Chimie universitaire — 3e année · Bachelor Year 3
23Matériaux inorganiques et nanomatériaux
Une plaque d’aérogel de silice, un solide fait surtout d’air, tient une fleur au-dessus d’une flamme de gaz sans la laisser se faner. C’est un verre, obtenu non pas en fondant du sable mais en laissant un liquide se figer en gel, puis en séchant ce gel sans le laisser s’effondrer. La chimie des matériaux procède dans cet ordre : choisir la structure, puis la voie qui la produit, puis en déduire les propriétés. Ce chapitre suit les voies d’accès aux solides inorganiques, les structures des céramiques, des verres et des cristaux poreux, et ce qui arrive à la matière quand une particule ne mesure que quelques nanomètres.
Rappel
Le volume de première année a décrit les types de structures cristallines, les sites interstitiels, les variétés allotropiques, le graphite et le diamant ; le volume de deuxième année, les diagrammes de phases, la température de transition vitreuse et les polymères. Le Chapitre 16 a défini la surface spécifique, le Chapitre 17 les sols et les gels, le Chapitre 22 les bandes, les défauts ponctuels et les conducteurs ioniques ; le Chapitre 1 a résolu la particule dans une boîte, et le Chapitre 4 a donné le groupe icosaédrique.
23.1 Voies de synthèse
Définition 23.1 (Méthode céramique)
La méthode céramique prépare un composé solide en broyant ensemble les réactifs solides et en les chauffant, souvent pendant des jours et avec des rebroyages, à des températures assez élevées pour que les ions diffusent à travers les solides.
La réaction de deux solides a lieu à leur contact, et le produit forme entre eux une couche que les ions doivent ensuite traverser : l’étape la plus lente est la diffusion, qui ralentit à mesure que la couche s’épaissit.
Proposition 23.2 (Croissance parabolique)
Si la croissance d’une couche de produit est limitée par la diffusion à travers elle, son épaisseur croît selon .
Démonstration. Les concentrations étant fixées sur les deux faces de la couche, le flux qui la traverse suit la loi de Fick, . La couche croît proportionnellement au flux : , avec le volume de produit par mole transportée. Alors , et l’intégration à partir de en donne . ∎
Doubler la taille des particules multiplie donc le temps de réaction par quatre : d’où le broyage fin, le mélange à l’échelle atomique dans un précurseur (un oxalate mixte ou un gel de citrate qui se décompose en la phase visée), ou une voie en solution.
Définition 23.3 (Procédé sol–gel)
Le procédé sol–gel prépare un oxyde par hydrolyse et condensation de précurseurs moléculaires, en général des alcoxydes, en solution : la solution devient un sol de petits agrégats d’oxyde, puis un gel, réseau solide continu imprégné de liquide. Séché par évaporation, le gel se contracte en un xérogel dense ; séché au-dessus du point critique du liquide, ce qui l’élimine sans interface liquide–gaz, il garde son volume sous forme d’aérogel.
Les deux réactions donnent ensemble, pour une réaction complète, . La catalyse acide rend l’hydrolyse rapide et la condensation lente, ce qui donne des polymères fins, en chaînes ; la catalyse basique produit l’inverse, des particules denses. Les revêtements (couches antireflet sur le verre) sont obtenus en trempant une pièce dans le sol puis en l’en retirant.
Définition 23.4 (Synthèse hydrothermale)
La synthèse hydrothermale fait cristalliser un solide à partir d’eau au-dessus de sa température d’ébullition normale, dans un récipient fermé sous sa propre pression de vapeur ; la synthèse solvothermale fait de même dans un autre solvant.
Définition 23.5 (Dépôt chimique en phase vapeur)
Le dépôt chimique en phase vapeur (CVD) fait croître un film solide sur une surface chauffée par la réaction de précurseurs gazeux à son contact, comme le silicium à partir du silane, , ou le diamant à partir de méthane et de dihydrogène.
Méthode 23.6 (Choisir une voie de synthèse)
- Un oxyde stable et réfractaire en poudre massive : la méthode céramique, avec un précurseur si le mélange est difficile.
- Une phase métastable, une poudre fine ou un revêtement à basse température : sol–gel ou précipitation.
- De gros monocristaux d’une phase soluble seulement dans l’eau chaude (quartz) ou une charpente construite autour d’un gabarit (zéolithes) : voie hydrothermale.
- Un film mince et pur sur un substrat (couches de semi-conducteurs) : CVD.
Au laboratoire — Un revêtement sol–gel et un autoclave
On agite l’orthosilicate de tétraéthyle avec de l’éthanol, de l’eau et une goutte d’acide jusqu’à ce que la solution soit limpide ; une lame de verre propre y est trempée puis retirée à vitesse lente et constante, séchée et chauffée, ce qui laisse un film de silice assez mince pour montrer des couleurs d’interférence. Pour une synthèse hydrothermale, les réactifs sont placés dans une chemise en polytétrafluoroéthylène, remplie au plus aux deux tiers environ pour que le liquide en se dilatant ne remplisse pas le récipient, scellée dans un autoclave en acier et chauffée dans une étuve ; l’autoclave n’est ouvert qu’une fois froid.
23.2 Céramiques et verres
Définition 23.7 (Céramique)
Une céramique est un solide inorganique non métallique obtenu en chauffant une poudre : oxydes, nitrures et carbures, ou produits argileux.
Définition 23.8 (Structure pérovskite)
La structure pérovskite d’un oxyde place les petits cations B aux centres d’octaèdres liés par leurs sommets et les gros cations A dans les cavités de coordinence douze qui les séparent ; dans la maille cubique idéale, B est au centre, O aux centres des faces, A aux sommets. Le facteur de tolérance mesure à quel point les ions s’ajustent :
Proposition 23.9 (Facteur de tolérance idéal)
Dans la pérovskite cubique idéale, les ions étant en contact selon les directions B–O et A–O, .
Démonstration. Pour une arête , B au centre et O au centre d’une face sont distants de : . A à un sommet et O au centre d’une face adjacente sont distants d’une demi-diagonale de face : . En divisant, , donc . ∎
Lorsque est légèrement inférieur à 1, l’ion A est trop petit pour sa cavité et les octaèdres basculent pour se refermer autour de lui, ce qui abaisse la symétrie ; lorsque est supérieur à 1, l’ion B est trop petit pour son octaèdre et peut se décentrer.
Définition 23.10 (Ferroélectrique)
Un ferroélectrique est un cristal doté d’une polarisation électrique spontanée qu’un champ électrique appliqué peut inverser.
Le titanate de baryum est le cas classique : avec (coordinence douze), et , . Au-dessous d’une température de transition, les ions titane se décentrent, tous dans la même direction au sein d’un domaine, et le cristal se polarise ; l’énorme permittivité au voisinage de la transition fait du titanate de baryum le diélectrique de la plupart des condensateurs céramiques.
Définition 23.11 (Verres d’oxydes)
Un verre d’oxydes est un solide oxyde amorphe, obtenu en refroidissant un liquide fondu sans cristallisation. Ses formateurs de réseau (, , ) construisent un réseau continu de polyèdres liés par leurs sommets ; ses modificateurs de réseau (, ) rompent des ponts de ce réseau, chaque ion oxyde ajouté transformant un oxygène pontant en deux oxygènes non pontants, les cations se logeant dans les trous.
William Zachariasen soutint en 1932 qu’un oxyde forme facilement un verre lorsque son cation est entouré de peu d’oxygènes (trois ou quatre), que chaque oxygène relie au plus deux cations et que les polyèdres partagent des sommets, non des arêtes ou des faces : un réseau désordonné ne coûte alors guère plus d’énergie que le cristal. Le verre à vitre est de la silice additionnée d’oxydes de sodium et de calcium comme modificateurs, qui abaissent la température de fusion. Le verre trempé chimiquement des téléphones est plongé dans du nitrate de potassium fondu : des ions , plus gros, remplacent les ions de la surface et, à l’étroit, la mettent en compression, si bien que les fissures ne s’ouvrent pas.
23.3 Solides poreux : zéolithes et réseaux
Définition 23.12 (Zéolithes)
Une zéolithe est un aluminosilicate cristallin dont la charpente de tétraèdres et liés par leurs sommets renferme des cages et des canaux de taille moléculaire, contenant des cations échangeables et de l’eau. Un tamis moléculaire est un solide poreux qui admet les molécules selon leur taille ; la sélectivité de forme est le contrôle d’une réaction par la taille et la forme des pores dans lesquels elle a lieu.
Chaque tétraèdre porte une charge négative de plus qu’un tétraèdre (aluminium(III) à la place de silicium(IV)) ; les cations des cages, ou , la compensent et peuvent être échangés.
Proposition 23.13 (Règle de Löwenstein)
Dans une charpente de zéolithe, deux tétraèdres ne partagent jamais un oxygène : les liaisons Al–O–Al sont absentes (une observation sur toutes les charpentes d’aluminosilicates connues). En conséquence, le rapport Si/Al d’une zéolithe vaut au moins 1.
Démonstration de la conséquence. Chaque aluminium a quatre oxygènes, chacun partagé avec un silicium d’après la règle : liaisons Al–O–Si. Chaque silicium n’a que quatre oxygènes et participe donc à au plus quatre de ces liaisons : , c’est-à-dire . L’égalité impose que chaque silicium ait quatre voisins aluminium : Si et Al alternent. ∎
Méthode 23.14 (Formule et capacité d’échange d’une zéolithe)
- Écrire la charpente sous la forme : Si/Al .
- La charge de la charpente est compensée par des cations : monovalents ou divalents.
- La capacité d’échange est la quantité de charge échangeable par gramme : moles de cations monovalents, de cations divalents, avec la masse molaire de la formule telle qu’elle est pesée (anhydre ou hydratée).
Proposition 23.15 (Capacité d’échange)
La capacité d’une zéolithe pour un cation de charge vaut moles par gramme, où est le nombre d’atomes d’aluminium dans une formule de masse molaire .
Démonstration. Chaque aluminium apporte une charge négative à la charpente ; la neutralité électrique exige unités de charge positive, toutes échangeables, soit cations de charge par unité formulaire, c’est-à-dire par masse . ∎
La zéolithe A a des fenêtres de huit tétraèdres, de de diamètre : l’eau et les petits ions passent, les molécules ramifiées non. La ZSM-5 possède deux systèmes de canaux de dix tétraèdres, d’environ 0.51 à : lors de la conversion du méthanol ou de l’alkylation du toluène, le para-xylène, élancé, diffuse vers l’extérieur bien plus vite que ses isomères ortho et meta, qui restent et s’isomérisent. C’est la sélectivité de forme.
Définition 23.16 (Réseaux métallo-organiques)
Un réseau métallo-organique (MOF) est un solide cristallin construit à partir d’ions ou d’agrégats métalliques reliés par des ligands organiques polytopiques en un réseau poreux. Une unité de construction secondaire est l’agrégat métallique avec ses groupes coordinants, traité comme un nœud du réseau ; la synthèse réticulaire est la conception d’un réseau par le choix de nœuds et de ligands de géométrie donnée, de sorte qu’ils s’assemblent selon une topologie choisie.
Dans le MOF-5, des agrégats portant six groupes carboxylate forment des nœuds octaédriques, et des ligands benzène-1,4-dicarboxylate les relient le long des arêtes d’un réseau cubique, pour une maille de huit nœuds. Remplacer le ligand par un ligand plus long conserve la topologie et agrandit les pores : c’est l’idée réticulaire. De tels réseaux ont des surfaces spécifiques de plusieurs milliers de mètres carrés par gramme et sont étudiés pour stocker le dihydrogène et le méthane et pour capter le dioxyde de carbone.
Définition 23.17 (Tailles de pores)
Par convention, les micropores ont moins de , les mésopores entre 2 et , et les macropores plus de .
Les zéolithes et la plupart des MOF sont microporeux ; les gels de silice et les aérogels, mésoporeux.
23.4 Nanoparticules
Définition 23.18 (Nanomatériaux)
Un nanomatériau a au moins une dimension comprise entre environ 1 et ; une nanoparticule les a toutes les trois.
Proposition 23.19 (Agrégats magiques)
Un agrégat cuboctaédrique formé d’un atome central et de couches complètes compte
atomes, dont en surface : 13, 55, 147, 309, …
Démonstration. La -ième couche d’un cuboctaèdre a 12 sommets, 24 arêtes portant chacune atomes intérieurs, 8 faces triangulaires portant chacune atomes intérieurs et 6 faces carrées portant chacune : au total . Alors , qui se développe en la formule ; la couche externe, de atomes, est la surface. ∎
Avec une grande fraction de ses atomes en surface, où ils ont moins de voisins, une nanoparticule fond à plus basse température que le métal massif, est plus réactive et peut être un bien meilleur catalyseur : l’or massif est inerte, alors que des particules d’or de quelques nanomètres oxydent le monoxyde de carbone à température ambiante.
Définition 23.20 (Boîtes quantiques)
Une boîte quantique est un nanocristal semi-conducteur assez petit pour que le confinement de ses électrons et de ses trous élève sa bande interdite au-dessus de celle du solide massif.
Théorème 23.21 (Confinement dans une sphère)
Une particule de masse confinée dans une sphère de rayon par des parois infinies a pour énergie fondamentale , avec la fonction d’onde .
Démonstration. Pour un état à symétrie sphérique , le laplacien donne , si bien que l’équation de Schrödinger à l’intérieur devient , celle d’une particule sur une droite. La solution telle que reste finie au centre vérifie : , avec . La paroi impose , donc pour l’état fondamental, et . ∎
Dans une boîte quantique, l’électron et le trou sont tous deux confinés ; l’énergie de la plus basse excitation vaut en première approximation, avec leur masse réduite (leur attraction coulombienne l’abaisse un peu). Diviser le rayon par deux multiplie l’énergie de confinement par quatre : des boîtes de séléniure de cadmium de quelques nanomètres émettent du rouge, du vert ou du bleu selon leur seule taille, et servent d’émetteurs dans les écrans.
Définition 23.22 (Résonance plasmonique de surface)
Une résonance plasmonique de surface est une oscillation collective des électrons de conduction d’une nanoparticule métallique excitée par la lumière ; elle donne une bande d’absorption intense dont la longueur d’onde dépend du métal, de la taille et de la forme de la particule et de son environnement.
Des nanoparticules d’or de quelques dizaines de nanomètres absorbent la lumière verte et paraissent rouge rubis dans un verre ou un colloïde ; lorsqu’elles s’agrègent, la bande se déplace vers les grandes longueurs d’onde et la couleur vire au bleu : c’est le principe de nombreux tests rapides, dans lesquels un colloïde d’or recouvert d’anticorps se rassemble en une ligne colorée.
23.5 Nanomatériaux carbonés
Définition 23.23 (Nanomatériaux carbonés)
Un fullerène est une molécule-cage fermée d’atomes de carbone, chacun lié à trois autres, avec des cycles à cinq et à six chaînons, comme le icosaédrique. Un nanotube de carbone est un feuillet de graphite enroulé en un cylindre sans couture d’environ un nanomètre de diamètre. Le graphène est une couche unique de graphite, épaisse d’un seul atome.
Proposition 23.24 (Douze pentagones)
Tout fullerène compte exactement douze pentagones, quel que soit son nombre d’hexagones.
Démonstration. Une cage fermée est un polyèdre : la formule d’Euler s’applique. Chaque atome a trois liaisons et chaque liaison deux atomes : . Avec pentagones et hexagones, le décompte des arêtes par les faces donne , et . Alors et la formule d’Euler s’écrit , c’est-à-dire , donc : . ∎
Proposition 23.25 (Nanotubes métalliques et semi-conducteurs)
Un nanotube de carbone monoparoi est métallique lorsque est un multiple de 3, et semi-conducteur sinon.
Démonstration. Admis à ce niveau. ∎
Un tiers de tous les tubes possibles sont donc métalliques, parmi lesquels tous les tubes fauteuil ; la bande interdite des autres diminue quand leur diamètre augmente. Le graphène lui-même n’a aucune bande interdite : ses bandes de valence et de conduction se touchent en des points isolés, et ses électrons se déplacent comme s’ils n’avaient pas de masse.
Sécurité
Orthosilicate de tétraéthyle : liquide et vapeurs inflammables, nocif par inhalation, irritant pour les yeux et les voies respiratoires ; manipulé sous une hotte. Nanopoudres : les particules les plus fines pénètrent profondément dans les poumons, et beaucoup ne sont pas encore classées ; elles sont pesées et manipulées dans une enceinte ou en suspension, jamais sous forme de poussière libre à l’air.
Histoire des sciences — Des nanoparticules avant le mot, et un ballon de football en carbone
Les verriers coloraient le verre en rouge avec de l’or bien avant que quiconque sache pourquoi ; la coupe de Lycurgue en montre l’effet le plus frappant. Michael Faraday prépara des colloïdes d’or dans les années 1850 et vit que leur couleur venait de particules trop petites pour être vues. En 1985, Harold Kroto, Robert Curl et Richard Smalley, en vaporisant du graphite au laser, découvrirent que les agrégats de soixante atomes de carbone étaient exceptionnellement stables et proposèrent la cage fermée de douze pentagones et vingt hexagones ; ils reçurent le prix Nobel de chimie 1996.
23.6 Exercices
Exercice 23.1 ★
Une couche de produit entre deux solides a une épaisseur de au bout de . Au bout de combien de temps atteindra-t-elle , si la croissance est parabolique ?
Solution
Solution de Exercice 23.1.
: une couche trois fois plus épaisse demande neuf fois plus de temps, .
Exercice 23.2 ★
Écrire l’hydrolyse de l’orthosilicate de tétraéthyle en acide silicique, la condensation de deux molécules d’acide silicique, et la réaction globale qui donne la silice.
Solution
Solution de Exercice 23.2.
Hydrolyse : . Condensation : . Bilan : .
Exercice 23.3 ★
Classer , , et en formateurs ou en modificateurs de réseau, et dire ce que fait au réseau de la silice.
Solution
Solution de Exercice 23.3.
Formateurs : , . Modificateurs : , . Chaque ion oxyde de rompt un pont Si–O–Si en deux extrémités Si–O, chacune associée à un ion : le réseau est coupé, le liquide fondu s’écoule plus facilement et fond plus bas.
Exercice 23.4 ★
Combien de pentagones et d’hexagones possède ? Combien de liaisons ?
Solution
Solution de Exercice 23.4.
Douze pentagones (comme pour tout fullerène). , liaisons, faces, donc hexagones.
Exercice 23.5 ★★
Calculer les facteurs de tolérance de , et avec les rayons en coordinence douze de (), () et (), et . Que prévoient-ils ?
Solution
Solution de Exercice 23.5.
. : , la pérovskite cubique idéale. : , titane trop petit pour son octaèdre, décentré : ferroélectrique. : , calcium trop petit pour sa cavité : octaèdres basculés, symétrie abaissée.
Exercice 23.6 ★★
Une zéolithe X a pour formule anhydre (données de l’exercice). Donner Si/Al et sa capacité d’échange pour en millimoles par gramme.
Solution
Solution de Exercice 23.6.
Si/Al . ; 43 ions par formule : .
Exercice 23.7 ★★
L’or est cubique à faces centrées avec . Estimer le nombre de couches d’une particule d’or cuboctaédrique d’environ de diamètre, son nombre d’atomes et la fraction située en surface.
Solution
Solution de Exercice 23.7.
Distance entre plus proches voisins . Un agrégat de couches mesure de diamètre : , donc (). atomes, dont en surface : 31 %.
Exercice 23.8 ★★
Un semi-conducteur a une bande interdite massive de , et son électron et son trou une masse réduite de (données de l’exercice). Estimer la couleur de la lumière émise par des boîtes de rayon 2.0 et , en négligeant l’attraction coulombienne.
Solution
Solution de Exercice 23.8.
avec : pour et pour . Émission à , (bleu), et à , (jaune) : la plus petite boîte émet la lumière la plus bleue.
Exercice 23.9 ★★
Les nanotubes , , et sont-ils métalliques ou semi-conducteurs ? Lesquels sont de type fauteuil, lesquels de type zigzag ?
Solution
Solution de Exercice 23.9.
: fauteuil, , métallique. : zigzag, 10 n’est pas un multiple de 3, semi-conducteur. : zigzag, métallique. : ni l’un ni l’autre (chiral), , semi-conducteur.
Exercice 23.10 ★★★
Le MOF-5, , est cubique avec et huit unités formulaires par maille. Calculer sa masse volumique. Si un gramme a une surface de (données de l’exercice), à combien de terrains de football de cela correspond-il ?
Solution
Solution de Exercice 23.10.
; ; . Un terrain mesure : un gramme en couvre , et une cuillerée de quelques grammes plus d’un terrain entier.
Exercice 23.11 ★★★
À l’aide du décompte des couches de la Proposition 23.19, montrer que la fraction en surface d’un agrégat cuboctaédrique tend vers pour grand, et la comparer à la fraction exacte pour .
Solution
Solution de Exercice 23.11.
. Pour : valeur exacte , contre ; l’approximation surestime la fraction des petits agrégats, dont les couches internes ne sont pas négligeables.
Exercice 23.12 ★★★
Une cage de carbone fermée, à trois liaisons par atome, contient pentagones, hexagones et heptagones. Montrer que .
Solution
Solution de Exercice 23.12.
, , . Euler : , avec : , donc , c’est-à-dire : . Chaque heptagone exige un pentagone supplémentaire.
23.7 Problème : adoucir l’eau avec la zéolithe A
Problème 23.1
Problème du week-end — adoucir l’eau avec la zéolithe A : la formule et la règle de Löwenstein, la capacité d’échange théorique, la zéolithe nécessaire pour un lavage, et la fenêtre qui laisse entrer le calcium et retient les détergents
La zéolithe A, utilisée dans les lessives à la place des phosphates, a pour formule et des fenêtres de de diamètre. Une eau du robinet contient de , et un lavage en utilise ; pendant la durée d’un lavage, la zéolithe atteint 60 % de sa capacité (données du problème).
Partie I — La formule.
- Calculer la masse molaire de la formule anhydre.
- Calculer celle de la formule hydratée.
- Donner Si/Al.
- Énoncer la règle de Löwenstein et ce qu’elle implique ici pour l’arrangement de Si et Al.
- Quelle est la charge de la charpente par formule ?
- Calculer la fraction massique d’eau dans la zéolithe hydratée.
Partie II — Capacité d’échange.
- Écrire l’équilibre d’échange entre la zéolithe sodique et les ions calcium.
- Combien d’ions une formule peut-elle fixer ?
- Calculer la capacité théorique de la zéolithe anhydre en mmol de par gramme.
- La calculer pour la zéolithe hydratée.
- Exprimer la capacité anhydre en milligrammes de par gramme, l’unité usuelle de la dureté de l’eau.
Partie III — Un lavage.
- Calculer la quantité de dans l’eau d’un lavage.
- Calculer la masse de zéolithe hydratée nécessaire à la capacité théorique.
- La calculer à 60 % de la capacité.
- Calculer la masse de sodium libérée dans l’eau.
- Pourquoi les fabricants de lessives ont-ils remplacé les phosphates ?
- Pourquoi la zéolithe A fixe-t-elle plus lentement que ?
Partie IV — La fenêtre.
- Comparer la fenêtre au diamètre d’un ion (rayon en coordinence six ).
- Que doit faire un ion hydraté pour passer ?
- Pourquoi un anion tensioactif comme le dodécylsulfate reste-t-il à l’extérieur ?
- Que fait la zéolithe A comme agent desséchant, et pourquoi l’appelle-t-on tamis moléculaire ?
- Comment le remplacement de par modifierait-il la taille des molécules admises ?
- Dans la ZSM-5, pourquoi le para-xylène quitte-t-il les pores plus vite que l’ortho-xylène ?
- Énoncer le résultat : la capacité d’échange théorique de la zéolithe A anhydre pour .
Solution
Solution de Problème 23.1.
1. : .
2. .
3. Si/Al .
4. Pas de liaisons Al–O–Al ; avec Si/Al , chaque Si a quatre voisins Al et chaque Al quatre voisins Si : alternance stricte.
5. , une par aluminium.
6. %.
7. .
8. Six (douze charges).
9. .
10. .
11. de par gramme.
12. .
13. .
14. .
15. de , .
16. Les phosphates des eaux usées nourrissent les algues des rivières et des lacs ; leur prolifération puis leur décomposition consomment l’oxygène dissous (eutrophisation).
17. L’ion , plus petit, retient plus fortement ses molécules d’eau ; il doit s’en défaire pour franchir la fenêtre et atteindre les sites, ce qui est lent aux températures de lavage.
18. L’ion nu mesure environ de diamètre, la moitié de la fenêtre.
19. L’ion hydraté est plus gros que la fenêtre : il doit perdre une partie de sa couche d’hydratation pour passer, et les oxygènes de la charpente prennent la place de l’eau.
20. La charpente est chargée négativement et n’échange que des cations ; un gros anion à longue chaîne est repoussé et ne peut pas franchir la fenêtre, si bien qu’il reste dans l’eau, où il fait son travail.
21. Déshydratée, la zéolithe fixe fortement l’eau dans ses cages ; seules les molécules plus petites que la fenêtre entrent, si bien qu’elle sépare les molécules selon leur taille : un tamis à l’échelle moléculaire.
22. Les ions , plus gros, se logent dans les fenêtres et les rétrécissent : seules des molécules plus petites, comme l’eau, sont admises.
23. L’isomère para, élancé et linéaire, s’ajuste aux canaux et diffuse vite ; les isomères ortho et meta, plus larges, diffusent lentement, restent et s’isomérisent.
24. La zéolithe A anhydre peut fixer, en théorie, de par gramme.