Mathematics · Book 2 · Grades 10–12

Mathématiques du lycée

Mathématiques du lycée · Grades 10–12

18Probabilités et variables aléatoires

La probabilité modélise des expériences dont le résultat est incertain : un lancer de dé, une carte tirée, un jeu joué. Ce chapitre met en place le vocabulaire sur des ensembles finis, puis introduit le personnage central de toute la théorie des probabilités : la variable aléatoire et son espérance. Ces notions sont reprises et approfondies dans le Chapitre 33, et les probabilités conditionnelles suivent dans le Chapitre 32.

18.1 Probabilité sur un ensemble fini

Définition 18.1 (Modèle probabiliste)

Une expérience à un nombre fini d’issues est modélisée par son univers Ω={ω1,,ωn}\Omega = \{\omega_1, \dots, \omega_n\} (l’ensemble des issues) muni d’une probabilité P\P attribuant à chaque issue ωi\omega_i un nombre pi0p_i \geq 0, avec p1++pn=1p_1 + \dots + p_n = 1. Un événement est une partie AΩA \subseteq \Omega, et

P(A)=ωiApi.\P(A) = \sum_{\omega_i \in A} p_i .

Lorsque toutes les issues sont équiprobables (pi=1np_i = \frac1n : le modèle uniforme),

P(A)=nombre d’issues dans Anombre d’issues dans Ω.\P(A) = \frac{\text{nombre d'issues dans } A} {\text{nombre d'issues dans } \Omega}.

Exemple 18.2

Lancer deux dés distincts : Ω\Omega est l’ensemble des 3636 couples ordonnés (i,j)(i, j) avec 1i,j61 \leq i, j \leq 6, tous équiprobables. L’événement SS = « la somme est 77 » contient les 66 couples (1,6),(2,5),(3,4),(4,3),(5,2),(6,1)(1,6), (2,5), (3,4), (4,3), (5,2), (6,1), donc P(S)=636=16\P(S) = \frac{6}{36} = \frac16. L’événement « la somme est 1212 » contient seulement (6,6)(6,6) : probabilité 136\frac{1}{36}. Choisir le bon univers — couples ordonnés, pas non ordonnés — est ce qui rend le modèle uniforme applicable.

Proposition 18.3 (Règles de la probabilité)

Pour des événements A,BΩA, B \subseteq \Omega :

P()=0,P(Ω)=1,P(Aˉ)=1P(A),\P(\emptyset) = 0, \qquad \P(\Omega) = 1, \qquad \P(\bar A) = 1 - \P(A),
P(AB)=P(A)+P(B)P(AB),\P(A \cup B) = \P(A) + \P(B) - \P(A \cap B),

Aˉ\bar A est le complémentaire de AA (toutes les issues hors de AA). En particulier, P(AB)=P(A)+P(B)\P(A \cup B) = \P(A) + \P(B) lorsque AA et BB sont incompatibles (AB=A \cap B = \emptyset).

Démonstration. L’événement vide ne contient aucune issue (somme vide), et Ω\Omega les contient toutes (somme totale 11). Chaque issue est dans exactement l’un de AA, Aˉ\bar A, donc P(A)+P(Aˉ)=1\P(A) + \P(\bar A) = 1. Pour la réunion : sommer les pip_i sur AA puis sur BB compte deux fois les issues de ABA \cap B ; soustraire P(AB)\P(A \cap B) corrige le double comptage.

Exemple 18.4

Dans une classe, 60%60\,\% étudient la musique (MM), 45%45\,\% font un sport (SS), et 25%25\,\% font les deux. La proportion qui fait au moins l’un des deux est P(MS)=0.60+0.450.25=0.80\P(M \cup S) = 0.60 + 0.45 - 0.25 = 0.80, donc 20%20\,\% ne font ni l’un ni l’autre (complémentaire).

18.2 Variables aléatoires

Définition 18.5 (Variable aléatoire, loi)

Une variable aléatoire sur Ω\Omega est une fonction XX attribuant un nombre à chaque issue. Sa loi est le tableau de ses valeurs possibles x1,,xkx_1, \dots, x_k avec leurs probabilités

P(X=xi)=P({ω:X(ω)=xi}),i=1kP(X=xi)=1.\P(X = x_i) = \P\bigl(\{\omega : X(\omega) = x_i\}\bigr), \qquad \sum_{i=1}^k \P(X = x_i) = 1 .

Exemple 18.6

Un jeu : payer 22 euros, lancer un dé équilibré, recevoir la valeur affichée si elle est au moins 55, rien sinon. Soit GG le gain (reçu moins payé). Les issues 1,2,3,41, 2, 3, 4 donnent G=2G = -2 ; l’issue 55 donne G=3G = 3 ; l’issue 66 donne G=4G = 4. La loi de GG :

gg2-23344
P(G=g)\P(G = g)46\dfrac4616\dfrac1616\dfrac16

Méthode 18.7 (Construire un tableau de loi)

Lister les valeurs possibles de XX ; pour chaque valeur, rassembler les issues qui la produisent et additionner leurs probabilités ; vérifier que la ligne des probabilités somme à 11.

18.3 Espérance

Définition 18.8 (Espérance)

L’espérance (ou moyenne) de XX est la moyenne de ses valeurs pondérées par leurs probabilités :

E(X)=i=1kP(X=xi)  xi.\E(X) = \sum_{i=1}^{k} \P(X = x_i)\; x_i .

Remarque 18.9

E(X)\E(X) est ce que serait la moyenne d’un grand nombre de répétitions indépendantes de l’expérience — la version précise de cette affirmation est la loi des grands nombres, prouvée dans le Chapitre 34. Noter l’analogie formelle avec la moyenne d’un jeu de données avec effectifs (Définition 17.1) : les probabilités jouent le rôle des fréquences relatives nin\frac{n_i}{n}.

Exemple 18.10

Pour le jeu de l’Exemple 18.6 :

E(G)=46×(2)+16×3+16×4=8+3+46=160.17.\E(G) = \frac46 \times (-2) + \frac16 \times 3 + \frac16 \times 4 = \frac{-8 + 3 + 4}{6} = -\frac16 \approx -0.17 .

En moyenne le joueur perd environ 1717 centimes par partie : le jeu est défavorable. Un jeu est dit équitable lorsque le gain espéré est 00.

Proposition 18.11 (Linéarité)

Pour tous réels a,ba, b :

E(aX+b)=aE(X)+b.\E(aX + b) = a\,\E(X) + b .

Démonstration. La variable aX+baX + b prend la valeur axi+ba x_i + b avec la probabilité P(X=xi)\P(X = x_i), donc

E(aX+b)=iP(X=xi)(axi+b)=aiP(X=xi)xi+biP(X=xi)=1=aE(X)+b.\E(aX + b) = \sum_i \P(X = x_i)(a x_i + b) = a \sum_i \P(X = x_i)\,x_i + b \underbrace{\sum_i \P(X = x_i)}_{=\,1} = a\,\E(X) + b .

18.4 Variance et écart type

Définition 18.12 (Variance)

La variance de XX mesure la dispersion de ses valeurs autour de l’espérance m=E(X)m = \E(X) :

V(X)=E((Xm)2)=i=1kP(X=xi)(xim)2,σ(X)=V(X).\V(X) = \E\bigl((X - m)^2\bigr) = \sum_{i=1}^{k} \P(X = x_i)\,(x_i - m)^2, \qquad \sigma(X) = \sqrt{\V(X)} .

Proposition 18.13 (Formule de König–Huygens)

V(X)=E(X2)E(X)2.\V(X) = \E(X^2) - \E(X)^2 .

Démonstration. Développer (xim)2=xi22mxi+m2(x_i - m)^2 = x_i^2 - 2m\,x_i + m^2 dans la somme :

V(X)=iP(X=xi)xi22miP(X=xi)xi+m2iP(X=xi)=E(X2)2m2+m2,\V(X) = \sum_i \P(X = x_i)\,x_i^2 - 2m \sum_i \P(X = x_i)\,x_i + m^2\sum_i \P(X = x_i) = \E(X^2) - 2m^2 + m^2 ,

qui est E(X2)m2\E(X^2) - m^2. C’est la version variable aléatoire de l’identité prouvée pour les jeux de données dans la Proposition 17.7.

Proposition 18.14 (Transformation affine)

V(aX+b)=a2V(X)\V(aX + b) = a^2\,\V(X) et σ(aX+b)=aσ(X)\sigma(aX + b) = \abs a\,\sigma(X).

Démonstration. Par linéarité, aX+baX + b s’écarte de son espérance am+ba m + b de (aX+b)(am+b)=a(Xm)(aX + b) - (am + b) = a(X - m) : chaque écart est multiplié par aa, donc chaque écart au carré par a2a^2, et leur moyenne pondérée aussi. Le décalage bb a disparu — décaler une variable ne change pas sa dispersion.

Exemple 18.15

Pour le jeu de l’Exemple 18.6 : E(G2)=46×4+16×9+16×16=16+9+166=416\E(G^2) = \frac46 \times 4 + \frac16 \times 9 + \frac16 \times 16 = \frac{16 + 9 + 16}{6} = \frac{41}{6}, donc

V(G)=416(16)2=416136=245366.8,σ(G)2.6.\V(G) = \frac{41}{6} - \left(-\frac16\right)^2 = \frac{41}{6} - \frac{1}{36} = \frac{245}{36} \approx 6.8, \qquad \sigma(G) \approx 2.6 .

La perte de 0.170.17 par partie en moyenne s’accompagne de fluctuations de taille typique 2.62.6 euros — l’espérance sans l’écart type ne raconte que la moitié de l’histoire.

La loi du gain G de l’, et son espérance (G) = -1/6 (en pointillés) : le point d’équilibre des masses de probabilité.
La loi du gain GG de l’Exemple 18.6, et son espérance E(G)=16\E(G) = -\frac16 (en pointillés) : le point d’équilibre des masses de probabilité.

18.5 Exercices

Exercice 18.1

Une carte est tirée d’un jeu standard de 5252 cartes. Calculer la probabilité de tirer : un cœur ; un roi ; un cœur ou un roi ; ni un cœur ni un roi.

Solution

Solution de Exercice 18.1.

Modèle uniforme sur 5252 cartes. Cœurs : 1352=14\frac{13}{52} = \frac14. Rois : 452=113\frac{4}{52} = \frac{1}{13}. Cœur ou roi : 13+4152=1652=413\frac{13 + 4 - 1}{52} = \frac{16}{52} = \frac{4}{13} (le roi de cœur est compté une fois). Ni l’un ni l’autre : 1413=9131 - \frac{4}{13} = \frac{9}{13}.

Exercice 18.2

Deux dés équilibrés sont lancés et leur somme SS est enregistrée. En utilisant le modèle à 3636 issues de l’Exemple 18.2, calculer P(S=6)\P(S = 6), P(S10)\P(S \geq 10) et P(S est pair)\P(S \text{ est pair}).

Solution

Solution de Exercice 18.2.

S=6S = 6 : les couples (1,5),(2,4),(3,3),(4,2),(5,1)(1,5), (2,4), (3,3), (4,2), (5,1), donc P(S=6)=536\P(S = 6) = \frac{5}{36}.

S10S \geq 10 : trois couples pour 1010, deux pour 1111, un pour 1212 : P(S10)=636=16\P(S \geq 10) = \frac{6}{36} = \frac16.

SS pair : les sommes 2,4,6,8,10,122, 4, 6, 8, 10, 12 ont 1+3+5+5+3+1=181 + 3 + 5 + 5 + 3 + 1 = 18 couples : probabilité 1836=12\frac{18}{36} = \frac12.

Exercice 18.3

Une variable aléatoire a pour loi

xx1-1002255
P(X=x)\P(X=x)0.30.30.20.20.40.4pp

Trouver pp, puis calculer E(X)\E(X).

Solution

Solution de Exercice 18.3.

Les probabilités somment à 11 : p=10.30.20.4=0.1p = 1 - 0.3 - 0.2 - 0.4 = 0.1. Puis

E(X)=0.3×(1)+0.2×0+0.4×2+0.1×5=0.3+0.8+0.5=1.\E(X) = 0.3 \times (-1) + 0.2 \times 0 + 0.4 \times 2 + 0.1 \times 5 = -0.3 + 0.8 + 0.5 = 1 .

Exercice 18.4

XX satisfait E(X)=3\E(X) = 3 et V(X)=4\V(X) = 4. Donner l’espérance, la variance et l’écart type de Y=2X5Y = 2X - 5.

Solution

Solution de Exercice 18.4.

E(Y)=2×35=1\E(Y) = 2 \times 3 - 5 = 1 ; V(Y)=22×4=16\V(Y) = 2^2 \times 4 = 16 ; σ(Y)=4\sigma(Y) = 4.

Exercice 18.5 ★★

Une roue de la fortune a 1010 secteurs égaux : 55 affichent 00 euro, 33 affichent 22 euros, 22 affichent 55 euros. Jouer coûte 22 euros. Donner la loi du gain GG (gains moins mise), calculer E(G)\E(G), et décider si le jeu est favorable.

Solution

Solution de Exercice 18.5.

Les gains sont 00, 22, 55 euros avec probabilités 0.50.5, 0.30.3, 0.20.2 ; en soustrayant la mise de 22 euros, GG prend les valeurs 2,0,3-2, 0, 3 :

gg2-20033
P(G=g)\P(G=g)0.50.50.30.30.20.2

E(G)=1+0+0.6=0.4\E(G) = -1 + 0 + 0.6 = -0.4 : le joueur perd 4040 centimes par partie en moyenne — défavorable.

Exercice 18.6 ★★

Une urne contient 33 boules rouges et 22 bleues ; deux boules sont tirées sans remise. Soit XX le nombre de boules rouges tirées. Construire la loi de XX (énumérer les 2020 tirages ordonnés, ou utiliser un arbre), et calculer E(X)\E(X).

Solution

Solution de Exercice 18.6.

Tirage ordonné : P(X=2)=35×24=310\P(X = 2) = \frac35 \times \frac24 = \frac{3}{10} (rouge puis rouge) ; P(X=0)=25×14=110\P(X = 0) = \frac25 \times \frac14 = \frac{1}{10} (bleu puis bleu) ; d’où P(X=1)=1310110=610\P(X = 1) = 1 - \frac{3}{10} - \frac{1}{10} = \frac{6}{10}. Puis

E(X)=0×110+1×610+2×310=1210=1.2,\E(X) = 0 \times \frac1{10} + 1 \times \frac6{10} + 2 \times \frac3{10} = \frac{12}{10} = 1.2 ,

cohérent avec l’intuition : 35\frac35 des deux tirages sont rouges en moyenne.

Exercice 18.7 ★★

Pour la roue de l’Exercice 18.5, calculer V(G)\V(G) et σ(G)\sigma(G).

Solution

Solution de Exercice 18.7.

E(G2)=0.5×4+0.3×0+0.2×9=3.8\E(G^2) = 0.5 \times 4 + 0.3 \times 0 + 0.2 \times 9 = 3.8, donc par la formule de König–Huygens V(G)=3.8(0.4)2=3.80.16=3.64\V(G) = 3.8 - (-0.4)^2 = 3.8 - 0.16 = 3.64 et σ(G)1.9\sigma(G) \approx 1.9 euros.

Exercice 18.8 ★★

Une compagnie d’assurance vend une police pour 8080 euros. Avec probabilité 0.050.05 le client réclame 10001000 euros, avec probabilité 0.010.01 il réclame 50005000 euros, sinon rien. Soit BB le bénéfice de la compagnie sur une police. Donner la loi de BB, calculer E(B)\E(B), et interpréter.

Solution

Solution de Exercice 18.8.

Le bénéfice est 8080 moins la réclamation :

bb8080920-9204920-4920
P(B=b)\P(B=b)0.940.940.050.050.010.01

E(B)=75.24649.2=20\E(B) = 75.2 - 46 - 49.2 = -20 : à ce prix la compagnie perd 2020 euros par police en moyenne. La prime est trop basse pour les risques couverts (il faudrait qu’elle dépasse 100100 euros pour un bénéfice espéré positif).

Exercice 18.9 ★★

Une question à choix multiples a 44 réponses, une seule correcte. Une réponse correcte rapporte +1+1 ; pour décourager le hasard, une réponse fausse rapporte x<0x < 0. Un élève répond au hasard. Pour quelle valeur de xx le score espéré de l’élève est-il nul ?

Solution

Solution de Exercice 18.9.

Le score aléatoire est +1+1 avec probabilité 14\frac14 et xx avec probabilité 34\frac34 :

E=14+3x4=0    x=13.\E = \frac14 + \frac{3x}{4} = 0 \iff x = -\frac13 .

Avec la pénalité 13-\frac13, le hasard ne rapporte rien en moyenne.

Exercice 18.10 ★★

Deux pièces équilibrées sont lancées. Anne propose : « si les deux pièces coïncident, je vous paie 11 euro ; si elles diffèrent, vous me payez 11 euro. » Calculer le gain espéré de chaque joueur. Le jeu est-il équitable ? Même question avec trois pièces, où Anne paie 22 euros si les trois coïncident.

Solution

Solution de Exercice 18.10.

Deux pièces : elles coïncident (FF ou PP) avec probabilité 24×2=12\frac24 \times 2 = \frac12. Le gain du joueur est +1+1 ou 1-1 avec probabilités égales : espérance 00 pour les deux joueurs — le jeu est équitable.

Trois pièces : toutes coïncident (FFF ou PPP) avec probabilité 28=14\frac{2}{8} = \frac14. Le joueur reçoit 22 avec probabilité 14\frac14 et paie 11 avec probabilité 34\frac34 : E=2434=14\E = \frac24 - \frac34 = -\frac14. Le jeu favorise Anne de 2525 centimes par manche ; il serait équitable si elle payait 33 euros pour un triple match.

Exercice 18.11 ★★★

Une loterie vend 10001000 billets à 55 euros chacun. Un billet gagne 20002000 euros, cinq billets gagnent 200200 euros, vingt billets gagnent 2525 euros.

  1. Donner la loi du revenu total de l’organisateur moins les lots, et du gain GG d’un seul joueur.
  2. Calculer E(G)\E(G) et le profit total espéré de l’organisateur. Vérifier que les deux réponses sont cohérentes.
Solution

Solution de Exercice 18.11.

1. L’organisateur reçoit 1000×5=50001000 \times 5 = 5000 euros et verse 2000+5×200+20×25=35002000 + 5 \times 200 + 20 \times 25 = 3500 euros au total : le profit est la constante 15001500 (pas de hasard une fois tous les billets vendus). Le gain GG d’un seul joueur (lot moins le billet à 55 euros) :

gg1995199519519520205-5
P(G=g)\P(G=g)11000\dfrac{1}{1000}51000\dfrac{5}{1000}201000\dfrac{20}{1000}9741000\dfrac{974}{1000}

2.

E(G)=1995+5×195+20×20974×51000=1995+975+40048701000=1.5.\E(G) = \frac{1995 + 5 \times 195 + 20 \times 20 - 974 \times 5}{1000} = \frac{1995 + 975 + 400 - 4870}{1000} = -1.5 .

Chaque joueur s’attend à perdre 1.501.50 euro ; sur 10001000 joueurs c’est 15001500 euros — exactement le profit de l’organisateur. Les comptes s’équilibrent : ce que les joueurs perdent en moyenne est précisément ce que l’organisateur encaisse.