Chemistry · Livre 3 · Bachelor Year 2

Chimie universitaire — 2e année

Chimie universitaire — 2e année · Bachelor Year 2

11Piles, piles à combustible et électrolyse

Chaque kilogramme d’aluminium extrait de son minerai exige environ 13 kW h13\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h} d’électricité ; refondre un kilogramme de déchets exige, en principe, les 0.3 kW h0.3\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h} qui le portent à sa température de fusion et le fondent. La différence est le travail d’une longue rangée de cuves d’électrolyse, chacune faisant passer des centaines de milliers d’ampères dans un sel fondu sous quelques volts. Une pile fonctionne dans l’autre sens : une réaction spontanée entraîne le courant. Grâce aux courbes intensité–potentiel du Chapitre 10, les deux se lisent sur le même diagramme, de même qu’un morceau de zinc qui se dissout dans un acide.

Rappel

Chapitre 9 : ΔrG=−nFE\Delta_r G = -nFE, travail maximal, constante de Faraday. Chapitre 10 : courbes intensité–potentiel, systèmes rapides et lents, surtensions, courants limites, murs de l’eau. Chapitre 6 : pourquoi l’aluminium ne s’obtient pas par le carbone. Le volume scolaire : électrolyse, accumulateurs.

La halle d’électrolyse d’une aluminerie : une rangée de cuves d’électrolyse, longue de plusieurs centaines, montées en série ; le pont roulant remplace les anodes de carbone à mesure qu’elles brûlent.
La halle d’électrolyse d’une aluminerie : une rangée de cuves d’électrolyse, longue de plusieurs centaines, montées en série ; le pont roulant remplace les anodes de carbone à mesure qu’elles brûlent.

11.1 Les réactions spontanées lues sur les courbes

Définition 11.1 (Potentiel mixte)

Le potentiel mixte d’une électrode sur laquelle réagissent deux couples différents, l’un oxydé et l’autre réduit, est le potentiel qu’elle prend lorsqu’aucun courant net ne la traverse : le courant anodique d’un couple est alors égal et opposé au courant cathodique de l’autre.

Proposition 11.2 (Un métal dans une solution)

Un métal plongé dans une solution capable de l’oxyder se fixe au potentiel EmE_m tel que ia(Em)=−ic(Em)i_a(E_m) = -i_c(E_m), le courant anodique d’oxydation du métal compensant le courant cathodique de réduction de l’oxydant ; le métal se dissout à la vitesse ia(Em)/(nF)i_a(E_m)/(nF).

Démonstration. Un morceau de métal isolé ne porte aucun courant net. Les deux demi-réactions ont lieu à sa surface au même potentiel : leurs courants, lus sur leurs courbes à ce potentiel, ont donc une somme nulle. D’après la Proposition 10.3, le courant anodique donne la vitesse d’oxydation. ∎

Zinc dans un acide (courbes modèles, ions zinc dilués ; potentiels de -1.1 à -0.3\, V). Seul, le zinc se fixe au potentiel mixte où son oxydation compense la réduction lente de H+ sur le zinc : un courant faible, une dissolution lente. Au contact du cuivre, sur lequel la réduction de H+ est moins lente, l’équilibre se déplace vers un potentiel plus élevé et un courant plus de dix fois plus grand : le zinc se dissout vite, du dihydrogène se dégage sur le cuivre.
Zinc dans un acide (courbes modèles, ions zinc dilués ; potentiels de −1.1-1.1 à −0.3 V-0.3\,\mathrm{V}). Seul, le zinc se fixe au potentiel mixte où son oxydation compense la réduction lente de HX+\ce{H+} sur le zinc : un courant faible, une dissolution lente. Au contact du cuivre, sur lequel la réduction de HX+\ce{H+} est moins lente, l’équilibre se déplace vers un potentiel plus élevé et un courant plus de dix fois plus grand : le zinc se dissout vite, du dihydrogène se dégage sur le cuivre.

La même lecture explique la corrosion (Chapitre 12) : la vitesse de corrosion d’un métal est le courant à son potentiel mixte.

11.2 Les piles qui débitent un courant

Définition 11.3 (Piles et accumulateurs)

Une pile primaire est une cellule électrochimique utilisée une seule fois, jusqu’à épuisement de ses réactifs. Un accumulateur est une cellule que l’on peut recharger en la faisant traverser par un courant de sens inverse, qui inverse sa réaction. L’énergie massique d’une cellule est l’énergie électrique qu’elle fournit par unité de masse, en général en W h/kg\mathrm{W}\,\mathrm{h}/\mathrm{kg}.

Proposition 11.4 (Tension d’une pile qui débite un courant)

Une pile qui débite un courant II a pour tension

U=E+−E−−ηa−∣ηc∣−rI,U = E_+ - E_- - \eta_a - |\eta_c| - rI ,

où E+E_+ et E−E_- sont les potentiels d’équilibre de ses deux électrodes, ηa>0\eta_a > 0 la surtension de l’oxydation à l’électrode négative, ηc<0\eta_c < 0 celle de la réduction à l’électrode positive, et rr la résistance interne (électrolyte, séparateur, connexions).

Démonstration. Le même courant II est anodique à l’électrode négative, dont le potentiel se lit sur sa courbe anodique, E−+ηaE_- + \eta_a, et cathodique à l’électrode positive, dont le potentiel vaut E++ηcE_+ + \eta_c. Entre elles, le courant traverse l’électrolyte, où le potentiel chute de rIrI. D’où U=(E++ηc)−(E−+ηa)−rIU = (E_+ + \eta_c) - (E_- + \eta_a) - rI. ∎

Le point de fonctionnement d’une pile (courbes modèles). Sous un courant I, l’électrode négative se trouve sur sa courbe anodique, l’électrode positive sur sa courbe cathodique ; la différence des deux potentiels, diminuée de la chute ohmique rI, est la tension délivrée. Elle diminue quand I augmente.
Le point de fonctionnement d’une pile (courbes modèles). Sous un courant II, l’électrode négative se trouve sur sa courbe anodique, l’électrode positive sur sa courbe cathodique ; la différence des deux potentiels, diminuée de la chute ohmique rIrI, est la tension délivrée. Elle diminue quand II augmente.

Méthode 11.5 (Le point de fonctionnement d’une pile ou d’un électrolyseur)

  1. Tracer la courbe anodique de l’électrode qui est oxydée et la courbe cathodique de celle qui est réduite.
  2. Pour un courant II, lire le potentiel de chaque électrode en +I+I sur la courbe anodique et en −I-I sur la courbe cathodique.
  3. La différence des deux potentiels, corrigée de rIrI (retranché pour une pile, ajouté pour un électrolyseur), est la tension.

Exemple 11.6 (L’accumulateur au plomb)

À l’électrode négative, Pb+SOX4X2−→PbSOX4+2 eX−\ce{Pb + SO4^2- -> PbSO4 + 2e-} ; à l’électrode positive, PbOX2+4 HX++SOX4X2−+2 eX−→PbSOX4+2 HX2O\ce{PbO2 + 4H+ + SO4^2- + 2e- -> PbSO4 + 2H2O}. Au total,

Pb+PbOX2+4 HX++2 SOX4X2−→2 PbSOX4+2 HX2O,\ce{Pb + PbO2 + 4H+ + 2SO4^2- -> 2PbSO4 + 2H2O},

ΔrG∘=2(−813.14)+2(−237.13)−(−217.33)−2(−744.53)=−394.1 kJ/mol\Delta_r G^\circ = 2(-813.14) + 2(-237.13) - (-217.33) - 2(-744.53) = -394.1\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, E∘=394 100/(2×96 485)=2.04 VE^\circ = 394\,100/(2 \times 96\,485) = 2.04\,\mathrm{V}. Les deux électrodes se couvrent de sulfate de plomb pendant la décharge ; la charge inverse la réaction. La réduction de HX+\ce{H+} sur le plomb et l’oxydation de l’eau sur le dioxyde de plomb sont lentes : c’est pourquoi un élément de 2 V2\,\mathrm{V} peut être chargé dans l’eau, dont le domaine thermodynamique n’a que 1.23 V1.23\,\mathrm{V} de largeur.

L’accumulateur au plomb, schéma. À la décharge, le plomb est oxydé et le dioxyde de plomb réduit, tous deux en sulfate de plomb, et l’acide est consommé : la masse volumique de la solution indique l’état de charge.
L’accumulateur au plomb, schéma. À la décharge, le plomb est oxydé et le dioxyde de plomb réduit, tous deux en sulfate de plomb, et l’acide est consommé : la masse volumique de la solution indique l’état de charge.
Un accumulateur lithium-ion, schéma. Les ions lithium (points bleus) se logent entre les feuillets du graphite dans l’accumulateur chargé ; à la décharge, ils traversent l’électrolyte pour s’insérer entre les feuillets d’un oxyde métallique, tandis que les électrons parcourent le circuit extérieur. Aucune électrode n’est dissoute ni déposée : les ions font la navette entre deux structures d’accueil.
Un accumulateur lithium-ion, schéma. Les ions lithium (points bleus) se logent entre les feuillets du graphite dans l’accumulateur chargé ; à la décharge, ils traversent l’électrolyte pour s’insérer entre les feuillets d’un oxyde métallique, tandis que les électrons parcourent le circuit extérieur. Aucune électrode n’est dissoute ni déposée : les ions font la navette entre deux structures d’accueil.

Histoire des sciences — La pile de Volta

En 1800, Alessandro Volta décrivit une colonne de disques de deux métaux différents, zinc et cuivre ou argent, séparés par des tissus imbibés de saumure : la première source de courant électrique continu. En quelques semaines, d’autres l’utilisèrent pour décomposer l’eau, et en moins de dix ans Humphry Davy avait isolé le sodium et le potassium par électrolyse de leurs hydroxydes fondus à l’aide d’une grande pile. La photographie montre l’une des piles de Volta lui-même. (Photographie : GuidoB, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons.)

11.3 Les piles à combustible

Définition 11.7 (Pile à combustible)

Une pile à combustible est une pile dont les réactifs, un combustible et un oxydant (en général le dioxygène de l’air), sont apportés en continu à ses électrodes et dont les produits sont évacués, de sorte qu’elle débite du courant tant qu’elle est alimentée.

Dans la pile à membrane échangeuse de protons du bus du Chapitre 9, le dihydrogène est oxydé sur un catalyseur au platine, HX2→2 HX++2 eX−\ce{H2 -> 2H+ + 2e-}, les protons traversent une fine membrane polymère acide, et le dioxygène est réduit de l’autre côté, OX2+4 HX++4 eX−→2 HX2O\ce{O2 + 4H+ + 4e- -> 2H2O}. L’oxydation du dihydrogène sur platine est un système rapide ; la réduction du dioxygène est lente sur toute électrode. L’essentiel de la tension perdue entre les 1.23 V1.23\,\mathrm{V} de la pile réversible et la tension de fonctionnement est la surtension de l’électrode à oxygène, le reste étant dû à la résistance de la membrane et, à fort courant, à l’apport de dioxygène au catalyseur (un courant limite).

11.4 L’électrolyse

Définition 11.8 (Électrolyse)

Une électrolyse est une réaction d’oxydoréduction non spontanée forcée par un courant fourni par un générateur extérieur ; la cellule dans laquelle elle a lieu est un électrolyseur. L’anode, où a lieu l’oxydation, est reliée au pôle positif du générateur.

Proposition 11.9 (Tension minimale thermodynamique)

Une électrolyse dont la réaction a un ΔrG>0\Delta_r G > 0 exige une tension au moins égale à ΔrG/(nF)\Delta_r G/(nF).

Démonstration. Le générateur fournit le travail nFUnFU par mole de réaction ; d’après le Théorème 9.3 appliqué à la réaction inverse, le travail électrique reçu doit valoir au moins ΔrG\Delta_r G. ∎

Proposition 11.10 (Tension d’un électrolyseur)

Un électrolyseur traversé par un courant II exige

U=(Ea−Ec)+ηa+∣ηc∣+rI,U = (E_a - E_c) + \eta_a + |\eta_c| + rI ,

où EaE_a, EcE_c sont les potentiels d’équilibre des couples de l’anode et de la cathode (Ea−Ec=ΔrG/(nF)E_a - E_c = \Delta_r G/(nF)), ηa\eta_a, ηc\eta_c leurs surtensions à ce courant et rr la résistance entre les électrodes.

Démonstration. Comme pour une pile, le même courant est anodique à l’anode, au potentiel Ea+ηaE_a + \eta_a, et cathodique à la cathode, à Ec+ηcE_c + \eta_c ; le générateur doit en outre le faire passer à travers l’électrolyte, ce qui ajoute rIrI. ∎

Méthode 11.11 (Prévoir une électrolyse)

  1. Recenser toutes les espèces oxydables à l’anode (y compris le métal de l’anode et le solvant) et toutes les espèces réductibles à la cathode (y compris le solvant).
  2. Tracer leurs courbes intensité–potentiel sur les matériaux d’électrode utilisés.
  3. Quand on augmente la tension, la première courbe anodique et la première courbe cathodique atteintes donnent les réactions ; à plus fort courant, les suivantes ajoutent les leurs.

Définition 11.12 (Rendement faradique)

Le rendement faradique ηF\eta_F d’une électrolyse est la fraction de la charge débitée qui forme le produit voulu. Sa consommation énergétique massique est l’énergie électrique utilisée par unité de masse de produit.

Proposition 11.13 (Loi de Faraday)

Un courant II débité pendant une durée tt avec un rendement faradique ηF\eta_F produit une masse m=ηFMIt/(nF)m = \eta_F MIt/(nF) d’un produit de masse molaire MM formé avec nn électrons par mole.

Démonstration. La charge ItIt, dont ηFIt\eta_F It forme le produit, correspond, d’après la Proposition 9.2, à ηFIt/(nF)\eta_F It/(nF) moles. ∎

Proposition 11.14 (Énergie par kilogramme)

Sous une tension UU et avec un rendement faradique ηF\eta_F, la consommation énergétique massique vaut w=nFU/(ηFM)w = nFU/(\eta_F M).

Démonstration. L’énergie vaut UItUIt et la masse ηFMIt/(nF)\eta_F MIt/(nF) ; il reste à diviser. ∎

11.5 Électrolyses industrielles

Le zinc. La majeure partie du zinc est obtenue par électrolyse de la solution acide de sulfate de zinc du Chapitre 6. Le zinc se dépose sur la cathode bien que HX+\ce{H+} soit l’oxydant le plus fort : sur zinc, la réduction de HX+\ce{H+} est très lente, et la vague du zinc est atteinte en premier ; l’anode dégage du dioxygène.

Électrolyse d’une solution acide de sulfate de zinc avec une cathode de zinc (courbes modèles). Bien que le couple H+/H2 (0\, V) soit au-dessus de Zn2+/Zn (-0.76\, V), la réduction de H+ sur le zinc ne commence pas avant environ -1.1\, V : entre les deux, le zinc se dépose seul. À l’anode, l’eau est oxydée en dioxygène.
Électrolyse d’une solution acide de sulfate de zinc avec une cathode de zinc (courbes modèles). Bien que le couple HX+\ce{H+}/HX2\ce{H2} (0 V0\,\mathrm{V}) soit au-dessus de ZnX2+\ce{Zn^2+}/Zn\ce{Zn} (−0.76 V-0.76\,\mathrm{V}), la réduction de HX+\ce{H+} sur le zinc ne commence pas avant environ −1.1 V-1.1\,\mathrm{V} : entre les deux, le zinc se dépose seul. À l’anode, l’eau est oxydée en dioxygène.

Le dichlore et la soude. On électrolyse la saumure dans une cellule divisée par une membrane qui ne laisse passer que les cations. À l’anode, l’ion chlorure est oxydé, 2 ClX−→ClX2+2 eX−\ce{2Cl- -> Cl2 + 2e-} ; à la cathode, l’eau est réduite, 2 HX2O+2 eX−→HX2+2 OHX−\ce{2H2O + 2e- -> H2 + 2OH-} ; les ions sodium traversent la membrane pour équilibrer la charge, et une solution d’hydroxyde de sodium exempte de chlorure sort du compartiment cathodique. La tension minimale thermodynamique vaut ΔrG/(2F)=2.19 V\Delta_r G/(2F) = 2.19\,\mathrm{V} pour 2 ClX−+2 HX2O→ClX2+HX2+2 OHX−\ce{2Cl- + 2H2O -> Cl2 + H2 + 2OH-} dans les conditions standard. Le dichlore se forme à l’anode plutôt que le dioxygène, bien que le couple OX2\ce{O2}/HX2O\ce{H2O} soit plus bas : l’oxydation de l’eau est la plus lente des deux sur les matériaux d’anode utilisés.

Une cellule chlore–soude à membrane, schéma. Seuls les ions sodium traversent la membrane : l’hydroxyde formé à la cathode ne rencontre donc pas le dichlore.
Une cellule chlore–soude à membrane, schéma. Seuls les ions sodium traversent la membrane : l’hydroxyde formé à la cathode ne rencontre donc pas le dichlore.

L’aluminium. L’oxyde d’aluminium est dissous dans la cryolithe fondue, NaX3AlFX6\ce{Na3AlF6}, qui fond bien plus bas que l’alumine, et électrolysé entre une cathode de carbone, sur laquelle se rassemble l’aluminium liquide, et des anodes de carbone qui brûlent en dioxyde de carbone (procédé Hall–Héroult) :

2 AlX2OX3+3 C→4 Al+3 COX2.\ce{2Al2O3 + 3C -> 4Al + 3CO2} .

La tension minimale thermodynamique vers 1250 K1250\,\mathrm{K} vaut environ 1.18 V1.18\,\mathrm{V} (Problème 11.1) ; la cuve de ce problème fonctionne sous trois fois et demie cette valeur, l’excédent étant transformé en la chaleur qui maintient le bain fondu.

Une cuve Hall–Héroult, coupe schématique. L’aluminium est réduit à la surface de la nappe de métal liquide, qui sert de cathode ; les ions oxyde se déchargent sur les anodes de carbone, qu’ils brûlent en dioxyde de carbone.
Une cuve Hall–Héroult, coupe schématique. L’aluminium est réduit à la surface de la nappe de métal liquide, qui sert de cathode ; les ions oxyde se déchargent sur les anodes de carbone, qu’ils brûlent en dioxyde de carbone.

Histoire des sciences — Hall et Héroult, 1886

En 1886, à vingt-deux ou vingt-trois ans, Charles Martin Hall et Paul Héroult, de part et d’autre de l’Atlantique, découvrirent indépendamment que l’alumine se dissout dans la cryolithe fondue et peut y être électrolysée. L’aluminium, jusque-là un métal précieux obtenu en réduisant son chlorure par le sodium, devint le moins cher des métaux légers dès que l’électricité put être produite en masse. (Portraits : Hall, vers les années 1880, auteur inconnu, domaine public ; Héroult, domaine public ; Wikimedia Commons.)

Le sodium. Le sodium ne peut pas être déposé à partir de l’eau, qu’il réduit. On le produit par électrolyse du chlorure de sodium fondu, dont la température de fusion est abaissée par un sel ajouté (un mélange eutectique, Chapitre 8), avec du dichlore comme sous-produit. À 1100 K1100\,\mathrm{K}, ΔfG∘(NaCl,l)=−310.7 kJ/mol\Delta_f G^\circ(\ce{NaCl}, \text{l}) = -310.7\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} : la tension minimale vaut 3.22 V3.22\,\mathrm{V}.

11.6 Exercices

Exercice 11.1 ★

Sur la figure du zinc dans l’acide, lire le potentiel mixte et le courant du zinc seul et du zinc au contact du cuivre (unités du modèle), et dire lequel se dissout le plus vite.

Solution

Solution de Exercice 11.1.

Zinc seul : environ −0.82 V-0.82\,\mathrm{V} et un courant de 0.15 (unités du modèle). Au contact du cuivre : environ −0.74 V-0.74\,\mathrm{V} et 2.4. Le courant, donc la vitesse de dissolution, est environ seize fois plus grand au contact du cuivre.

Exercice 11.2 ★

Quelle masse de zinc un courant de 500 A500\,\mathrm{A} dépose-t-il en une heure avec un rendement faradique de 100 % ?

Solution

Solution de Exercice 11.2.

m=500×3600×65.38/(2×96 485)=610 gm = 500 \times 3600 \times 65.38/(2 \times 96\,485) = 610\,\mathrm{g}.

Exercice 11.3 ★

Calculer la tension standard de l’accumulateur au plomb à partir des enthalpies libres de formation données dans le chapitre, ainsi que le nombre d’éléments d’une batterie de voiture de 12 V12\,\mathrm{V}.

Solution

Solution de Exercice 11.3.

E∘=2.04 VE^\circ = 2.04\,\mathrm{V} (comme dans le chapitre) ; six éléments en série donnent 12 V12\,\mathrm{V}.

Exercice 11.4 ★

Quelle charge, en ampères-heures, un gramme de lithium peut-il fournir s’il est entièrement oxydé en LiX+\ce{Li+} ?

Solution

Solution de Exercice 11.4.

1/6.94=0.144 mol1/6.94 = 0.144\,\mathrm{mol} ; 0.144×96 485=1.39×104 C0.144 \times 96\,485 = 1.39 \times 10^{4}\,\mathrm{C}, soit 3.86 A h3.86\,\mathrm{A}\,\mathrm{h}.

Exercice 11.5 ★★

Une cuve d’affinage du cuivre est traversée par 200 A200\,\mathrm{A} pendant 24 h24\,\mathrm{h} et dépose 5.50 kg5.50\,\mathrm{kg} de cuivre. Calculer le rendement faradique.

Solution

Solution de Exercice 11.5.

À 100 % : 200×86 400×63.546/(2×96 485)=5.69 kg200 \times 86\,400 \times 63.546/(2 \times 96\,485) = 5.69\,\mathrm{kg} ; ηF=5.50/5.69=0.967\eta_F = 5.50/5.69 = 0.967.

Exercice 11.6 ★★

Une cuve d’électrolyse du zinc fonctionne sous 3.3 V3.3\,\mathrm{V} avec un rendement faradique de 90 % (données de l’exercice). Calculer l’énergie électrique par kilogramme de zinc.

Solution

Solution de Exercice 11.6.

w=2×96 485×3.3/(0.90×0.06538)=1.08×107 J/kgw = 2 \times 96\,485 \times 3.3/(0.90 \times 0.06538) = 1.08 \times 10^{7}\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}, soit 3.0 kW h/kg3.0\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h}/\mathrm{kg}.

Exercice 11.7 ★★

Une pile donne 1.55 V1.55\,\mathrm{V} sous 0.10 A0.10\,\mathrm{A} et 1.40 V1.40\,\mathrm{V} sous 0.60 A0.60\,\mathrm{A}. En négligeant les surtensions, déterminer sa résistance interne et sa tension à courant nul.

Solution

Solution de Exercice 11.7.

U=E−rIU = E - rI : r=(1.55−1.40)/(0.60−0.10)=0.30 Ωr = (1.55 - 1.40)/(0.60 - 0.10) = 0.30\,\Omega ; E=1.55+0.30×0.10=1.58 VE = 1.55 + 0.30 \times 0.10 = 1.58\,\mathrm{V}.

Exercice 11.8 ★★

On électrolyse de la saumure dans la cellule à membrane. Écrire les réactions aux électrodes, calculer la tension minimale, et expliquer pourquoi les produits doivent être tenus séparés.

Solution

Solution de Exercice 11.8.

Anode 2 ClX−→ClX2+2 eX−\ce{2Cl- -> Cl2 + 2e-} ; cathode 2 HX2O+2 eX−→HX2+2 OHX−\ce{2H2O + 2e- -> H2 + 2OH-}. ΔrG∘=2(−157.24)−2(−131.23)−2(−237.13)=422.2 kJ/mol\Delta_r G^\circ = 2(-157.24) - 2(-131.23) - 2(-237.13) = 422.2\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, Umin⁡=2.19 VU_{\min} = 2.19\,\mathrm{V}. Le dichlore réagirait avec l’hydroxyde (ClX2+2 OHX−→ClX−+ClOX−+HX2O\ce{Cl2 + 2OH- -> Cl- + ClO- + H2O}), ce qui gâcherait les deux produits, et un mélange de dichlore et de dihydrogène peut exploser.

Exercice 11.9 ★★

Calculer la tension minimale de l’électrolyse du chlorure de sodium fondu à 1100 K1100\,\mathrm{K} et l’énergie minimale par kilogramme de sodium.

Solution

Solution de Exercice 11.9.

NaCl→Na+12 ClX2\ce{NaCl -> Na + 1/2Cl2}, n=1n = 1 : Umin⁡=310 674/96 485=3.22 VU_{\min} = 310\,674/96\,485 = 3.22\,\mathrm{V}. Par kilogramme de sodium : 96 485×3.22/0.02299=1.35×107 J96\,485 \times 3.22/0.02299 = 1.35 \times 10^{7}\,\mathrm{J}, soit 3.75 kW h3.75\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h}.

Exercice 11.10 ★★★

À l’aide des courbes intensité–potentiel, expliquer pourquoi on peut déposer du zinc à partir d’un bain acide sur une cathode de zinc, et prévoir ce qui se passerait sur une cathode de platine au début du dépôt.

Solution

Solution de Exercice 11.10.

Sur une cathode de zinc, la réduction de HX+\ce{H+} est lente et son mur se situe au-dessous de la vague du zinc : quand on abaisse le potentiel, le zinc se dépose en premier, avec peu de dihydrogène. Sur platine, la réduction de HX+\ce{H+} est rapide et commence vers 0 V0\,\mathrm{V} : au début, seul du dihydrogène se dégage. Une fois le platine recouvert de zinc, la cathode se comporte comme une cathode de zinc et le zinc se dépose.

Exercice 11.11 ★★★

À partir des ΔfG∘\Delta_f G^\circ à 1100 K1100\,\mathrm{K} et 1300 K1300\,\mathrm{K} (AlX2OX3\ce{Al2O3} : −1328.3-1328.3 et −1262.3-1262.3 ; COX2\ce{CO2} : −396.0-396.0 et −396.2-396.2 kJ/mol\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}), calculer la tension minimale de la cuve Hall–Héroult à 1250 K1250\,\mathrm{K}, et la comparer à celle d’une anode inerte sur laquelle se dégagerait du dioxygène.

Solution

Solution de Exercice 11.11.

À 1250 K1250\,\mathrm{K} : ΔfG∘(AlX2OX3)=−1328.3+0.75×66.0=−1278.8 kJ/mol\Delta_f G^\circ(\ce{Al2O3}) = -1328.3 + 0.75 \times 66.0 = -1278.8\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, ΔfG∘(COX2)=−396.1 kJ/mol\Delta_f G^\circ(\ce{CO2}) = -396.1\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}. ΔrG∘=3(−396.1)−2(−1278.8)=1369 kJ\Delta_r G^\circ = 3(-396.1) - 2(-1278.8) = 1369\,\mathrm{kJ}, n=12n = 12 : Umin⁡=1.18 VU_{\min} = 1.18\,\mathrm{V}. Anode inerte : ΔrG∘=2557.5 kJ\Delta_r G^\circ = 2557.5\,\mathrm{kJ}, Umin⁡=2.21 VU_{\min} = 2.21\,\mathrm{V} ; la combustion du carbone fournit environ 1.03 V1.03\,\mathrm{V} du travail.

Exercice 11.12 ★★★

On stocke de l’électricité en électrolysant de l’eau sous 1.80 V1.80\,\mathrm{V} et on la récupère dans une pile à combustible sous 0.70 V0.70\,\mathrm{V}, toutes deux avec un rendement faradique de 100 %. Calculer le rendement global de l’aller-retour et expliquer où passe l’énergie.

Solution

Solution de Exercice 11.12.

Par mole d’eau, la charge 2F2F est la même dans les deux sens : rendement 0.70/1.80=0.390.70/1.80 = 0.39. Le reste est de la chaleur : les surtensions des deux électrodes à oxygène (lentes dans les deux sens), celles des électrodes à hydrogène, et les pertes ohmiques.

11.7 Problème : une tonne d’aluminium

Problème 11.1

Problème du week-end — la réaction de la cuve Hall–Héroult et sa tension minimale, la charge et la durée nécessaires pour produire une tonne d’aluminium, l’énergie consommée, et le carbone brûlé

Données : enthalpies libres de formation JANAF à 1100 K1100\,\mathrm{K} et 1300 K1300\,\mathrm{K} (kJ/mol\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}) : AlX2OX3\ce{Al2O3} −1328.3-1328.3, −1262.3-1262.3 ; COX2\ce{CO2} −396.0-396.0, −396.2-396.2. Cuve (données de l’exercice) : courant 300 kA300\,\mathrm{kA}, tension 4.1 V4.1\,\mathrm{V}, rendement faradique 94 %, bain vers 1250 K1250\,\mathrm{K}. Masses molaires (g/mol\mathrm{g}/\mathrm{mol}) : Al 26.982, C 12.011, O 15.999. Chaleur nécessaire pour porter l’aluminium de 298 K298\,\mathrm{K} à l’état liquide à sa température de fusion : 28.69 kJ/mol28.69\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}.

Partie I — La tension minimale.

  1. Donner les nombres d’oxydation de l’aluminium, de l’oxygène et du carbone dans les réactifs et les produits.
  2. Écrire les demi-équations à la cathode et à l’anode, l’ion oxyde OX2−\ce{O^2-} étant apporté par le bain fondu.
  3. Écrire la réaction globale et le nombre nn d’électrons échangés.
  4. Interpoler les ΔfG∘\Delta_f G^\circ de AlX2OX3\ce{Al2O3} et de COX2\ce{CO2} à 1250 K1250\,\mathrm{K}.
  5. Calculer ΔrG∘\Delta_r G^\circ à 1250 K1250\,\mathrm{K}.
  6. En déduire la tension minimale.
  7. Calculer la tension minimale avec une anode inerte, 2 AlX2OX3→4 Al+3 OX2\ce{2Al2O3 -> 4Al + 3O2}, et expliquer le rôle du carbone.

Partie II — Charge et durée.

  1. Quelle quantité d’aluminium contient une tonne ?
  2. Quelle charge faudrait-il avec un rendement faradique de 100 % ?
  3. Quelle charge passe réellement ?
  4. Combien de temps une cuve met-elle pour produire une tonne ?
  5. Quelle masse d’aluminium une cuve produit-elle par jour ?
  6. Proposer une explication à la perte de 6 % de la charge.

Partie III — L’énergie.

  1. Calculer l’énergie électrique par tonne.
  2. L’exprimer en kW h\mathrm{kW}\,\mathrm{h} par kilogramme.
  3. Calculer l’énergie minimale par kilogramme, sous la tension minimale et avec un rendement de 100 %.
  4. Où passe le reste de l’énergie, et pourquoi n’est-il pas entièrement perdu ?
  5. Calculer la puissance électrique d’une cuve.
  6. Calculer la chaleur nécessaire pour refondre un kilogramme de déchets, en kW h\mathrm{kW}\,\mathrm{h}, et comparer.
  7. Quelle fraction de la tension de fonctionnement représente le minimum thermodynamique ?

Partie IV — Le carbone.

  1. Calculer la masse de carbone brûlée par tonne d’aluminium d’après l’équation.
  2. Calculer la masse de dioxyde de carbone libérée par les anodes par tonne.
  3. Les cuves réelles brûlent davantage de carbone. Proposer deux raisons.
  4. Exprimer le COX2\ce{CO2} des anodes par kilogramme d’aluminium.
  5. Que changerait une anode inerte pour la tension et pour le gaz dégagé ?
  6. Donner l’énergie électrique par kilogramme d’aluminium.
Solution

Solution de Problème 11.1.

1. Aluminium +3→0+3 \to 0 ; l’oxygène reste à −2-2 ; carbone 0→+40 \to +4. 2. Cathode AlX3++3 eX−→Al\ce{Al^3+ + 3e- -> Al} ; anode C+2 OX2−→COX2+4 eX−\ce{C + 2O^2- -> CO2 + 4e-}. 3. 2 AlX2OX3+3 C→4 Al+3 COX2\ce{2Al2O3 + 3C -> 4Al + 3CO2}, n=12n = 12. 4. AlX2OX3\ce{Al2O3} : −1328.3+0.75×(1328.3−1262.3)=−1278.8 kJ/mol-1328.3 + 0.75 \times (1328.3 - 1262.3) = -1278.8\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} ; COX2\ce{CO2} : −396.1 kJ/mol-396.1\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}. 5. 3(−396.1)−2(−1278.8)=+1369 kJ3(-396.1) - 2(-1278.8) = +1369\,\mathrm{kJ}. 6. 1 369 000/(12×96 485)=1.18 V1\,369\,000/(12 \times 96\,485) = 1.18\,\mathrm{V}. 7. 2×1278.8/(12×96.485)=2.21 V2 \times 1278.8/(12 \times 96.485) = 2.21\,\mathrm{V} : l’oxydation du carbone, elle-même exergonique, paie près de la moitié du travail de décomposition de l’oxyde. 8. 106/26.982=3.706×104 mol10^6/26.982 = 3.706 \times 10^{4}\,\mathrm{mol}. 9. 3×96 485×3.706×104=1.073×1010 C3 \times 96\,485 \times 3.706 \times 10^4 = 1.073 \times 10^{10}\,\mathrm{C}. 10. 1.073×1010/0.94=1.141×1010 C1.073 \times 10^{10}/0.94 = 1.141 \times 10^{10}\,\mathrm{C}. 11. 1.141×1010/3.0×105=3.80×104 s1.141 \times 10^{10}/3.0 \times 10^5 = 3.80 \times 10^{4}\,\mathrm{s}, 10.6 h10.6\,\mathrm{h}. 12. 24/10.6=2.2724/10.6 = 2.27 : 2.27 t2.27\,\mathrm{t} par jour. 13. Une partie de l’aluminium dissous dans le bain atteint le gaz anodique et est réoxydée par le dioxyde de carbone : sa charge est donc dépensée deux fois ; une partie du courant fuit aussi à travers le bain sans l’électrolyser. 14. 1.141×1010×4.1=4.68×1010 J1.141 \times 10^{10} \times 4.1 = 4.68 \times 10^{10}\,\mathrm{J}, 13.0 MW h13.0\,\mathrm{MW}\,\mathrm{h}. 15. 13.0 kW h/kg13.0\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h}/\mathrm{kg}. 16. 3×96 485×1.18/0.026982=1.27×107 J/kg3 \times 96\,485 \times 1.18/0.026982 = 1.27 \times 10^{7}\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}, 3.5 kW h/kg3.5\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h}/\mathrm{kg}. 17. En chaleur : les surtensions des électrodes et, surtout, la chute ohmique dans le bain. Cette chaleur maintient le bain fondu vers 1250 K1250\,\mathrm{K}, ce qui exigerait sinon du combustible. 18. 4.1×3.0×105=1.23 MW4.1 \times 3.0 \times 10^5 = 1.23\,\mathrm{MW}. 19. 28 690/0.026982=1.06×106 J/kg28\,690/0.026982 = 1.06 \times 10^{6}\,\mathrm{J}/\mathrm{kg}, 0.30 kW h/kg0.30\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h}/\mathrm{kg} : environ 2 % de l’énergie de l’électrolyse. 20. 1.18/4.1=0.291.18/4.1 = 0.29. 21. 3.706×104×3/4×12.011=334 kg3.706 \times 10^4 \times 3/4 \times 12.011 = 334\,\mathrm{kg}. 22. 3.706×104×3/4×44.009=1.22×103 kg3.706 \times 10^4 \times 3/4 \times 44.009 = 1.22 \times 10^{3}\,\mathrm{kg}. 23. Le haut des anodes, chaud, brûle dans l’air ; une partie du carbone part sous forme de monoxyde de carbone (C+COX2→2 CO\ce{C + CO2 -> 2CO} à cette température), ce qui consomme deux fois plus de carbone par atome d’oxygène. 24. 1.22 kg1.22\,\mathrm{kg} de COX2\ce{CO2} par kilogramme d’aluminium. 25. La tension minimale augmenterait d’environ 1.03 V1.03\,\mathrm{V}, mais l’anode dégagerait du dioxygène au lieu de dioxyde de carbone et ne serait pas consommée. 26. La cuve consomme ≈13 kW h\boldsymbol{\approx 13\,\mathrm{kW}\,\mathrm{h}} d’énergie électrique par kilogramme d’aluminium.

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