Mathematics · Livre 2 · Grades 10–12

Mathématiques du lycée

Mathématiques du lycée · Grades 10–12

15Vecteurs et droites dans le plan

Les vecteurs encodent des déplacements ; les droites sont leurs trajectoires. Le nouvel outil clé de ce chapitre est le déterminant, un seul nombre qui décide si deux vecteurs sont colinéaires — et, de là, produit des équations de droites et tranche les questions d’alignement et de parallélisme par pure computation. Les mêmes idées s’étendent à l’espace dans le Chapitre 31.

15.1 Vecteurs : un rappel

Définition 15.1 (Vecteur, coordonnées)

Un vecteur u\vec u représente un déplacement : toutes les flèches de même direction, même sens et même longueur représentent le même vecteur. Dans un repère, u(x,y)\vec u\,(x, y) enregistre le déplacement (xx horizontalement, yy verticalement) ; pour des points A(xA,yA)A(x_A, y_A) et B(xB,yB)B(x_B, y_B),

AB(xBxA, yByA).\vect{AB}\,\bigl(x_B - x_A,\ y_B - y_A\bigr).

Les vecteurs s’additionnent coordonnée par coordonnée, et λu\lambda\vec u a pour coordonnées (λx,λy)(\lambda x, \lambda y).

Proposition 15.2 (Milieu)

Le milieu MM du segment [AB][AB] a pour coordonnées (xA+xB2, yA+yB2)\left(\frac{x_A + x_B}{2},\ \frac{y_A + y_B}{2}\right).

Démonstration. MM est caractérisé par AM=12AB\vect{AM} = \frac12\vect{AB} : coordonnée par coordonnée, xMxA=12(xBxA)x_M - x_A = \frac12(x_B - x_A), donc xM=xA+xB2x_M = \frac{x_A + x_B}{2}, et de même pour yMy_M.

15.2 Colinéarité et déterminant

Définition 15.3 (Vecteurs colinéaires)

Deux vecteurs sont colinéaires si l’un est un multiple scalaire de l’autre : v=λu\vec v = \lambda \vec u pour un certain λR\lambda \in \R (ou u=0\vec u = \vec 0). Géométriquement : ils ont la même direction, ou l’un d’eux est nul.

Définition 15.4 (Déterminant)

Le déterminant de u(x,y)\vec u\,(x, y) et v(x,y)\vec v\,(x', y') est

det(u,v)=xxyy=xyxy.\det(\vec u, \vec v) = \begin{vmatrix} x & x' \\ y & y' \end{vmatrix} = x y' - x' y .

Théorème 15.5 (Critère de colinéarité)

Deux vecteurs u\vec u et v\vec v sont colinéaires si et seulement si det(u,v)=0\det(\vec u, \vec v) = 0.

Démonstration. (\Rightarrow) Si v=λu\vec v = \lambda\vec u, alors x=λxx' = \lambda x et y=λyy' = \lambda y, donc det(u,v)=x(λy)(λx)y=0\det(\vec u, \vec v) = x(\lambda y) - (\lambda x)y = 0 ; si u=0\vec u = \vec 0, le déterminant est trivialement 00.

(\Leftarrow) Supposons xyxy=0xy' - x'y = 0 et u0\vec u \neq \vec 0, disons x0x \neq 0 (le cas y0y \neq 0 est symétrique). Poser λ=xx\lambda = \frac{x'}{x}. Alors x=λxx' = \lambda x par construction, et la relation xy=xy=λxyxy' = x'y = \lambda x y donne, après division par x0x \neq 0, y=λyy' = \lambda y. D’où v=λu\vec v = \lambda \vec u.

Exemple 15.6

u(3,2)\vec u\,(3, -2) et v(6,4)\vec v\,(-6, 4) : det=3×4(6)×(2)=1212=0\det = 3 \times 4 - (-6) \times (-2) = 12 - 12 = 0, colinéaires (en effet v=2u\vec v = -2\vec u). u(3,2)\vec u\,(3, -2) et w(2,1)\vec w\,(2, 1) : det=3+4=70\det = 3 + 4 = 7 \neq 0, non colinéaires.

Méthode 15.7 (Alignement de trois points)

AA, BB, CC sont alignés si et seulement si AB\vect{AB} et AC\vect{AC} sont colinéaires : calculer les deux vecteurs et vérifier det(AB,AC)=0\det\bigl(\vect{AB}, \vect{AC}\bigr) = 0.

15.3 Équations cartésiennes de droites

Définition 15.8 (Vecteur directeur)

Un vecteur directeur d’une droite dd est tout vecteur non nul u\vec u tel que AB\vect{AB} est colinéaire à u\vec u pour tous points A,BA, B de dd.

Théorème 15.9 (Équation cartésienne)

Une droite de vecteur directeur u(b,a)\vec u\,(-b, a) admet une équation de la forme

ax+by+c=0(a,b)(0,0).ax + by + c = 0 \qquad (a, b) \neq (0, 0).

Réciproquement, toute telle équation décrit une droite de vecteur directeur u(b,a)\vec u\,(-b, a).

Démonstration. Soit dd passant par A(xA,yA)A(x_A, y_A) de direction u(b,a)\vec u\,(-b, a). Un point M(x,y)M(x, y) est sur dd exactement lorsque AM\vect{AM} est colinéaire à u\vec u, c’est-à-dire (Théorème 15.5)

0=det(AM,u)=(xxA)a(b)(yyA)=ax+by(axA+byA),0 = \det\bigl(\vect{AM}, \vec u\bigr) = (x - x_A)\,a - (-b)(y - y_A) = ax + by - (a x_A + b y_A),

une équation de la forme annoncée avec c=(axA+byA)c = -(a x_A + b y_A). Réciproquement, les solutions de ax+by+c=0ax + by + c = 0 avec, disons, b0b \neq 0 sont les points (x,ax+cb)\left(x, -\frac{a x + c}{b}\right) : en soustrayant deux d’entre eux, toute corde est colinéaire à (b,a)(-b, a), et une solution existe toujours — c’est la droite passant par elle de direction (b,a)(-b, a).

Méthode 15.10 (Droite par deux points)

Pour trouver une équation de la droite (AB)(AB) : calculer le vecteur directeur AB(xBxA,yByA)\vect{AB}\,(x_B - x_A, y_B - y_A) ; l’identifier à (b,a)(-b, a), c’est-à-dire prendre a=yByAa = y_B - y_A et b=(xBxA)b = -(x_B - x_A) ; déterminer cc en injectant les coordonnées de AA.

Exemple 15.11

Droite par A(1,2)A(1, 2) et B(4,3)B(4, 3) : AB(3,1)\vect{AB}\,(3, 1), donc a=1a = 1, b=3b = -3, et l’équation est x3y+c=0x - 3y + c = 0. En injectant AA : 16+c=01 - 6 + c = 0, donc c=5c = 5. Équation : x3y+5=0x - 3y + 5 = 0. Vérification avec BB : 49+5=04 - 9 + 5 = 0.

Remarque 15.12

Lorsque b0b \neq 0, l’équation peut se résoudre en yy : y=mx+py = mx + p avec coefficient directeur m=abm = -\frac ab. La forme cartésienne ax+by+c=0ax + by + c = 0 est plus générale : elle couvre aussi les droites verticales (b=0b = 0), qui n’ont pas de coefficient directeur.

La droite x - 3y + 5 = 0 de l’, son vecteur directeur u = AB (rouge, ici réduit de moitié), et les deux points utilisés pour construire l’équation.
La droite x3y+5=0x - 3y + 5 = 0 de l’Exemple 15.11, son vecteur directeur u=AB\vec u = \vect{AB} (rouge, ici réduit de moitié), et les deux points utilisés pour construire l’équation.

15.4 Représentation paramétrique

Définition 15.13 (Représentation paramétrique)

La droite passant par A(xA,yA)A(x_A, y_A) de direction u(α,β)\vec u\,(\alpha, \beta) est l’ensemble des points

M(xA+tα, yA+tβ),tR.M\bigl(x_A + t\alpha,\ y_A + t\beta\bigr), \qquad t \in \R .

Le nombre tt est le paramètre : chaque valeur de tt produit un point de la droite, comme si l’on se déplaçait le long d’elle à vitesse constante u\vec u.

Exemple 15.14

La droite de l’Exemple 15.11 est aussi {(1+3t, 2+t):tR}\{(1 + 3t,\ 2 + t) : t \in \R\} : t=0t = 0 donne AA, t=1t = 1 donne BB. En éliminant tt (t=y2t = y - 2, donc x=1+3(y2)x = 1 + 3(y-2)) on retrouve x3y+5=0x - 3y + 5 = 0.

15.5 Positions relatives de deux droites

Proposition 15.15 (Parallèles ou sécantes)

Deux droites de vecteurs directeurs u\vec u et v\vec v sont parallèles si et seulement si det(u,v)=0\det(\vec u, \vec v) = 0. Sous forme d’équations : d:ax+by+c=0d : ax + by + c = 0 et d:ax+by+c=0d' : a'x + b'y + c' = 0 sont parallèles si et seulement si abab=0ab' - a'b = 0. Des droites non parallèles se coupent en exactement un point.

Démonstration. Le parallélisme signifie des directions colinéaires, ce qui est le Théorème 15.5 ; avec u(b,a)\vec u\,(-b, a) et v(b,a)\vec v\,(-b', a'), le déterminant est (b)a(b)a=abab(-b)a' - (-b')a = ab' - a'b. Si les droites ne sont pas parallèles, résoudre les deux équations simultanément (par substitution ou combinaison) conduit à une unique solution : le système se comporte comme un système 2×22 \times 2 à déterminant non nul.

Méthode 15.16 (Intersection de deux droites)

Résoudre le système des deux équations : isoler une inconnue dans une équation et substituer dans l’autre, ou combiner les équations pour éliminer une inconnue. Toujours vérifier le point obtenu dans les deux équations.

Exemple 15.17

Intersecter d:x3y+5=0d: x - 3y + 5 = 0 et d:2x+y4=0d': 2x + y - 4 = 0. De dd' : y=42xy = 4 - 2x. En substituant dans dd :

x3(42x)+5=0    x12+6x+5=0    7x=7    x=1,x - 3(4 - 2x) + 5 = 0 \iff x - 12 + 6x + 5 = 0 \iff 7x = 7 \iff x = 1,

puis y=2y = 2. Les droites se coupent en (1,2)(1, 2). Vérification dans dd : 16+5=01 - 6 + 5 = 0.

15.6 Exercices

Exercice 15.1

Étant donnés A(2,1)A(2, -1), B(5,3)B(5, 3) et C(1,1)C(-1, 1), calculer les coordonnées de AB\vect{AB}, AC\vect{AC}, AB+AC\vect{AB} + \vect{AC} et 2AB3AC2\vect{AB} - 3\vect{AC}, et le milieu de [BC][BC].

Solution

Solution de Exercice 15.1.

AB(3,4)\vect{AB}\,(3, 4), AC(3,2)\vect{AC}\,(-3, 2), AB+AC(0,6)\vect{AB} + \vect{AC}\,(0, 6), 2AB3AC(6+9, 86)=(15,2)2\vect{AB} - 3\vect{AC}\,(6 + 9,\ 8 - 6) = (15, 2). Le milieu de [BC][BC] est (5+(1)2,3+12)=(2,2)\left(\frac{5 + (-1)}{2}, \frac{3+1}{2}\right) = (2, 2).

Exercice 15.2

Les vecteurs sont-ils colinéaires ?

u(4,6) et v(2,3);u(2,5) et v(3,7);u(0,3) et v(0,8).\vec u\,(4, -6) \text{ et } \vec v\,(-2, 3); \qquad \vec u\,(2, 5) \text{ et } \vec v\,(3, 7); \qquad \vec u\,(0, 3) \text{ et } \vec v\,(0, -8).
Solution

Solution de Exercice 15.2.

det=4×3(2)×(6)=1212=0\det = 4 \times 3 - (-2) \times (-6) = 12 - 12 = 0 : colinéaires (en effet v=12u\vec v = -\frac12 \vec u).

det=2×73×5=10\det = 2 \times 7 - 3 \times 5 = -1 \neq 0 : non colinéaires.

det=0×(8)0×3=0\det = 0 \times (-8) - 0 \times 3 = 0 : colinéaires (tous deux verticaux).

Exercice 15.3

Trouver une équation cartésienne de la droite passant par A(2,1)A(2, 1) de vecteur directeur u(3,1)\vec u\,(3, -1), puis de la droite passant par B(0,4)B(0, 4) et C(2,0)C(2, 0).

Solution

Solution de Exercice 15.3.

Par A(2,1)A(2,1), direction (3,1)(3, -1) : identifier (b,a)=(3,1)(-b, a) = (3, -1) donne a=1a = -1, b=3b = -3, donc x3y+c=0-x - 3y + c = 0 ; en injectant AA : 23+c=0-2 - 3 + c = 0, c=5c = 5. En multipliant par 1-1 : x+3y5=0x + 3y - 5 = 0.

Par B(0,4)B(0,4) et C(2,0)C(2,0) : BC(2,4)\vect{BC}\,(2, -4), donc a=4a = -4, b=2b = -2 : 4x2y+c=0-4x - 2y + c = 0 ; en injectant BB : 8+c=0-8 + c = 0, c=8c = 8. En simplifiant par 2-2 : 2x+y4=02x + y - 4 = 0. Vérification avec CC : 4+04=04 + 0 - 4 = 0.

Exercice 15.4

Pour la droite d:3x2y+6=0d: 3x - 2y + 6 = 0, donner un vecteur directeur, les intersections avec les deux axes de coordonnées, et décider si les points P(2,6)P(2, 6) et Q(1,4)Q(1, 4) appartiennent à dd.

Solution

Solution de Exercice 15.4.

Un vecteur directeur est (b,a)=(2,3)(-b, a) = (2, 3). Intersections : x=0x = 0 donne y=3y = 3, point (0,3)(0, 3) ; y=0y = 0 donne x=2x = -2, point (2,0)(-2, 0). Pour P(2,6)P(2,6) : 3×22×6+6=03 \times 2 - 2 \times 6 + 6 = 0, donc PdP \in d. Pour Q(1,4)Q(1,4) : 38+6=103 - 8 + 6 = 1 \neq 0, donc QdQ \notin d.

Exercice 15.5 ★★

Les points A(1,2)A(1, 2), B(4,8)B(4, 8), C(2,4)C(-2, -4) sont-ils alignés ? Même question pour D(0,1)D(0, 1), E(2,4)E(2, 4), F(5,9)F(5, 9).

Solution

Solution de Exercice 15.5.

AB(3,6)\vect{AB}\,(3, 6) et AC(3,6)\vect{AC}\,(-3, -6) : det=3×(6)(3)×6=0\det = 3 \times (-6) - (-3) \times 6 = 0, donc AA, BB, CC sont alignés.

DE(2,3)\vect{DE}\,(2, 3) et DF(5,8)\vect{DF}\,(5, 8) : det=2×85×3=10\det = 2 \times 8 - 5 \times 3 = 1 \neq 0 : DD, EE, FF ne sont pas alignés.

Exercice 15.6 ★★

Déterminer le point d’intersection, s’il existe :

d:2x+y7=0  et  d:xy+1=0;e:x2y+3=0  et  e:2x+4y+1=0.d: 2x + y - 7 = 0 \ \text{ et }\ d': x - y + 1 = 0; \qquad e: x - 2y + 3 = 0 \ \text{ et }\ e': -2x + 4y + 1 = 0 .
Solution

Solution de Exercice 15.6.

Premier couple : en additionnant les deux équations, (2x+y7)+(xy+1)=3x6=0(2x + y - 7) + (x - y + 1) = 3x - 6 = 0, donc x=2x = 2, puis y=x+1=3y = x + 1 = 3 : elles se coupent en (2,3)(2, 3) (vérification : 4+37=04 + 3 - 7 = 0).

Second couple : abab=1×4(2)×(2)=0ab' - a'b = 1 \times 4 - (-2) \times (-2) = 0, donc les droites sont parallèles ; multiplier ee par 2-2 donne 2x+4y6=0-2x + 4y - 6 = 0, qui diffère de ee' (61-6 \neq 1) : strictement parallèles, pas d’intersection.

Exercice 15.7 ★★

Donner une représentation paramétrique de la droite d:2xy+3=0d: 2x - y + 3 = 0, et une équation cartésienne de la droite {(1+2t, 3+t):tR}\bigl\{(1 + 2t,\ -3 + t) : t \in \R\bigr\}.

Solution

Solution de Exercice 15.7.

Pour d:2xy+3=0d: 2x - y + 3 = 0 : direction (b,a)=(1,2)(-b, a) = (1, 2) et le point (0,3)(0, 3) est sur dd, donc d={(t, 3+2t):tR}d = \{(t,\ 3 + 2t) : t \in \R\}.

Pour la droite paramétrique par (1,3)(1, -3) de direction (2,1)(2, 1) : a=1a = 1, b=2b = -2, donc x2y+c=0x - 2y + c = 0 ; en injectant (1,3)(1, -3) : 1+6+c=01 + 6 + c = 0, c=7c = -7. Équation : x2y7=0x - 2y - 7 = 0 (vérification t=1t = 1, point (3,2)(3, -2) : 3+47=03 + 4 - 7 = 0).

Exercice 15.8 ★★

Trouver l’équation de la droite passant par P(1,2)P(1, -2) parallèle à d:4x3y+2=0d: 4x - 3y + 2 = 0, et la valeur de mm pour laquelle la droite mx+2y5=0mx + 2y - 5 = 0 est parallèle à dd.

Solution

Solution de Exercice 15.8.

Une droite parallèle a le même (a,b)(a, b) : 4x3y+c=04x - 3y + c = 0 ; par P(1,2)P(1, -2) : 4+6+c=04 + 6 + c = 0, donc c=10c = -10 et la droite est 4x3y10=04x - 3y - 10 = 0.

Le parallélisme de mx+2y5=0mx + 2y - 5 = 0 avec dd exige abab=4×2m×(3)=8+3m=0ab' - a'b = 4 \times 2 - m \times (-3) = 8 + 3m = 0, donc m=83m = -\frac83.

Exercice 15.9 ★★

Soient A(1,0)A(-1, 0), B(3,2)B(3, 2) et C(1,4)C(1, -4). Trouver une équation cartésienne de la médiane du triangle ABCABC issue de CC (la droite joignant CC au milieu de [AB][AB]).

Solution

Solution de Exercice 15.9.

Le milieu de [AB][AB] est M ⁣(1+32,0+22)=(1,1)M\!\left(\frac{-1+3}{2}, \frac{0+2}{2}\right) = (1, 1). La médiane est la droite (CM)(CM) avec C(1,4)C(1, -4) : les deux points ont pour abscisse 11, donc la médiane est la droite verticale

x1=0.x - 1 = 0 .

Exercice 15.10 ★★

Pour quelle(s) valeur(s) du paramètre mm les vecteurs u(m,2)\vec u\,(m, 2) et v(3,m1)\vec v\,(3, m - 1) sont-ils colinéaires ?

Solution

Solution de Exercice 15.10.

det(u,v)=m(m1)3×2=m2m6\det(\vec u, \vec v) = m(m - 1) - 3 \times 2 = m^2 - m - 6. Il s’annule lorsque m2m6=0m^2 - m - 6 = 0 : Δ=1+24=25\Delta = 1 + 24 = 25, racines m=1±52m = \frac{1 \pm 5}{2}, c’est-à-dire m=3m = 3 ou m=2m = -2.

Exercice 15.11 ★★★

Soit ABCDABCD un parallélogramme, II le milieu de [AB][AB], et JJ le point défini par DJ=23DI\vect{DJ} = \frac23 \vect{DI}. En travaillant dans le repèreA(0,0)A(0,0), B(1,0)B(1,0), D(0,1)D(0,1) (donc C(1,1)C(1,1)) :

  1. Calculer les coordonnées de II et JJ.
  2. Montrer que AA, JJ et CC sont alignés. (Un joli fait : la droite (DI)(DI) coupe la diagonale (AC)(AC) au tiers de sa longueur depuis AA.)
Solution

Solution de Exercice 15.11.

1. I=(12,0)I = \left(\frac12, 0\right). Alors DI=(120, 01)=(12,1)\vect{DI} = \left(\frac12 - 0,\ 0 - 1\right) = \left(\frac12, -1\right) et DJ=23DI=(13,23)\vect{DJ} = \frac23\vect{DI} = \left(\frac13, -\frac23\right), donc

J=D+DJ=(13, 13).J = D + \vect{DJ} = \left(\frac13,\ \frac13\right).

2. AJ(13,13)\vect{AJ}\left(\frac13, \frac13\right) et AC(1,1)\vect{AC}\,(1, 1) : det=13×11×13=0\det = \frac13 \times 1 - 1 \times \frac13 = 0, donc AA, JJ, CC sont alignés — en fait AJ=13AC\vect{AJ} = \frac13\vect{AC} : la droite (DI)(DI) coupe la diagonale (AC)(AC) à exactement un tiers de sa longueur depuis AA.

15.7 Problème : routes de collision et coordonnées bien choisies

Problème 15.1

Devoir du week-end — se croiser n’est pas entrer en collision : distance minimale d’approche en mer, et des théorèmes démontrés en choisissant le bon repère

Les routes rectilignes de deux navires se croisent — les navires doivent-ils pour autant entrer en collision ? Non, sauf s’ils atteignent le point de croisement au même instant : une trajectoire est un ensemble de points, un mouvement est paramétré, et confondre les deux a coulé de vrais navires. Ce problème fait tourner un petit service de trafic maritime sur des droites paramétrées (Définition 15.13), puis passe à la géométrie pure avec l’autre superpouvoir des coordonnées : les choisir habilement, comme à l’Exercice 15.11, pour que les théorèmes classiques se démontrent tout seuls.

Partie I — La droite, de trois façons.

  1. Donner une représentation paramétrique de la droite passant par A(1,2)A(1, 2) et de vecteur directeur u(3,1)\vec u(3, -1), puis éliminer le paramètre pour obtenir une équation cartésienne.
  2. Pour la droite 2x5y+3=02x - 5y + 3 = 0 : lire un vecteur directeur (Théorème 15.9), trouver un point, et écrire une représentation paramétrique.
  3. Calculer le point d’intersection des deux droites des questions 1 et 2 (Méthode 15.16).
  4. Confirmer à l’aide du déterminant (Théorème 15.5) que ces deux droites devaient se couper ; puis montrer que 2x5y+3=02x - 5y + 3 = 0 et 4x+10y+1=0-4x + 10y + 1 = 0 sont strictement parallèles.
  5. Les points A(2,1)A(2, 1), B(5,3)B(5, 3), C(11,7)C(11, 7) sont-ils alignés (Méthode 15.7) ?

Partie II — Le service de trafic maritime. À l’instant tt (en heures), le navire PP est en (2t, 3+t)(2t,\ 3 + t) et le navire QQ en (10t, 2t1)(10 - t,\ 2t - 1) (distances en milles marins).

  1. Déterminer les équations cartésiennes des deux trajectoires, et calculer leur point de croisement.
  2. À quel instant chaque navire passe-t-il au point de croisement ? Y a-t-il collision ? Énoncer en une phrase l’avertissement général : trajectoires qui se croisent contre mouvements qui se rencontrent.
  3. Calculer le carré de la distance D2(t)D^2(t) entre les navires à l’instant tt, et le réduire à un trinôme du second degré en tt. À quel instant les navires sont-ils au plus près, et à quelle distance passent-ils l’un de l’autre (technique du sommet, Problème 10.1) ?
  4. Le règlement impose une séparation d’au moins 11 mille. Est-elle violée ? Si oui, résoudre D2(t)<1D^2(t) < 1 et donner la durée de l’infraction.
  5. Expliquer pourquoi, pour deux navires quelconques suivant des routes rectilignes à vitesse constante, D2(t)D^2(t) est toujours une fonction polynôme du second degré de tt — de sorte que la « distance minimale d’approche » est toujours un calcul de sommet.
  6. Interception : une vedette part de l’origine à t=0t = 0 avec le vecteur vitesse constant (a,b)(a, b) et doit rejoindre le navire PP exactement à t=3t = 3. Calculer le couple (a,b)(a, b) nécessaire et la vitesse de la vedette.

Partie III — Des coordonnées bien choisies. On travaille dans le repère de l’Exercice 15.11 : le parallélogramme ABCDABCD devient A(0,0)A(0,0), B(1,0)B(1,0), C(1,1)C(1,1), D(0,1)D(0,1) ; on note II le milieu de [AB][AB] et KK le milieu de [CD][CD].

  1. Calculer une équation cartésienne de la droite (DI)(DI).
  2. Couper (DI)(DI) par la diagonale (AC)(AC) : on retrouve le fait de l’Exercice 15.11 — la coupure se situe exactement au tiers de la diagonale.
  3. Passons à la droite (BK)(BK) : déterminer son équation, la couper par (AC)(AC), et conclure le théorème classique complet : les céviennes (DI)(DI) et (BK)(BK) partagent la diagonale (AC)(AC) en trois parts égales.
  4. Pourquoi était-il légitime de démontrer le théorème dans ce seul repère particulier ? (Que conserve le choix des coordonnées, et de quoi l’énoncé parle-t-il ?) Répondre en deux ou trois phrases.
  5. Encore un partage en trois, pour s’exercer : soit EE le milieu de [BC][BC]. En quel point la droite (AE)(AE) coupe-t-elle l’autre diagonale (DB)(DB) ?

Partie IV — Énigmes de position.

  1. Les trois droites x+y=4x + y = 4, 2xy=22x - y = 2, x2y=2x - 2y = -2 sont-elles concourantes ? (En couper deux, tester la troisième.)
  2. Pour tout réel mm, on note dmd_m la droite mxy+23m=0mx - y + 2 - 3m = 0. Montrer que toutes les dmd_m passent par un même point fixe. (Regrouper les termes en mm.)
  3. Dans la famille (dm)(d_m) : quel membre est parallèle à y=2x+7y = 2x + 7 ? Lequel passe par l’origine ?
  4. Pour finir — les trois costumes d’une droite : cartésien (test d’appartenance en une substitution), réduit (coefficient directeur et courbe à vue), paramétrique (mouvement, horaires, interception) ; le déterminant comme oracle du parallélisme ; et le repère bien choisi comme fabrique à théorèmes. Une phrase pour chacun.
Solution

Solution de Problème 15.1.

1. x=1+3tx = 1 + 3t, y=2ty = 2 - t. De la seconde on tire t=2yt = 2 - y ; en substituant : x=1+3(2y)=73yx = 1 + 3(2 - y) = 7 - 3y, d’où l’équation cartésienne x+3y7=0x + 3y - 7 = 0.

2. Pour ax+by+c=0ax + by + c = 0, un vecteur directeur est (b,a)(-b, a) : ici (5,2)(5, 2). Un point : y=1y = 1 donne x=1x = 1, soit (1,1)(1, 1). Représentation paramétrique : x=1+5tx = 1 + 5t, y=1+2ty = 1 + 2t.

3. En reportant x=73yx = 7 - 3y dans 2x5y+3=02x - 5y + 3 = 0 : 146y5y+3=014 - 6y - 5y + 3 = 0, donc y=1711y = \frac{17}{11} et x=75111=2611x = 7 - \frac{51}{11} = \frac{26}{11} : le point (2611,1711)\left(\frac{26}{11}, \frac{17}{11}\right).

4. Directions (5,2)(5, 2) et (3,1)(3, -1) : det=5×(1)2×3=110\det = 5 \times (-1) - 2 \times 3 = -11 \neq 0 : les droites se coupent, comme on l’a vu. Pour le second couple : les directions (5,2)(5, 2) et (10,4)(10, 4) ont det=0\det = 0 (parallèles), et doubler 2x5y+3=02x - 5y + 3 = 0 donne 4x+10y6=04x+10y+1=0-4x + 10y - 6 = 0 \neq -4x + 10y + 1 = 0 : strictement parallèles.

5. AB(3,2)\vect{AB}(3, 2), AC(9,6)\vect{AC}(9, 6) : det=1818=0\det = 18 - 18 = 0 : les points sont alignés.

6. PP : de x=2tx = 2t et y=3+ty = 3 + t on tire y=3+x2y = 3 + \frac x2. QQ : de x=10tx = 10 - t on tire t=10xt = 10 - x, donc y=2(10x)1=192xy = 2(10 - x) - 1 = 19 - 2x. Croisement : 3+x2=192x3 + \frac x2 = 19 - 2x donne x=6.4x = 6.4 et y=6.2y = 6.2 : les trajectoires se croisent en (6.4, 6.2)(6.4,\ 6.2).

7. PP y passe lorsque 2t=6.42t = 6.4, soit t=3.2t = 3.2 h. QQ lorsque 10t=6.410 - t = 6.4, soit t=3.6t = 3.6 h. Vingt-quatre minutes d’écart : pas de collision. Avertissement : une carte marine montre des trajectoires ; seules les horloges du paramétrage disent si deux mouvements occupent le même point au même instant.

8. D2(t)=(3t10)2+(4t)2=10t268t+116D^2(t) = (3t - 10)^2 + (4 - t)^2 = 10t^2 - 68t + 116 : sommet en t=6820=3.4t = \frac{68}{20} = 3.4 h, où D2=0.4D^2 = 0.4 : distance minimale d’approche D=0.40.63D = \sqrt{0.4} \approx 0.63 mille à t=3.4t = 3.4.

9. Le règlement est violé : 0.63<10.63 < 1. D2(t)<1D^2(t) < 1 s’écrit 10t268t+115<010t^2 - 68t + 115 < 0 : Δ=46244600=24\Delta = 4624 - 4600 = 24, racines 68±2420=3.4±0.245\frac{68 \pm \sqrt{24}}{20} = 3.4 \pm 0.245 : les navires sont trop proches de t3.16t \approx 3.16 à t3.64t \approx 3.64 — environ 2929 minutes d’infraction. L’un des deux doit changer de cap.

10. Chaque coordonnée de chaque navire est une fonction affine de tt, donc chaque différence de coordonnées est affine, et D2D^2 — somme de deux carrés de fonctions affines — est un polynôme du second degré (à coefficient dominant positif ou nul). La distance minimale d’approche se lit donc toujours sur un sommet.

11. Rejoindre PP à t=3t = 3, c’est-à-dire en (6,6)(6, 6) : (3a,3b)=(6,6)(3a, 3b) = (6, 6) donne (a,b)=(2,2)(a, b) = (2, 2), et une vitesse 82.8\sqrt{8} \approx 2.8 nœuds.

12. D(0,1)D(0, 1), I(12,0)I\left(\frac12, 0\right) : direction (12,1)\left(\frac12, -1\right), c’est-à-dire (1,2)(1, -2) : équation 2x+y=12x + y = 1.

13. (AC)(AC) : y=xy = x. Alors 2x+x=12x + x = 1, donc x=13x = \frac13 : le point (13,13)\left(\frac13, \frac13\right), au tiers du chemin de AA vers CC.

14. B(1,0)B(1, 0), K(12,1)K\left(\frac12, 1\right) : direction (12,1)\left(-\frac12, 1\right), équation 2x+y=22x + y = 2. Avec y=xy = x : x=23x = \frac23, soit le point (23,23)\left(\frac23, \frac23\right). Les deux céviennes coupent (AC)(AC) en ses deux points de trisection : théorème démontré, deux fois trois lignes de calcul.

15. Tout parallélogramme est envoyé sur le carré unité en choisissant AA comme origine et AB\vect{AB}, AD\vect{AD} comme unités des deux axes. Ce choix conserve tout ce dont parle le théorème — milieux, alignements et rapports le long d’une droite donnée (tout cela s’exprime avec des vecteurs et des scalaires) — si bien que démontrer l’énoncé dans le carré le démontre pour tout parallélogramme. (Il ne transporterait en revanche ni les longueurs ni les angles : ceux-là, le repère les déforme.)

16. E(1,12)E\left(1, \frac12\right) : la droite (AE)(AE) a pour équation y=x2y = \frac x2. La diagonale (DB)(DB), de (0,1)(0,1) à (1,0)(1,0) : y=1xy = 1 - x. Intersection : x2=1x\frac x2 = 1 - x, donc x=23x = \frac23 : le point (23,13)\left(\frac23, \frac13\right) — encore un point de trisection, cette fois de l’autre diagonale. Les céviennes des milieux aiment les tiers.

17. Les deux premières : x+y=4x + y = 4 et 2xy=22x - y = 2 donnent 3x=63x = 6, soit (2,2)(2, 2). La troisième : 24=22 - 4 = -2 : vérifiée. Elles sont concourantes en (2,2)(2, 2).

18. mxy+23m=m(x3)+(2y)=0mx - y + 2 - 3m = m(x - 3) + (2 - y) = 0 : pour que l’égalité vaille pour tout mm, il faut x=3x = 3 et y=2y = 2 — et en effet toute dmd_m contient (3,2)(3, 2). C’est un faisceau de droites passant par un même point, une droite par coefficient directeur mm.

19. Parallèle à y=2x+7y = 2x + 7 : coefficient directeur m=2m = 2, soit la droite 2xy4=02x - y - 4 = 0. Passant par l’origine : 23m=02 - 3m = 0, soit m=23m = \frac23.

20. Cartésienne : on substitue un point et l’appartenance est tranchée. Réduite : coefficient directeur et ordonnée à l’origine visibles, courbe immédiate. Paramétrique : l’horloge est incluse — collisions, distance minimale d’approche, interception. Le déterminant : un produit en croix, et le parallélisme est décidé. Le repère bien choisi : un parallélogramme devient un carré unité, et un théorème classique de trisection devient trois intersections de droites.

Termes définis dans ce chapitre

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