Mathématiques du primaire et du collège · Grades 1–9
54Multiplier des nombres relatifs
L’année 7 a additionné et soustrait des nombres relatifs (Chapitre 46) ; il reste à les multiplier et les diviser. Une question domine le chapitre : pourquoi « moins fois moins » doit-il être plus ? On donne une raison, pas seulement une règle.
54.1 Les règles de signes
Théorème 54.1 (Signe d’un produit)
Le produit de deux nombres relatifs a pour distance à zéro le produit des distances, et son signe est donné par :
Mêmes signes : produit positif. Signes contraires : produit négatif. Le même tableau régit les quotients.
Pourquoi . D’abord, signifie : un positif fois un négatif est négatif. Observer maintenant le motif :
À chaque étape, le premier facteur baisse de et le résultat monte de . En poursuivant le motif d’un pas :
Tout autre choix casserait la régularité de l’arithmétique (distributivité). Donc moins fois moins doit être plus. ∎
Exemple 54.2
54.2 Produits de plusieurs facteurs
Proposition 54.3 (Signe d’un long produit)
Le signe d’un produit de plusieurs facteurs non nuls ne dépend que du nombre de facteurs négatifs :
Démonstration. Les facteurs négatifs se regroupent par paires, et chaque paire contribue un signe positif (Théorème 54.1) ; un décompte impair laisse un facteur négatif non apparié, qui rend le produit entier négatif. ∎
Exemple 54.4
: trois facteurs négatifs (impair), donc le produit est négatif ; distances : . Résultat : . Décider le signe d’abord, puis multiplier les distances — deux tâches faciles au lieu d’une sujette aux erreurs.
Exemple 54.5 (Puissances de négatifs)
, et : les exposants pairs donnent des valeurs positives, les exposants impairs gardent le signe. Attention à la notation : mais .
54.3 Calculer avec les quatre opérations
Méthode 54.6 (Calcul sûr avec des nombres relatifs)
- Respecter les priorités du Chapitre 45 : parenthèses, puis et , puis et ;
- à chaque multiplication ou division, trouver le signe d’abord, puis la distance ;
- réécrire une étape par ligne.
Exemple 54.7
Exemple 54.8 (Substituer des valeurs négatives)
Évaluer pour , parenthèses autour de la valeur :
Les parenthèses de sont essentielles : sans elles le carré ne s’appliquerait qu’à .
54.4 Exercices
Exercice 54.1 ★
Calculer :
Exercice 54.2 ★
Calculer :
Solution
Solution de Exercice 54.2.
; ; ; .
Exercice 54.3 ★
Donner seulement le signe de chaque produit, sans le calculer :
Exercice 54.4 ★
Calculer :
Exercice 54.5 ★
Calculer étape par étape, en respectant les priorités :
Solution
Solution de Exercice 54.5.
.
.
.
Exercice 54.6 ★
Calculer :
Solution
Solution de Exercice 54.6.
.
.
Exercice 54.7 ★
Évaluer pour :
Solution
Solution de Exercice 54.7.
Pour : ; ; ; ; .
Exercice 54.8 ★★
Compléter chaque égalité :
Solution
Solution de Exercice 54.8.
; ; , donc le nombre manquant est .
Exercice 54.9 ★★
Vrai ou faux ? Justifier ou donner un contre-exemple.
- Le produit de deux nombres relatifs est toujours au moins aussi grand que leur somme.
- Le carré d’un nombre relatif n’est jamais négatif.
- Si un produit de trois facteurs est positif, les trois facteurs sont positifs.
Solution
Solution de Exercice 54.9.
1. Faux : est plus petit que (ou : , mais l’affirmation doit valoir toujours).
2. Vrai : un carré est un produit de deux nombres de même signe, donc positif ou nul.
3. Faux : est positif avec deux facteurs négatifs.
Exercice 54.10 ★★
Chaque mauvaise réponse à un quiz compte points, chaque bonne réponse . Zoé a répondu à questions et a marqué points. Combien de réponses étaient justes ? (Essayer des valeurs, ou mettre en place le calcul .)
Solution
Solution de Exercice 54.10.
Soit le nombre de bonnes réponses ; alors sont fausses, et
Douze bonnes réponses (et huit fausses : vérification, ).
Exercice 54.11 ★★★
En utilisant la distributivité (comme dans la preuve de Théorème 54.1), développer et justifier chaque étape de
et conclure que doit valoir .
54.5 Problème : pourquoi moins par moins donne plus
Problème 54.1
Devoir maison — les règles des signes déduites de la distributivité, et la somme alternée
La preuve du Théorème 54.1 a prolongé une régularité et affirmé que « tout autre choix casserait la distributivité ». Ce problème rend l’affirmation exacte : en partant de la seule distributivité (Théorème 45.6), on va démontrer les règles des signes — sans dessin, sans régularité, comme le fait l’algèbre — puis les mettre au travail sur les puissances de et sur une somme célèbre aux signes alternés. Partout, et désignent des nombres relatifs ; on admet les règles d’addition du Chapitre 46, le fait que , et qu’un produit se calcule dans n’importe quel ordre (la distributivité s’applique donc des deux côtés d’un produit).
Partie I — Les règles des signes sont des théorèmes.
- Démontrer que pour tout nombre relatif . (Écrire , développer , et se demander quel nombre, ajouté à , redonne .)
Développer pour montrer que , et en déduire que
multiplier par donne l’opposé. Comparer avec Exercice 54.11, qui est le cas .
- En déduire que : un signe moins sort d’un produit sans changer.
- En déduire que : deux signes moins s’annulent.
- Tout nombre relatif est sa distance à zéro précédée d’un signe : ou . Expliquer comment les questions 3 et 4 démontrent les quatre cas du tableau des signes du Théorème 54.1, distances comprises.
Partie II — Les puissances de .
- Calculer , , , , puis donner, en le justifiant par Proposition 54.3, la valeur de pour tout entier .
Donner (sans calculer aucune distance) le signe de
et écrire la distance à zéro de ce produit sous la forme d’un produit d’entiers, sans l’effectuer.
- Montrer que et que . Pour quels exposants le signe moins survit-il ?
- Utiliser les règles des signes pour montrer que le carré d’un nombre relatif n’est jamais négatif, et en déduire qu’aucun nombre relatif ne vérifie .
- Zoé affirme : « , et plus généralement deux puissances consécutives de s’annulent toujours. » A-t-elle raison ? Justifier.
Partie III — La somme alternée. Les règles des signes une fois assurées, on peut calculer des sommes mêlant les deux signes. Pour un entier , notons
la somme des entiers de à affectés de signes alternés : le dernier terme vaut lorsque est impair, et lorsque est pair. Ainsi et .
- Calculer , , , et . Que conjecture-t-on ?
- Supposons pair. Regrouper les termes deux par deux, , compter les paires, et démontrer que .
- Supposons impair. Expliquer pourquoi , et déduire de la question précédente que .
- Calculer , et .
- Alma a calculé et a été surprise de trouver exactement . Aurait-elle dû l’être ? Expliquer en une phrase, et donner la valeur de sans aucun calcul supplémentaire.
Solution
Solution de Problème 54.1.
1. Puisque , la distributivité (Théorème 45.6) donne
Ajouter à lui-même ne change donc rien — et le seul nombre que l’on puisse ajouter sans rien changer est . (Directement : retrancher des deux côtés.) D’où .
2. En développant, puis en utilisant et la question 1 :
Ainsi est le nombre qui, ajouté à , donne : c’est exactement l’opposé de , et . Exercice 54.11 est le cas particulier : on y trouve .
3. Écrivons (question 2) et regroupons les facteurs :
4. Appliquons deux fois la question 3 (une fois sur chaque facteur) :
puisque l’opposé de l’opposé d’un nombre est ce nombre lui-même.
5. Écrivons ou et ou , où et sont les distances à zéro. Les quatre cas :
les deux du milieu par la question 3, le dernier par la question 4. Dans tous les cas, la distance à zéro du résultat vaut , le produit des distances, et le signe est celui qu’annonce le tableau du Théorème 54.1 : mêmes signes, résultat positif ; signes contraires, résultat négatif.
6. , , , . En général, est un produit de facteurs négatifs, chacun de distance : d’après Proposition 54.3, il vaut lorsque est pair et lorsque est impair.
7. Il y a dix facteurs négatifs — un nombre pair — donc le produit est positif (Proposition 54.3). Sa distance à zéro vaut .
8. Par la question 4, . Puis, par la question 3,
Le signe moins disparaît pour les exposants pairs et survit pour les exposants impairs, conformément à l’Exemple 54.5.
9. Si , alors . Sinon, et ont le même signe, donc est positif (Théorème 54.1). Un carré n’est donc jamais négatif ; comme est négatif, aucun nombre relatif ne vérifie .
10. Zoé a raison. Les exposants et sont de parités contraires, donc et , dont la somme vaut . En général, de deux exposants consécutifs l’un est pair et l’autre impair : les deux puissances valent donc et dans un ordre ou dans l’autre — deux nombres opposés, dont la somme est toujours .
11. , puis , , , . Conjecture : pour pair, et pour impair.
12. Pour pair, les termes s’apparient complètement :
et chaque paire vaut . Il y a paires (deux termes par paire, termes en tout), donc .
13. Pour impair, la somme est la somme des premiers termes, augmentée du dernier terme, qui vaut puisque est impair. Comme est pair, la question 12 donne
14. , , .
15. Aucune surprise : passer de à ajoute exactement un terme, à savoir ; la différence devait donc valoir . Pour la même raison, — sans calculer du tout.