Mathématiques du lycée · Grades 10–12
1Nombres et ensembles de nombres
Les mathématiques commencent avec les nombres, et tous les nombres ne sont pas de même nature : nombres pour compter, nombres négatifs, fractions, et nombres comme ou qu’aucune fraction ne peut exprimer. Ce chapitre les organise en familles emboîtées, introduit les intervalles pour décrire des portions de la droite numérique, et utilise la valeur absolue pour mesurer des distances entre nombres.
1.1 Les familles de nombres
Définition 1.1 (Ensembles de nombres)
- est l’ensemble des nombres naturels :
- est l’ensemble des entiers relatifs :
- est l’ensemble des nombres rationnels : tous les quotients avec , et .
- est l’ensemble des nombres réels : tous les nombres que l’on peut placer sur la droite numérique.
Notation 1.2
Le symbole se lit « appartient à » : , , . Le symbole se lit « est inclus dans » : tout nombre naturel est un entier, tout entier est un rationnel (par exemple ), et tout rationnel est réel, donc
Une barre traverse un symbole pour le nier : .
Exemple 1.3
Plaçons quelques nombres dans la plus petite famille qui les contient.
- , donc même s’il est écrit comme une fraction : toujours simplifier d’abord.
- est rationnel mais pas entier.
- (le chiffre qui se répète indéfiniment) égale , un nombre rationnel.
- et sont réels mais non rationnels, comme nous allons le voir pour ; de tels nombres sont dits irrationnels.
Théorème 1.4 (Irrationalité de )
Le nombre n’est pas rationnel : aucune fraction d’entiers n’a pour carré .
Démonstration. On raisonne par l’absurde, en petites étapes.
- Supposons où et sont des entiers positifs, et la fraction est irréductible, donc et ne sont pas tous les deux pairs.
- En élevant au carré : , c’est-à-dire . Donc est pair.
- Si était impair, disons , alors serait impair. Comme est pair, doit être pair : pour un certain entier .
- En substituant : , donc , donc . Par le même argument qu’à l’étape 3, est pair.
- À présent et sont tous les deux pairs, ce qui contredit l’étape 1. L’hypothèse était impossible : est irrationnel.
∎
Remarque 1.5
Les nombres rationnels sont exactement les nombres dont le développement décimal soit s’arrête (comme ), soit finit par répéter indéfiniment le même bloc (comme ou ). Les irrationnels comme ont des décimales qui ne tombent jamais dans un motif répétitif. On admet cette caractérisation à ce niveau.
1.2 La droite numérique et les intervalles
Les nombres réels remplissent une droite : en choisissant une origine et une unité de longueur, tout nombre réel correspond à exactement un point.
Définition 1.6 (Intervalle)
Soient et des nombres réels avec . Un intervalle est l’ensemble de tous les nombres réels compris entre deux bornes. Un crochet signifie que la borne est incluse, une parenthèse qu’elle est exclue :
| notation | description |
|---|---|
| (les deux bornes incluses) | |
| (les deux bornes exclues) | |
Les symboles et (« infini ») ne sont pas des nombres, seulement une façon de dire que l’intervalle se prolonge indéfiniment ; le crochet adjacent est toujours une parenthèse. Toute la droite est l’intervalle .
Définition 1.7 (Intersection et réunion)
Soient et deux ensembles de nombres réels. L’intersection (« et ») est l’ensemble des nombres appartenant aux deux ; la réunion (« ou ») est l’ensemble des nombres appartenant à l’un au moins des deux.
Exemple 1.8
Prenons et . En les dessinant sur la même droite : ils se chevauchent entre et . Donc
Attention aux crochets : donc , mais et , donc .
Méthode 1.9 (Travailler avec les intervalles)
Pour trouver l’intersection ou la réunion de deux intervalles :
- dessiner la droite numérique et marquer les quatre bornes ;
- hachurer le premier intervalle au-dessus de la droite et le second en dessous ;
- l’intersection est là où les hachures se superposent, la réunion là où au moins une hachure est présente ;
- décider chaque crochet en testant si la borne elle-même appartient aux deux ensembles (intersection) ou à l’un au moins (réunion).
1.3 Valeur absolue et distance
Définition 1.10 (Valeur absolue)
La valeur absolue d’un nombre réel est
Par exemple et . Dans tous les cas .
Proposition 1.11 (Distance sur la droite)
Pour tous nombres réels et , la distance entre les points et sur la droite numérique est . En particulier est la distance de à .
Démonstration. Si , la distance de à est , qui égale . Si , la distance est , qui est encore par définition de la valeur absolue. ∎
Proposition 1.12 (Valeur absolue et intervalles)
Soit un nombre réel et . Alors
Démonstration. dit que la distance de à est au plus , c’est-à-dire que ne s’éloigne pas de plus de de de part et d’autre. Les nombres qui satisfont cela sont exactement ceux entre et , bornes incluses. ∎
Exemple 1.13
Résoudre . Les solutions sont les nombres à distance au plus de : l’intervalle . Réciproquement, l’intervalle a pour centre et pour rayon , donc il est décrit par .
1.4 Approximations
Les nombres irrationnels, et même la plupart des fractions, ne peuvent pas s’écrire exactement avec un nombre fini de décimales, donc en pratique on les approxime.
Définition 1.14 (Approximation à une précision donnée)
Un nombre est une approximation de à près lorsque . Tronquer ou arrondir le développement décimal après le -ième chiffre donnent toutes deux de telles approximations.
Exemple 1.15
D’après : la troncature et l’arrondi sont toutes deux des approximations de à près. L’arrondi est à distance inférieure à , la troncature ne garantit que . Écrire encadre entre deux bornes décimales.
1.5 Exercices
Exercice 1.1 ★
Pour chaque nombre, indiquer le plus petit des ensembles , , , auquel il appartient :
Solution
Solution de Exercice 1.1.
. . (ce n’est pas un entier : ). . (irrationnel, puisque n’est pas le carré d’un rationnel — admis ici, dans l’esprit du Théorème 1.4). . .
Exercice 1.2 ★
Écrire chaque énoncé avec la notation des intervalles, puis le dessiner sur une droite numérique : (a) ; (b) ; (c) ; (d) la distance de à est au plus .
Solution
Solution de Exercice 1.2.
(a) : point plein en , point creux en . (b) : point creux en , hachures vers la droite. (c) : hachures depuis la gauche jusqu’à un point plein en . (d) « distance de à au plus » signifie , c’est-à-dire : points pleins en et .
Exercice 1.3 ★
Calculer et pour
Solution
Solution de Exercice 1.3.
(a) Les deux intervalles se chevauchent entre et : ( et , et chacun appartient aussi à l’autre ensemble), et .
(b) est l’ensemble des tels que et : . La réunion couvre tout : .
Exercice 1.4 ★
Calculer sans calculatrice :
Solution
Solution de Exercice 1.4.
; ; ; donc ; donc aussi (un nombre et son opposé ont la même valeur absolue).
Exercice 1.5 ★
Résoudre les équations et inégalités et donner les ensembles de solutions :
(Noter que est une distance à .)
Solution
Solution de Exercice 1.5.
: distance à , donc ou .
: distance à , donc ou .
: distance au plus à , donc .
: distance strictement inférieure à à , donc .
Exercice 1.6 ★★
Décrire chaque intervalle par une inégalité de la forme ou :
Solution
Solution de Exercice 1.6.
Chaque intervalle est décrit par son centre (milieu des bornes) et son rayon (moitié de la longueur).
: , , donc .
: , , bornes ouvertes, donc .
: , , donc .
Exercice 1.7 ★★
Montrer que (le bloc qui se répète indéfiniment) est rationnel. (Indication : l’appeler et calculer .)
Solution
Solution de Exercice 1.7.
Soit . Alors , et en soustrayant :
donc et , un quotient d’entiers : est rationnel.
Exercice 1.8 ★★
Vrai ou faux ? Justifier chaque réponse par un argument ou un contre-exemple.
- La somme de deux entiers est un entier.
- Le quotient de deux entiers est un entier.
- La somme de deux rationnels est rationnelle.
- La somme d’un rationnel et d’un irrationnel est irrationnelle.
Solution
Solution de Exercice 1.8.
1. Vrai : ajouter des entiers (nombres entiers positifs ou négatifs) produit toujours un entier.
2. Faux : est un quotient des entiers et et n’est pas un entier.
3. Vrai : est encore un quotient d’entiers (avec dénominateur non nul).
4. Vrai : supposons rationnel, irrationnel, et rationnel. Alors serait une différence de deux rationnels, donc rationnel (par le 3, appliqué avec ) — contradiction. Donc est irrationnel.
Exercice 1.9 ★★
En utilisant , encadrer les nombres , et entre deux bornes décimales.
Solution
Solution de Exercice 1.9.
En multipliant par : .
En ajoutant : .
En multipliant par , les inégalités s’inversent : .
Exercice 1.10 ★★★
Adapter la démonstration du Théorème 1.4 pour montrer que est irrationnel. (Remplacer « pair » par « multiple de » : vérifier d’abord que si est multiple de , alors l’est aussi, en examinant les restes , , de dans la division par .)
Solution
Solution de Exercice 1.10.
D’abord le fait auxiliaire. Divisons par : le reste est , ou , c’est-à-dire , ou . En élevant au carré :
Seul le premier est multiple de : si est multiple de , alors l’est aussi.
Supposons maintenant irréductible. En élevant au carré : , donc est multiple de , donc . Alors , donc et est aussi multiple de — mais alors la fraction n’était pas irréductible : contradiction. Donc est irrationnel.
1.6 Problème : entre deux nombres quelconques
Problème 1.1
Devoir du week-end — rationnels et irrationnels s’entrelacent : tout intervalle, si petit soit-il, en contient une infinité de chaque sorte, et aucune mesure ne saura jamais les distinguer
Les rationnels ressemblent à une foule (toutes les fractions !) et les irrationnels à des exceptions exotiques (, ). Ce problème en révèle la véritable image : les deux familles s’entrelacent si finement que tout intervalle de la droite numérique, si microscopique soit-il, en contient une infinité de chaque — avec des conséquences étranges, comme celle-ci : aucune mesure physique, si précise soit-elle, ne peut décider si une longueur est rationnelle.
Partie I — Les quatre royaumes.
- Pour chaque nombre, nommer le plus petit des ensembles , , , qui le contient (Définition 1.1) : ; ; ; (se rappeler le devoir du week-end sur les décimales périodiques du volume précédent) ; ; (dont on admettra l’irrationalité — démontrée seulement dans les volumes universitaires).
- Démontrer que est stable par addition et par multiplication : si et sont rationnels, écrire et sous forme d’une seule fraction.
- En déduire, par l’absurde : (a) la somme d’un rationnel et d’un irrationnel est irrationnelle ; (b) le produit d’un rationnel non nul et d’un irrationnel est irrationnel.
- Montrer que l’ensemble des irrationnels n’est stable ni par l’une ni par l’autre opération : exhiber deux irrationnels dont la somme est rationnelle, et deux dont le produit est rationnel.
- Situer et dans les quatre royaumes (simplifier d’abord , selon la méthode du volume précédent).
Partie II — Les rationnels sont denses.
- Trouver un rationnel strictement compris entre et ; puis un deuxième ; puis décrire comment en produire autant que l’on veut (le zoom du devoir du week-end sur l’absence de nombre suivant, du volume précédent, mais cette fois avec une démonstration en vue).
- Le théorème général. Soient deux réels quelconques, d’écart . Choisir tel que , et considérer les multiples de (la grille décimale de pas ). Expliquer pourquoi au moins un point de la grille tombe strictement entre et , et conclure : tout intervalle de longueur strictement positive contient un nombre rationnel.
- Renforcer la conclusion : un tel intervalle contient une infinité de rationnels. (Appliquer de nouveau la question 7, dans un intervalle plus petit.)
- Passons aux irrationnels : étant donné , prendre un rationnel strictement à l’intérieur (question 7) et considérer les nombres . À l’aide de la question 3, montrer qu’ils sont irrationnels, et que pour assez grand ils restent dans l’intervalle : tout intervalle contient aussi une infinité d’irrationnels.
- Deux énigmes classiques réglées : existe-t-il un plus petit nombre réel strictement positif ? Un nombre réel « juste après » ? Répondre aux deux avec le théorème de la question 7, et saluer au passage la version enfantine (le devoir du week-end sur l’absence de nombre suivant, du volume précédent).
Partie III — La valeur absolue, géométrie de .
- Résoudre, et exprimer les solutions à l’aide d’intervalles ou de réunions d’intervalles (Proposition 1.12) : ; ; .
- Un piston doit être usiné à mm avec une tolérance de mm. Écrire cette exigence avec une valeur absolue, puis sous forme d’intervalle. Deux pistons mesurent et mm : quels verdicts ?
- L’inégalité triangulaire sur la droite : . La vérifier sur et , la démontrer lorsque et sont de même signe puis lorsqu’ils sont de signes contraires, et préciser exactement le cas d’égalité.
- Résoudre en lisant l’équation comme une égalité de distances sur la droite. Quel point du devoir du week-end sur les deux miroirs, du volume précédent, vient-on de calculer, une dimension plus bas ?
- Simplifier — avec précaution. Tester la formule obtenue sur et , puis s’en servir pour résoudre à l’aide d’une valeur absolue.
Partie IV — Ce qu’aucune mesure ne peut trancher.
- Un physicien mesure une tige : m. Une telle mesure — celle-ci ou une autre, future et plus précise — pourra-t-elle jamais prouver que la longueur de la tige est irrationnelle ? Ou qu’elle est rationnelle ? Utiliser les questions 7 et 9 sur l’intervalle de tolérance, et expliquer pourquoi seule une démonstration (comme celle de la diagonale, dans le devoir du week-end sur l’irrationalité du volume précédent) peut trancher.
- Les troncatures , , , de sont toutes rationnelles. Que montrent-elles sur la façon dont se presse contre chaque irrationnel ? Formuler le fait général.
- Arithmétique des intervalles : on a mesuré et . Encadrer et entre des bornes sûres. Quelle opération dégrade le plus la précision ?
- Une règle d’ingénieur affirme que les erreurs de mesures indépendantes « s’ajoutent » pour une somme : exprimer avec l’inégalité triangulaire (question 13) pourquoi l’erreur sur est au plus la somme des erreurs — l’inégalité est la règle de l’ingénieur.
- Pour finir, en un court paragraphe : rassembler l’image de la droite réelle établie par ce problème et par ses ancêtres — pas de nombre suivant (devoir du week-end correspondant du volume précédent), rationnels décimales périodiques (idem), les deux familles denses (questions 8 et 9), mesure à jamais indécise (question 16). Terminer par l’annonce que ce chapitre ne peut pas encore démontrer : en un sens précis, il y a beaucoup plus d’irrationnels que de rationnels — les volumes universitaires comptent les infinis.
Solution
Solution de Problème 1.1.
1. ; ; ; (devoir du week-end sur les décimales périodiques du volume précédent) ; est irrationnel : plus petit ensemble ; : .
2. et : des quotients d’entiers de dénominateur non nul — donc des rationnels.
3. (a) Si est rationnel, irrationnel et si était rationnel, alors serait une différence de rationnels, donc rationnel (question 2) : contradiction. (b) Si et rationnel, alors est rationnel : contradiction.
4. et sont irrationnels et de somme ; et ont pour produit . Des résultats rationnels à partir d’ingrédients irrationnels : les irrationnels ne forment aucun royaume stable.
5. , donc : irrationnel (question 3b, multiplicateur ). Et : le produit de deux irrationnels atterrit dans le plus petit royaume de tous.
6. , puis (ou , , …) : ajouter des décimales produit indéfiniment de nouveaux rationnels entre les deux.
7. Les multiples de jalonnent la droite avec un pas . Le premier multiple strictement supérieur à — il existe, puisque les multiples finissent par dépasser — se trouve à un pas au plus au-delà de , donc avant : il est strictement compris entre et . Or un point de la grille est un décimal, donc un rationnel : tout intervalle de longueur strictement positive en contient un.
8. Entre et le rationnel trouvé à la question 7 se trouve (question 7 de nouveau) un rationnel ; entre et un rationnel ; et ainsi de suite : une infinité, tous distincts, tous dans l’intervalle de départ.
9. est la somme d’un rationnel et d’un irrationnel ( est irrationnel par la question 3b), donc est irrationnel. Comme devient plus petit que toute borne, pour assez grand reste avant : voilà un irrationnel dans l’intervalle — et faire varier en donne une infinité.
10. Pas de plus petit réel strictement positif : si l’était, l’intervalle contiendrait encore un rationnel (question 7), positif et plus petit que . Pas de nombre juste après : tout candidat laisse l’intervalle , qui n’est pas vide — le jeu du devoir du week-end sur l’absence de nombre suivant, devenu théorème sur .
11. : ou . : . : distance à au moins égale à , d’où .
12. , c’est-à-dire . Le piston à est accepté ; celui à est refusé, à un centième de millimètre près.
13. : . : , il y a égalité. Même signe : est la somme des distances, égale à . Signes contraires : le trajet revient sur ses pas, est la différence des distances, strictement plus petite que leur somme (sauf si l’un des deux est nul). Il y a égalité exactement lorsque et sont de même signe ou que l’un est nul.
14. Les solutions sont les points équidistants de et de : le milieu, . C’est la médiatrice du devoir du week-end sur les deux miroirs, réduite à une dimension : un point unique.
15. , et non : pour , . Alors se lit , c’est-à-dire : .
16. La mesure affirme seulement que la longueur est dans l’intervalle — et d’après les questions 7 et 9, cet intervalle contient une infinité de rationnels et une infinité d’irrationnels. Il en va de même pour toute tolérance future, si petite soit-elle. Aucune mesure ne pourra jamais séparer les deux familles ; seule une démonstration portant sur la longueur exacte — comme celle de la diagonale du carré unité (devoir du week-end sur l’irrationalité du volume précédent) — le peut.
17. Elles approchent avec des erreurs inférieures à : les rationnels se pressent contre à toutes les échelles. Le fait général : tout nombre réel est approché d’aussi près que l’on veut par des rationnels (ses troncatures décimales) — la densité encore une fois, vue du côté de la cible.
18. : incertitude (les erreurs s’ajoutent). : une incertitude d’environ autour de — pour un produit ce sont les erreurs relatives qui s’ajoutent, et la précision se dégrade donc plus vite.
19. Écrivons les valeurs exactes et , avec . L’erreur sur la somme vaut alors : la règle de l’ingénieur est l’inégalité triangulaire de la question 13.
20. La droite réelle n’a ni trous ni voisins : après un nombre, pas de « suivant » (question 10). Ses points se répartissent entre les rationnels — exactement les décimales finies ou périodiques (devoir du week-end correspondant du volume précédent) — et les irrationnels, et les deux familles sont si étroitement entrelacées que tout intervalle en contient une infinité de chaque (questions 8 et 9) ; c’est pourquoi aucune mesure, mais seulement une démonstration, ne peut les distinguer (question 16). Et la surprise finale, laissée en promesse : les irrationnels sont plus nombreux que les rationnels — non pas en les comptant un à un, mais au sens précis d’une comparaison entre infinis, théorie construite dans les volumes universitaires.