Mathematics · Livre 1 · Grades 1–9

Mathématiques du primaire et du collège

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52Symétrie centrale et parallélogrammes

Tourner une figure d’un demi-tour autour d’un point : c’est la symétrie centrale, la deuxième transformation du livre après les réflexions du Chapitre 42. Sa figure vedette est le parallélogramme — le quadrilatère symétrique par rapport au point de croisement de ses propres diagonales.

52.1 Symétrie centrale

Définition 52.1 (Symétrique par rapport à un point)

Le symétrique d’un point MM par rapport à un point OO est le point MM' tel que OO est le milieu de [MM][MM']. La figure symétrique est ce que devient l’original après un demi-tour (180180^\circ) autour de OO.

Symétrie par rapport à O : chaque point et son image sont alignés avec O, à distances égales de part et d’autre (traits de coche).
Symétrie par rapport à OO : chaque point et son image sont alignés avec OO, à distances égales de part et d’autre (traits de coche).

Méthode 52.2 (Construire le symétrique d’un point)

Pour construire le symétrique MM' de MM par rapport à OO :

  1. tracer la droite (MO)(MO) et la prolonger au-delà de OO ;
  2. mesurer MOMO (règle ou compas) ;
  3. placer MM' sur le prolongement avec OM=OMOM' = OM.

Sur papier quadrillé : compter les pas horizontaux et verticaux de MM à OO, et répéter les mêmes pas depuis OO pour atteindre MM'.

Exemple 52.3 (Sur un quadrillage)

Si MM est à 33 carreaux à gauche et 11 carreau en haut de OO, son symétrique MM' est à 33 carreaux à droite et 11 carreau en bas de OO : la symétrie centrale inverse les deux directions à la fois (une réflexion n’en inverse qu’une).

Proposition 52.4 (Ce qu’un demi-tour conserve)

La symétrie centrale conserve les longueurs, les angles, les périmètres et les aires ; l’image d’une droite est une droite parallèle, l’image d’un segment est un segment parallèle de même longueur, l’image d’un cercle est un cercle de même rayon (centré au symétrique du centre).

Démonstration. Admis à ce niveau.

Remarque 52.5

Comparer avec les réflexions (Proposition 42.4) : les deux conservent longueurs et angles ; mais la réflexion retourne les figures (un « b » devient un « d »), tandis que le demi-tour les garde lisibles — à l’envers (un « b » devient un « q »). Et à la différence d’une réflexion, un demi-tour envoie toute droite sur une droite qui lui est parallèle.

Définition 52.6 (Centre de symétrie)

Un point OO est un centre de symétrie d’une figure lorsque le demi-tour autour de OO envoie la figure exactement sur elle-même. Par exemple, les lettres S, N, Z ont un centre de symétrie ; un cercle en a un (son centre) ; un triangle n’en a jamais.

52.2 Parallélogrammes

Définition 52.7 (Parallélogramme)

Un parallélogramme est un quadrilatère dont les diagonales se croisent en leur milieu commun. Ce point de croisement est alors un centre de symétrie de la figure : chaque sommet est l’image par demi-tour du sommet opposé.

Théorème 52.8 (Propriétés d’un parallélogramme)

Dans un parallélogramme ABCDABCD de centre OO :

  1. les côtés opposés sont parallèles : (AB)(CD)(AB) \parallel (CD) et (BC)(AD)(BC) \parallel (AD) ;
  2. les côtés opposés ont la même longueur : AB=CDAB = CD et BC=ADBC = AD ;
  3. les angles opposés sont égaux : A^=C^\widehat A = \widehat C et B^=D^\widehat B = \widehat D.

Démonstration. Le demi-tour autour de OO envoie AA sur CC et BB sur DD (définition : OO est le milieu des deux diagonales). Il envoie donc le segment [AB][AB] sur le segment [CD][CD] ; par Proposition 52.4 l’image est parallèle à [AB][AB] et de même longueur : points 1 et 2. Il envoie aussi l’angle en AA sur l’angle en CC, et les angles sont conservés : point 3.

Un parallélogramme et son centre O : les diagonales (rouges) se coupent en leurs milieux, les côtés opposés sont parallèles et égaux (traits de coche).
Un parallélogramme et son centre OO : les diagonales (rouges) se coupent en leurs milieux, les côtés opposés sont parallèles et égaux (traits de coche).

Théorème 52.9 (Reconnaître un parallélogramme)

Un quadrilatère (sans côtés croisés) est un parallélogramme dès que l’une des conditions suivantes est remplie :

  1. ses diagonales ont le même milieu (la définition) ;
  2. ses côtés opposés sont parallèles deux à deux ;
  3. deux côtés opposés sont parallèles et de même longueur.

Démonstration. Admis à ce niveau.

Exemple 52.10

ABCDABCD a (AB)(CD)(AB) \parallel (CD) et AB=CD=5AB = CD = 5 cm. Le critère 3 s’applique : ABCDABCD est un parallélogramme — donc sans autre mesure on sait aussi que AD=BCAD = BC, (AD)(BC)(AD) \parallel (BC), et que ses diagonales se coupent en leur milieu.

Remarque 52.11 (Parallélogrammes particuliers)

Le rectangle, le losange et le carré du Chapitre 41 sont exactement les parallélogrammes avec une propriété supplémentaire : diagonales égales (rectangle), diagonales perpendiculaires (losange), les deux (carré). L’argument d’angles promis en Exemple 41.6 fonctionne maintenant : dans un parallélogramme, les angles consécutifs sont supplémentaires (angles alternes-internes/correspondants avec les parallèles, Théorème 51.2), donc un angle droit force les quatre.

52.3 Exercices

Exercice 52.1

Sur papier quadrillé, placer OO, puis MM à quatre carreaux à droite de OO et un carreau en haut. Construire le symétrique MM' de MM par rapport à OO, et le symétrique de MM par rapport à la droite verticale du quadrillage passant par OO. Comparer les deux images.

Solution

Solution de Exercice 52.1.

Image par demi-tour : MM' est à quatre carreaux à gauche de OO et un carreau en bas (les deux directions inversées). Image par réflexion par rapport à la droite verticale : quatre carreaux à gauche mais toujours un carreau en haut. Les deux images diffèrent : elles sont des images miroir verticales l’une de l’autre.

Exercice 52.2

Tracer un triangle ABCABC et un point OO à l’extérieur. Construire son image ABCA'B'C' par le demi-tour autour de OO. Que peut-on dire des longueurs ABA'B' et ABAB ? Des droites (AB)(A'B') et (AB)(AB) ?

Solution

Solution de Exercice 52.2.

AB=ABA'B' = AB (les demi-tours conservent les longueurs) et (AB)(AB)(A'B') \parallel (AB) (l’image d’une droite est une droite parallèle, Proposition 52.4).

Exercice 52.3

Quels chiffres, écrits comme sur un afficheur de calculatrice (00 à 99), ont un centre de symétrie ? Quelles lettres majuscules parmi H, A, N, S, T, Z, O ?

Solution

Solution de Exercice 52.3.

Chiffres de calculatrice avec un centre de symétrie : 00, 22, 55, 88 (et 11 s’il est dessiné comme une simple barre). Lettres : H, N, S, Z, O en ont un ; A et T n’en ont pas (elles ont un axe à la place).

Exercice 52.4

KLMNKLMN est un parallélogramme de centre OO avec KL=7KL = 7 cm, LM=4LM = 4 cm et K^=115\widehat K = 115^\circ. Donner, avec raisons : MNMN, NKNK, M^\widehat M, et le milieu de [LN][LN].

Solution

Solution de Exercice 52.4.

Côtés opposés égaux : MN=KL=7MN = KL = 7 cm et NK=LM=4NK = LM = 4 cm. Angles opposés égaux : M^=K^=115\widehat M = \widehat K = 115^\circ. Les diagonales se coupent en leur milieu commun, et ce point est OO : le milieu de [LN][LN] est OO.

Exercice 52.5

Construire un parallélogramme ABCDABCD à partir de ses diagonales : AC=8AC = 8 cm et BD=5BD = 5 cm, se croisant en leurs milieux avec un angle de 6060^\circ entre elles. (Tracer d’abord les diagonales !)

Solution

Solution de Exercice 52.5.

Tracer un segment [AC][AC] de 88 cm, marquer son milieu OO, tracer par OO une droite faisant 6060^\circ avec (AC)(AC), et placer BB et DD dessus à 2.52.5 cm de OO de part et d’autre. Joindre AA, BB, CC, DD : les diagonales se coupent en leurs milieux, donc ABCDABCD est un parallélogramme par définition.

Exercice 52.6

Dans un parallélogramme, un angle mesure 115115^\circ. En utilisant la remarque sur les angles consécutifs supplémentaires, donner les trois autres angles.

Solution

Solution de Exercice 52.6.

Les angles consécutifs sont supplémentaires : à côté de 115115^\circ se trouve 180115=65180 - 115 = 65^\circ. Les angles opposés sont égaux, donc les quatre angles sont 115115^\circ, 6565^\circ, 115115^\circ, 6565^\circ (somme 360360^\circ).

Exercice 52.7 ★★

Placer A(1,1)A(1, 1), B(4,2)B(4, 2) et le point O(2.5,2.5)O(2.5, 2.5). Calculer les coordonnées des images AA' et BB' par le demi-tour autour de OO (utiliser le comptage sur le quadrillage de Exemple 52.3).

Solution

Solution de Exercice 52.7.

De A(1,1)A(1,1) à O(2.5,2.5)O(2.5, 2.5) : 1.51.5 à droite et 1.51.5 en haut ; en continuant de même : A(4,4)A'(4, 4). De B(4,2)B(4,2) à OO : 1.51.5 à gauche et 0.50.5 en haut ; en continuant : B(1,3)B'(1, 3).

Exercice 52.8 ★★

ABCDABCD est un quadrilatère dans lequel AB=CDAB = CD. Est-ce suffisant pour en faire un parallélogramme ? Sinon, esquisser un contre-exemple (un trapèze isocèle aide), et indiquer ce qu’il faut ajouter à l’hypothèse.

Solution

Solution de Exercice 52.8.

Non. Un trapèze isocèle a ses deux côtés obliques égaux sans être un parallélogramme (les deux côtés parallèles ont des longueurs différentes). Ce qui suffit est le critère 3 de Théorème 52.9 : deux côtés opposés égaux et parallèles.

Exercice 52.9 ★★

Soit ABCABC un triangle et OO le milieu de [BC][BC]. Construire le symétrique AA' de AA par rapport à OO. Montrer que ABACABA'C est un parallélogramme. (Quel critère de Théorème 52.9 s’obtient gratuitement ici ?)

Solution

Solution de Exercice 52.9.

OO est le milieu de [BC][BC] par choix, et il est le milieu de [AA][AA'] par construction du symétrique. Le quadrilatère ABACABA'C a des diagonales [AA][AA'] et [BC][BC] partageant le milieu OO : le critère 1 (la définition) en fait un parallélogramme sans coût supplémentaire.

Exercice 52.10 ★★

Vrai ou faux, avec une raison : « un quadrilatère dont les angles opposés sont égaux deux à deux est un parallélogramme » ; « un parallélogramme à diagonales perpendiculaires est un losange » ; « un parallélogramme avec un angle droit est un rectangle ».

Solution

Solution de Exercice 52.10.

« Angles opposés égaux \Rightarrow parallélogramme » : vrai (c’est un autre critère de reconnaissance ; avec la somme des angles 360360^\circ, des paires opposées égales forcent des angles consécutifs supplémentaires, d’où des côtés parallèles par Théorème 51.2).

« Diagonales perpendiculaires \Rightarrow losange » : vrai pour un parallélogramme (les diagonales se coupent déjà en leurs milieux).

« Un angle droit \Rightarrow rectangle » : vrai — les angles consécutifs sont supplémentaires, donc les quatre deviennent droits.

Exercice 52.11 ★★★

Soit ABCDABCD un quadrilatère quelconque et II, JJ, KK, LL les milieux de ses côtés [AB][AB], [BC][BC], [CD][CD], [DA][DA]. Tracer plusieurs exemples. Que semble toujours être IJKLIJKL ? (La preuve, avec le théorème des milieux, arrive au Chapitre 59 — et à nouveau avec les vecteurs, dans un volume ultérieur.)

Solution

Solution de Exercice 52.11.

Quel que soit le quadrilatère — même très irrégulier — les milieux II, JJ, KK, LL forment toujours un parallélogramme. La preuve avec le théorème des milieux est au Chapitre 59 (Exercice 59.9).

52.4 Problème : le gâteau, la médiane et l’impossible second centre

Problème 52.1

Devoir maison — le demi-tour à l’œuvre : des partages de gâteau équitables, un encadrement des médianes, et pourquoi aucune figure ne peut avoir deux centres de symétrie

Le demi-tour a l’air de la plus simple des transformations — et pourtant il découpe les gâteaux en moitiés démontrablement équitables, mesure les médianes d’un triangle, et cache une petite perle de mathématiques pures : une figure bornée peut avoir un centre de symétrie, mais jamais deux. La démonstration repose sur une découverte que l’on fera dans la partie I : deux demi-tours, effectués l’un après l’autre, se ramènent à un glissement.

Partie I — Gymnastique du demi-tour.

  1. Sur du papier quadrillé, prendre l’origine O(0,0)O(0, 0) pour centre. En comptant les carreaux comme dans Exemple 52.3, donner les images de M(3,1)M(3, 1), N(2,4)N(-2, 4) et P(0,5)P(0, -5) par le demi-tour de centre OO. Quelle est la règle générale pour (x,y)(x, y) ?
  2. Le centre est maintenant C(2,1)C(2, 1). Calculer l’image de M(5,3)M(5, 3), et vérifier la recette générale : chaque coordonnée de l’image vaut le double de celle du centre, moins celle du point.
  3. Les cartes à jouer sont dessinées pour se lire de la même façon à l’endroit et à l’envers — une symétrie centrale, de sorte qu’aucun joueur ne voie la carte « de travers ». Expliquer pourquoi, sur une carte comptant un nombre impair de points, un point doit se trouver exactement au centre de la carte.
  4. Deux demi-tours d’affilée : prendre les centres O1(2,0)O_1(2, 0) et O2(5,0)O_2(5, 0). Envoyer le point A(1,1)A(1, 1) par le demi-tour de centre O1O_1, puis envoyer l’image par le demi-tour de centre O2O_2. Comparer le départ et l’arrivée. Recommencer avec B(0,3)B(0, 3). À quelle transformation unique et simple les deux demi-tours se sont-ils ramenés ?
  5. Comparer le glissement de la question 4 à la distance O1O2O_1 O_2, et énoncer la découverte. (Comparer avec les deux miroirs parallèles du Problème 42.1 : même phénomène, nouveaux acteurs.)

Partie II — Gâteaux et médianes.

  1. Soit OO le centre d’un parallélogramme. Expliquer pourquoi toute droite passant par OO rencontre le bord en deux points symétriques par rapport à OO, et pourquoi cette droite découpe le parallélogramme en deux morceaux qui sont des copies exactes l’un de l’autre par demi-tour — donc de même aire.
  2. Le théorème du pâtissier : un gâteau rectangulaire se partage parfaitement équitablement par n’importe quelle coupe droite passant par son centre. Mieux : un gâteau rectangulaire est percé d’un trou rectangulaire (n’importe quelle taille, n’importe quelle position, même incliné). Décrire l’unique coupe droite qui donne deux parts contenant autant de gâteau l’une que l’autre — et la justifier par la question 6.
  3. Trois sommets d’un parallélogramme ABCDABCD sont A(0,0)A(0, 0), B(6,1)B(6, 1) et C(8,5)C(8, 5). Calculer les coordonnées de DD et celles du centre OO.
  4. Exercice 52.9 a construit, à partir d’un triangle ABCABC et du milieu OO de [BC][BC], le parallélogramme ABACABA'CAA' est le symétrique de AA par rapport à OO. S’en servir, avec l’inégalité triangulaire (Théorème 51.6) dans le triangle ABAABA', pour démontrer l’encadrement de la médiane : la médiane [AO][AO] vérifie

    AO<AB+AC2.AO < \frac{AB + AC}{2} .

    (Remarquer que AA=2AOAA' = 2\,AO et BA=ACBA' = AC.)

  5. Dans un triangle où AB=5AB = 5 cm et AC=7AC = 7 cm, entre quelles deux valeurs la longueur de la médiane issue de AA doit-elle se situer ? (Utiliser les deux sens de l’inégalité triangulaire dans ABAABA'.)

Partie III — Combien de centres une figure peut-elle avoir ?

  1. Pour chaque figure, dire si elle possède un centre de symétrie, et où : un segment ; une droite entière ; un triangle équilatéral ; un carré ; un cercle ; les lettres S et Z.
  2. Démontrer la réponse pour le triangle équilatéral : un demi-tour envoyant le triangle sur lui-même apparierait les trois sommets — mais trois est impair, donc un sommet serait envoyé sur lui-même. Qu’est-ce que cela obligerait ce sommet à être, et pourquoi est-ce impossible ?
  3. Généraliser la question 12 : expliquer pourquoi aucun polygone ayant un nombre impair de sommets n’a de centre de symétrie.
  4. La perle : supposons qu’une figure possède deux centres de symétrie distincts O1O_1 et O2O_2. Effectuer les deux demi-tours l’un après l’autre et utiliser la découverte de la question 5 : quel mouvement devrait envoyer la figure exactement sur elle-même ? Expliquer pourquoi une figure tenant sur une feuille de papier ne peut pas y survivre, et conclure.
  5. La conclusion de la question 14 laisse une échappatoire : les figures non bornées. Vérifier sur une frise infinie — disons une bande sans fin d’empreintes de pas, gauche, droite, gauche, droite … — qu’elle possède (au moins) deux centres de symétrie différents, et identifier la translation annoncée par la question 14.
Solution

Solution de Problème 52.1.

1. M(3,1)(3,1)M(3, 1) \to (-3, -1) ; N(2,4)(2,4)N(-2, 4) \to (2, -4) ; P(0,5)(0,5)P(0, -5) \to (0, 5). Règle : le demi-tour de centre l’origine envoie (x,y)(x, y) sur (x,y)(-x, -y) — les deux coordonnées changent de signe.

2. À partir de M(5,3)M(5, 3) : trois carreaux à droite de CC deviennent trois carreaux à gauche, deux vers le haut deviennent deux vers le bas : image (1,1)(-1, -1). Vérification de la recette : le double du centre moins le point, (2×25, 2×13)=(1,1)(2 \times 2 - 5,\ 2 \times 1 - 3) = (-1, -1).

3. Le demi-tour de centre la carte échange les points deux par deux. Avec un nombre impair de points, l’un d’eux n’a pas de partenaire : il est donc sa propre image, et le seul point qui soit sa propre image est le centre lui-même. D’où le point du milieu du 3, du 5, du 7 … pile au centre (regarder une vraie carte : il y est).

4. Par O1(2,0)O_1(2,0) : A(1,1)(3,1)A(1,1) \to (3,-1) ; puis par O2(5,0)O_2(5,0) : (3,1)(7,1)(3,-1) \to (7,1). Départ A(1,1)A(1,1), arrivée (7,1)(7,1) : glissé de 66 vers la droite, sans retournement. De même pour B(0,3)(4,3)(6,3)B(0,3) \to (4,-3) \to (6,3) : glissé de 66 vers la droite. Les deux demi-tours se ramènent à une translation.

5. Le glissement vaut 66, et O1O2=3O_1 O_2 = 3 : la translation parcourt le double de la distance entre les centres (dans le sens de O1O_1 vers O2O_2) — exactement comme les deux miroirs parallèles translataient du double de leur écart dans Problème 42.1.

6. Le demi-tour de centre OO envoie le parallélogramme sur lui-même (c’est ce que signifie pour lui « centre de symétrie », Théorème 52.8). Une droite passant par OO est elle aussi envoyée sur elle-même : les deux points où elle coupe le bord s’échangent donc, et ils sont symétriques par rapport à OO. Les deux morceaux du parallélogramme de part et d’autre de la droite s’échangent également : ce sont donc des copies exactes (Proposition 52.4) — de même aire.

7. Couper suivant la droite qui joint les deux centres : celui du rectangle du gâteau et celui du trou. Par la question 6 appliquée au rectangle du gâteau, la coupe partage le gâteau en deux ; appliquée au rectangle du trou (la droite passe aussi par son centre), elle partage le trou en deux. Chaque part reçoit la moitié du gâteau moins la moitié du trou : parfaitement équitable.

8. D=(0+86, 0+51)=(2,4)D = (0 + 8 - 6,\ 0 + 5 - 1) = (2, 4) (les diagonales ont le même milieu, donc DD est l’image de BB par le demi-tour de centre le centre du parallélogramme). Centre : milieu de [AC][AC], O(4, 2.5)O(4,\ 2.5).

9. Dans le parallélogramme ABACABA'C, les côtés opposés sont égaux : BA=ACBA' = AC. L’inégalité triangulaire dans ABAABA' donne AA<AB+BA=AB+ACAA' < AB + BA' = AB + AC. Comme OO est le milieu de [AA][AA'], on a AA=2AOAA' = 2\,AO, donc 2AO<AB+AC2\,AO < AB + AC, c’est-à-dire AO<AB+AC2AO < \frac{AB + AC}{2}.

10. Majoration : AO<5+72=6AO < \frac{5 + 7}{2} = 6 cm. Minoration : dans ABAABA', AA>BAAB=75=2AA' > BA' - AB = 7 - 5 = 2, donc AO>1AO > 1 cm. La médiane issue de AA est strictement comprise entre 11 et 66 cm.

11. Segment : oui, son milieu. Droite : oui — chacun de ses points est un centre. Triangle équilatéral : aucun. Carré : oui, le point d’intersection des diagonales. Cercle : oui, son centre. S et Z : oui, leur point milieu (retourner la page : elles se lisent de la même façon).

12. Le demi-tour apparierait les trois sommets entre eux ; trois étant impair, un sommet AA serait sa propre image, ce qui obligerait AA à être le centre du demi-tour. Les deux autres sommets BB et CC seraient alors symétriques par rapport à AA — donc AA serait le milieu de [BC][BC], ce qui alignerait les trois sommets. Or un triangle n’a pas trois sommets alignés : contradiction. Aucun centre n’existe.

13. Le même argument de parité : un demi-tour conservant le polygone apparie ses sommets ; un nombre impair de sommets impose un sommet fixe, qui doit être le centre et le milieu du segment joignant deux autres sommets — trois sommets alignés, impossible dans un polygone … donc aucun polygone ayant un nombre impair de sommets n’a de centre de symétrie.

14. Effectuer le demi-tour de centre O1O_1, puis celui de centre O2O_2, envoie la figure sur elle-même à chaque fois — donc leur composée aussi. D’après la question 5, cette composée est la translation du double de la distance O1O2O_1 O_2, qui n’est pas nulle puisque les centres diffèrent. Or une figure tenant sur une feuille ne peut pas être égale à elle-même glissée d’une quantité fixe non nulle (la glisser assez de fois la fait sortir entièrement de la feuille). Une figure bornée a donc au plus un centre de symétrie.

15. Sur la bande sans fin, le demi-tour de centre le point situé à mi-chemin entre une empreinte gauche et l’empreinte droite suivante envoie le motif sur lui-même ; le point situé un pas complet plus loin aussi : voilà deux centres distincts. La composée des deux demi-tours est la translation du double du demi-pas — exactement le glissement d’un pas qui, visiblement, envoie la frise infinie sur elle-même, comme l’annonce la question 14. Les motifs non bornés vivent selon d’autres règles : c’est la mathématique des papiers peints.

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