Mathematics · Livre 2 · Grades 10–12

Mathématiques du lycée

Mathématiques du lycée · Grades 10–12

10Fonctions et équations du second degré

Les fonctions du second degré sont les fonctions les plus simples après les linéaires, et les premières dont les graphiques sont véritablement courbes. Ce chapitre développe la boîte à outils complète pour elles : la forme canonique, le discriminant, le signe d’un trinôme, et la géométrie de la parabole.

10.1 La forme canonique

Définition 10.1 (Fonction du second degré)

Une fonction du second degré est une fonction de la forme

f(x)=ax2+bx+c,a0,f(x) = ax^2 + bx + c, \qquad a \neq 0,

aa, bb, cc sont des nombres réels. L’expression ax2+bx+cax^2 + bx + c est aussi appelée un trinôme du second degré.

Théorème 10.2 (Forme canonique)

Toute fonction du second degré peut s’écrire d’exactement une façon comme

f(x)=a(xα)2+β,ouˋ α=b2a et β=f(α).f(x) = a(x - \alpha)^2 + \beta, \qquad\text{où } \alpha = -\frac{b}{2a} \text{ et } \beta = f(\alpha).

C’est la forme canonique de ff.

Démonstration. On complète le carré. Comme a0a \neq 0, factoriser aa dans les deux premiers termes :

ax2+bx+c=a(x2+bax)+c.ax^2 + bx + c = a\left(x^2 + \frac{b}{a}x\right) + c .

Or x2+baxx^2 + \frac{b}{a}x est le début du carré (x+b2a)2=x2+bax+b24a2\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 = x^2 + \frac ba x + \frac{b^2}{4a^2}, donc x2+bax=(x+b2a)2b24a2x^2 + \frac{b}{a}x = \left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 - \frac{b^2}{4a^2}. En substituant :

f(x)=a(x+b2a)2b24a+c=a(xα)2+β,f(x) = a\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 - \frac{b^2}{4a} + c = a\bigl(x - \alpha\bigr)^2 + \beta,

avec α=b2a\alpha = -\frac{b}{2a} et β=cb24a\beta = c - \frac{b^2}{4a}. Évaluer en x=αx = \alpha annule le terme au carré, donc β=f(α)\beta = f(\alpha). Unicité : développer a(xα)2+βa(x-\alpha)^2 + \beta et identifier les coefficients de xx force α=b2a\alpha = -\frac{b}{2a}, puis β\beta est déterminé.

Exemple 10.3

Soit f(x)=2x28x+3f(x) = 2x^2 - 8x + 3. Alors α=82×2=2\alpha = -\frac{-8}{2 \times 2} = 2 et β=f(2)=816+3=5\beta = f(2) = 8 - 16 + 3 = -5, donc

f(x)=2(x2)25.f(x) = 2(x - 2)^2 - 5 .

Vérification en développant : 2(x24x+4)5=2x28x+85=2x28x+32(x^2 - 4x + 4) - 5 = 2x^2 - 8x + 8 - 5 = 2x^2 - 8x + 3.

Proposition 10.4 (Extremum et variations)

Soit f(x)=a(xα)2+βf(x) = a(x-\alpha)^2 + \beta.

  1. Si a>0a > 0, alors ff est décroissante sur (,α]\intoc{-\infty}{\alpha} et croissante sur [α,+)\intco{\alpha}{+\infty} : ff a un minimum β\beta, atteint en x=αx = \alpha.
  2. Si a<0a < 0, les variations sont inversées : ff a un maximum β\beta en x=αx = \alpha.

Démonstration. Supposons a>0a > 0 et soit αu<v\alpha \leq u < v. Alors

f(v)f(u)=a((vα)2(uα)2)=a(vu)((vα)+(uα)).f(v) - f(u) = a\bigl((v-\alpha)^2 - (u-\alpha)^2\bigr) = a\,(v - u)\,\bigl((v-\alpha) + (u-\alpha)\bigr).

Chaque facteur est positif : a>0a > 0, vu>0v - u > 0, et (vα)+(uα)>0(v-\alpha) + (u-\alpha) > 0 car v>αv > \alpha et uαu \geq \alpha. Donc f(v)>f(u)f(v) > f(u) : ff est croissante sur [α,+)\intco{\alpha}{+\infty}. Pour u<vαu < v \leq \alpha le dernier facteur est négatif, donc f(v)<f(u)f(v) < f(u) : ff est décroissante là. Enfin f(x)f(α)=a(xα)20f(x) - f(\alpha) = a(x-\alpha)^2 \geq 0 pour tout xx, donc β=f(α)\beta = f(\alpha) est le minimum. Le cas a<0a < 0 s’obtient en appliquant ce qui précède à f-f.

Exemple 10.5

Un fermier a 100100 mètres de clôture pour enfermer un champ rectangulaire contre un mur droit (pas de clôture le long du mur). Si xx est la largeur, l’aire enclose est A(x)=x(1002x)=2x2+100xA(x) = x(100 - 2x) = -2x^2 + 100x. Ici α=1002×(2)=25\alpha = -\frac{100}{2\times(-2)} = 25 et A(25)=25×50=1250A(25) = 25 \times 50 = 1250 : l’aire est maximale pour une largeur de 2525 m, donnant 12501250 m2^2.

10.2 Racines et factorisation

Définition 10.6 (Racine, discriminant)

Une racine du trinôme ax2+bx+cax^2+bx+c est une solution de l’équation ax2+bx+c=0ax^2 + bx + c = 0. Le discriminant du trinôme est le nombre

Δ=b24ac.\Delta = b^2 - 4ac .

Théorème 10.7 (Résoudre ax2+bx+c=0ax^2+bx+c=0)

  1. Si Δ>0\Delta > 0, l’équation a deux racines distinctes

    x1=bΔ2a,x2=b+Δ2a,x_1 = \frac{-b - \sqrt{\Delta}}{2a}, \qquad x_2 = \frac{-b + \sqrt{\Delta}}{2a},

    et ax2+bx+c=a(xx1)(xx2)ax^2+bx+c = a(x - x_1)(x - x_2).

  2. Si Δ=0\Delta = 0, l’équation a l’unique racine x0=b2ax_0 = -\frac{b}{2a}, et ax2+bx+c=a(xx0)2ax^2+bx+c = a(x - x_0)^2.
  3. Si Δ<0\Delta < 0, l’équation n’a pas de solution réelle, et le trinôme ne se factorise pas avec des coefficients réels.

Démonstration. Partir de la forme canonique calculée dans le Théorème 10.2 :

ax2+bx+c=a(x+b2a)2+cb24a=a[(x+b2a)2Δ4a2],ax^2+bx+c = a\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 + c - \frac{b^2}{4a} = a\left[\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 - \frac{\Delta}{4a^2}\right],

car cb24a=4acb24a=Δ4a=a×(Δ4a2)c - \frac{b^2}{4a} = \frac{4ac - b^2}{4a} = -\frac{\Delta}{4a} = a \times \left(-\frac{\Delta}{4a^2}\right).

1. Si Δ>0\Delta > 0, alors Δ4a2=(Δ2a)2\frac{\Delta}{4a^2} = \left(\frac{\sqrt\Delta}{2a}\right)^2 et le crochet est une différence de deux carrés :

ax2+bx+c=a(x+b2aΔ2a)(x+b2a+Δ2a)=a(xx2)(xx1).ax^2+bx+c = a\left(x + \frac{b}{2a} - \frac{\sqrt\Delta}{2a}\right) \left(x + \frac{b}{2a} + \frac{\sqrt\Delta}{2a}\right) = a(x - x_2)(x - x_1).

Un produit est nul exactement lorsqu’un de ses facteurs est nul, d’où les deux racines, distinctes car Δ0\sqrt\Delta \neq 0.

2. Si Δ=0\Delta = 0, le crochet est (x+b2a)2\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2, qui s’annule seulement en x0=b2ax_0 = -\frac{b}{2a}.

3. Si Δ<0\Delta < 0, alors Δ4a2>0-\frac{\Delta}{4a^2} > 0, donc le crochet est un carré plus un nombre positif : il ne s’annule jamais, et l’équation n’a pas de solution réelle. Une factorisation a(xx1)(xx2)a(x-x_1)(x-x_2) produirait des racines, donc aucune n’existe.

Exemple 10.8

Résoudre 2x28x+3=02x^2 - 8x + 3 = 0. Ici Δ=(8)24×2×3=6424=40>0\Delta = (-8)^2 - 4 \times 2 \times 3 = 64 - 24 = 40 > 0, donc deux racines :

x1,2=8±404=8±2104=2±102.x_{1,2} = \frac{8 \pm \sqrt{40}}{4} = \frac{8 \pm 2\sqrt{10}}{4} = 2 \pm \frac{\sqrt{10}}{2}.

Pour x2+x+1=0x^2 + x + 1 = 0 : Δ=14=3<0\Delta = 1 - 4 = -3 < 0, pas de solution réelle.

Proposition 10.9 (Somme et produit des racines)

Si Δ0\Delta \geq 0 et x1,x2x_1, x_2 sont les racines (égales lorsque Δ=0\Delta = 0), alors

x1+x2=ba,x1x2=ca.x_1 + x_2 = -\frac{b}{a}, \qquad x_1 x_2 = \frac{c}{a} .

Réciproquement, deux nombres de somme ss et de produit pp sont les solutions de x2sx+p=0x^2 - sx + p = 0.

Démonstration. Développer la factorisation du Théorème 10.7 :

a(xx1)(xx2)=ax2a(x1+x2)x+ax1x2.a(x - x_1)(x - x_2) = a x^2 - a(x_1 + x_2)x + a\,x_1 x_2 .

Identifier les coefficients avec ax2+bx+cax^2 + bx + c donne a(x1+x2)=b-a(x_1+x_2) = b et ax1x2=ca\,x_1x_2 = c. Pour la réciproque, si u+v=su + v = s et uv=puv = p, alors (xu)(xv)=x2sx+p(x-u)(x-v) = x^2 - sx + p, donc uu et vv en sont les racines.

Exemple 10.10

Trouver deux nombres de somme 1010 et de produit 2121. Ils résolvent x210x+21=0x^2 - 10x + 21 = 0 ; Δ=10084=16\Delta = 100 - 84 = 16, racines 10±42=7\frac{10 \pm 4}{2} = 7 et 33. Repérage rapide de racines : comme les coefficients de x25x+4x^2 - 5x + 4 satisfont 15+4=01 - 5 + 4 = 0, le nombre 11 est racine, et l’autre est ca=4\frac{c}{a} = 4 (leur produit doit être ca\frac ca).

10.3 Signe d’un trinôme

Théorème 10.11 (Signe d’un trinôme)

Soit f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax^2+bx+c avec a0a \neq 0.

  1. Si Δ>0\Delta > 0, avec racines x1<x2x_1 < x_2 : f(x)f(x) a le signe de aa à l’extérieur de [x1,x2]\intcc{x_1}{x_2}, et le signe de a-a sur (x1,x2)\intoo{x_1}{x_2}.
  2. Si Δ=0\Delta = 0 : f(x)f(x) a le signe de aa pour tout xx0x \neq x_0, et s’annule en x0x_0.
  3. Si Δ<0\Delta < 0 : f(x)f(x) a le signe de aa pour tout xx.

En bref : un trinôme a le signe de aa, sauf entre ses racines.

Démonstration. 1. Écrire f(x)=a(xx1)(xx2)f(x) = a(x-x_1)(x-x_2) et suivre les signes des facteurs. Si x<x1x < x_1 : xx1x - x_1 et xx2x - x_2 sont tous deux négatifs, leur produit est positif, donc f(x)f(x) a le signe de aa. Si x1<x<x2x_1 < x < x_2 : les facteurs ont des signes opposés, le produit est négatif, et f(x)f(x) a le signe de a-a. Si x>x2x > x_2 : les deux facteurs sont positifs et f(x)f(x) a à nouveau le signe de aa.

2. f(x)=a(xx0)2f(x) = a(x - x_0)^2 et (xx0)2>0(x-x_0)^2 > 0 pour xx0x \neq x_0.

3. D’après la démonstration du Théorème 10.7, f(x)=a[(x+b2a)2+(Δ4a2)]f(x) = a\left[\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 + \left(-\frac{\Delta}{4a^2}\right)\right], et le crochet est toujours positif.

Méthode 10.12 (Résoudre des inéquations du second degré)

Pour résoudre ax2+bx+c0ax^2 + bx + c \leq 0 (ou \geq, <<, >>) :

  1. calculer Δ\Delta et les racines, s’il y en a ;
  2. dresser le tableau de signes en utilisant le Théorème 10.11 (signe de aa à l’extérieur des racines) ;
  3. lire le ou les intervalles de solutions, en veillant à ce que les racines elles-mêmes soient incluses (inégalité large) ou non (stricte).

Exemple 10.13

Résoudre x2+3x+40-x^2 + 3x + 4 \geq 0. Ici Δ=9+16=25\Delta = 9 + 16 = 25, et les racines sont 3±52\frac{-3 \pm 5}{-2}, c’est-à-dire x1=1x_1 = -1 et x2=4x_2 = 4. Comme a=1<0a = -1 < 0, le trinôme est négatif à l’extérieur des racines et positif entre elles. Avec l’inégalité large, l’ensemble des solutions est [1,4]\intcc{-1}{4}.

10.4 La parabole

Définition 10.14 (Parabole)

Le graphique d’une fonction du second degré f(x)=a(xα)2+βf(x) = a(x-\alpha)^2+\beta est une parabole de sommet S(α,β)S(\alpha, \beta). Elle s’ouvre vers le haut si a>0a > 0, vers le bas si a<0a < 0, et est symétrique par rapport à la droite verticale x=αx = \alpha.

Remarque 10.15

La symétrie est facile à vérifier : pour tout hh, f(α+h)=ah2+β=f(αh)f(\alpha + h) = ah^2 + \beta = f(\alpha - h), donc deux points à égale distance horizontale de la droite x=αx = \alpha ont la même hauteur.

Les trois positions d’une parabole tournée vers le haut (a > 0) par rapport à l’axe des x : deux racines, une racine double, aucune racine. Le sommet S a pour abscisse = -b/2a. Les trois positions d’une parabole tournée vers le haut (a > 0) par rapport à l’axe des x : deux racines, une racine double, aucune racine. Le sommet S a pour abscisse = -b/2a. Les trois positions d’une parabole tournée vers le haut (a > 0) par rapport à l’axe des x : deux racines, une racine double, aucune racine. Le sommet S a pour abscisse = -b/2a.
Les trois positions d’une parabole tournée vers le haut (a>0a > 0) par rapport à l’axe des xx : deux racines, une racine double, aucune racine. Le sommet SS a pour abscisse α=b2a\alpha = -\frac{b}{2a}.
Signe d’un trinôme tourné vers le bas (a < 0) avec deux racines : le signe de -a entre les racines (hachuré), le signe de a à l’extérieur.
Signe d’un trinôme tourné vers le bas (a<0a < 0) avec deux racines : le signe de a-a entre les racines (hachuré), le signe de aa à l’extérieur.

Méthode 10.16 (Lire une parabole)

Pour croquer f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax^2+bx+c : trouver l’orientation (signe de aa), le sommet (b2a,f ⁣(b2a))\left(-\frac{b}{2a},\, f\!\left(-\frac{b}{2a}\right)\right), l’intersection (0,c)(0, c) avec l’axe des yy, et les racines, s’il y en a. L’axe de symétrie x=b2ax = -\frac{b}{2a} place alors chaque point calculé en double.

Exemple 10.17

Pour f(x)=x24x+3f(x) = x^2 - 4x + 3 : tournée vers le haut, sommet (2,1)(2, -1), coupe l’axe des yy en (0,3)(0,3), racines 11 et 33 (repérées : 14+3=01 - 4 + 3 = 0). Par symétrie, le point (4,3)(4, 3) est aussi sur la courbe, miroir de (0,3)(0, 3).

10.5 Exercices

Exercice 10.1

Résoudre les équations

x25x+6=0,2x2+3x2=0,x2+2x+5=0,9x26x+1=0.x^2 - 5x + 6 = 0, \qquad 2x^2 + 3x - 2 = 0, \qquad x^2 + 2x + 5 = 0, \qquad 9x^2 - 6x + 1 = 0 .
Solution

Solution de Exercice 10.1.

x25x+6x^2-5x+6 : Δ=2524=1\Delta = 25 - 24 = 1, racines 5±12\frac{5 \pm 1}{2}, c’est-à-dire 22 et 33.

2x2+3x22x^2+3x-2 : Δ=9+16=25\Delta = 9 + 16 = 25, racines 3±54\frac{-3 \pm 5}{4}, c’est-à-dire 12\frac12 et 2-2.

x2+2x+5x^2+2x+5 : Δ=420=16<0\Delta = 4 - 20 = -16 < 0, pas de solution réelle.

9x26x+19x^2-6x+1 : Δ=3636=0\Delta = 36 - 36 = 0, une (double) racine x0=618=13x_0 = \frac{6}{18} = \frac13.

Exercice 10.2

Écrire sous forme canonique et donner le sommet de la parabole :

f(x)=x26x+11,g(x)=2x2+4x+1,h(x)=3x2+6x.f(x) = x^2 - 6x + 11, \qquad g(x) = -2x^2 + 4x + 1, \qquad h(x) = 3x^2 + 6x .
Solution

Solution de Exercice 10.2.

f(x)=x26x+11=(x3)29+11=(x3)2+2f(x) = x^2 - 6x + 11 = (x-3)^2 - 9 + 11 = (x-3)^2 + 2 : sommet (3,2)(3, 2).

g(x)=2x2+4x+1=2(x22x)+1=2((x1)21)+1=2(x1)2+3g(x) = -2x^2+4x+1 = -2(x^2 - 2x) + 1 = -2\bigl((x-1)^2 - 1\bigr) + 1 = -2(x-1)^2 + 3 : sommet (1,3)(1, 3).

h(x)=3x2+6x=3(x2+2x)=3((x+1)21)=3(x+1)23h(x) = 3x^2 + 6x = 3(x^2 + 2x) = 3\bigl((x+1)^2 - 1\bigr) = 3(x+1)^2 - 3 : sommet (1,3)(-1, -3).

Exercice 10.3

Résoudre les inéquations

x23x10<0,2x2+x+3>0,x2+6x90.x^2 - 3x - 10 < 0, \qquad 2x^2 + x + 3 > 0, \qquad -x^2 + 6x - 9 \geq 0 .
Solution

Solution de Exercice 10.3.

x23x10x^2 - 3x - 10 : Δ=9+40=49\Delta = 9 + 40 = 49, racines 3±72=2\frac{3 \pm 7}{2} = -2 et 55 ; coefficient dominant positif, donc le trinôme est négatif strictement entre les racines : l’ensemble des solutions est (2,5)\intoo{-2}{5}.

2x2+x+32x^2 + x + 3 : Δ=124=23<0\Delta = 1 - 24 = -23 < 0 et a=2>0a = 2 > 0 : toujours positif, l’ensemble des solutions est R\R.

x2+6x9=(x3)2-x^2 + 6x - 9 = -(x-3)^2 : il est 0\geq 0 seulement là où (x3)20(x-3)^2 \leq 0, c’est-à-dire en x=3x = 3. L’ensemble des solutions est {3}\{3\}.

Exercice 10.4

Sans calculer Δ\Delta, trouver une racine évidente, puis l’autre :

x27x+6=0,2x2+5x7=0,x2+4x5=0.x^2 - 7x + 6 = 0, \qquad 2x^2 + 5x - 7 = 0, \qquad x^2 + 4x - 5 = 0 .

(Indication : tester x=1x = 1 et x=1x = -1, puis utiliser le produit des racines.)

Solution

Solution de Exercice 10.4.

x27x+6x^2 - 7x + 6 : 17+6=01 - 7 + 6 = 0, donc 11 est racine ; le produit des racines est 66, donc l’autre racine est 66.

2x2+5x72x^2 + 5x - 7 : 2+57=02 + 5 - 7 = 0, donc 11 est racine ; le produit est ca=72\frac{c}{a} = -\frac72, donc l’autre racine est 72-\frac72.

x2+4x5x^2 + 4x - 5 : 1+45=01 + 4 - 5 = 0, donc 11 est racine ; le produit est 5-5, donc l’autre racine est 5-5.

Exercice 10.5 ★★

Trouver deux nombres dont la somme est 1414 et le produit 4545. Puis trouver les dimensions d’un rectangle de périmètre 3434 et d’aire 6060.

Solution

Solution de Exercice 10.5.

Les deux nombres résolvent x214x+45=0x^2 - 14x + 45 = 0 (Proposition 10.9) ; Δ=196180=16\Delta = 196 - 180 = 16, racines 14±42=9\frac{14 \pm 4}{2} = 9 et 55.

Pour le rectangle : la moitié du périmètre donne longueur ++ largeur =17= 17, et l’aire donne leur produit 6060. Ils résolvent x217x+60=0x^2 - 17x + 60 = 0 ; Δ=289240=49\Delta = 289 - 240 = 49, racines 17±72=12\frac{17 \pm 7}{2} = 12 et 55. Le rectangle est 12×512 \times 5.

Exercice 10.6 ★★

Soit f(x)=x2+(m2)x+1f(x) = x^2 + (m-2)x + 1, où mm est un paramètre réel. Pour quelles valeurs de mm l’équation f(x)=0f(x) = 0 a-t-elle exactement une solution ? Aucune solution ?

Solution

Solution de Exercice 10.6.

Δ=(m2)24\Delta = (m-2)^2 - 4. Exactement une solution lorsque Δ=0\Delta = 0 : (m2)2=4(m-2)^2 = 4, donc m2=±2m - 2 = \pm 2, c’est-à-dire m=0m = 0 ou m=4m = 4. Aucune solution lorsque Δ<0\Delta < 0 : (m2)2<4(m-2)^2 < 4, c’est-à-dire 2<m2<2-2 < m - 2 < 2, soit 0<m<40 < m < 4.

Exercice 10.7 ★★

Une balle est lancée vers le haut ; sa hauteur après tt secondes est h(t)=5t2+20t+1h(t) = -5t^2 + 20t + 1 (en mètres). Quelle est la hauteur maximale atteinte, et à quel instant ? Pendant quel intervalle de temps la balle est-elle à au moins 1616 m de hauteur ?

Solution

Solution de Exercice 10.7.

Le sommet est en t=202×(5)=2t = -\frac{20}{2 \times (-5)} = 2, et h(2)=20+40+1=21h(2) = -20 + 40 + 1 = 21 : hauteur maximale 2121 m, atteinte après 22 secondes.

h(t)16h(t) \geq 16 signifie 5t2+20t150-5t^2 + 20t - 15 \geq 0, c’est-à-dire (en divisant par 5-5, ce qui inverse l’inégalité) t24t+30t^2 - 4t + 3 \leq 0. Les racines de t24t+3t^2-4t+3 sont 11 et 33 (14+3=01 - 4 + 3 = 0, produit 33), donc t24t+30t^2 - 4t + 3 \leq 0 exactement sur [1,3]\intcc{1}{3} : la balle est à au moins 1616 m de hauteur entre les instants t=1t = 1 s et t=3t = 3 s.

Exercice 10.8 ★★

Résoudre l’équation x413x2+36=0x^4 - 13x^2 + 36 = 0 en posant X=x2X = x^2 (une équation bicarrée).

Solution

Solution de Exercice 10.8.

Avec X=x2X = x^2 : X213X+36=0X^2 - 13X + 36 = 0, Δ=169144=25\Delta = 169 - 144 = 25, donc X=13±52=9X = \frac{13 \pm 5}{2} = 9 ou 44. Retour à xx : x2=9x^2 = 9 donne x=±3x = \pm 3, et x2=4x^2 = 4 donne x=±2x = \pm 2. L’ensemble des solutions est {3,2,2,3}\{-3, -2, 2, 3\}.

Exercice 10.9 ★★

Pour quelles valeurs de xx le point M(x,x2)M(x, x^2) de la parabole y=x2y = x^2 est-il strictement sous la droite y=x+2y = x + 2 ? Interpréter sur un croquis.

Solution

Solution de Exercice 10.9.

La condition est x2<x+2x^2 < x + 2, c’est-à-dire x2x2<0x^2 - x - 2 < 0. Comme x2x2=(x+1)(x2)x^2 - x - 2 = (x+1)(x-2) (racines 1-1 et 22), l’inégalité est réalisée strictement entre les racines : x(1,2)x \in \intoo{-1}{2}. Sur un croquis, la parabole y=x2y = x^2 passe sous la droite y=x+2y = x+2 exactement entre leurs deux points d’intersection (1,1)(-1, 1) et (2,4)(2, 4).

Exercice 10.10 ★★

La somme d’un nombre positif et de son inverse est 136\frac{13}{6}. Trouver le nombre. (Se ramener à une équation du second degré.)

Solution

Solution de Exercice 10.10.

Soit x>0x > 0 tel que x+1x=136x + \frac1x = \frac{13}{6}. Multiplier par 6x>06x > 0 : 6x2+6=13x6x^2 + 6 = 13x, c’est-à-dire 6x213x+6=06x^2 - 13x + 6 = 0. Alors Δ=169144=25\Delta = 169 - 144 = 25 et x=13±512x = \frac{13 \pm 5}{12}, d’où x=32x = \frac32 ou x=23x = \frac23. Les deux sont positifs et inverses l’un de l’autre, comme attendu : le nombre est 32\frac32 (ou 23\frac23).

Exercice 10.11 ★★★

Soit P\mathcal P la parabole y=x2y = x^2 et soit dmd_m la droite y=mx1y = mx - 1, où mm est un paramètre réel.

  1. Pour quelles valeurs de mm P\mathcal P et dmd_m se coupent-elles en deux points ? Un point ? Aucun point ?
  2. Lorsqu’elles se touchent en exactement un point, calculer le point de contact. (Dans le Chapitre 12 on reconnaîtra dmd_m comme la tangente à P\mathcal P en ce point.)
Solution

Solution de Exercice 10.11.

1. Les intersections correspondent aux solutions de x2=mx1x^2 = mx - 1, c’est-à-dire x2mx+1=0x^2 - mx + 1 = 0, dont le discriminant est Δ=m24\Delta = m^2 - 4. Deux points lorsque m>2\abs{m} > 2 ; exactement un lorsque m=±2m = \pm 2 ; aucun lorsque 2<m<2-2 < m < 2.

2. Pour m=2m = 2 : x22x+1=(x1)2=0x^2 - 2x + 1 = (x-1)^2 = 0, donc l’unique point de contact est (1,1)(1, 1). Pour m=2m = -2 : (x+1)2=0(x+1)^2 = 0, point de contact (1,1)(-1, 1). Dans les deux cas la droite rencontre la parabole en un seul point sans la traverser — c’est la tangente en ce point, et en effet sa pente m=±2m = \pm 2 égale la valeur en x=±1x = \pm 1 de la dérivée 2x2x de x2x^2 (Chapitre 12).

10.6 Problème : le point secret de la parabole

Problème 10.1

Devoir du week-end — foyer et directrice : pourquoi les antennes paraboliques, les phares de voiture et les ponts suspendus dessinent tous la même courbe, dont il n’existe au fond qu’un seul exemplaire

Toute antenne parabolique de balcon vise son récepteur sur un point intérieur bien précis ; tout phare de voiture cache son ampoule au même endroit privilégié. Ce point — le foyer — est un secret que la parabole garde depuis la géométrie grecque, et la formule de distance suffit à l’en extraire. Chemin faisant, ce problème fait travailler le discriminant, envoie des projectiles par-dessus des murs, suspend un pont, et démontre pour finir un fait étonnant : à un agrandissement près, il n’existe qu’une seule parabole au monde.

Partie I — Aisance avec les trinômes.

  1. Résoudre x25x+6=0x^2 - 5x + 6 = 0, puis 2x2+x6=02x^2 + x - 6 = 0, puis x2+x+1=0x^2 + x + 1 = 0 (Théorème 10.7).
  2. Écrire 2x24x62x^2 - 4x - 6 sous forme factorisée et sous forme canonique (Théorème 10.2). Avec la forme développée, vous disposez maintenant de trois costumes d’une même fonction : dire quelle caractéristique chacun affiche d’un coup d’œil (racines, sommet, ordonnée à l’origine).
  3. Résoudre x2+4x30-x^2 + 4x - 3 \geq 0 avec la règle des signes (Théorème 10.11).
  4. Viète en enquêteur (Proposition 10.9, qui prolonge Babylone au Problème 2.1) : trouver deux nombres de somme 77 et de produit 1212 en écrivant leur équation. Puis : une racine de x25x+c=0x^2 - 5x + c = 0 vaut 22 ; déterminer cc et l’autre racine sans rien résoudre.
  5. Pour quelles valeurs de mm l’équation x2+mx+9=0x^2 + mx + 9 = 0 a-t-elle une racine double ? Aucune racine ? Deux racines ?

Partie II — Le foyer dévoilé. On travaille sur la parabole y=x2y = x^2, le point F(0,14)F\left(0, \frac14\right) et la droite horizontale δ\delta d’équation y=14y = -\frac14.

  1. Pour un point P(x,x2)P(x, x^2) de la parabole, développer PF2=x2+(x214)2PF^2 = x^2 + \left(x^2 - \frac14\right)^2 et montrer que c’est le carré parfait (x2+14)2\left(x^2 + \frac14\right)^2. En déduire PFPF.
  2. Calculer la distance de PP à la droite δ\delta, et conclure : tout point de la parabole est exactement aussi loin de FF que de δ\delta. (FF est le foyer, δ\delta la directrice.)
  3. Démontrer la réciproque : un point P(x,y)P(x, y) vérifiant PF=dist(P,δ)PF = \operatorname{dist}(P, \delta) satisfait nécessairement y=x2y = x^2. (Élever les deux distances au carré et simplifier.) La parabole est donc un lieu géométrique, exactement comme le cercle l’était au Problème 5.1 : équidistance d’un point et d’une droite, au lieu d’un seul point.
  4. Pour la parabole plus ouverte y=x24fy = \frac{x^2}{4f} (avec f>0f > 0), adapter la question 6 pour montrer que le foyer est (0,f)(0, f) et la directrice y=fy = -f. Application : une antenne parabolique mesure 6060 cm de large et 99 cm de profondeur — son bord passe par (30,9)(30, 9). Déterminer ff : à quelle hauteur au-dessus du sommet faut-il suspendre le récepteur ?
  5. La raison pour laquelle les antennes fonctionnent : les rayons qui arrivent parallèlement à l’axe se réfléchissent tous en passant par le foyer (et une ampoule placée au foyer envoie un faisceau parallèle — un phare est une antenne fonctionnant à l’envers). Expliquer pourquoi l’équidistance de la question 7 rend ce fait plausible (penser aux rayons comme à des fronts d’onde qui avancent), et dire quel outil, à venir au Chapitre 12 (voir l’Exercice 10.11), change la plausibilité en démonstration.

Partie III — Les paraboles au travail.

  1. Un ballon suit la trajectoire y=xx220y = x - \frac{x^2}{20} (xx et yy en mètres). Déterminer son point de chute, l’abscisse de son point le plus haut et la hauteur maximale (Proposition 10.4).
  2. Sur la même trajectoire, un mur se dresse en x=4x = 4. Calculer la hauteur du ballon à cet endroit : passe-t-il au-dessus d’un mur de 33 m ? D’un mur de 44 m ?
  3. Une arche parabolique franchit 4040 m avec une hauteur maximale de 1010 m : en coordonnées centrées, y=10x240y = 10 - \frac{x^2}{40}. Un camion de 77 m de haut peut-il passer à 1010 m du centre ? À 1515 m ?
  4. La recette d’un théâtre, pour un billet à pp euros, vaut R(p)=p(1202p)R(p) = p\,(120 - 2p) (la demande baisse quand le prix monte). Déterminer le prix qui maximise la recette, ainsi que ce maximum.
  5. Les câbles porteurs du Golden Gate sont paraboliques avec une excellente précision (une charge de tablier uniforme produit une parabole — une chaîne suspendue librement, non : sa courbe, la chaînette, réclame l’exponentielle de l’an prochain). Avec une portée de 12801\,280 m et une flèche de 143143 m, le câble suit y=143(x640)2y = 143\left(\frac{x}{640}\right)^2 depuis le centre. À quelle hauteur au-dessus de son point le plus bas le câble se trouve-t-il en x=320x = 320 m ?

Partie IV — Droites, tangentes et la dernière surprise.

  1. Compléter l’Exercice 10.11 : les droites y=mx1y = mx - 1 passant par le point extérieur (0,1)(0, -1) rencontrent y=x2y = x^2 selon le signe d’un discriminant. Déterminer les deux tangentes issues de (0,1)(0, -1) et leurs points de contact.
  2. Considérons maintenant les droites y=mx+1y = mx + 1 passant par le point intérieur (0,1)(0, 1) : calculer le discriminant de l’équation d’intersection et montrer que toute droite de ce type coupe la parabole en deux points. Morale : depuis l’intérieur, pas de tangente — exactement comme pour un cercle.
  3. La corde focale : couper y=x2y = x^2 par la droite horizontale passant par le foyer, y=14y = \frac14. Quelle est la longueur de la corde ? Vérifier la règle générale (bonne à retenir pour les antennes) : pour y=x24fy = \frac{x^2}{4f}, la corde passant par le foyer et parallèle à la directrice a pour longueur 4f4f.
  4. La dernière surprise : appliquer l’agrandissement (x,y)(kx,ky)(x, y) \mapsto (kx, ky) à la parabole y=x2y = x^2 et montrer que l’image est exactement y=x2ky = \frac{x^2}{k}. En déduire : toute parabole y=x24fy = \frac{x^2}{4f} est un agrandissement de la parabole unité — contrairement aux cercles et aux ellipses de proportions différentes, toutes les paraboles sont semblables.
  5. Pour finir : le portrait de la parabole en cinq lignes — une équation à trois costumes (question 2), un lieu géométrique (questions 7 et 8), un réflecteur d’ingénieur (questions 9 et 10), une trajectoire de projectile et un câble de pont (questions 11 à 15), et une courbe unique à un agrandissement près (question 19). Une phrase pour chacune.
Solution

Solution de Problème 10.1.

1. x25x+6x^2 - 5x + 6 : Δ=1\Delta = 1, racines 22 et 33. 2x2+x62x^2 + x - 6 : Δ=1+48=49\Delta = 1 + 48 = 49, racines 1±74\frac{-1 \pm 7}{4}, soit 32\frac32 et 2-2. x2+x+1x^2 + x + 1 : Δ=3<0\Delta = -3 < 0 : aucune solution réelle.

2. Δ=16+48=64\Delta = 16 + 48 = 64 : racines 33 et 1-1, donc 2x24x6=2(x3)(x+1)2x^2 - 4x - 6 = 2(x - 3)(x + 1) ; forme canonique 2(x1)282(x - 1)^2 - 8. La forme factorisée montre les racines, la forme canonique le sommet (1,8)(1, -8), la forme développée l’ordonnée à l’origine 6-6.

3. Racines 11 et 33, coefficient dominant négatif : le trinôme est 0\geq 0 entre les racines, soit x[1,3]x \in \intcc{1}{3}.

4. Les deux nombres sont les racines de x27x+12=0x^2 - 7x + 12 = 0 : 33 et 44. Si 22 est racine de x25x+cx^2 - 5x + c, l’autre racine rr vérifie 2+r=52 + r = 5 (la somme), donc r=3r = 3, et c=2×3=6c = 2 \times 3 = 6 (le produit) : Viète le lit sans calcul.

5. Δ=m236\Delta = m^2 - 36 : racine double pour m=±6m = \pm 6 (racine 3\mp 3) ; aucune racine pour 6<m<6-6 < m < 6 ; deux racines pour m>6\abs m > 6.

6. PF2=x2+(x214)2=x2+x4x22+116=x4+x22+116=(x2+14)2PF^2 = x^2 + \left(x^2 - \frac14\right)^2 = x^2 + x^4 - \frac{x^2}{2} + \frac{1}{16} = x^4 + \frac{x^2}{2} + \frac{1}{16} = \left(x^2 + \frac14\right)^2. D’où PF=x2+14PF = x^2 + \frac14 (les deux facteurs étant positifs).

7. La distance de P(x,x2)P(x, x^2) à la droite horizontale y=14y = -\frac14 vaut x2+14x^2 + \frac14 — exactement PFPF. Tout point de la parabole est donc équidistant du foyer et de la directrice.

8. PF2=x2+(y14)2PF^2 = x^2 + \left(y - \frac14\right)^2 et dist2=(y+14)2\operatorname{dist}^2 = \left(y + \frac14\right)^2. L’égalité donne x2+y2y2+116=y2+y2+116x^2 + y^2 - \frac y2 + \frac{1}{16} = y^2 + \frac y2 + \frac1{16}, donc x2=yx^2 = y : le lieu est exactement la parabole. Un point et une droite engendrent la courbe, comme un point et une distance engendraient le cercle.

9. Pour y=x24fy = \frac{x^2}{4f}, le même développement avec F(0,f)F(0, f) donne PF2=x2+(x24ff)2=(x24f+f)2PF^2 = x^2 + \left(\frac{x^2}{4f} - f\right)^2 = \left(\frac{x^2}{4f} + f\right)^2 : la distance à FF égale la distance à y=fy = -f. Antenne : 9=3024f9 = \frac{30^2}{4f} donne 4f=1004f = 100, soit f=25f = 25 cm : le récepteur se suspend à un quart de mètre au-dessus du sommet — hors de la cuvette de 99 cm, comme le montrent les antennes réelles.

10. Un front d’onde qui arrive parallèlement à l’axe a parcouru des distances égales pour atteindre le niveau de la directrice ; l’équidistance convertit « même distance à la directrice » en « même distance à FF » : tous les signaux réfléchis arrivent en FF en phase, et se renforcent — c’est là qu’il faut écouter. La démonstration honnête réclame le coefficient directeur de la tangente en chaque point — la dérivée du Chapitre 12, entrevue à l’Exercice 10.11.

11. y=x(1x20)y = x\left(1 - \frac{x}{20}\right) : chute en x=20x = 20 m. Sommet à mi-parcours : x=10x = 10, de hauteur y(10)=105=5y(10) = 10 - 5 = 5 m.

12. y(4)=41620=3.2y(4) = 4 - \frac{16}{20} = 3.2 m : le ballon passe au-dessus du mur de 33 m avec de la marge, et s’écrase sur celui de 44 m.

13. y(10)=1010040=7.5y(10) = 10 - \frac{100}{40} = 7.5 m >7> 7 : le camion passe à 1010 m du centre. y(15)=1022540=4.375y(15) = 10 - \frac{225}{40} = 4.375 m : il ne passe pas à 1515 m.

14. R(p)=2p2+120pR(p) = -2p^2 + 120p : sommet en p=1204=30p = \frac{120}{4} = 30 euros, pour une recette R(30)=30×60=1800R(30) = 30 \times 60 = 1\,800 euros.

15. y(320)=143×(320640)2=143436y(320) = 143 \times \left(\frac{320}{640}\right)^2 = \frac{143}{4} \approx 36 m au-dessus du point le plus bas.

16. x2=mx1x^2 = mx - 1 donne x2mx+1=0x^2 - mx + 1 = 0, avec Δ=m24\Delta = m^2 - 4 : deux points pour m>2\abs m > 2, aucun pour m<2\abs m < 2, tangence pour m=±2m = \pm 2 avec contact en x=m2=±1x = \frac m2 = \pm 1 : tangentes y=2x1y = 2x - 1 en (1,1)(1, 1) et y=2x1y = -2x - 1 en (1,1)(-1, 1).

17. x2=mx+1x^2 = mx + 1 donne Δ=m2+4>0\Delta = m^2 + 4 > 0 pour tout mm : toujours deux intersections. Depuis un point intérieur, toute droite traverse la courbe deux fois — les tangentes ne se mènent que de l’extérieur, exactement comme pour les cercles.

18. y=14y = \frac14 coupe y=x2y = x^2 en x=±12x = \pm\frac12 : corde de longueur 11. Pour y=x24fy = \frac{x^2}{4f} : y=fy = f donne x2=4f2x^2 = 4f^2, soit x=±2fx = \pm 2f, d’où une longueur 4f4f — la largeur focale vaut quatre fois la distance focale (les concepteurs d’antennes l’appellent le latus rectum).

19. Un point de y=x2y = x^2 s’écrit (a,a2)(a, a^2) ; son image est (X,Y)=(ka,ka2)(X, Y) = (ka, ka^2), et X2k=k2a2k=ka2=Y\frac{X^2}{k} = \frac{k^2a^2}{k} = ka^2 = Y : la courbe image est exactement y=x2ky = \frac{x^2}{k}. En choisissant k=4fk = 4f on atteint toutes les paraboles : elles sont toutes des agrandissements d’une seule courbe maîtresse. (Les cercles sont eux aussi tous semblables — mais pas les ellipses : l’aplatissement compte, l’agrandissement non.)

20. Une équation à trois costumes lisibles ; le lieu des points équidistants d’un point et d’une droite ; le réflecteur qui rassemble en son foyer les rayons parallèles et le câble qui porte un tablier uniforme ; la trajectoire de tout ballon lancé ; et, à un agrandissement près, une courbe unique — une seule parabole, partout.

Termes définis dans ce chapitre

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