Physique du lycée · Grades 10–12
1Ordres de grandeur : mesurer l’Univers
La physique commence là où l’opinion s’arrête : avec une mesure. Mais les grandeurs que la physique mesure couvrent un intervalle absurde — un noyau atomique mesure environ , l’univers observable environ : un facteur , bien au-delà de ce qu’une image mentale peut contenir. Ce chapitre installe la boîte à outils qui dompte cet intervalle — unités, puissances de dix, chiffres significatifs — et deux habitudes utilisées à chaque page qui suit : écrire l’unité, et vérifier l’ordre de grandeur.
1.1 Unités : la grammaire de la mesure
Définition 1.1 (Grandeurs physiques et unités SI)
Une grandeur physique est une propriété du monde que l’on peut mesurer : une longueur, une durée, une masse. La mesurer, c’est compter combien de fois une grandeur de référence — l’unité — y tient. Le Système international d’unités (SI) fixe sept unités de base, dont trois parcourent tout ce volume : le mètre () pour la longueur, le kilogramme () pour la masse et la seconde () pour le temps. (Les quatre autres — ampère, kelvin, mole, candela — entreront en scène lorsque l’électricité, la chaleur et la chimie rejoindront l’histoire.)
Remarque 1.2 (Un nombre sans unité n’est pas un résultat)
« La distance est » ne veut rien dire : , et sont trois mondes différents (le dernier se trouve être la distance à la Lune). En 1999, la NASA a perdu la sonde Mars Climate Orbiter, d’une valeur de 327 millions de dollars, parce qu’un programme calculait les forces des propulseurs en livres-force tandis qu’un autre les lisait en newtons. Règle de la maison, de cette ligne jusqu’à la fin du livre : tout nombre mesuré ou calculé porte son unité, à chaque ligne du calcul.
Définition 1.3 (Préfixes SI)
Un préfixe collé à une unité la multiplie par une puissance de dix fixe :
| femto | f | centi | c | ||
| pico | p | kilo | k | ||
| nano | n | méga | M | ||
| micro | giga | G | |||
| milli | m | téra | T |
Ainsi et .
Exemple 1.4 (Lire les préfixes)
La lumière verte a une longueur d’onde d’environ ; un cheveu humain mesure environ d’épaisseur ; la Lune orbite à . Une goutte de pluie a une masse d’environ — remarquez que l’unité SI de base de la masse, seule parmi les sept, porte déjà un préfixe.
1.2 Notation scientifique et chiffres significatifs
Définition 1.5 (Notation scientifique)
Un nombre est en notation scientifique lorsqu’il s’écrit
Le facteur est la mantisse, l’entier l’exposant. Ainsi et .
Proposition 1.6 (Calculer avec les puissances de dix)
Pour tous entiers et :
Démonstration partielle. Pour des exposants positifs, on compte les facteurs : est un produit de dix, et enchaîne groupes de dix. Écrire pour est précisément la convention qui maintient la première règle vraie pour tous les entiers : elle force . Le volume de mathématiques compagnon étudie les règles des exposants en détail. ∎
Exemple 1.7 (Multiplier en notation scientifique)
Combien de Terres tiendraient dans le Soleil, en masse ? Avec et :
Les mantisses et les exposants se traitent séparément ; la réponse finale est renormalisée pour que la mantisse retombe dans .
Définition 1.8 (Chiffres significatifs)
Les chiffres significatifs d’un nombre mesuré sont les chiffres réellement garantis par la mesure : tous les chiffres écrits sauf les zéros de tête. Les zéros de queue comptent — (trois chiffres significatifs) promet plus que (deux). La notation scientifique affiche le décompte d’un coup d’œil : la mantisse porte exactement les chiffres significatifs.
Méthode 1.9 (Combien de chiffres garder)
Un résultat calculé ne peut pas être plus précis que ses ingrédients.
- Dans un produit ou un quotient, garder autant de chiffres significatifs que le facteur le moins précis.
- N’arrondir que la réponse finale, jamais les étapes intermédiaires.
- En cas de doute, trois chiffres significatifs sont la précision de travail de ce livre.
Exemple 1.10 (Circonférence de la Terre)
Le diamètre de la Terre est (trois chiffres significatifs), donc sa circonférence est — trois chiffres, pas les huit qu’affiche la calculatrice. Écrire reviendrait à prétendre connaître la planète au mètre près.
1.3 L’échelle de l’Univers
Définition 1.11 (Ordre de grandeur)
L’ordre de grandeur d’une grandeur est la puissance de dix la plus proche : écrire la grandeur sous la forme avec et prendre si , si . (La convention exacte de frontière n’a jamais d’importance : un énoncé d’ordre de grandeur n’est jamais censé valoir mieux qu’à un facteur dix près.)
Exemple 1.12 (Ordres de grandeur)
Une vie humaine dure environ ans, c’est-à-dire : ordre de grandeur — quelques milliards de secondes, à bien employer. Un humain mesure : ordre . Le mont Everest, : ordre , puisque .
Empiler de telles estimations par exposant produit le tableau maître de ce chapitre : une échelle dont chaque barreau est un monde dix fois plus large que celui d’en dessous.
Au-dessus du barreau Terre, les mètres cessent d’être commodes ; l’astronomie garde ses propres unités, toutes deux définies à partir de l’échelle elle-même.
Définition 1.13 (Unité astronomique et année-lumière)
L’unité astronomique () est la distance moyenne Terre–Soleil. L’année-lumière () est la distance parcourue par la lumière en une année. La lumière se déplace dans le vide à
la plus grande vitesse que la nature autorise — donc l’année-lumière est une distance, pas un temps.
Exemple 1.14 (L’année-lumière en mètres)
Une année compte (agréablement proche de ). D’où
Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche après le Soleil, se trouve à : la lumière, qui traverse une distance Terre–Soleil en huit minutes, met plus de quatre ans pour arriver de là-bas.
Méthode 1.15 (Contrôle de vraisemblance par ordre de grandeur)
Avant de faire confiance à un résultat calculé :
- arrondir chaque donnée d’entrée à son ordre de grandeur ;
- refaire le calcul avec les seules puissances de dix, en utilisant le Proposition 1.6 — cela prend quelques secondes ;
- comparer : la réponse précise doit s’accorder avec l’estimation à un facteur dix près environ, et son unité doit être la bonne. Si l’un des deux contrôles échoue, traquer l’erreur avant de poursuivre.
Remarque 1.16 (Pourquoi s’en soucier)
Une calculatrice indiquera volontiers qu’une pomme a une masse — elle ne peut pas savoir mieux. Aucune formule ne signale l’absurdité ; l’habitude le fait. Les physiciens estiment d’abord et calculent ensuite : l’estimation attrape les virgules mal placées, les unités échangées et les fractions inversées, les trois erreurs derrière la plupart des mauvaises réponses à tous les niveaux.
1.4 Mesure et incertitude
Aucun instrument ne lit la vraie valeur. Une mesure n’est honnête que lorsqu’elle indique aussi de combien elle peut s’en écarter.
Définition 1.17 (Incertitude absolue et relative)
Une mesure d’une grandeur s’énonce
où est la valeur mesurée et l’incertitude absolue , dans la même unité, borne l’erreur plausible : la vraie valeur est censée se trouver entre et . L’incertitude relative est le rapport , habituellement exprimée en pourcent ; c’est elle que le mot « précis » mesure.
Méthode 1.18 (Lire un instrument gradué)
Pour une règle, une éprouvette graduée, un cadran :
- lire la graduation la plus proche de la marque, l’œil perpendiculaire à l’échelle (un œil de biais décale la lecture) ;
- prendre au moins la moitié de la plus petite graduation comme incertitude absolue — plus si le bord de l’objet ou la surface du liquide est flou ;
- écrire le résultat sous la forme avec son unité, et ne garder aucun chiffre au-delà de celui qui est incertain.
Exemple 1.19 (Précision relative)
La lecture ci-dessus a une incertitude relative . La même règle mesurant une vis de donne : l’instrument identique est dix fois moins précis sur le petit objet. La précision est une propriété de la mesure, non de l’outil.
Remarque 1.20 (Petite absolue, énorme relative — et inversement)
Des stations laser mesurent la distance Terre–Lune, , à environ : une incertitude relative de , parmi les mesures les plus fines jamais réalisées — avec une erreur absolue dont aucune règle ne se vanterait. Toujours demander par rapport à quoi : le couple raconte toute l’histoire, et chacun des deux nombres seul peut tromper.
1.5 Exercices
Exercice 1.1 ★
Convertir en mètres, en notation scientifique :
- (longueur d’onde de la lumière rouge) ;
- ;
- (une bactérie du sol) ;
- (la distance Terre–Soleil, sous un costume inhabituel).
Exercice 1.2 ★
Écrire en notation scientifique et indiquer le nombre de chiffres significatifs :
- la distance Terre–Soleil, , en mètres ;
- le diamètre d’un atome d’hydrogène, ;
- la population mondiale, environ ;
- une durée de .
Solution
Solution de Exercice 1.2.
1. : chiffres significatifs. 2. : chiffres significatifs (les zéros de tête ne comptent jamais). 3. : chiffres significatifs. 4. : chiffres significatifs (le zéro de queue est une promesse).
Exercice 1.3 ★
Calculer sans calculatrice, en donnant chaque résultat en notation scientifique :
Exercice 1.4 ★
Donner l’ordre de grandeur, avec son unité, de : une taille humaine de ; le mont Everest, ; une bactérie E. coli, ; la masse de la Terre, .
Solution
Solution de Exercice 1.4.
Humain : , ordre . Everest : et : ordre . Bactérie : ordre . Terre : , ordre .
Exercice 1.5 ★
Une règle est graduée en millimètres. Vous mesurez un crayon à .
- Énoncer le résultat avec son incertitude absolue.
- Calculer l’incertitude relative.
- La même règle mesure une gomme de . Laquelle des deux mesures est la plus précise, et d’un facteur combien ?
Solution
Solution de Exercice 1.5.
1. Une demi-graduation : . 2. . 3. Gomme : . La mesure du crayon est environ dix fois plus précise — même règle, même incertitude absolue, objet dix fois plus long.
Exercice 1.6 ★★
Avec et :
- Exprimer en mètres les distances à Proxima du Centaure () et à Sirius ().
- La sonde Voyager 1 se trouve à environ de la Terre. Combien de temps son signal radio, voyageant à , met-il pour nous atteindre ? Exprimer la réponse en heures.
Solution
Solution de Exercice 1.6.
1. Proxima : . Sirius : (deux chiffres significatifs, comme l’entrée). 2. , c’est-à-dire : presque une journée entière pour chaque message de la sonde.
Exercice 1.7 ★★
Combien de temps la lumière met-elle pour atteindre la Terre depuis la Lune (), depuis le Soleil () et depuis Neptune () ? Donner chaque réponse dans une unité sensée, et compléter la phrase : « Lorsque vous regardez Neptune, vous la voyez telle qu’elle était… »
Solution
Solution de Exercice 1.7.
à chaque fois. Lune : . Soleil : . Neptune : . Lorsque vous regardez Neptune, vous la voyez telle qu’elle était il y a environ quatre heures — tout télescope est une machine à remonter le temps en douceur.
Exercice 1.8 ★★
Une rame de feuilles de papier, mesurée avec une règle millimétrique, a une épaisseur de , avec une incertitude .
- En déduire l’épaisseur d’une feuille, avec son incertitude absolue.
- Quelle est l’incertitude relative de cette épaisseur ?
- Pourquoi mesurer la rame est-il énormément mieux que mesurer une seule feuille directement avec la même règle ? Quantifier.
Solution
Solution de Exercice 1.8.
1. Une feuille : . L’incertitude se divise aussi : , donc . 2. . 3. Mesurer une feuille directement donnerait : une incertitude relative d’environ — la règle ne peut même pas prouver que la feuille existe. Empiler feuilles multiplie la longueur mesurée par tandis que l’incertitude absolue de la règle reste fixe : l’incertitude relative se réduit par ce même facteur .
Exercice 1.9 ★★
Prendre comme diamètre d’un atome. Combien d’atomes, côte à côte, couvrent : une bactérie de ; un cheveu de ; un humain de ? Donner aussi la dernière réponse comme ordre de grandeur.
Solution
Solution de Exercice 1.9.
Diviser chaque longueur par . Bactérie : atomes. Cheveu : . Humain : , ordre de grandeur : dix milliards d’atomes de la tête aux pieds.
Exercice 1.10 ★★
Une maquette représente le Soleil (diamètre ) par un ballon de football de diamètre .
- Calculer le facteur d’échelle de la maquette.
- Trouver le diamètre modèle de la Terre () et sa distance modèle au ballon (distance réelle ).
- À quelle distance de la Terre modèle se trouve la Lune modèle (distance réelle ) ? Et à quelle distance se trouve Neptune modèle (distance réelle ) ?
Solution
Solution de Exercice 1.10.
1. . 2. Terre : — un grain de poivre — orbitant à du ballon. 3. Lune : du grain de poivre. Neptune : : la maquette ne tient pas dans la cour de l’école.
Exercice 1.11 ★★
Les chiffres significatifs au travail.
- Une feuille A4 mesure sur . Donner son aire avec le nombre correct de chiffres significatifs.
- Un sprinter parcourt en . Donner la vitesse moyenne correctement arrondie.
- Expliquer en une phrase ce qui serait malhonnête à annoncer l’aire comme .
Solution
Solution de Exercice 1.11.
1. , arrondi aux trois chiffres significatifs des entrées : . 2. (trois chiffres, fixés par le temps). 3. Cinq chiffres significatifs prétendraient l’aire à , une précision que les entrées au millimètre n’ont jamais fournie — une décimale forgée reste un faux.
Exercice 1.12 ★★★
Une goutte d’huile de volume est déposée sur de l’eau calme et s’étale en un film circulaire de diamètre — un film dont des chapitres ultérieurs montreront qu’il a l’épaisseur d’une molécule.
- Calculer l’aire du film, puis son épaisseur.
- En déduire un ordre de grandeur pour la taille d’une molécule, et le confronter au barreau atome de l’échelle.
(Cette expérience de coin de table, d’abord tentée par Benjamin Franklin sur un étang londonien, fut l’une des premières mesures honnêtes du monde moléculaire par l’humanité.)
Solution
Solution de Exercice 1.12.
1. Rayon , aire . Volume , et un film est (aire) (épaisseur), donc
2. Une molécule est d’ordre — un barreau au-dessus de l’atome à , cohérent avec une molécule comme petit amas d’atomes. La cuillerée d’huile de Franklin a calmé un demi-acre d’étang et, sans qu’il le sache, a mesuré le nanomètre.
Exercice 1.13 ★★★
Estimer le nombre de battements de cœur dans une vie humaine. Énoncer vos hypothèses (fréquence cardiaque au repos, durée de vie), limiter l’arithmétique aux puissances de dix et un chiffre de mantisse, et donner la réponse finale comme ordre de grandeur seulement. Pourquoi la citer à quatre chiffres significatifs n’aurait-elle aucun sens ?
Solution
Solution de Exercice 1.13.
Hypothèses : environ battements par minute au repos, une vie de ans. Par jour : battements. Par an : . Par vie : — ordre de grandeur , quelques milliards de battements. Quatre chiffres significatifs prétendraient connaître une fréquence cardiaque, minute par minute, pendant quatre-vingts ans : les entrées sont des estimations d’ordre de grandeur, et aucune sortie ne peut surclasser ses entrées (Méthode 1.9).
Exercice 1.14 ★★★
Une feuille de papier a une épaisseur de , et chaque pli double l’épaisseur de la pile. En utilisant :
- Après combien de plis la pile dépasserait-elle le mont Everest () ?
- Après combien de plis atteindrait-elle la Lune () ?
- En pratique une feuille ne peut pas être pliée plus d’environ sept fois. Cela invalide-t-il l’arithmétique, ou seulement l’expérience ?
Solution
Solution de Exercice 1.14.
Après plis l’épaisseur est . 1. Il faut . Comme est insuffisant et suffit : plis (pile ). 2. Il faut : est court, atteint — plis, pile , largement au-delà de la Lune. 3. Seulement l’expérience : chaque pli divise l’aire par deux, et après sept plis la pile est plus épaisse que large. L’arithmétique du doublement n’est pas touchée — la croissance exponentielle dépasse simplement ce que le papier (et l’intuition) peuvent suivre.
Exercice 1.15 ★★★
La télémétrie laser donne la distance Terre–Lune comme ; une bonne règle donne une table comme .
- Calculer les deux incertitudes relatives. Quelle mesure est la plus précise, et d’un facteur combien ?
- Avec quelle incertitude absolue faudrait-il mesurer la table pour égaler la précision relative de la mesure lunaire ? Comparer cette longueur à la taille d’un atome, et conclure avec le respect dû.
Solution
Solution de Exercice 1.15.
1. Lune : . Table : . La mesure lunaire est plus précise d’un facteur — plus de dix millions. 2. Égaler sur une table d’un mètre signifie , plus petit qu’un atome () : le bord de la table n’est même pas défini aussi finement. Relativement, la distance Terre–Lune par laser est l’une des plus belles mesures que notre espèce possède.
1.6 Problème : De l’atome à Andromède
Problème 1.1
Problème du week-end — un seul grain de sable dimensionne l’atome, le Système solaire, la galaxie et l’univers observable, et vous place sur l’échelle entre eux
Un grain de sable est l’objet le plus humble de la physique, et ce week-end il travaille d’arrache-pied : d’abord on compte ses atomes, puis on réduit le Soleil à sa taille et on arpent le cosmos, puis on laisse la lumière faire le levé, et enfin on compte les atomes en vous. Données, utilisées tout au long : diamètre du grain ; diamètre de l’atome ; masse volumique du sable ; diamètres : Soleil , Terre , Voie lactée , univers observable ; distances depuis nous : Lune , Soleil , Neptune , Proxima du Centaure , galaxie d’Andromède ; ; une molécule d’eau a une masse et contient trois atomes.
Partie I — Anatomie du grain.
- Écrire le diamètre du grain et le diamètre de l’atome en mètres, en notation scientifique, et nommer le préfixe SI auquel chacun est le plus proche.
- Combien d’atomes se placent côte à côte sur un diamètre de grain ?
- Modéliser le grain comme un cube de côté rempli d’atomes. Estimer le nombre d’atomes dans le grain, comme ordre de grandeur.
- Calculer le volume de ce cube, puis la masse du grain. Exprimer la masse en milligrammes.
- Contrôle de vraisemblance du modèle : diviser la masse du grain par son nombre d’atomes et comparer à l’ordre de grandeur connu des masses atomiques (quelques ). Verdict ?
Partie II — Le Soleil comme grain de sable. On construit une maquette du cosmos dans laquelle le Soleil est le grain : chaque taille modèle égale la taille réelle multipliée par un facteur .
- Calculer le facteur d’échelle .
- Dans la maquette, trouver le diamètre de la Terre et sa distance au grain-Soleil. Quel objet du monde de la Partie I a à peu près la taille de la Terre modèle ?
- À quelle distance du grain orbite Neptune modèle ? Quel meuble contiendrait le système planétaire tout entier ?
- À quelle distance se trouve Proxima du Centaure modèle ?
- Deux grains de sable, distants de , et presque rien entre eux : énoncer en une ou deux phrases ce que la maquette révèle sur le vide de la galaxie.
Partie III — La lumière fait le levé.
- Combien de temps la lumière met-elle à traverser le vrai grain de sable ?
- Combien de temps la lumière met-elle à nous atteindre depuis la Lune, et depuis le Soleil ?
- Recalculer l’année-lumière en mètres à partir de et de la durée de l’année, et vérifier que la distance de Proxima dans les données correspond à environ .
- Convertir la distance d’Andromède en années-lumière. Environ quand la lumière qui entre maintenant dans votre œil a-t-elle quitté Andromède, et qu’est-ce qui marchait sur la Terre à cette époque ?
- Quelle distance la lumière parcourt-elle en une nanoseconde ? Un processeur cadencé à démarre une opération tous les tiers de nanoseconde : expliquer en une phrase pourquoi un ordinateur rapide doit être un ordinateur petit.
Partie IV — Vous, entre atome et Andromède.
- Un humain est à peu près d’eau. En utilisant les données, estimer la masse moyenne d’un atome dans l’eau, puis le nombre d’atomes dans un humain.
- Comparer ce décompte aux atomes du grain (question 3) et aux environ étoiles de l’univers observable. Donner les deux facteurs.
- Sur l’échelle, êtes-vous plus près de l’atome ou de l’univers observable ? Comparer les rapports et , en prenant pour vous.
- Trouver la taille située exactement à mi-chemin sur l’échelle entre le noyau () et l’univers observable : doit satisfaire (en utilisant ). Quel objet du Système solaire a justement cette taille ?
- La chute. Réduire l’univers observable par le facteur de la Partie II, de sorte que le Soleil soit un grain de sable. Donner le diamètre de l’univers modèle en mètres, puis en unités astronomiques, et conclure en une phrase : même avec chaque étoile transformée en grain de sable, l’univers déborde de toute échelle humaine — seules les puissances de dix le contiennent.
Solution
Solution de Problème 1.1.
1. Grain : , à l’échelle milli ; atome : , à l’échelle nano.
2. : deux millions d’atomes en travers.
3. Un cube de atomes par arête contient atomes : ordre de grandeur .
4. , donc .
5. Masse par atome : — parfaitement dans la fourchette « quelques ». Le cube naïf d’atomes reproduit les masses atomiques réelles : le modèle passe le contrôle de vraisemblance (Méthode 1.15) avec les honneurs.
6. .
7. Terre modèle : diamètre — la taille d’une bactérie — à une distance du grain : la Terre est un microbe à cinq centimètres d’un grain de sable.
8. : le système planétaire tout entier orbite dans une table de salle à manger.
9. .
10. L’étoile la plus proche de notre Système solaire de table est un autre grain de sable à quatorze kilomètres, avec essentiellement rien entre les deux : la galaxie est un vide écrasant, c’est pourquoi les collisions entre étoiles sont presque inconnues.
11. — moins de deux picosecondes.
12. Lune : . Soleil : : la lumière du Soleil a toujours huit minutes d’âge.
13. Une année compte , donc ; alors : la distance des données est bien environ .
14. : deux millions et demi d’années-lumière. Cette lumière a quitté Andromède il y a environ millions d’années, lorsque les premiers membres du genre Homo apprenaient à tailler la pierre — et aucun Homo sapiens n’existait encore nulle part.
15. . En un tiers de nanoseconde un signal couvre au plus environ , donc deux parties de la machine qui doivent communiquer en un tic d’horloge doivent se trouver à moins de dix centimètres l’une de l’autre : la vitesse borne la taille.
16. Atome moyen dans l’eau : . Nombre d’atomes : .
17. Face au grain : — vous contenez l’équivalent d’un milliard de grains en atomes. Face aux étoiles : — vos atomes surpassent toutes les étoiles de l’univers observable de trente-cinq mille à un.
18. , tandis que . Sur l’échelle vous êtes à environ dix barreaux au-dessus de l’atome et près de vingt-sept sous l’univers : de façon multiplicative, les humains vivent très près de leurs atomes.
19. La condition donne , donc — presque exactement le diamètre de Cérès, le plus grand astéroïde (). À mi-chemin sur l’échelle entre un noyau et le cosmos se trouve une modeste planète naine.
20. , c’est-à-dire unités astronomiques. Chute : réduire le cosmos jusqu’à ce que le Soleil soit un grain de sable, et l’univers observable s’étend encore sur deux mille fois la vraie distance Terre–Soleil — aucune maquette ne ramène l’univers à l’échelle humaine ; seules les puissances de dix peuvent le porter.