Un bus à pile à hydrogène transporte un empilement de quelques centaines de cellules minces. Dans chacune, le dihydrogène et le dioxygène de l’air se combinent en eau sans flamme, et l’énergie en sort sous forme de courant électrique. Deux nombres gouvernent un tel empilement, et tous deux sortent directement des tables d’enthalpies libres : aucune cellule ne peut donner plus de 1.23V, et aucune pile à combustible, si parfaite soit-elle, ne transforme toute l’énergie de son dihydrogène en travail électrique. Ce chapitre relie la tension d’une pile à l’enthalpie libre de sa réaction, établit la relation de Nernst utilisée depuis le volume de première année, et tire d’un voltmètre et d’un thermomètre les entropies et les enthalpies de réaction.
Rappel
Le volume de première année : piles, demi-piles, anode et cathode, pont salin, tension de la pile, potentiel d’électrode, potentiel standard et électrode standard à hydrogène, relation de Nernst (admise alors), constantes d’équilibre à partir des potentiels. Chapitre 2 : ΔrG, ΔrG∘ et ΔrG=ΔrG∘+RTlnQ ; le critère d’évolution. Chapitre 3 : les activités. Le volume scolaire : l’électrolyse.
Un bus à pile à hydrogène à un arrêt : les réservoirs de dihydrogène sont sous le carénage du toit, et le seul rejet est de l’eau, qui goutte sous le bus.
9.1 Travail électrique et constante de Faraday
Définition 9.1(Constante de Faraday)
La constante de Faraday est la charge électrique d’une mole de charges élémentaires, F=NAe=96485.33C/mol.
Proposition 9.2(Charge débitée)
Si la réaction d’une pile, écrite avec n électrons échangés, avance de Δξ, la charge qui traverse le circuit extérieur est Q=nFΔξ.
Démonstration. Un avancement Δξ transfère nΔξ moles d’électrons de l’anode vers la cathode par le fil, chacun de charge e en valeur absolue : Q=nΔξNAe. ∎
Lorsqu’une charge Q est mise en mouvement dans un circuit par une tension U, le travail reçu par le circuit est QU. Du point de vue de la pile, qui fournit ce travail, le travail électrique qu’elle reçoit est δWeˊl=−UδQ=−nFUdξ.
Une pile vue comme un système thermodynamique à température et pression constantes : elle échange de la chaleur avec le milieu extérieur et fournit un travail électrique par le circuit extérieur. Avec la convention de signe du premier principe (travail et chaleur reçus comptés positivement), δWeˊl=−nFUdξ.
9.2 L’enthalpie libre d’une réaction de pile
Théorème 9.3(Travail électrique et enthalpie libre)
Une pile fonctionnant à T et p constantes fournit un travail électrique au plus égal à la diminution de son enthalpie libre : pour un avancement dξ, nFUdξ≤−ΔrGdξ. Lorsqu’elle fonctionne de façon réversible (courant infinitésimal), l’égalité est vérifiée, et la tension de la pile est la force électromotrice
ΔrG=−nFE.
Démonstration. Premier principe à pression constante, le travail des forces de pression étant mis à part : dH=δQ+δWeˊl. Second principe : dS≥δQ/T. À T et p constantes, dG=dH−TdS≤δWeˊl=−nFUdξ. Avec dG=ΔrGdξ, ΔrGdξ≤−nFUdξ, c’est-à-dire nFUdξ≤−ΔrGdξ. Pour une transformation réversible, l’inégalité du second principe devient une égalité, et la tension alors mesurée, à courant nul, est E : ΔrG=−nFE. ∎
Une pile ne peut donc fonctionner dans le sens direct (dξ>0, en fournissant du travail) que si ΔrG<0, c’est-à-dire E>0, les pôles étant choisis de sorte que la réaction écrite se déroule de l’anode vers la cathode. Une pile réelle, traversée par un courant, fournit moins de travail que −ΔrG : la différence est dissipée en chaleur dans sa résistance et à ses électrodes (Chapitre 10).
Exemple 9.4(La pile Daniell)
Pour Zn+CuX2+ZnX2++Cu, ΔrG∘=ΔfG∘(ZnX2+)−ΔfG∘(CuX2+)=−147.06−65.49=−212.55kJ/mol, et n=2 : E∘=212550/(2×96485)=1.10V, la tension mesurée sur une pile Daniell dans les conditions standard.
9.3 La relation de Nernst et les potentiels standard
Le volume de première année avait admis la relation de Nernst ; elle découle maintenant de ΔrG=ΔrG∘+RTlnQ.
Théorème 9.5(La relation de Nernst, démontrée)
Pour une demi-équation αOx+ne−⇌βRed, le potentiel de l’électrode à la température T vaut
E=E∘+nFRTlnaRedβaOxα,
où les activités comprennent celles de toutes les autres espèces de la demi-équation (HX+, l’eau exceptée), affectées de leurs puissances stœchiométriques.
Démonstration. Le potentiel d’une électrode est la tension de la pile formée de l’électrode standard à hydrogène (anode) et de cette électrode (cathode). Sa réaction est
αOx+2nHX2⟶βRed+nHX+,
dont le quotient de réaction, avec aHX+=1 et pHX2=p∘ à l’électrode standard à hydrogène, se réduit à aRedβ/aOxα. D’après le Théorème 9.3, E=−ΔrG/(nF)=−ΔrG∘/(nF)−(RT/nF)lnQ ; avec E∘=−ΔrG∘/(nF), c’est la formule. À 298.15K, RTln10/F=0.0592V. ∎
Proposition 9.6(Potentiels standard et enthalpies libres)
Avec les conventions ΔfG∘(HX+,aq)=0 et ΔfG∘(HX2,g)=0, le potentiel standard d’un couple est E∘=−ΔrG∘/(nF), où ΔrG∘ est l’enthalpie libre standard de la demi-équation écrite dans le sens de la réduction, les électrons étant comptés avec une enthalpie libre nulle.
Démonstration. Dans la réaction contre l’électrode à hydrogène, 2nHX2 et nHX+ n’apportent rien à ΔrG∘ avec ces conventions : l’enthalpie libre standard de la réaction de pile est celle de la seule demi-équation. ∎
Méthode 9.7(Un potentiel standard à partir des tables)
Écrire la demi-équation dans le sens de la réduction, équilibrée avec HX+ et HX2O, avec n électrons.
Calculer ΔrG∘=∑νiΔfGi∘ (produits comptés positivement), avec zéro pour les éléments, HX+ et les électrons.
E∘=−ΔrG∘/(nF), en volts avec ΔrG∘ en joules par mole.
Exemple 9.8(L’électrode au chlorure d’argent)
AgCl(s)+eX−Ag(s)+ClX− : ΔrG∘=−131.228−(−109.789)=−21.439kJ/mol, E∘=21439/96485=0.222V. Son potentiel ne dépend que de l’activité des ions chlorure : dans une solution saturée de chlorure de potassium, c’est une électrode de référence stable.
Proposition 9.9(Combiner des potentiels)
Si une demi-équation (3), à n3 électrons, est la somme des demi-équations (1) et (2), à n1 et n2 électrons, alors
n3E3∘=n1E1∘+n2E2∘;
les potentiels eux-mêmes ne s’additionnent pas.
Démonstration. Les enthalpies libres standard s’additionnent, ΔrG3∘=ΔrG1∘+ΔrG2∘, et les nombres d’électrons aussi, n3=n1+n2. Il reste à diviser chaque ΔrG∘ par −F. ∎
Exemple 9.10(Le fer à ses deux nombres d’oxydation)
FeX3++eX−FeX2+ a pour E∘=(−78.90+4.7)/(−96.485)=0.77V et FeX2++2eX−Fe a pour E∘=−78.90/(2×96.485)=−0.41V. D’où, pour FeX3++3eX−Fe : E∘=(0.77−0.82)/3=−0.02V, et non la somme des deux.
9.4 Température, entropie et rendement d’une pile à combustible
Définition 9.11(Coefficient de température)
Le coefficient de température d’une pile est la dérivée (∂E/∂T)p de sa force électromotrice par rapport à la température.
Proposition 9.12(Entropie et enthalpie à partir des données de la pile)
Pour la réaction de pile standard,
ΔrS∘=nFdTdE∘,ΔrH∘=−nF(E∘−TdTdE∘),
et une pile fonctionnant de façon réversible à la température T reçoit du milieu extérieur la chaleur TΔrS par mole de réaction.
Démonstration.ΔrS∘=−dΔrG∘/dT (d’après dG=−SdT+Vdp, dérivée par rapport à ξ) =nFdE∘/dT ; puis ΔrH∘=ΔrG∘+TΔrS∘. Pour la transformation réversible, δQ=TdS=TΔrSdξ. ∎
Méthode 9.13(Des données de la pile à la thermodynamique de la réaction)
Mesurer E à plusieurs températures ; la pente est dE/dT.
ΔrG=−nFE, ΔrS=nFdE/dT, ΔrH=ΔrG+TΔrS.
Chaleur échangée par mole lorsque la pile fonctionne de façon réversible : TΔrS ; lorsqu’elle débite un courant sous une tension U<E, la chaleur libérée vaut −ΔrH−nFU par mole.
Pour la pile dihydrogène–dioxygène produisant de l’eau liquide, les valeurs clés du CODATA donnent ΔrH∘=−285.83kJ/mol et
ΔrS∘=69.95−130.68−21×205.15=−163.3J/(Kmol),
donc ΔrG∘=−237.14kJ/mol et E∘=1.229V ; le coefficient de température vaut ΔrS∘/(2F)=−0.85mV/K. Une pile à hydrogène donne une tension plus faible à chaud qu’à froid.
La pile dihydrogène–dioxygène d’après les tables JANAF. À gauche : tension standard −ΔrG∘/(2F) avec l’eau liquide (jusqu’à 500K, le liquide étant maintenu dans son état standard) et avec la vapeur d’eau. À droite : rendement maximal ΔrG∘/ΔrH∘ de la pile produisant de la vapeur, comparé au rendement de Carnot d’un moteur thermique fonctionnant entre T et 298K ; le moteur ne l’emporte qu’au-dessus d’environ 1150K.
Définition 9.14(Rendement thermodynamique d’une pile à combustible)
Le rendement thermodynamique d’une pile à combustible est le rapport du travail électrique qu’elle fournit à la chaleur que son combustible libérerait par combustion à la même température, −ΔrH par mole.
Proposition 9.15(Rendement maximal d’une pile à combustible)
Le rendement thermodynamique d’une pile à combustible vaut au plus ΔrG/ΔrH, atteint lorsqu’elle fonctionne de façon réversible, et vaut (nFU)/(−ΔrH) sous une tension de fonctionnement U. Contrairement à celui d’un moteur thermique, il n’est pas limité par le rendement de Carnot 1−T0/T.
Démonstration. D’après le Théorème 9.3, le travail par mole vaut nFU≤−ΔrG ; diviser par −ΔrH. La pile convertit directement l’énergie chimique en travail à une seule température : aucune chaleur n’est prise à une source chaude et cédée en partie à une source froide, si bien que la borne de Carnot, qui concerne de tels cycles, ne s’applique pas. Sa propre borne est fixée par TΔrS, la chaleur que la pile réversible doit échanger. ∎
Ce que devient l’énergie d’une mole de dihydrogène dans une pile à combustible à 298K (eau liquide). En haut : la chaleur que libérerait une flamme. Au milieu : la pile réversible, qui doit céder −TΔrS∘=48.7kJ sous forme de chaleur quelle que soit sa conception. En bas : une pile réelle fonctionnant sous 0.70V.
Histoire des sciences— Les lois de Faraday de l’électrolyse
En 1834, Michael Faraday, mesurant les produits d’électrolyses avec un voltamètre de sa conception, énonça que la masse d’une substance produite à une électrode est proportionnelle à la quantité d’électricité qui a traversé le circuit, et que, pour une quantité d’électricité donnée, les masses de substances différentes sont dans le rapport de leurs équivalents chimiques. Il forgea les mots électrode, anode, cathode, ion, anion et cation. La constante qui porte son nom transforme ces lois en Q=nFΔξ. (Portrait par Thomas Phillips, 1842, domaine public, Wikimedia Commons.)
9.5 Piles de concentration
Définition 9.16(Pile de concentration)
Une pile de concentration est formée de deux demi-piles du même couple qui ne diffèrent que par la concentration (ou la pression) d’une espèce.
Proposition 9.17(Tension d’une pile de concentration)
Deux électrodes d’un métal M plongeant dans des solutions de MXn+ aux concentrations c1<c2, reliées par un pont salin, donnent une tension
U=nFRTlnc1c2,
le pôle positif étant du côté le plus concentré. La pile fonctionne jusqu’à ce que les deux concentrations soient égales.
Démonstration. D’après la relation de Nernst, chaque électrode a pour potentiel Ei=E∘+(RT/nF)lnci (solutions diluées idéales) ; E∘ disparaît dans la différence. La réaction est MXn+(côté 2) →MXn+(côté 1) : du métal se dépose du côté concentré (cathode) et se dissout du côté dilué (anode), ce qui égalise les concentrations ; ΔrG=RTln(c1/c2)<0 jusqu’à ce qu’elles soient égales. ∎
Une pile de concentration à l’argent à 25∘C. Le côté dilué est l’anode : l’argent s’y dissout et se dépose du côté concentré, jusqu’à l’égalité des deux concentrations. U=0.0592log(0.10/0.010)=59mV.
Le même principe permet de mesurer des concentrations. Une électrode de verre, dont la fine membrane sépare une solution de référence de l’échantillon, développe un potentiel de membrane de (RT/F)ln10=59mV par unité d’écart de pH à 25∘C : le pH-mètre du volume de première année est une pile de concentration pour HX+. De part et d’autre de la membrane d’une cellule vivante, les concentrations inégales de KX+ créent de la même façon un potentiel de plusieurs dizaines de millivolts.
9.6 Exercices
Exercice 9.1★
À partir de ΔfG∘(HX2O,l)=−237.14kJ/mol, calculer la tension standard de la pile dihydrogène–dioxygène.
Une pile porte l’indication 1.0Ah. Calculer la charge qu’elle contient, en coulombs, et la masse de zinc consommée à son anode (ZnZnX2++2eX−) lorsqu’elle est entièrement déchargée.
Solution
Solution de Exercice 9.2.
Q=1.0×3600=3.6×103C ; n(Zn)=3600/(2×96485)=1.87×10−2mol, soit 1.22g.
Exercice 9.3★
Une pile Daniell délivre 1.10V à courant nul. Calculer ΔrG pour une mole de zinc et le travail électrique maximal pour 10.0g de zinc.
Solution
Solution de Exercice 9.3.
ΔrG=−2×96485×1.10=−212kJ/mol. Pour 10.0g, 10.0/65.38=0.153mol : au plus 32.5kJ.
Exercice 9.4★
Deux électrodes de cuivre plongent dans des solutions de sulfate de cuivre(II) à 1.0×10−3mol/L et à 0.10mol/L. Calculer la tension à 25∘C et indiquer les pôles.
Solution
Solution de Exercice 9.4.
U=(0.0592/2)log(0.10/1.0×10−3)=0.059V ; le pôle positif (cathode) est l’électrode plongeant dans la solution à 0.10mol/L.
Exercice 9.5★★
Une pile (n=2) a pour E∘=1.015V et dE∘/dT=−4.0×10−4V/K à 298K (données de l’exercice). Calculer ΔrG∘, ΔrS∘ et ΔrH∘.
La pile de l’Exercice 9.5 débite une mole de réaction (a) de façon réversible ; (b) sous 0.90V. Calculer dans chaque cas le travail électrique et la chaleur échangée avec le milieu extérieur.
Solution
Solution de Exercice 9.6.
(a) Travail fourni 195.9kJ ; chaleur TΔrS=−23.0kJ : 23.0kJ cédés. (b) Travail 2×96485×0.90=173.7kJ ; chaleur cédée −ΔrH−173.7=218.9−173.7=45.2kJ. Les 22.2kJ supplémentaires sont le travail perdu à cause du courant.
Exercice 9.7★★
Calculer E∘(FeX3+/Fe) à partir des enthalpies libres de formation (FeX2+−78.90kJ/mol, FeX3+−4.7kJ/mol) et vérifier qu’il est égal à (E1∘+2E2∘)/3.
Solution
Solution de Exercice 9.7.
FeX3++3eX−Fe : ΔrG∘=+4.7kJ/mol, E∘=−4700/(3×96485)=−0.016V. Avec E1∘=0.769 et E2∘=−0.409V : (0.769−0.818)/3=−0.016V.
Exercice 9.8★★
Calculer le potentiel standard du couple AgCl/Ag, puis le potentiel d’une électrode au chlorure d’argent plongeant dans une solution de chlorure de potassium à 0.10mol/L.
Solution
Solution de Exercice 9.8.
E∘=0.222V (comme dans le chapitre). E=0.222−0.0592log0.10=0.281V.
Exercice 9.9★★
Les piles zinc–air utilisent 2Zn+OX22ZnO (ΔfG∘(ZnO)=−318.30kJ/mol). Calculer la tension standard et l’énergie électrique maximale, en kWh, par kilogramme de zinc.
Solution
Solution de Exercice 9.9.
ΔrG∘=2(−318.30)=−636.6kJ pour n=4 : E∘=636600/(4×96485)=1.65V. Par kilogramme de zinc, 1000/65.38=15.3mol, 15.3×318.3=4.87MJ, soit 1.35kWh.
Exercice 9.10★★★
Une pile à combustible à méthanol direct utilise CHX3OH(l)+23OX2COX2+2HX2O(l). À partir de ΔfH∘ (kJ/mol) : CHX3OH(l)−239, COX2−393.51, HX2O(l)−285.83 ; et de S∘ (J/(Kmol)) : CHX3OH(l) 127.2, COX2 213.8, HX2O(l) 69.95, OX2 205.15, calculer n, E∘ et le rendement maximal.
Solution
Solution de Exercice 9.10.
Le carbone passe de −2 à +4 : n=6. ΔrH∘=−393.51+2(−285.83)+239=−726.2kJ/mol ; ΔrS∘=213.8+2(69.95)−127.2−1.5×205.15=−81.2J/(Kmol) ; ΔrG∘=−726.2+298.15×0.0812=−702.0kJ/mol. E∘=702000/(6×96485)=1.21V ; rendement maximal 702.0/726.2=0.967. (Les piles à méthanol réelles fonctionnent bien au-dessous de cette tension.)
Exercice 9.11★★★
Une pile (n=2) a pour E=0.500V et dE/dT=+3.0×10−4V/K à 298K (données de l’exercice). Montrer que, fonctionnant de façon réversible, elle fournit plus de travail électrique que −ΔrH, et expliquer d’où vient l’énergie supplémentaire.
Solution
Solution de Exercice 9.11.
ΔrG=−2×96485×0.500=−96.5kJ ; ΔrS=+57.9J/K ; ΔrH=−96.5+298×0.0579=−79.2kJ. Le travail, 96.5kJ, dépasse −ΔrH=79.2kJ : la pile absorbe TΔrS=17.3kJ de chaleur du milieu extérieur et la transforme elle aussi en travail. Le second principe n’est pas violé, puisque l’entropie de la réaction augmente d’autant.
Exercice 9.12★★★
Deux électrodes à hydrogène (1bar de HX2) plongent dans une solution de référence de pH 7.00 et dans un échantillon. La tension vaut 0.177V à 25∘C, la référence étant le pôle positif. Trouver le pH de l’échantillon, et expliquer pourquoi le résultat ne dépend d’aucun potentiel standard.
Solution
Solution de Exercice 9.12.
Chaque électrode à hydrogène a pour potentiel E=−0.0592pH : U=0.0592(pHs−7.00)=0.177, pHs=10.0. Les deux électrodes appartiennent au même couple : le potentiel standard disparaît, comme dans toute pile de concentration.
9.7 Problème : le bus à pile à combustible
Problème 9.1
Problème du week-end — la tension standard de la pile dihydrogène–dioxygène à partir des enthalpies libres, son coefficient de température, le rendement et la chaleur d’un empilement réel, et l’énergie d’un réservoir de dihydrogène
Un empilement de pile à combustible compte 400 cellules en série, chacune munie d’une membrane échangeuse de protons (électrolyte acide). Données à 298.15K (CODATA, JANAF) : ΔfH∘(HX2O,l)=−285.83kJ/mol, ΔfG∘(HX2O,l)=−237.14kJ/mol, ΔfG∘(HX2O,g)=−228.58kJ/mol ; S∘ (J/(Kmol)) : HX2O(l) 69.95, HX2 130.68, OX2 205.15. F=96485C/mol ; M(HX2)=2.016g/mol.
Partie I — La tension standard.
Écrire les demi-équations à l’anode et à la cathode, ainsi que la réaction de la pile.
Combien d’électrons sont échangés par molécule de dihydrogène ?
Calculer E∘ lorsque l’eau est formée à l’état liquide.
Le calculer lorsque l’eau sort sous forme de vapeur.
Expliquer la différence à l’aide de l’enthalpie libre de vaporisation de l’eau.
Calculer ΔrH∘ et le rendement maximal à 298K.
Partie II — La température.
Calculer ΔrS∘ pour l’eau liquide.
En déduire dE∘/dT.
Estimer E∘ à 80∘C, la température de fonctionnement de l’empilement.
Comparer le résultat de cette méthode à la valeur JANAF à 400K, ΔfG∘(HX2O,l)=−221.01kJ/mol.
Quelle chaleur la pile réversible échange-t-elle par mole de dihydrogène à 298K ? Est-elle reçue ou cédée ?
Estimer le rendement maximal à 80∘C.
Partie III — L’empilement réel sous 0.70V par cellule.
Calculer le travail électrique par mole de dihydrogène.
Calculer le rendement rapporté à ΔrH∘ et à ΔrG∘.
Calculer la chaleur libérée par mole de dihydrogène.
Quelle part en est inévitable, et quelle part est due au courant ?
L’empilement débite 300A. Calculer la consommation de dihydrogène d’une cellule, puis de l’empilement, en moles et en grammes par seconde.
Calculer la puissance électrique de l’empilement.
Calculer la puissance thermique que doit évacuer le circuit de refroidissement.
Partie IV — Le réservoir.
Quelle quantité de dihydrogène contiennent 5.0kg ?
Quelle charge traverse les cellules, comptée sur l’ensemble d’entre elles, lorsque ce dihydrogène est oxydé ?
Calculer l’énergie électrique fournie par l’empilement, chaque cellule étant sous 0.70V.
La convertir en kilowattheures.
Pendant combien de temps l’empilement peut-il fournir la puissance de la question 18 ?
Donner l’énergie électrique fournie par 5.0kg de dihydrogène sous 0.70V par cellule.
Solution
Solution de Problème 9.1.
1. Anode : HX22HX++2eX− ; cathode : 21OX2+2HX++2eX−HX2O ; pile : HX2+21OX2HX2O. 2. Deux. 3.E∘=237140/(2×96485)=1.229V. 4.228580/192970=1.185V. 5.ΔrG∘ diffère de ΔvapG∘(HX2O)=−228.58+237.14=8.56kJ/mol à 298K : la vapeur y est moins stable que le liquide, et la tension est plus basse de 8560/192970=0.044V. 6.ΔrH∘=−285.83kJ/mol ; 237.14/285.83=0.830. 7.ΔrS∘=69.95−130.68−102.58=−163.3J/(Kmol). 8.dE∘/dT=−163.3/192970=−8.46×10−4V/K. 9.1.229−8.46×10−4×55=1.182V. 10. La même estimation à 400K donne 1.229−8.46×10−4×101.85=1.143V ; JANAF donne 221010/192970=1.145V : supposer ΔrS∘ constante ne coûte que 2mV. 11.TΔrS∘=298.15×(−163.3)=−48.7kJ par mole : 48.7kJ cédés. 12.ΔrG∘(353)≈−237.14+55×0.1633=−228.2kJ ; avec ΔrH∘ presque inchangée, 228.2/285.8=0.80. 13.2×96485×0.70=135.1kJ. 14.135.1/285.83=0.47 ; 135.1/237.14=0.57. 15.285.83−135.1=150.7kJ. 16.48.7kJ seraient cédés même par une pile réversible ; les 102.0kJ restants proviennent des pertes dues au courant (résistance et surtensions aux électrodes). 17. Une cellule : 300/(2×96485)=1.55×10−3mol/s ; l’empilement : 400×1.55×10−3=0.622mol/s, 1.25g/s. 18.400×0.70×300=84kW. 19.0.622×150.7=93.7kW : plus de chaleur que d’électricité. 20.5000/2.016=2.48×103mol. 21.2×2480×96485=4.79×108C. 22. Chaque coulomb qui traverse une cellule fournit 0.70J : 4.79×108×0.70=3.35×108J. 23.3.35×108/3.6×106=93kWh. 24.93/84=1.1h à pleine puissance. 25.5.0kg de dihydrogène sous 0.70V par cellule fournissent ≈93kWh d’énergie électrique.