Chemistry · Livre 4 · Bachelor Year 3

Chimie universitaire — 3e année

Chimie universitaire — 3e année · Bachelor Year 3

8La RMN approfondie : impulsions, relaxation et 2D

L’appareil d’IRM d’un hôpital et le spectromètre de RMN d’un département de chimie fonctionnent sur le même principe. Chacun place des noyaux d’hydrogène dans un champ magnétique intense, bascule leur aimantation par une brève impulsion d’ondes radio, et écoute le faible signal qu’elle induit en précessant puis en relaxant. L’appareil d’IRM transforme le signal en une image des tissus mous ; le spectromètre, en une liste de déplacements chimiques et de couplages, et, avec plusieurs impulsions successives, en cartes bidimensionnelles qui montrent quel atome est lié à quel autre. Ce chapitre explique ce que font les impulsions, pourquoi le signal s’évanouit, et comment se lisent les spectres bidimensionnels — la méthode par laquelle on résout aujourd’hui la plupart des nouvelles structures organiques.

Rappel

Le volume de première année a interprété des spectres de RMN du 1{}^1H : déplacement chimique, blindage, protons équivalents, intégration, couplage spin–spin, constantes de couplage et multiplets. Le volume de deuxième année a ajouté la RMN du 13{}^{13}C avec découplage large bande et DEPT, dont il a admis la séquence d’impulsions ; les impulsions sont expliquées ici. Le Chapitre 2 a traité le spin comme un moment cinétique. De la physique : un moment magnétique dans un champ a l’énergie −μ⋅B-\boldsymbol\mu\cdot\mathbf B, et les populations des niveaux suivent le facteur de Boltzmann e−ΔE/kT\eu^{-\Delta E/kT}, développé au Chapitre 10.

À gauche : un appareil d’IRM hospitalier. À droite : un laboratoire de RMN ; chaque aimant supraconducteur se tient dans son cryostat, rempli d’hélium et d’azote liquides à partir des vases Dewar de gauche. Photographie Shandchem, CC BY 2.0. À gauche : un appareil d’IRM hospitalier. À droite : un laboratoire de RMN ; chaque aimant supraconducteur se tient dans son cryostat, rempli d’hélium et d’azote liquides à partir des vases Dewar de gauche. Photographie Shandchem, CC BY 2.0.
À gauche : un appareil d’IRM hospitalier. À droite : un laboratoire de RMN ; chaque aimant supraconducteur se tient dans son cryostat, rempli d’hélium et d’azote liquides à partir des vases Dewar de gauche. Photographie Shandchem, CC BY 2.0.

8.1 Spins nucléaires dans un champ magnétique

Définition 8.1 (Nombre quantique de spin nucléaire, rapport gyromagnétique)

Un noyau possède un moment cinétique de spin de nombre quantique II, son nombre quantique de spin nucléaire (I=0I = 0 pour X12X2212C\ce{^{12}C}, X16X2216O\ce{^{16}O} ; 12\frac12 pour X1X221H\ce{^1H}, X13X2213C\ce{^{13}C}, X15X2215N\ce{^{15}N}, X19X2219F\ce{^{19}F}, X31X2231P\ce{^{31}P} ; 1 pour X2X222H\ce{^2H}, X14X2214N\ce{^{14}N}), et un moment magnétique μ=γI^\boldsymbol\mu = \gamma\hat{\mathbf I} qui lui est proportionnel ; γ\gamma est le rapport gyromagnétique. Selon un champ B0B_0 (axe zz), I^z\hat I_z prend les valeurs mIℏm_I\hbar, mI=−I,…,Im_I = -I, \dots, I.

Proposition 8.2 (Niveaux Zeeman)

Dans un champ B0B_0, les niveaux sont Em=−mIγℏB0E_m = -m_I\gamma\hbar B_0 ; les transitions ΔmI=±1\Delta m_I = \pm1 absorbent à la fréquence

ν0=γB02π.\nu_0 = \frac{\gamma B_0}{2\pi}.

Démonstration. E=−μ⋅B=−γB0I^zE = -\boldsymbol\mu\cdot\mathbf B = -\gamma B_0\hat I_z, de valeurs propres −γB0mIℏ-\gamma B_0m_I\hbar. Deux niveaux adjacents diffèrent de γℏB0=hν0\gamma\hbar B_0 = h\nu_0. ∎

Définition 8.3 (Fréquence de Larmor)

ν0=γB0/2π\nu_0 = \gamma B_0/2\pi est la fréquence de Larmor du noyau : la fréquence de la résonance, et aussi la fréquence à laquelle son moment magnétique précesse autour du champ.

Exemple 8.4 (Les noyaux courants)

Pour un noyau de spin 12\frac12 et de moment μ\mu, γ/2π=μ/(Ih)=2μ/h\gamma/2\pi = \mu/(Ih) = 2\mu/h. Avec les moments mesurés : X1X221H\ce{^1H} 42.58 MHz/T42.58\,\mathrm{MHz}/\mathrm{T}, X19X2219F\ce{^{19}F} 40.08 MHz/T40.08\,\mathrm{MHz}/\mathrm{T}, X31X2231P\ce{^{31}P} 17.25 MHz/T17.25\,\mathrm{MHz}/\mathrm{T}, X13X2213C\ce{^{13}C} 10.71 MHz/T10.71\,\mathrm{MHz}/\mathrm{T}, X15X2215N\ce{^{15}N} −4.32 MHz/T-4.32\,\mathrm{MHz}/\mathrm{T}. Un « spectromètre à 400 MHz400\,\mathrm{MHz} » a B0=9.4 TB_0 = 9.4\,\mathrm{T} : ses protons résonnent à 400.2 MHz400.2\,\mathrm{MHz}, ses carbones à 100.7 MHz100.7\,\mathrm{MHz}.

Proposition 8.5 (Une infime différence de population)

Pour un spin 12\frac12 à la température TT, l’excès de noyaux dans le niveau inférieur vaut

Nα−NβN≈γℏB02kT.\frac{N_\alpha - N_\beta}{N} \approx \frac{\gamma\hbar B_0}{2kT}.

Démonstration. Nβ/Nα=e−ΔE/kT≈1−ΔE/kTN_\beta/N_\alpha = \eu^{-\Delta E/kT} \approx 1 - \Delta E/kT puisque ΔE≪kT\Delta E \ll kT ; donc (Nα−Nβ)/(Nα+Nβ)≈ΔE/2kT(N_\alpha - N_\beta)/(N_\alpha + N_\beta) \approx \Delta E/2kT, avec ΔE=γℏB0\Delta E = \gamma\hbar B_0. ∎

Pour des protons à 9.4 T9.4\,\mathrm{T} et 300 K300\,\mathrm{K}, l’excès vaut 3.2×10−53.2 \times 10^{-5} : seuls trois noyaux sur cent mille contribuent. Comme l’excès et la tension induite dans la bobine croissent tous deux avec γ\gamma et B0B_0, le signal croît à peu près comme γ3B02\gamma^3B_0^2 : d’où la course à des aimants toujours plus intenses, et la faible sensibilité des noyaux de petit γ\gamma et de faible abondance naturelle, comme X13X2213C\ce{^{13}C}.

8.2 Impulsions et signal de précession libre

Définition 8.6 (Aimantation résultante, référentiel tournant)

L’aimantation résultante M\mathbf M d’un échantillon est la somme de ses moments magnétiques nucléaires par unité de volume ; à l’équilibre, elle vaut M0M_0 selon B0\mathbf B_0. Le référentiel tournant est un système d’axes x′x', y′y', zz tournant autour de zz à la fréquence des ondes radio appliquées ; on y voit la précession à ν0\nu_0 ralentie jusqu’au décalage ν0−νrf\nu_0 - \nu_{\mathrm{rf}}.

Proposition 8.7 (Précession)

Une aimantation dans un champ obéit à  ⁣dM/ ⁣dt=γ M×B\dd\mathbf M/\dd t = \gamma\,\mathbf M\times\mathbf B ; dans un champ statique B0ezB_0\mathbf e_z, sa composante transversale tourne autour de zz à la pulsation ω0=γB0\omega_0 = \gamma B_0, tandis que MzM_z reste constante.

Démonstration partielle. L’équation est l’équation classique du couple pour un moment magnétique porteur d’un moment cinétique, admise de la physique. Avec B=B0ez\mathbf B = B_0\mathbf e_z : M˙x=γB0My\dot M_x = \gamma B_0M_y, M˙y=−γB0Mx\dot M_y = -\gamma B_0M_x, M˙z=0\dot M_z = 0, dont la solution est Mx+iMy∝e−iγB0tM_x + \iu M_y \propto \eu^{-\iu\gamma B_0t} : une rotation à ω0\omega_0 (dans le sens horaire vu depuis +z+z pour γ>0\gamma > 0). ∎

Définition 8.8 (Impulsion de radiofréquence, angle de basculement)

Une impulsion de radiofréquence est une brève salve d’ondes radio à νrf≈ν0\nu_{\mathrm{rf}} \approx \nu_0, dont le champ magnétique B1B_1, fixe dans le référentiel tournant selon x′x', fait tourner M\mathbf M autour de x′x'. L’angle parcouru est l’angle de basculement θ=γB1tp\theta = \gamma B_1t_p pour une impulsion de durée tpt_p : une impulsion de 90∘90^\circ amène M\mathbf M dans le plan x′y′x'y', une impulsion de 180∘180^\circ l’inverse.

L’aimantation dans le référentiel tournant. Une impulsion de 90 autour de x' fait passer M de z à y' (pour > 0, la rotation suit la règle de la main gauche autour de B_1, convention usuelle) ; une impulsion de 180 l’inverse.
L’aimantation dans le référentiel tournant. Une impulsion de 90∘90^\circ autour de x′x' fait passer M\mathbf M de zz à y′y' (pour γ>0\gamma > 0, la rotation suit la règle de la main gauche autour de B1\mathbf B_1, convention usuelle) ; une impulsion de 180∘180^\circ l’inverse.

Définition 8.9 (Signal de précession libre)

Après une impulsion de 90∘90^\circ, l’aimantation transversale précesse à la fréquence de Larmor et induit une tension oscillante dans la bobine qui entoure l’échantillon, tension qui s’éteint à mesure que l’aimantation relaxe : c’est le signal de précession libre (FID).

Théorème 8.10 (Du FID au spectre)

La transformée de Fourier d’une oscillation amortie e−t/T2cos⁡(2πνt)\eu^{-t/T_2}\cos(2\pi\nu t) (t≥0t \ge 0) est, au voisinage de ν\nu, une raie lorentzienne de largeur à mi-hauteur 1/(πT2)1/(\pi T_2).

Démonstration. Écrivons le signal e−t/T2e2πiνt\eu^{-t/T_2}\eu^{2\pi\iu\nu t} et intégrons : ∫0∞e−t/T2e2πi(ν−f)t ⁣dt=11/T2−2πi(ν−f)\int_0^\infty\eu^{-t/T_2}\eu^{2\pi\iu(\nu - f)t}\dd t = \frac{1}{1/T_2 - 2\pi\iu(\nu - f)}, dont la partie réelle vaut T21+4π2T22(f−ν)2\frac{T_2}{1 + 4\pi^2T_2^2(f - \nu)^2}. Elle est maximale en f=νf = \nu et tombe à la moitié quand 2πT2∣f−ν∣=12\pi T_2|f - \nu| = 1, c’est-à-dire en f−ν=±1/(2πT2)f - \nu = \pm1/(2\pi T_2) : une largeur totale de 1/(πT2)1/(\pi T_2). ∎

À gauche : le FID de deux raies (décalages de 100 et de 250\, Hz, T_2 = 0.10\, s), présentant des battements dus à l’interférence des deux fréquences dans une enveloppe exponentielle (en tirets). À droite : sa transformée de Fourier, deux raies lorentziennes larges de 3.2\, Hz.
À gauche : le FID de deux raies (décalages de 100 et de 250 Hz250\,\mathrm{Hz}, T2=0.10 sT_2 = 0.10\,\mathrm{s}), présentant des battements dus à l’interférence des deux fréquences dans une enveloppe exponentielle (en tirets). À droite : sa transformée de Fourier, deux raies lorentziennes larges de 3.2 Hz3.2\,\mathrm{Hz}.

Proposition 8.11 (Accumulation du signal)

Additionner NN FID multiplie le signal par NN et le bruit aléatoire par N\sqrt N : le rapport signal sur bruit croît comme N\sqrt N.

Démonstration. Le signal s’additionne de façon cohérente. Le bruit d’acquisitions indépendantes est de moyenne nulle et de variance σ2\sigma^2 chacune ; la variance d’une somme de NN termes indépendants vaut Nσ2N\sigma^2 (la loi de propagation du volume de deuxième année), donc son écart-type vaut Nσ\sqrt N\sigma. ∎

Le DEPT, qui trie les signaux de 13{}^{13}C selon le nombre d’hydrogènes portés, applique aux protons et aux carbones une séquence d’impulsions séparées par des délais de 1/2J1/2J : la grande aimantation des protons est transférée au carbone par le couplage à une liaison, ce qui multiplie le signal du carbone par environ γH/γC≈4\gamma_H/\gamma_C \approx 4, et l’angle de la dernière impulsion sur les protons pondère différemment CH, CHX2\ce{CH2} et CHX3\ce{CH3}. La même idée — déplacer l’aimantation d’un noyau à l’autre par leurs couplages — sous-tend les expériences bidimensionnelles ci-dessous.

8.3 Relaxation

Définition 8.12 (Temps de relaxation longitudinale et transversale)

Le retour de MzM_z à M0M_0 après une perturbation est exponentiel, avec le temps de relaxation longitudinale T1T_1 (relaxation spin–réseau : énergie cédée au milieu). La décroissance de l’aimantation transversale jusqu’à zéro est exponentielle, avec le temps de relaxation transversale T2≤T1T_2 \le T_1 (relaxation spin–spin : perte de cohérence de phase entre les spins).

Proposition 8.13 (Inversion-récupération)

Après une impulsion de 180∘180^\circ, Mz(t)=M0(1−2e−t/T1)M_z(t) = M_0(1 - 2\eu^{-t/T_1}) ; elle s’annule en tnull=T1ln⁡2t_{\mathrm{null}} = T_1\ln2.

Démonstration. L’équation de relaxation  ⁣dMz/ ⁣dt=(M0−Mz)/T1\dd M_z/\dd t = (M_0 - M_z)/T_1 avec Mz(0)=−M0M_z(0) = -M_0 a pour solution M0−2M0e−t/T1M_0 - 2M_0\eu^{-t/T_1}, qui s’annule quand e−t/T1=12\eu^{-t/T_1} = \frac12. ∎

Méthode 8.14 (Mesurer T1T_1 et régler un délai de recyclage quantitatif)

  1. Appliquer la séquence 180∘180^\circ–τ\tau–90∘90^\circ–acquisition pour une série de délais τ\tau, en attendant au moins 5T15T_1 entre deux acquisitions.
  2. Ajuster chaque signal sur M0(1−2e−τ/T1)M_0(1 - 2\eu^{-\tau/T_1}), ou lire le passage à zéro : T1=tnull/ln⁡2T_1 = t_{\mathrm{null}}/\ln2.
  3. Pour une intégration quantitative avec des impulsions de 90∘90^\circ, attendre au moins 5T15T_1 du noyau le plus lent entre deux acquisitions : il manque alors moins de e−5<1 %\eu^{-5} < 1\,\% de l’aimantation.
Relaxation (valeurs modèles). L’aimantation longitudinale inversée revient en passant par zéro à T_1 2 ; l’aimantation transversale décroît plus vite, avec T_2.
Relaxation (valeurs modèles). L’aimantation longitudinale inversée revient en passant par zéro à T1ln⁡2T_1\ln2 ; l’aimantation transversale décroît plus vite, avec T2T_2.

Définition 8.15 (Écho de spin)

Dans la séquence 90∘90^\circ–τ\tau–180∘180^\circ–τ\tau, les spins qui se sont déphasés à cause des inhomogénéités du champ sont refocalisés au temps 2τ2\tau, ce qui produit un écho de spin ; son amplitude décroît avec le vrai T2T_2, affranchie de l’inhomogénéité de l’aimant.

Définition 8.16 (Effet Overhauser nucléaire)

Saturer ou perturber un spin modifie, par leur relaxation dipolaire, l’intensité du signal d’un autre spin proche dans l’espace : c’est l’effet Overhauser nucléaire (NOE). Sa vitesse d’établissement est proportionnelle à r−6r^{-6}, si bien qu’on ne l’observe qu’entre noyaux distants de moins d’environ 0.5 nm0.5\,\mathrm{nm}, qu’ils soient liés ou non.

8.4 La RMN bidimensionnelle

Définition 8.17 (Spectre bidimensionnel, pic de corrélation, pic diagonal)

Un spectre bidimensionnel s’enregistre en répétant une séquence d’impulsions avec un délai t1t_1 incrémenté avant le temps d’acquisition t2t_2 ; une double transformée de Fourier donne une carte de l’intensité en fonction de deux fréquences. Un pic de corrélation en (δ1,δ2)(\delta_1, \delta_2) montre que les noyaux à δ1\delta_1 et à δ2\delta_2 sont reliés (par un couplage ou par la proximité) ; un pic diagonal en (δ,δ)(\delta, \delta) appartient à un seul noyau.

Définition 8.18 (COSY, HSQC, HMBC, NOESY)

La COSY (spectroscopie de corrélation) corrèle des protons couplés entre eux, en général à travers trois liaisons (H–C–C–H). La HSQC (cohérence hétéronucléaire à un quantum) corrèle chaque carbone avec les protons qui lui sont directement liés. La HMBC (corrélation hétéronucléaire à plusieurs liaisons) corrèle des carbones avec des protons distants de deux ou trois liaisons, par-delà les carbones quaternaires et les hétéroatomes. La NOESY corrèle des protons proches dans l’espace par l’effet Overhauser nucléaire.

Séquences d’impulsions (le temps croît vers la droite ; rectangles pleins : impulsions, repérées par leur angle de basculement en degrés ; bleu : le signal enregistré). L’écho de spin culmine à 2 après la première impulsion.
Séquences d’impulsions (le temps croît vers la droite ; rectangles pleins : impulsions, repérées par leur angle de basculement en degrés ; bleu : le signal enregistré). L’écho de spin culmine à 2τ2\tau après la première impulsion.

Méthode 8.19 (Résoudre une structure à l’aide de spectres bidimensionnels)

  1. À partir de la formule brute, des intégrales en 1{}^1H et du spectre de 13{}^{13}C/DEPT, dresser la liste des carbones CH, CHX2\ce{CH2}, CHX3\ce{CH3} et quaternaires.
  2. HSQC : rattacher chaque signal de proton à son carbone.
  3. COSY : réunir les carbones protonés en systèmes de spins (chaînes de voisins).
  4. HMBC : relier les systèmes de spins par-delà les carbones quaternaires, les carbonyles et les hétéroatomes, là où la COSY est muette.
  5. NOESY : fixer les configurations relatives et les conformations à partir des contacts à travers l’espace.
  6. Confronter chaque signal à la structure proposée.
Spectres bidimensionnels du butanoate d’éthyle, CH3CH2CH2COOCH2CH3, tracés à ses déplacements mesurés. COSY : en noir, les pics diagonaux ; en rouge, les pics de corrélation entre protons portés par des carbones voisins — deux systèmes de spins, éthyle et propyle, sans pic de corrélation à travers l’oxygène de l’ester. À droite : les pics HSQC (carrés) relient chaque proton à son carbone ; les pics HMBC (cercles) montrent que les protons OCH_2 (4.13\, ppm) et les protons CH_2C=O (2.28\, ppm) atteignent tous deux le carbone du carbonyle à 173.6\, ppm.
Spectres bidimensionnels du butanoate d’éthyle, CHX3CHX2CHX2COOCHX2CHX3\ce{CH3CH2CH2COOCH2CH3}, tracés à ses déplacements mesurés. COSY : en noir, les pics diagonaux ; en rouge, les pics de corrélation entre protons portés par des carbones voisins — deux systèmes de spins, éthyle et propyle, sans pic de corrélation à travers l’oxygène de l’ester. À droite : les pics HSQC (carrés) relient chaque proton à son carbone ; les pics HMBC (cercles) montrent que les protons OCH2_2 (4.13 ppm4.13\,\mathrm{ppm}) et les protons CH2_2C=O (2.28 ppm2.28\,\mathrm{ppm}) atteignent tous deux le carbone du carbonyle à 173.6 ppm173.6\,\mathrm{ppm}.

8.5 Autres noyaux et dynamique

Le fluor 19 et le phosphore 31, de spin 12\frac12, abondants à 100 % et de grand γ\gamma, s’observent presque aussi facilement que les protons ; leurs larges gammes de déplacements en font des sondes précises de leur environnement (médicaments, phosphates, ligands comme les phosphines du Chapitre 20). L’azote 15 est rare et peu sensible ; on l’observe en général indirectement, par les protons qui lui sont liés. Le couplage entre noyaux différents est supprimé par découplage, comme pour le 13{}^{13}C dans le volume de deuxième année.

Définition 8.20 (Température de coalescence)

Quand un noyau s’échange entre deux environnements dont les déplacements sont séparés de Δν\Delta\nu (en hertz), ses deux raies s’élargissent à mesure que l’échange s’accélère et fusionnent en une seule à la température de coalescence TcT_c.

Proposition 8.21 (Vitesse à la coalescence)

Pour deux sites également peuplés et sans couplage, la constante de vitesse d’échange à la coalescence vaut kc=πΔν/2k_c = \pi\Delta\nu/\sqrt2.

Démonstration. Admis à ce niveau. ∎

La démonstration, à partir des équations de Bloch avec échange, relève de cours plus avancés. Avec l’équation d’Eyring (Chapitre 12), la vitesse donne la barrière : la RMN dynamique mesure les rotations autour des liaisons amide, les inversions de cycle et les échanges de ligands, de barrières comprises entre 40 et 100 kJ/mol100\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}.

Exemple 8.22 (Une image d’IRM)

En imagerie par résonance magnétique, un gradient de champ rend la fréquence de Larmor des protons de l’eau dépendante de la position, si bien que la transformée de Fourier du signal est une carte de leur répartition. Le contraste vient de la relaxation : on choisit le temps de répétition et les délais d’écho pour pondérer l’image en T1T_1 ou en T2T_2, qui diffèrent d’un tissu à l’autre ; les agents de contraste au gadolinium raccourcissent le T1T_1 de l’eau voisine (Chapitre 24).

Au laboratoire — Préparer un spectromètre

L’échantillon, dissous dans un solvant deutéré, descend dans la sonde. Le spectromètre se verrouille sur le signal du deutérium pour compenser la lente dérive du champ ; la sonde est accordée et adaptée à la fréquence de chaque noyau ; le champ est rendu homogène sur l’échantillon en réglant les bobines de correction (shims) jusqu’à ce que les raies soient fines. Le champ de l’aimant est permanent : outils en acier, cartes bancaires et stimulateurs cardiaques restent en dehors de la ligne de sécurité tracée au sol.

Histoire des sciences — De la résonance aux deux dimensions

Felix Bloch et Edward Purcell détectèrent la résonance magnétique nucléaire dans la matière condensée en 1946 (prix Nobel de physique 1952). Richard Ernst introduisit la RMN impulsionnelle par transformée de Fourier en 1966 puis, à partir d’une idée de Jean Jeener, la spectroscopie bidimensionnelle dans les années 1970 (prix Nobel de chimie 1991).

8.6 Exercices

Exercice 8.1 ★

Calculer les fréquences de Larmor de X1X221H\ce{^1H}, X13X2213C\ce{^{13}C} et X19X2219F\ce{^{19}F} à 14.1 T14.1\,\mathrm{T} (γ/2π=42.58\gamma/2\pi = 42.58, 10.71 et 40.08 MHz/T40.08\,\mathrm{MHz}/\mathrm{T}).

Solution

Solution de Exercice 8.1.

ν0=(γ/2π)B0\nu_0 = (\gamma/2\pi)B_0 : X1X221H\ce{^1H} 600.4 MHz600.4\,\mathrm{MHz}, X13X2213C\ce{^{13}C} 151.0 MHz151.0\,\mathrm{MHz}, X19X2219F\ce{^{19}F} 565.1 MHz565.1\,\mathrm{MHz}.

Exercice 8.2 ★

Calculer l’excès relatif de protons dans le niveau inférieur à 9.4 T9.4\,\mathrm{T} et 300 K300\,\mathrm{K}. Comment change-t-il à 4 K4\,\mathrm{K} ?

Solution

Solution de Exercice 8.2.

hν0/2kT=6.626×10−34×400.2×106/(2×1.381×10−23×300)=3.2×10−5h\nu_0/2kT = 6.626\times10^{-34} \times 400.2\times10^6/(2 \times 1.381\times10^{-23} \times 300) = 3.2 \times 10^{-5}. À 4 K4\,\mathrm{K}, il est 75 fois plus grand, 2.4×10−32.4 \times 10^{-3} (l’approximation reste valable).

Exercice 8.3 ★

Une impulsion de 90∘90^\circ dure 10 µs10\,\text{µ}\mathrm{s} pour les protons. Que vaut γB1/2π\gamma B_1/2\pi ? Combien dure une impulsion de 180∘180^\circ, et que fait une impulsion de 5 µs5\,\text{µ}\mathrm{s} ?

Solution

Solution de Exercice 8.3.

θ=γB1tp=π/2\theta = \gamma B_1t_p = \pi/2 en 10 µs10\,\text{µ}\mathrm{s} : γB1/2π=1/(4×10 µs)=25 kHz\gamma B_1/2\pi = 1/(4 \times 10\,\text{µ}\mathrm{s}) = 25\,\mathrm{kHz}. Une impulsion de 180∘180^\circ dure 20 µs20\,\text{µ}\mathrm{s} ; 5 µs5\,\text{µ}\mathrm{s} donnent 45∘45^\circ.

Exercice 8.4 ★

Une raie a une largeur à mi-hauteur de 3.2 Hz3.2\,\mathrm{Hz}. Que vaut T2T_2 (en supposant le champ parfaitement homogène) ?

Solution

Solution de Exercice 8.4.

T2=1/(π×3.2)=0.10 sT_2 = 1/(\pi \times 3.2) = 0.10\,\mathrm{s}.

Exercice 8.5 ★★

En prenant un signal ∝γ3\propto\gamma^3 par noyau et l’abondance naturelle de 1.1 % du X13X2213C\ce{^{13}C}, comparer les sensibilités des RMN du 13{}^{13}C et du 1{}^1H. Combien d’acquisitions supplémentaires un spectre de 13{}^{13}C exige-t-il pour le même rapport signal sur bruit ?

Solution

Solution de Exercice 8.5.

(10.71/42.58)3=0.0159(10.71/42.58)^3 = 0.0159, multiplié par 0.011 : 1.75×10−41.75 \times 10^{-4}, environ 1/5700 du signal du proton. Comme S/B ∝N\propto\sqrt N, un même rapport S/B exige 57002≈3×1075700^2 \approx 3 \times 10^{7} fois plus d’acquisitions — impossible, et c’est pourquoi les spectres de 13{}^{13}C utilisent des échantillons plus concentrés, le découplage et le transfert de polarisation.

Exercice 8.6 ★★

Dans une expérience d’inversion-récupération, le signal d’un carbone s’annule pour τ=1.39 s\tau = 1.39\,\mathrm{s}. Trouver T1T_1 et le délai de recyclage pour un travail quantitatif.

Solution

Solution de Exercice 8.6.

T1=1.39/ln⁡2=2.0 sT_1 = 1.39/\ln2 = 2.0\,\mathrm{s} ; délai de recyclage ≥5T1=10 s\ge 5T_1 = 10\,\mathrm{s}.

Exercice 8.7 ★★

Dans le spectre COSY de la butanone, CHX3COCHX2CHX3\ce{CH3COCH2CH3}, quels pics de corrélation apparaissent ? Quels carbones présentent des pics HMBC avec les protons du méthyle singulet ?

Solution

Solution de Exercice 8.7.

COSY : un seul pic de corrélation, entre le quadruplet CHX2\ce{CH2} et le triplet CHX3\ce{CH3} du groupe éthyle ; le singulet CHX3CO\ce{CH3CO} n’est couplé à rien. HMBC depuis le méthyle singulet : le carbone du carbonyle (deux liaisons) et le carbone CHX2\ce{CH2} (trois liaisons).

Exercice 8.8 ★★

Deux signaux de méthyle d’un amide, distants de 50 Hz50\,\mathrm{Hz} à basse température, coalescent à 330 K330\,\mathrm{K}. Calculer la vitesse d’échange à la coalescence et l’enthalpie libre d’activation à l’aide de ΔG‡=RTcln⁡(kBTc/hkc)\Delta G^\ddagger = RT_c\ln(k_BT_c/hk_c).

Solution

Solution de Exercice 8.8.

kc=π×50/2=111 s−1k_c = \pi \times 50/\sqrt2 = 111\,\mathrm{s}^{-1}. ΔG‡=8.314×330×ln⁡(6.88×1012/111)=68 kJ/mol\Delta G^\ddagger = 8.314 \times 330 \times \ln(6.88\times10^{12}/111) = 68\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}.

Exercice 8.9 ★★

Un NOE entre les protons Ha_a et Hb_b est quatre fois plus intense qu’entre Ha_a et Hc_c, situés à 0.30 nm0.30\,\mathrm{nm}. Estimer la distance Ha_a–Hb_b.

Solution

Solution de Exercice 8.9.

NOE ∝r−6\propto r^{-6} : rb=0.30×4−1/6=0.24 nmr_b = 0.30 \times 4^{-1/6} = 0.24\,\mathrm{nm}.

Exercice 8.10 ★★★

Montrer, en résolvant  ⁣dM/ ⁣dt=γM×B1\dd\mathbf M/\dd t = \gamma\mathbf M\times\mathbf B_1 dans le référentiel tournant avec B1\mathbf B_1 selon x′x', qu’une impulsion fait tourner M\mathbf M de γB1tp\gamma B_1t_p autour de x′x'.

Solution

Solution de Exercice 8.10.

Dans le référentiel tournant, à la résonance, il ne reste que B1=B1ex′\mathbf B_1 = B_1\mathbf e_{x'} : M˙x′=0\dot M_{x'} = 0, M˙y′=γB1Mz\dot M_{y'} = \gamma B_1M_z, M˙z=−γB1My′\dot M_z = -\gamma B_1M_{y'} (composantes de γM×B1\gamma\mathbf M\times\mathbf B_1). Donc Mx′M_{x'} est constante et (My′,Mz)(M_{y'}, M_z) tourne à la vitesse angulaire γB1\gamma B_1 : au bout de tpt_p, de l’angle γB1tp\gamma B_1t_p autour de x′x'.

Exercice 8.11 ★★★

Expliquer pourquoi l’écho de spin refocalise le déphasage dû à un champ inhomogène, mais pas celui dû aux interactions aléatoires entre spins. Quelle constante de temps l’amplitude de l’écho mesure-t-elle ?

Solution

Solution de Exercice 8.11.

Un spin soumis à un champ un peu plus intense gagne de la phase à une vitesse supplémentaire constante pendant τ\tau ; l’impulsion de 180∘180^\circ inverse sa phase, et il en perd exactement autant pendant le second intervalle τ\tau : tous ces spins se réalignent à 2τ2\tau. Les interactions spin–spin aléatoires fluctuent dans le temps et ne se répètent pas dans le second intervalle : le déphasage qu’elles causent n’est pas défait. L’amplitude de l’écho décroît avec le vrai T2T_2.

Exercice 8.12 ★★★

Proposer la structure d’un composé CX4HX8OX2\ce{C4H8O2} dont le spectre de 1{}^1H présente un quadruplet (2H, 4.12 ppm), un singulet (3H, 2.05 ppm) et un triplet (3H, 1.26 ppm), et dont le spectre HMBC corrèle les protons du quadruplet avec un carbone à 171 ppm (données de l’exercice). Quel autre ester de même formule donnerait une figure HMBC différente, et en quoi ?

Solution

Solution de Exercice 8.12.

Éthanoate d’éthyle, CHX3COOCHX2CHX3\ce{CH3COOCH2CH3} : quadruplet OCHX2\ce{OCH2} (4.12), singulet CHX3CO\ce{CH3CO} (2.05), triplet CHX3\ce{CH3} ; les protons du quadruplet voient le carbone du carbonyle à trois liaisons, à travers l’oxygène de l’ester. Le propanoate de méthyle, CHX3CHX2COOCHX3\ce{CH3CH2COOCH3}, présenterait son quadruplet vers 2.3 ppm (sur un carbone vers 27 ppm en HSQC, et non 60) et un singulet OCHX3\ce{OCH3} vers 3.7 ppm dont le pic HMBC vers le carbonyle traverse l’oxygène.

8.7 Problème : l’ester de l’ananas en deux dimensions

Problème 8.1

Problème du week-end — le butanoate d’éthyle en deux dimensions : systèmes de spins (COSY), carbones (HSQC), liaison ester (HMBC) et délai d’un spectre de carbone quantitatif

Un ester CX6HX12OX2\ce{C6H12O2} de l’arôme de l’ananas présente des signaux de 1{}^1H à 4.13 (2H, q), 2.28 (2H, t), 1.66 (2H, m), 1.25 (3H, t) et 0.95 ppm (3H, t), et des signaux de 13{}^{13}C à 173.6, 60.1, 36.3, 18.6, 14.3 et 13.7 ppm, enregistrés à 9.4 T9.4\,\mathrm{T}. Ses spectres 2D sont ceux de la figure de la section 4. Données du problème : les T1T_1 des carbones valent environ 20 s20\,\mathrm{s} pour le carbonyle, de 2 à 6 s6\,\mathrm{s} pour les autres.

Partie I — Une dimension.

  1. Calculer le nombre d’insaturations de CX6HX12OX2\ce{C6H12O2}.
  2. Quel signal de 13{}^{13}C est le carbonyle ? Lequel est le carbone lié à l’oxygène ?
  3. Combien y a-t-il de carbones protonés ? Que montrerait le DEPT-135 ?
  4. À 9.4 T9.4\,\mathrm{T}, quelles sont les fréquences de Larmor de 1{}^1H et de 13{}^{13}C ?
  5. Le couplage du quadruplet vaut 7.2 Hz7.2\,\mathrm{Hz} : quelle est sa largeur, en ppm, à 400 MHz400\,\mathrm{MHz} ?
  6. Pourquoi les seuls spectres 1D peuvent-ils laisser ouvert l’ordre des fragments ?

Partie II — COSY.

  1. Énumérer les pics de corrélation de la carte COSY.
  2. En déduire les deux systèmes de spins.
  3. Pourquoi n’y a-t-il pas de pic de corrélation entre 4.13 et 2.28 ppm ?
  4. Quel signal de proton est couplé à deux autres ? Expliquer sa multiplicité.
  5. Qu’aurait signifié un pic de corrélation entre 0.95 et 1.25 ppm ?
  6. Dessiner les deux fragments.

Partie III — HSQC et HMBC.

  1. À partir de la HSQC, attribuer chaque carbone à ses protons.
  2. Quels deux carbones de méthyle ne sont distingués que par la HSQC ?
  3. Quel pic HMBC relie le fragment éthyle au carbonyle, et à travers combien de liaisons ?
  4. Quels pics HMBC relient le fragment propyle au carbonyle ?
  5. En déduire la structure, et exclure son isomère, le propanoate de propyle.
  6. Pourquoi les pics HMBC à travers quatre liaisons ou plus sont-ils en général absents ?

Partie IV — Un spectre de carbone quantitatif.

  1. Pourquoi les intégrales d’un spectre de 13{}^{13}C ordinaire ne sont-elles pas proportionnelles au nombre de carbones ?
  2. Quelle fraction de son aimantation d’équilibre le carbonyle récupère-t-il si les acquisitions sont répétées toutes les 5 s5\,\mathrm{s} avec des impulsions de 90∘90^\circ (en partant chaque fois de zéro) ?
  3. Quelle fraction après 5T15T_1 ?
  4. Outre la relaxation, quel effet du découplage des protons fausse les intégrales des carbones, et comment le supprime-t-on ?
  5. Avec un délai de 5T15T_1, combien de temps durent 256 acquisitions ?
  6. Énoncer le résultat : le délai de recyclage minimal pour un spectre de 13{}^{13}C quantitatif de cet ester.
Solution

Solution de Problème 8.1.

1. (2×6+2−12)/2=1(2 \times 6 + 2 - 12)/2 = 1 : un C=O. 2. 173.6 ppm : le carbonyle de l’ester ; 60.1 ppm : le OCHX2\ce{OCH2}. 3. Cinq ; DEPT-135 : CHX2\ce{CH2} négatifs (60.1, 36.3, 18.6), CHX3\ce{CH3} positifs (14.3, 13.7), le carbonyle absent. 4. 400.2 MHz400.2\,\mathrm{MHz} et 100.7 MHz100.7\,\mathrm{MHz}. 5. 3J=21.6 Hz=0.054 ppm3J = 21.6\,\mathrm{Hz} = 0.054\,\mathrm{ppm}. 6. Les multiplicités montrent quels groupes sont voisins à l’intérieur de chaque fragment, mais non comment les fragments se raccordent à travers l’oxygène et le carbonyle. 7. 4.13–1.25 ; 2.28–1.66 ; 1.66–0.95 (et leurs symétriques). 8. OCHX2CHX3\ce{OCH2CH3} (4.13, 1.25) et CHX2CHX2CHX3\ce{CH2CH2CH3} (2.28, 1.66, 0.95). 9. Les protons OCHX2\ce{OCH2} et CHX2C=O\ce{CH2C=O} sont séparés par l’oxygène et le carbone du carbonyle : cinq liaisons, pas de couplage résolu. 10. 1.66 ppm, entre CHX2\ce{CH2} et CHX3\ce{CH3} : couplé à 2 + 3 = 5 protons avec des JJ voisines, un sextuplet (un multiplet). 11. Des méthyles couplés supposeraient deux CHX3\ce{CH3} sur des carbones voisins (un motif CHX3−CHX3\ce{CH3-CH3}) : impossible ici. 12. −O−CHX2−CHX3\ce{-O-CH2-CH3} et −CHX2−CHX2−CHX3\ce{-CH2-CH2-CH3}, plus le C=O\ce{C=O}. 13. 4.13/60.1 ; 2.28/36.3 ; 1.66/18.6 ; 1.25/14.3 ; 0.95/13.7. 14. 14.3 (CHX3\ce{CH3} de l’éthyle) et 13.7 ppm (CHX3\ce{CH3} du butanoyle), distants de 0.6 ppm0.6\,\mathrm{ppm} seulement. 15. De 4.13 ppm vers 173.6 ppm : H–C–O–C, trois liaisons. 16. 2.28 ppm (deux liaisons) et 1.66 ppm (trois liaisons) vers 173.6 ppm. 17. CHX3CHX2CHX2C(=O)OCHX2CHX3\ce{CH3CH2CH2C(=O)OCH2CH3}, le butanoate d’éthyle. Le propanoate de propyle placerait un triplet OCHX2\ce{OCH2} (et non un quadruplet) vers 4.0 ppm et un quadruplet vers 2.3 ppm. 18. Les couplages à quatre liaisons sont en général inférieurs à 1 Hz ; le délai HMBC, réglé pour 5 à 10 Hz, ne les sélectionne pas. 19. Les carbones relaxent à des vitesses différentes et reçoivent du découplage des exaltations Overhauser nucléaires différentes. 20. 1−e−5/20=0.221 - \eu^{-5/20} = 0.22 : le carbonyle est sous-représenté d’un facteur 4. 21. 1−e−5=0.9931 - \eu^{-5} = 0.993. 22. Le NOE dû au découplage des protons, différent pour chaque carbone ; on le supprime par le découplage inverse alterné (découpleur actif seulement pendant l’acquisition). 23. 256×100 s=25 600 s256 \times 100\,\mathrm{s} = 25\,600\,\mathrm{s}, environ 7 heures. 24. 5T15T_1 du carbone du carbonyle : 100 s100\,\mathrm{s} entre deux acquisitions.

Termes définis dans ce chapitre

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