Physique du lycée · Grades 10–12
11Couleur et sources de lumière
Demandez à un physicien la couleur d’une tomate et vous obtiendrez une contre-question : sous quelle lumière ? La tomate ne diffuse que ce qu’on lui donne, la lampe ne donne que ce que son spectre contient, et l’œil compresse ce qui arrive en trois nombres. La couleur est une négociation entre source, objet et œil — ce chapitre interroge les trois parties tour à tour.
11.1 Voir en trois nombres
Définition 11.1 (Cônes et vision trichromatique)
La rétine (Chapitre 10) porte deux familles de cellules photosensibles : les bâtonnets, qui répondent à la faible lumière mais ignorent la longueur d’onde (vision nocturne, en gris), et les cônes, de trois types, les plus sensibles près de (bleu), (vert) et (rouge). La vision des couleurs humaine est trichromatique : quel que soit le spectre, le cerveau ne reçoit que trois réponses de cônes, et la couleur est ce qu’il en fait.
Définition 11.2 (La couleur comme perception)
La couleur est donc une perception, non une propriété de la lumière seule : un spectre spécifie une intensité à chaque longueur d’onde, l’œil ne garde que trois nombres. Des lumières de spectres différents mais de mêmes trois réponses des cônes paraissent strictement identiques : ce sont des métamères.
Exemple 11.3 (Deux jaunes)
La raie à d’une lampe à sodium excite les cônes rouge et vert à peu près également : le cerveau dit jaune. Un écran allumant ses sous-pixels rouge () et vert () donne le même jaune sans aucune lumière près de . Un prisme sépare les deux instantanément ; l’œil ne le peut jamais.
11.2 Additionner des lumières
Définition 11.4 (Synthèse additive)
Superposer des faisceaux lumineux sur un écran blanc additionne leurs spectres : c’est la synthèse additive. Trois lumières bien choisies, rouge, verte et bleue — les primaires additives — se mélangent en presque toutes les couleurs perceptibles : R V jaune, R B magenta, V B cyan, et R V B blanc.
Proposition 11.5 (Couleurs complémentaires)
Deux lumières dont la somme est perçue comme blanche sont complémentaires. Les trois paires jaune/bleu, cyan/rouge et magenta/vert sont complémentaires.
Démonstration. Le jaune est R V ; y ajouter le bleu complète le triplet jusqu’au blanc. Les deux autres paires relèvent du même argument, une primaire à la fois. ∎
Exemple 11.6 (Écrans)
Chaque pixel d’un écran de téléphone est trois sous-pixels — rouge, vert, bleu, de largeur inférieure à — trop proches pour que l’œil les sépare, donc leurs lumières s’ajoutent sur la rétine : le jaune est R et V allumés, l’orange est R à pleine puissance et V à moitié, le blanc est les trois. Une loupe sur une zone blanche révèle le tour : nulle part de blanc, seulement R, V, B.
11.3 Soustraire à la lumière blanche
Définition 11.7 (Synthèse soustractive)
Un filtre (verre coloré, gélatine, couche d’encre ou de peinture) transmet une partie du spectre qu’il reçoit et absorbe le reste. Produire des couleurs en retirant des bandes à la lumière blanche est la synthèse soustractive. Ses primaires, complémentaires des additives, soustraient chacune une bande : cyan blanc R, magenta blanc V, jaune blanc B. Des filtres empilés soustraient conjointement : cyan jaune laisse le vert, cyan magenta le bleu, magenta jaune le rouge, les trois le noir. L’impression et la peinture fonctionnent ainsi, avec les encres C, M, J.
Méthode 11.8 (Comptabilité spectrale)
Pour prédire une couleur à travers toute chaîne de sources, filtres et objets, suivre les trois bandes primaires : écrire la lumière de la source comme son contenu en R, V, B ; à chaque filtre ou surface, supprimer les bandes absorbées ; nommer la couleur de ce qui survit (rien de restant noir).
Exemple 11.9 (Une chaîne de filtres)
La lumière blanche traverse un filtre jaune : la bande bleue est absorbée, il reste — jaune. Un filtre cyan absorbe ensuite la bande rouge, il reste : vert. Intervertir les filtres ne change rien : chacun absorbe sa propre bande indépendamment de l’ordre.
11.4 La couleur d’un objet
Définition 11.10 (Diffusion et couleur d’un objet)
Un objet opaque absorbe une partie de la lumière qu’il reçoit et diffuse le reste — la réémet dans toutes les directions, vers nos yeux entre autres. La couleur d’un objet est la couleur de la lumière qu’il diffuse sous l’éclairage donné : l’objet fournit ses habitudes d’absorption, la source la matière première. Changez la lampe, changez la couleur.
Exemple 11.11 (La chemise rouge)
Une chemise paraît rouge en lumière du jour : elle absorbe les bandes verte et bleue et diffuse la bande rouge. Sous une lumière purement verte, il n’y a pas de bande rouge à diffuser : la chemise absorbe tout et paraît noire. Sous une lumière magenta elle diffuse la bande rouge seule : toujours rouge. Un objet blanc diffuse chaque bande qu’il reçoit (sous lumière verte il paraît vert) ; un objet noir les absorbe toutes sous toute lumière — ce qui explique aussi pourquoi les vêtements noirs chauffent au soleil.
11.5 Sources de lumière et température de couleur
Définition 11.12 (Sources incandescentes)
Une source qui brille parce qu’elle est chaude — flamme, filament, étoile — rayonne par incandescence. Son spectre est le spectre thermique continu du Chapitre 2, et son pic obéit à la loi de Wien (Proposition 2.7),
notre outil quantitatif désormais : pic mesuré, température connue.
Exemple 11.13 (Une lampe très inefficace)
Un filament de tungstène à a son pic en , profondément dans l’infrarouge : la plus grande partie de la puissance électrique part en rayonnement invisible, seulement environ en lumière — l’ampoule à incandescence était surtout un radiateur.
Définition 11.14 (Lampes spectrales et lasers)
Une lampe spectrale — un gaz à basse pression excité par une décharge : sodium, mercure, néon — émet un spectre de raies (Chapitre 2) : quelques longueurs d’onde isolées, rien entre elles. Un laser va plus loin : une seule longueur d’onde, lumière monochromatique, en un faisceau étroit.
Définition 11.15 (LED)
Une diode électroluminescente (DEL ou LED) émet une bande quasi monochromatique large de quelques dizaines de nanomètres : assez étroite pour paraître d’une couleur définie, bien plus large qu’une raie de laser. Une LED blanche est une LED bleue (pic près de ) revêtue d’un luminophore, matériau qui absorbe une partie du bleu et le réémet en une large bande jaune : le bleu et le jaune étant complémentaires (Proposition 11.5), le mélange se lit blanc.
Définition 11.16 (Température de couleur)
La température de couleur d’une source blanchâtre est la température du corps incandescent dont la teinte de lumière correspond : bougie , ampoule à incandescence , halogène , soleil de midi , lumière du jour voilée . C’est une étiquette de couleur, non une lecture de thermomètre — une LED à fonctionne à température ambiante — et le vocabulaire va à rebours : une basse température de couleur se lit « chaude » orangée, une haute « froide » bleuâtre.
11.6 Exercices
Exercice 11.1 ★
Donner la couleur perçue lorsqu’un écran blanc reçoit simultanément : (a) de la lumière rouge et verte ; (b) de la lumière verte et bleue ; (c) les trois primaires. Quelle lumière est complémentaire du bleu ?
Solution
Solution de Exercice 11.1.
(a) jaune ; (b) cyan ; (c) blanc. Complémentaire du bleu : le jaune (bleu jaune bleu rouge vert blanc).
Exercice 11.2 ★
Quels sous-pixels (R, V, B) un écran allume-t-il pour afficher : le jaune, le magenta, le blanc, le noir, l’orange ?
Exercice 11.3 ★
La lumière blanche traverse un filtre magenta. Quelle bande est absorbée, et quelle couleur émerge ? Un filtre cyan est ensuite ajouté derrière : qu’est-ce qui émerge maintenant ?
Solution
Solution de Exercice 11.3.
Le magenta absorbe la bande verte : émerge, lumière magenta. Le filtre cyan absorbe ensuite la bande rouge : seul survit — bleu.
Exercice 11.4 ★
Sous lumière blanche un drapeau montre une bande jaune. Quelles bandes diffuse-t-il, lesquelles absorbe-t-il ? Sa couleur sous (a) lumière rouge ; (b) lumière bleue ?
Exercice 11.5 ★
Le spectre continu d’une étoile a son pic en . Calculer sa température de surface.
Solution
Solution de Exercice 11.5.
.
Exercice 11.6 ★★
La flamme d’une bougie est à environ . (a) Calculer et indiquer son domaine. (b) La flamme paraît néanmoins orange : expliquer.
Solution
Solution de Exercice 11.6.
(a) : infrarouge.
(b) Le spectre est continu : sa queue visible est faible mais non nulle, et l’extrémité bleue s’atténue d’abord — ce qui reste visible est surtout rouge-orangé, d’où la couleur de la flamme.
Exercice 11.7 ★★
Un cycliste porte une veste rouge et des gants cyan. En utilisant le Méthode 11.8, donner la couleur apparente de chaque pièce sous (a) lumière blanche ; (b) lumière rouge ; (c) lumière verte.
Solution
Solution de Exercice 11.7.
Veste (diffuse R) : (a) rouge ; (b) rouge ; (c) noir. Gants (diffuser V et B, absorber R) : (a) cyan ; (b) noir ; (c) vert.
Exercice 11.8 ★★
Une vieille rue est éclairée par des lampes à sodium à basse pression (une seule raie à ). (a) Quel type de spectre est-ce, et quelles couleurs peut prendre n’importe quel objet sous cette lumière ? (b) Une voiture paraît noire sous ces lampes et bleue en lumière du jour : expliquer.
Solution
Solution de Exercice 11.8.
(a) Un spectre d’émission de raies. Tout objet ne peut diffuser que ou rien : la rue est en nuances de jaune-orangé et de noir.
(b) La voiture bleue ne diffuse que la bande bleue. La lumière du jour la contient : voiture bleue. La raie du sodium ne porte pas de bleu : tout est absorbé, la voiture paraît noire.
Exercice 11.9 ★★
Un pointeur laser vert émet à . (a) Son faisceau traverse un prisme : comparer le résultat avec celui d’un faisceau blanc, et nommer la propriété illustrée. (b) Il rencontre ensuite un filtre rouge : qu’en sort-il ?
Solution
Solution de Exercice 11.9.
(a) Le faisceau blanc s’éventaille en arc-en-ciel ; le faisceau laser est dévié mais reste un faisceau unique du même vert : il est monochromatique — une seule longueur d’onde, rien à trier pour le prisme.
(b) Le filtre rouge ne transmet que la bande rouge et absorbe : presque rien ne sort ; le spot disparaît.
Exercice 11.10 ★★
Décrire le spectre d’une LED blanche (diode bleue plus luminophore), et expliquer pourquoi sa lumière est perçue comme blanche. Pourquoi un objet rouge profond paraît-il plus terne sous une LED blanche bon marché qu’en lumière du jour ?
Solution
Solution de Exercice 11.10.
Spectre : un pic bleu étroit près de plus la large bande jaune du luminophore (environ –). Bleu et jaune sont complémentaires, donc le triplet des cônes se lit blanc. La bande s’atténue vers le rouge profond, donc un objet rouge profond reçoit peu de ce qu’il peut diffuser : il paraît plus terne qu’en lumière du jour, dont le spectre continu l’alimente pleinement.
Exercice 11.11 ★★
Calculer pour un corps incandescent à (a) la température de couleur d’une bougie () ; (b) celle de la lumière du jour voilée (). Laquelle des deux lumières est dite « chaude » ? Commenter.
Solution
Solution de Exercice 11.11.
(a) , infrarouge ; (b) , bleu-violet. La lumière de bougie est dite « chaude » — la source à la plus basse température : le vocabulaire va à l’opposé de l’échelle des kelvins.
Exercice 11.12 ★★★
Une lampe à sodium () et un écran affichant du jaune (sous-pixels à et ) ont exactement la même couleur. (a) Comment appelle-t-on deux telles lumières, et que prouve leur existence sur la couleur ? (b) Proposer deux expériences différentes qui les distinguent, et prédire le résultat de chacune.
Solution
Solution de Exercice 11.12.
(a) Métamères. Leur existence prouve que la couleur est une perception — trois réponses de cônes — et non le spectre lui-même : infiniment beaucoup de spectres se projettent sur le même triplet.
(b) Prisme ou spectroscope : une raie à contre deux bandes à et . Filtre rouge : il absorbe , le spot sodium s’éteint, tandis que le sous-pixel de l’écran survit — la tache d’écran devient rouge.
Exercice 11.13 ★★★
Un projecteur halogène de théâtre fonctionne à . (a) Calculer : cette lumière est-elle plus chaude ou plus froide que la lumière du jour ? (b) Pour imiter la lumière du jour, le projecteur est recouvert d’une gélatine bleu pâle. Que retire la gélatine, et pourquoi la scène s’assombrit-elle ? (c) Expliquer pourquoi aucune gélatine ne pourrait au contraire renforcer l’extrémité bleue du spectre du projecteur.
Solution
Solution de Exercice 11.13.
(a) . Température de couleur : plus chaude (plus orangée) que la lumière du jour.
(b) La gélatine absorbe une partie de l’excès rouge-orangé pour rééquilibrer le spectre vers le bleu ; comme un filtre ne fait que retirer de la lumière, la puissance totale sur scène baisse.
(c) Un filtre est passif : il peut absorber à chaque longueur d’onde mais jamais émettre, donc aucune gélatine ne peut élever l’intensité bleue au-delà de ce que le projecteur produit déjà.
Exercice 11.14 ★★★
Un boucher éclaire l’étal de viande avec des LED de température de couleur ; le poissonnier d’à côté utilise . (a) Décrire la teinte de chaque éclairage et son effet sur la viande rouge et sur le poisson blanc. (b) L’un des commerçants a-t-il modifié sa marchandise ? Dire exactement où se produit le changement (Définition 11.10).
Solution
Solution de Exercice 11.14.
(a) : lumière chaude, riche en rouge — la bande rouge de la viande est bien alimentée, la viande paraît vivement fraîche. : blanc froid bleuâtre — le poisson diffuse le triplet complet et paraît d’un blanc éclatant, tout juste glacé.
(b) Ni l’un ni l’autre n’a modifié sa marchandise : les habitudes d’absorption de la viande et du poisson sont intactes. Ce qui a changé est l’éclairage, donc la lumière diffusée — la couleur d’un objet n’est définie que sous un éclairage donné.
Exercice 11.15 ★★★
Une ville voisine d’un observatoire doit rééclairer ses rues et hésite entre des lampes à sodium à basse pression et des LED blanches à spectre large. (a) Quel choix les astronomes préfèrent-ils, et pourquoi ? (Penser à ce qu’un seul filtre peut retirer de leurs images.) (b) Quel choix les conducteurs et piétons préfèrent-ils ? Justifier avec les couleurs des objets. (c) Proposer un compromis, formulé en termes de température de couleur.
Solution
Solution de Exercice 11.15.
(a) Le sodium : toute la lueur de la ville tient en une raie à , qu’un seul filtre étroit retire des images de télescope. Un spectre large de LED ne peut être filtré sans sacrifier aussi la lumière des étoiles.
(b) Conducteurs et piétons préfèrent la LED : sous son spectre complet les objets gardent des couleurs distinguables (un manteau rouge reste rouge), tandis que la lumière sodium rend tout jaune-orangé ou noir.
(c) LED blanc chaud, autour de : rendu des couleurs acceptable pour la rue, et un spectre pauvre en bleu, la partie qui pollue le plus le ciel nocturne.
11.7 Problème : Ingénierie de la couleur
Problème 11.1
Problème du week-end — projecteurs de scène, rues au sodium et LED blanche : comment on fabrique la couleur, de trois projecteurs qui peignent n’importe quelle teinte jusqu’à la puce qui éclaire cette page
Un éclairagiste ne possède que des projecteurs rouge, vert et bleu ; un ingénieur de voirie possède une lampe qui n’émet qu’une seule longueur d’onde ; un fabricant de puces possède une diode qui ne brille qu’en bleu. Tous trois vendent de la couleur. Ce problème parcourt leurs métiers tour à tour — mélange additif sur scène, économie monochrome dans la rue, alchimie du luminophore dans la puce — et s’achève en choisissant la lumière d’une chambre et d’une vitrine de bijoutier.
Partie I — La scène : peindre avec trois projecteurs.
- Les trois projecteurs se superposent sur un fond blanc. Nommer la couleur de chaque recouvrement deux à deux et du recouvrement triple.
- Comment l’éclairagiste fait-il de l’orange ? Et un rose pâle ? (Décrire qualitativement les puissances des projecteurs.)
- Un danseur se tient devant le fond, éclairé par les projecteurs rouge et vert seulement. Deux ombres colorées apparaissent : couleur de chacune ? Expliquer.
- Le fond est repeint en bleu profond. Que devient-il sous le projecteur rouge seul ? Sous les trois ?
- Pourquoi trois projecteurs peuvent-ils reproduire « presque toutes » les couleurs ? Quelle pièce d’anatomie fixe le nombre trois ?
Partie II — Costumes : la soustraction au travail.
- Un costume est jaune en lumière blanche. Quelle bande son teint absorbe-t-il ?
- Prédire sa couleur sous le projecteur rouge, le projecteur vert, le projecteur bleu.
- L’éclairagiste veut que le costume bascule de vif à noir d’un coup d’interrupteur. Vers quel projecteur bascule-t-on ?
- Une gélatine magenta est glissée devant un projecteur blanc éclairant le costume jaune. Suivre les bandes (Méthode 11.8) : couleur du costume ?
- Pourquoi les gélatines de scène se présentent-elles en cyan, magenta et jaune plutôt qu’en rouge, vert et bleu ? (Que ferait une gélatine rouge à la puissance d’un projecteur blanc ?)
Partie III — Rues au sodium : l’économie monochrome.
- Une lampe à sodium à basse pression émet essentiellement une raie à . Quel type de spectre est-ce, et à quoi ressemble toute la rue sous cette lumière ?
- Sous cette lampe, donner la couleur apparente d’un mur blanc, d’un marquage routier jaune, d’une voiture rouge, d’une voiture bleue.
- Pourquoi les astronomes aimaient-ils ces lampes ? (Que peut faire un seul filtre à toute la lueur de la ville ?)
- Une ampoule de rue au tungstène à est proposée à la place. Calculer son : où va la plus grande partie de sa puissance ?
- La lampe à sodium convertit environ de sa puissance électrique en lumière visible, l’ampoule au tungstène environ . Combien de watts de lumière chacune délivre-t-elle par de puissance ?
Partie IV — La LED blanche et le choix d’une lumière.
- Une LED blanche est une diode bleue () sous un luminophore jaune. Expliquer, avec les couleurs complémentaires, pourquoi sa sortie se lit blanche.
- Décrire son spectre et le comparer au spectre continu de la lumière du jour. Quelle bande est sous-représentée ?
- En déduire quels objets une telle LED rend mal, et relier cela au boucher du Exercice 11.14.
- Une ampoule LED est vendue « ». Y a-t-il quelque chose dedans à ? Que promet l’étiquette ? Calculer le du corps incandescent qu’elle imite.
- Final — choisir, en une phrase de justification chacune, une température de couleur pour une lampe de chambre et une pour une vitrine de bijoutier ; puis énoncer en une ligne la loi de la couleur du chapitre.
Solution
Solution de Problème 11.1.
1. R V jaune, R B magenta, V B cyan ; recouvrement triple blanc.
2. Orange : rouge à pleine puissance, vert à puissance partielle, bleu éteint. Rose pâle : les trois allumés (base blanche) avec le rouge un peu dominant.
3. L’ombre portée par le projecteur rouge ne reçoit que le projecteur vert : ombre verte ; symétriquement l’autre ombre est rouge.
4. La peinture bleu profond ne diffuse que B. Sous le projecteur rouge seul : noir. Sous les trois : elle diffuse la bande bleue — bleu.
5. L’œil réduit tout spectre à trois réponses de cônes ; faire coïncider le triplet suffit à faire coïncider la couleur. Trois types de cônes fixent le nombre de projecteurs.
6. Jaune blanc bleu : le teint absorbe la bande bleue.
7. Projecteur rouge : diffuse R — rouge. Projecteur vert : diffuse V — vert. Projecteur bleu : absorbe tout — noir.
8. Éclairer la scène avec le projecteur bleu seul ; le basculement est blanc bleu. Le costume jaune diffuse R et V mais absorbe B : vif sous le blanc, noir sous le bleu.
9. Gélatine magenta : . Le costume diffuse R et V de ce qu’il reçoit : il diffuse R, absorbe B — costume rouge.
10. Une gélatine rouge garde une bande sur trois et jette les deux tiers de la puissance du projecteur blanc ; chaque gélatine C, M, J retire une seule bande, en garde les deux tiers, et en empiler deux donne encore n’importe quelle primaire.
11. Un spectre d’émission de raies. La rue devient un monde monochrome : chaque surface est jaune-orangé, plus ou moins lumineux, ou noire.
12. Mur blanc : jaune-orangé (diffuse la raie). Marquage jaune : jaune-orangé vif. Voiture rouge : sombre — la raie à est hors de la bande qu’elle diffuse. Voiture bleue : noire.
13. Un filtre étroit centré sur retire toute la lueur de la ville d’une image tout en sacrifiant presque rien des spectres larges des étoiles.
14. : le pic, et la plus grande partie de la puissance, est dans l’infrarouge — de la chaleur, pas de la lumière.
15. Sodium : de lumière visible ; tungstène : . Six fois plus de lumière pour la même facture.
16. Le luminophore convertit une partie du bleu en une large bande jaune ; bleu et jaune sont complémentaires, donc bleu jaune complète le triplet : blanc.
17. Un pic bleu étroit plus une bosse jaune large — contre le continuum régulier de la lumière du jour. L’extrémité rouge profonde (et un creux entre bleu et jaune) est sous-représentée.
18. Les objets rouge profond sont rendus ternes et brunâtres. D’où les LED chaudes à du boucher, dont le contenu rouge renforcé maintient la viande vive.
19. Rien dedans n’est à : la puce fonctionne près de la température ambiante. L’étiquette ne promet que la teinte d’un corps incandescent à , dont le pic serait .
20. Chambre : environ — lumière chaude, pauvre en bleu, pour le repos. Bijoutier : – — blanc type lumière du jour, pour que les blancs se lisent blancs et que les pierres renvoient chaque bande. La loi : couleur perçue spectre de la source absorption de l’objet, lue à travers trois cônes.