’y dissout et se dépose du côté concentré, jusqu’à l’égalité des deux concentrations. U=0.0592log⁡(0.10/0.010)=59 mVU = 0.0592\log(0.10/0.010) = 59\,\mathrm{mV}.

Le même principe permet de mesurer des concentrations. Une électrode de verre, dont la fine membrane sépare une solution de référence de l’échantillon, développe un potentiel de membrane de (RT/F)ln⁡10=59 mV(RT/F)\ln 10 = 59\,\mathrm{mV} par unité d’écart de pH à 25∘C25{}^{\circ}\mathrm{C} : le pH-mètre du volume de première année est une pile de concentration pour HX+\ce{H+}. De part et d’autre de la membrane d’une cellule vivante, les concentrations inégales de KX+\ce{K+} créent de la même façon un potentiel de plusieurs dizaines de millivolts.

9.6 Exercices

Exercice 9.1 ★

À partir de ΔfG∘(HX2O,l)=−237.14 kJ/mol\Delta_f G^\circ(\ce{H2O}, \text{l}) = -237.14\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, calculer la tension standard de la pile dihydrogène–dioxygène.

Solution

Solution de Exercice 9.1.

HX2+12 OX2→HX2O(l)\ce{H2 + 1/2O2 -> H2O(l)}, n=2n = 2 : E∘=237 140/(2×96 485)=1.229 VE^\circ = 237\,140/(2 \times 96\,485) = 1.229\,\mathrm{V}.

Exercice 9.2 ★

Une pile porte l’indication 1.0 A h1.0\,\mathrm{A}\,\mathrm{h}. Calculer la charge qu’elle contient, en coulombs, et la masse de zinc consommée à son anode (Zn→ZnX2++2 eX−\ce{Zn -> Zn^2+ + 2e-}) lorsqu’elle est entièrement déchargée.

Solution

Solution de Exercice 9.2.

Q=1.0×3600=3.6×103 CQ = 1.0 \times 3600 = 3.6 \times 10^{3}\,\mathrm{C} ; n(Zn)=3600/(2×96 485)=1.87×10−2 moln(\ce{Zn}) = 3600/(2 \times 96\,485) = 1.87 \times 10^{-2}\,\mathrm{mol}, soit 1.22 g1.22\,\mathrm{g}.

Exercice 9.3 ★

Une pile Daniell délivre 1.10 V1.10\,\mathrm{V} à courant nul. Calculer ΔrG\Delta_r G pour une mole de zinc et le travail électrique maximal pour 10.0 g10.0\,\mathrm{g} de zinc.

Solution

Solution de Exercice 9.3.

ΔrG=−2×96 485×1.10=−212 kJ/mol\Delta_r G = -2 \times 96\,485 \times 1.10 = -212\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}. Pour 10.0 g10.0\,\mathrm{g}, 10.0/65.38=0.153 mol10.0/65.38 = 0.153\,\mathrm{mol} : au plus 32.5 kJ32.5\,\mathrm{kJ}.

Exercice 9.4 ★

Deux électrodes de cuivre plongent dans des solutions de sulfate de cuivre(II) à 1.0×10−3 mol/L1.0 \times 10^{-3}\,\mathrm{mol}/\mathrm{L} et à 0.10 mol/L0.10\,\mathrm{mol}/\mathrm{L}. Calculer la tension à 25∘C25{}^{\circ}\mathrm{C} et indiquer les pôles.

Solution

Solution de Exercice 9.4.

U=(0.0592/2)log⁡(0.10/1.0×10−3)=0.059 VU = (0.0592/2)\log(0.10/1.0 \times 10^{-3}) = 0.059\,\mathrm{V} ; le pôle positif (cathode) est l’électrode plongeant dans la solution à 0.10 mol/L0.10\,\mathrm{mol}/\mathrm{L}.

Exercice 9.5 ★★

Une pile (n=2n = 2) a pour E∘=1.015 VE^\circ = 1.015\,\mathrm{V} et dE∘/dT=−4.0×10−4 V/KdE^\circ/dT = -4.0 \times 10^{-4}\,\mathrm{V}/\mathrm{K} à 298 K298\,\mathrm{K} (données de l’exercice). Calculer ΔrG∘\Delta_r G^\circ, ΔrS∘\Delta_r S^\circ et ΔrH∘\Delta_r H^\circ.

Solution

Solution de Exercice 9.5.

ΔrG∘=−2×96 485×1.015=−195.9 kJ/mol\Delta_r G^\circ = -2 \times 96\,485 \times 1.015 = -195.9\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} ; ΔrS∘=2×96 485×(−4.0×10−4)=−77.2 J/(K mol)\Delta_r S^\circ = 2 \times 96\,485 \times (-4.0 \times 10^{-4}) = -77.2\,\mathrm{J}/(\mathrm{K}\,\mathrm{mol}) ; ΔrH∘=−195.9+298×(−0.0772)=−218.9 kJ/mol\Delta_r H^\circ = -195.9 + 298 \times (-0.0772) = -218.9\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}.

Exercice 9.6 ★★

La pile de l’Exercice 9.5 débite une mole de réaction (a) de façon réversible ; (b) sous 0.90 V0.90\,\mathrm{V}. Calculer dans chaque cas le travail électrique et la chaleur échangée avec le milieu extérieur.

Solution

Solution de Exercice 9.6.

(a) Travail fourni 195.9 kJ195.9\,\mathrm{kJ} ; chaleur TΔrS=−23.0 kJT\Delta_r S = -23.0\,\mathrm{kJ} : 23.0 kJ23.0\,\mathrm{kJ} cédés. (b) Travail 2×96 485×0.90=173.7 kJ2 \times 96\,485 \times 0.90 = 173.7\,\mathrm{kJ} ; chaleur cédée −ΔrH−173.7=218.9−173.7=45.2 kJ-\Delta_r H - 173.7 = 218.9 - 173.7 = 45.2\,\mathrm{kJ}. Les 22.2 kJ22.2\,\mathrm{kJ} supplémentaires sont le travail perdu à cause du courant.

Exercice 9.7 ★★

Calculer E∘(FeX3+/Fe)E^\circ(\ce{Fe^3+}/\ce{Fe}) à partir des enthalpies libres de formation (FeX2+\ce{Fe^2+} −78.90 kJ/mol-78.90\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, FeX3+\ce{Fe^3+} −4.7 kJ/mol-4.7\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}) et vérifier qu’il est égal à (E1∘+2E2∘)/3(E_1^\circ + 2E_2^\circ)/3.

Solution

Solution de Exercice 9.7.

FeX3++3 eX−→Fe\ce{Fe^3+ + 3e- -> Fe} : ΔrG∘=+4.7 kJ/mol\Delta_r G^\circ = +4.7\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, E∘=−4700/(3×96 485)=−0.016 VE^\circ = -4700/(3 \times 96\,485) = -0.016\,\mathrm{V}. Avec E1∘=0.769E_1^\circ = 0.769 et E2∘=−0.409 VE_2^\circ = -0.409\,\mathrm{V} : (0.769−0.818)/3=−0.016 V(0.769 - 0.818)/3 = -0.016\,\mathrm{V}.

Exercice 9.8 ★★

Calculer le potentiel standard du couple AgCl\ce{AgCl}/Ag\ce{Ag}, puis le potentiel d’une électrode au chlorure d’argent plongeant dans une solution de chlorure de potassium à 0.10 mol/L0.10\,\mathrm{mol}/\mathrm{L}.

Solution

Solution de Exercice 9.8.

E∘=0.222 VE^\circ = 0.222\,\mathrm{V} (comme dans le chapitre). E=0.222−0.0592log⁡0.10=0.281 VE = 0.222 - 0.0592\log 0.10 = 0.281\,\mathrm{V}.

Exercice 9.9 ★★

Les piles zinc–air utilisent 2 Zn+OX2→2 ZnO\ce{2Zn + O2 -> 2ZnO} (ΔfG∘(ZnO)=−318.30 kJ/mol\Delta_f G^\circ(\ce{ZnO}) = -318.30\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}). Calculer la tension standard et l’énergie électrique maximale, en kW h\mathrm{kW}\,\mathrm{h}, par kilogramme de zinc.

Solution

Solution de Exercice 9.9.

ΔrG∘=2(−318.30)=−636.6 kJ\Delta_r G^\circ = 2(-318.30) = -636.6\,\mathrm{kJ} pour n=4n = 4 : E∘=636 600/(4×96 485)=1.65 VE^\circ = 636\,600/(4 \times 96\,485) = 1.65\,\mathrm{V}. Par kilogramme de zinc, 1000/65.38=15.3 mol1000/65.38 = 15.3\,\mathrm{mol}, 15.3×318.3=4.87 MJ15.3 \times 318.3 = 4.87\,\mathrm{MJ}, soit 1.35 kW h1.35\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h}.

Exercice 9.10 ★★★

Une pile à combustible à méthanol direct utilise CHX3OH(l)+32 OX2→COX2+2 HX2O(l)\ce{CH3OH(l) + 3/2O2 -> CO2 + 2H2O(l)}. À partir de ΔfH∘\Delta_f H^\circ (kJ/mol\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}) : CHX3OH(l)\ce{CH3OH(l)} −239-239, COX2\ce{CO2} −393.51-393.51, HX2O(l)\ce{H2O(l)} −285.83-285.83 ; et de S∘S^\circ (J/(K mol)\mathrm{J}/(\mathrm{K}\,\mathrm{mol})) : CHX3OH(l)\ce{CH3OH(l)} 127.2, COX2\ce{CO2} 213.8, HX2O(l)\ce{H2O(l)} 69.95, OX2\ce{O2} 205.15, calculer nn, E∘E^\circ et le rendement maximal.

Solution

Solution de Exercice 9.10.

Le carbone passe de −2-2 à +4+4 : n=6n = 6. ΔrH∘=−393.51+2(−285.83)+239=−726.2 kJ/mol\Delta_r H^\circ = -393.51 + 2(-285.83) + 239 = -726.2\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} ; ΔrS∘=213.8+2(69.95)−127.2−1.5×205.15=−81.2 J/(K mol)\Delta_r S^\circ = 213.8 + 2(69.95) - 127.2 - 1.5 \times 205.15 = -81.2\,\mathrm{J}/(\mathrm{K}\,\mathrm{mol}) ; ΔrG∘=−726.2+298.15×0.0812=−702.0 kJ/mol\Delta_r G^\circ = -726.2 + 298.15 \times 0.0812 = -702.0\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}. E∘=702 000/(6×96 485)=1.21 VE^\circ = 702\,000/(6 \times 96\,485) = 1.21\,\mathrm{V} ; rendement maximal 702.0/726.2=0.967702.0/726.2 = 0.967. (Les piles à méthanol réelles fonctionnent bien au-dessous de cette tension.)

Exercice 9.11 ★★★

Une pile (n=2n = 2) a pour E=0.500 VE = 0.500\,\mathrm{V} et dE/dT=+3.0×10−4 V/KdE/dT = +3.0 \times 10^{-4}\,\mathrm{V}/\mathrm{K} à 298 K298\,\mathrm{K} (données de l’exercice). Montrer que, fonctionnant de façon réversible, elle fournit plus de travail électrique que −ΔrH-\Delta_r H, et expliquer d’où vient l’énergie supplémentaire.

Solution

Solution de Exercice 9.11.

ΔrG=−2×96 485×0.500=−96.5 kJ\Delta_r G = -2 \times 96\,485 \times 0.500 = -96.5\,\mathrm{kJ} ; ΔrS=+57.9 J/K\Delta_r S = +57.9\,\mathrm{J}/\mathrm{K} ; ΔrH=−96.5+298×0.0579=−79.2 kJ\Delta_r H = -96.5 + 298 \times 0.0579 = -79.2\,\mathrm{kJ}. Le travail, 96.5 kJ96.5\,\mathrm{kJ}, dépasse −ΔrH=79.2 kJ-\Delta_r H = 79.2\,\mathrm{kJ} : la pile absorbe TΔrS=17.3 kJT\Delta_r S = 17.3\,\mathrm{kJ} de chaleur du milieu extérieur et la transforme elle aussi en travail. Le second principe n’est pas violé, puisque l’entropie de la réaction augmente d’autant.

Exercice 9.12 ★★★

Deux électrodes à hydrogène (1 bar1\,\mathrm{bar} de HX2\ce{H2}) plongent dans une solution de référence de pH 7.00 et dans un échantillon. La tension vaut 0.177 V0.177\,\mathrm{V} à 25∘C25{}^{\circ}\mathrm{C}, la référence étant le pôle positif. Trouver le pH de l’échantillon, et expliquer pourquoi le résultat ne dépend d’aucun potentiel standard.

Solution

Solution de Exercice 9.12.

Chaque électrode à hydrogène a pour potentiel E=−0.0592 pHE = -0.0592\,\mathrm{pH} : U=0.0592 (pHs−7.00)=0.177U = 0.0592\,(\mathrm{pH}_s - 7.00) = 0.177, pHs=10.0\mathrm{pH}_s = 10.0. Les deux électrodes appartiennent au même couple : le potentiel standard disparaît, comme dans toute pile de concentration.

9.7 Problème : le bus à pile à combustible

Problème 9.1

Problème du week-end — la tension standard de la pile dihydrogène–dioxygène à partir des enthalpies libres, son coefficient de température, le rendement et la chaleur d’un empilement réel, et l’énergie d’un réservoir de dihydrogène

Un empilement de pile à combustible compte 400 cellules en série, chacune munie d’une membrane échangeuse de protons (électrolyte acide). Données à 298.15 K298.15\,\mathrm{K} (CODATA, JANAF) : ΔfH∘(HX2O,l)=−285.83 kJ/mol\Delta_f H^\circ(\ce{H2O}, \text{l}) = -285.83\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, ΔfG∘(HX2O,l)=−237.14 kJ/mol\Delta_f G^\circ(\ce{H2O}, \text{l}) = -237.14\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, ΔfG∘(HX2O,g)=−228.58 kJ/mol\Delta_f G^\circ(\ce{H2O}, \text{g}) = -228.58\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} ; S∘S^\circ (J/(K mol)\mathrm{J}/(\mathrm{K}\,\mathrm{mol})) : HX2O(l)\ce{H2O(l)} 69.95, HX2\ce{H2} 130.68, OX2\ce{O2} 205.15. F=96 485 C/molF = 96\,485\,\mathrm{C}/\mathrm{mol} ; M(HX2)=2.016 g/molM(\ce{H2}) = 2.016\,\mathrm{g}/\mathrm{mol}.

Partie I — La tension standard.

  1. Écrire les demi-équations à l’anode et à la cathode, ainsi que la réaction de la pile.
  2. Combien d’électrons sont échangés par molécule de dihydrogène ?
  3. Calculer E∘E^\circ lorsque l’eau est formée à l’état liquide.
  4. Le calculer lorsque l’eau sort sous forme de vapeur.
  5. Expliquer la différence à l’aide de l’enthalpie libre de vaporisation de l’eau.
  6. Calculer ΔrH∘\Delta_r H^\circ et le rendement maximal à 298 K298\,\mathrm{K}.

Partie II — La température.

  1. Calculer ΔrS∘\Delta_r S^\circ pour l’eau liquide.
  2. En déduire dE∘/dTdE^\circ/dT.
  3. Estimer E∘E^\circ à 80∘C80{}^{\circ}\mathrm{C}, la température de fonctionnement de l’empilement.
  4. Comparer le résultat de cette méthode à la valeur JANAF à 400 K400\,\mathrm{K}, ΔfG∘(HX2O,l)=−221.01 kJ/mol\Delta_f G^\circ(\ce{H2O}, \text{l}) = -221.01\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}.
  5. Quelle chaleur la pile réversible échange-t-elle par mole de dihydrogène à 298 K298\,\mathrm{K} ? Est-elle reçue ou cédée ?
  6. Estimer le rendement maximal à 80∘C80{}^{\circ}\mathrm{C}.

Partie III — L’empilement réel sous 0.70 V0.70\,\mathrm{V} par cellule.

  1. Calculer le travail électrique par mole de dihydrogène.
  2. Calculer le rendement rapporté à ΔrH∘\Delta_r H^\circ et à ΔrG∘\Delta_r G^\circ.
  3. Calculer la chaleur libérée par mole de dihydrogène.
  4. Quelle part en est inévitable, et quelle part est due au courant ?
  5. L’empilement débite 300 A300\,\mathrm{A}. Calculer la consommation de dihydrogène d’une cellule, puis de l’empilement, en moles et en grammes par seconde.
  6. Calculer la puissance électrique de l’empilement.
  7. Calculer la puissance thermique que doit évacuer le circuit de refroidissement.

Partie IV — Le réservoir.

  1. Quelle quantité de dihydrogène contiennent 5.0 kg5.0\,\mathrm{kg} ?
  2. Quelle charge traverse les cellules, comptée sur l’ensemble d’entre elles, lorsque ce dihydrogène est oxydé ?
  3. Calculer l’énergie électrique fournie par l’empilement, chaque cellule étant sous 0.70 V0.70\,\mathrm{V}.
  4. La convertir en kilowattheures.
  5. Pendant combien de temps l’empilement peut-il fournir la puissance de la question 18 ?
  6. Donner l’énergie électrique fournie par 5.0 kg5.0\,\mathrm{kg} de dihydrogène sous 0.70 V0.70\,\mathrm{V} par cellule.
Solution

Solution de Problème 9.1.

1. Anode : HX2→2 HX++2 eX−\ce{H2 -> 2H+ + 2e-} ; cathode : 12 OX2+2 HX++2 eX−→HX2O\ce{1/2O2 + 2H+ + 2e- -> H2O} ; pile : HX2+12 OX2→HX2O\ce{H2 + 1/2O2 -> H2O}. 2. Deux. 3. E∘=237 140/(2×96 485)=1.229 VE^\circ = 237\,140/(2 \times 96\,485) = 1.229\,\mathrm{V}. 4. 228 580/192 970=1.185 V228\,580/192\,970 = 1.185\,\mathrm{V}. 5. ΔrG∘\Delta_r G^\circ diffère de ΔvapG∘(HX2O)=−228.58+237.14=8.56 kJ/mol\Delta_{\text{vap}}G^\circ(\ce{H2O}) = -228.58 + 237.14 = 8.56\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} à 298 K298\,\mathrm{K} : la vapeur y est moins stable que le liquide, et la tension est plus basse de 8560/192 970=0.044 V8560/192\,970 = 0.044\,\mathrm{V}. 6. ΔrH∘=−285.83 kJ/mol\Delta_r H^\circ = -285.83\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} ; 237.14/285.83=0.830237.14/285.83 = 0.830. 7. ΔrS∘=69.95−130.68−102.58=−163.3 J/(K mol)\Delta_r S^\circ = 69.95 - 130.68 - 102.58 = -163.3\,\mathrm{J}/(\mathrm{K}\,\mathrm{mol}). 8. dE∘/dT=−163.3/192 970=−8.46×10−4 V/KdE^\circ/dT = -163.3/192\,970 = -8.46 \times 10^{-4}\,\mathrm{V}/\mathrm{K}. 9. 1.229−8.46×10−4×55=1.182 V1.229 - 8.46 \times 10^{-4} \times 55 = 1.182\,\mathrm{V}. 10. La même estimation à 400 K400\,\mathrm{K} donne 1.229−8.46×10−4×101.85=1.143 V1.229 - 8.46 \times 10^{-4} \times 101.85 = 1.143\,\mathrm{V} ; JANAF donne 221 010/192 970=1.145 V221\,010/192\,970 = 1.145\,\mathrm{V} : supposer ΔrS∘\Delta_r S^\circ constante ne coûte que 2 mV2\,\mathrm{mV}. 11. TΔrS∘=298.15×(−163.3)=−48.7 kJT\Delta_r S^\circ = 298.15 \times (-163.3) = -48.7\,\mathrm{kJ} par mole : 48.7 kJ48.7\,\mathrm{kJ} cédés. 12. ΔrG∘(353)≈−237.14+55×0.1633=−228.2 kJ\Delta_r G^\circ(353) \approx -237.14 + 55 \times 0.1633 = -228.2\,\mathrm{kJ} ; avec ΔrH∘\Delta_r H^\circ presque inchangée, 228.2/285.8=0.80228.2/285.8 = 0.80. 13. 2×96 485×0.70=135.1 kJ2 \times 96\,485 \times 0.70 = 135.1\,\mathrm{kJ}. 14. 135.1/285.83=0.47135.1/285.83 = 0.47 ; 135.1/237.14=0.57135.1/237.14 = 0.57. 15. 285.83−135.1=150.7 kJ285.83 - 135.1 = 150.7\,\mathrm{kJ}. 16. 48.7 kJ48.7\,\mathrm{kJ} seraient cédés même par une pile réversible ; les 102.0 kJ102.0\,\mathrm{kJ} restants proviennent des pertes dues au courant (résistance et surtensions aux électrodes). 17. Une cellule : 300/(2×96 485)=1.55×10−3 mol/s300/(2 \times 96\,485) = 1.55 \times 10^{-3}\,\mathrm{mol}/\mathrm{s} ; l’empilement : 400×1.55×10−3=0.622 mol/s400 \times 1.55 \times 10^{-3} = 0.622\,\mathrm{mol}/\mathrm{s}, 1.25 g/s1.25\,\mathrm{g}/\mathrm{s}. 18. 400×0.70×300=84 kW400 \times 0.70 \times 300 = 84\,\mathrm{kW}. 19. 0.622×150.7=93.7 kW0.622 \times 150.7 = 93.7\,\mathrm{kW} : plus de chaleur que d’électricité. 20. 5000/2.016=2.48×103 mol5000/2.016 = 2.48 \times 10^{3}\,\mathrm{mol}. 21. 2×2480×96 485=4.79×108 C2 \times 2480 \times 96\,485 = 4.79 \times 10^{8}\,\mathrm{C}. 22. Chaque coulomb qui traverse une cellule fournit 0.70 J0.70\,\mathrm{J} : 4.79×108×0.70=3.35×108 J4.79 \times 10^8 \times 0.70 = 3.35 \times 10^{8}\,\mathrm{J}. 23. 3.35×108/3.6×106=93 kW h3.35 \times 10^8/3.6 \times 10^6 = 93\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h}. 24. 93/84=1.1 h93/84 = 1.1\,\mathrm{h} à pleine puissance. 25. 5.0 kg5.0\,\mathrm{kg} de dihydrogène sous 0.70 V0.70\,\mathrm{V} par cellule fournissent ≈93 kW h\boldsymbol{\approx 93\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h}} d’énergie électrique.

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